FABRICATION ARTIFICIELLE DE LA GLACE
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203. Vaporisation. — Les corps peuvent subir un troisième changement d'état en passant de l’état liquide à l’état de gaz ou de vapeur : ce phénomène est désigné sous le nom de vaporisation. On appelle vapeurs les fluides aériformes dans lesquels peuvent se transformer les liquides, lorsqu’ils sont placés dans des conditions convenables. Celle transformation peut s’effectuer dans trois circonstances principales :
i ° Plaçons quelques gou lies d’eau sous le récipient de la machine pneumatique et raréfions l’air. Au bout de peu de temps, les gouttes d’eau ont disparu et se sont transformées en un fluide invisible, qui ne trouble pas la transparence de l’atmosphère du récipient. L’eau n’est cependant pas anéantie, et, ce qui le prouve bien, c’est que si nous avons aussi introduit dans le récipient un fragment de potasse, substance avide d’humidité, nous constaterions que ce fragment s’est humecté au contact de la vapeur produite. La vaporisation du liquide aurait été d’ailleurs bien plus rapide si nous avions introduit l’eau dans le vide absolu, dans la chambre d’un baromètre.
2° Si nous mettons un peu d’eau dans une assiette, et que nous l’abandonnions A l’air libre, nous la verrons peu à peu diminuer, puis disparaître complètement. On dit alors qu’il y a eu évaporation du liquide.
L’évaporation peut être considérée comme produite d’une manière analogue à la vaporisation dans le vide. L’air qui se trouve en contact avec l’eau présente des porcs, dont chacun peut être considéré comme formant une petite chambre barométrique dans laquelle la vapeur se précipite.
3° L’intervention directe d’un foyer de chaleur peut hâter le phénomène de la vaporisation : c’est ainsi que le mercure, qui, à la température ordinaire, ne fournit pas de vapeurs sensibles, en produit lorsqu’on le chauffe. Plaçons de l'eau dans un vase sur le feu ; au bout de peu de temps, nous voyons la masse liquide s’agiter, devenir tumultueuse, et la quantité d’eau diminuer sensiblement; au bout d’un temps suffisant, le vase se trouve à sec. Lorsquela vaporisation se fait dans les conditions précéden tes, avec agitation intérieure du liquide, on dit qu’il y a ébullition.
204. Avant d’entrer dans l’élude spéciale des trois phénomènes dont nous venons de signaler l’existence, voyons à quelles conditions générales ils sont soumis.
Que la vaporisation ait lieu dans le vide, à Taîr libre, ou par suite de l’intervention d’un foyer de chaleur, il y a toujours absorption de calorique. Quand on n’en fournit pasdirectement au liquide, il en emprunte aux corps avec lesquels il est en contact. Tout le monde sait que l’été, après la pluie , temps est souvent rafraîchi. Cela tient à l'évaporation de l’eau quiseproduit surdelarges surfaces. Qu’on entoure le réservoir d'un thermomètre d’un peu de ouate, qu’on y verse de l’éther, le liquide s’évaporant rapidement à l’air empruntera au thermomètre une certaine quantité de chaleur et cet emprunt sera rendu évident par l’abaissement du mercure.
L’emploi des alcarazas, dont on se sert pour maintenir l’eau fraîche dans les pays chauds, est fondé sur ce principe. Les alcarazas sont des vases en terre poreuse ; l’eau dont on les emplit suinte à travers leurs pores, vient s’évaporer à leur surface et emprunte pour cela au liquide intérieur une certaine quantité de chaleur; par suite, celui-ci se refroidit.
Quand un kilogramme d’eau se réduit en vapeur, il absorbe une quantité de chaleur égale à celle qu’il faudrait donner à 630 kilogrammes de ce liquide pour élever leur température de 1®.