‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 68 sur 200 · VAPORISATION · texte numérisé non relu

VAPORISATION

que le sucre se dissout dans l’eau, que le phosphore se dissout dans le sulfure de carbone, etc.

11 y a ici encore absorption de chaleur, et si le phénomène se produit souvent sans qu’il y ail intervention apparente de calorique, il n’en est pas moins vrai de dire que la fusion du corps nécessite l’absorption d’une certaine quantité de chaleur qui est empruntée au liquide lui-mème. Pour s’en convaincre, il suffit de remarquer que beaucoup de substances, en se dissolvant dans l’eau, produisent un abaissement de température; ainsi, par exemple, l’azolale d’ammoniaque. Si l’on mélange parties égales de ce sel et d’eau à tO® au-dessus de zéro, la dissolution fait baisser la température jusqu’ù 15* au-dessous de zéro.

Dans certains cas, le phénomène physique de la dissolution est accompagné d’un phénomène chimique qui consiste dans la combinaison du solide avec le liquide. Celte combinaison se produit, comme toutes les combinaisons chimiques, avec dégagement do^ chaleur. C’est ce qui explique que la dissolution d’un corps n’est pas toujours accompagnée d’un abaissement de température.

Tantôt la température ne varie pas sensiblement pendant la dissolution du corps; c’est qu’alors la chaleur dégagée par la combinaison compense reffet inverse produit parla dissolution. Tantôt, au contraire, il y a élévation de température, parce que la chaleur dégagée pendant la combinaison est plus considérable que la chaleur absorbée par le changement d’état. L’exemple suivant peut servir A mettre en évidence les effets inverses de celle double influence.

Mélangeons quatre parties d’acide sulfurique et une partie de glace. L’affinité, ou tendance à la combinaison, que l’acide sulfurique a pour l’eau, détermine la fusion de la glace et, par suite, une absorption de chaleur latente; mais l’abaissement de température qui en résulterait est bientôt compensé parla chaleur que dégage aussi la combinaison de l’eau et de l’acide sulfurique, et la température s’élève finalement jusqu’à prèsde 100®.

Mélangeons, au contraire, quatre parties de glace et une partie d’acide sulfurique ; le thermomètre plongé dans la masse descendra jusqu’à 20“ au-dessous de zéro. C’est qu’en effet le dégagement de chaleur diminuant avec la quantité d'acide employé, il y a moins de chaleur produite ici que dans le cas précédent, puisqu’on a employé quatre fois moins d’acide, tandis

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qu’au contraire le poids de glace employé étant quatre fois plus grand, il y a quatre fois plus de chaleur latente absorbée.

194. Mélanines réfric^ranto. — La production artificielle du froid au moyen des mélanges réfrigérants repose sur les principes précédents. En mélangeant de la glace et du sel en parties égales, on peut obtenir une température de 17® au-dessous de zéro. Ici, il y a deux causes d’abaissement de température: la fusion de la glace et le passage du sel de l’état solide à l’état liquide. En même temps, la combinaison du sel avec l’eau tend à élever la température, mais cette dernière influence étant la plus faible, il y a, en définitive, production de froid. On comprend facilement que, si l'on plonge des corps au milieu de ce mélange, ils se refroidiront, puisque la chaleur nécessaire au changement d*état leur sera empruntée.

Il n’y a pas que la glace et le sel qui jouissent de la propriété de produire du froid par leur action réciproque : cinq parties de sel ammoniac, cinq parties de salpêtre et seize parties d’eau mélangées peuvent abaisser la température de 10® au-dessus de zéro jusqu’à 12® au-dessous; trois parlies de sulfate de soude et huit parties d’acide chlorhydrique abaissent la température de tO® au-dessus de zéro jusqu’à 17® au-dessous; deux parties de neige ou de glace pilée et trois parties de chlorure de calcium font baisser le thermomètre de 0® à 27® au-dessous de zéro.

195. Glacières artificielles. — L’emploi du mélange d’acide chlor- • hydrique et de sulfate de soude a pris une certaine extension par suite de l’usage des glacières artificielles. Ces appareils sont formés d’un seau en ferblanc AB (fig. 16d) entièrement recouvert de lisières de drap, dans l’intérieur duquel on place le mélange réfrigérant.

Au milieu de ce dernier se trouve un vase CD qui renferme le liquide à congeler. Pour augmenter la surface de contact, on lui donne la forme que représente la figure. La glace fabriquée par ce procédé ne revient, dit-on, qu’à 60 cent, le kilogramme, prix bien supérieur à celui auquel

Fig. 166. •

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