ÉQUILIBRE MOBILE DE TEMPÉRATURE
le§ eubafaiices dites diathermanes. — De mOmc que la lumière peut passer à travers certaines substances qui sont dites transparentes, de môme la chaleur peut aussi traverser certaines substances dites diathermanes. Les physiciens ont déterminé pour un certain nombre de substances le rapport entre la quantité de chaleur transmise et la quantité de chaleur incidente. Ils ont trouvé que le sel gemme laisse passer les 0,92 de la chaleur qu’il reçoit, quelle que soit la nature de la source d’où partent les rayons; que, pour d’autres substances, la proportion de chaleur transmise variait avec la nature de la source et avec celle du corps dialhcrmcne.
2i6. Absorption de la chaleur rayonnante. — Lorsque la chaleur rayonnante tombe sur un corps, elle peut, indépendamment des phénomènes de réflexion, de diffusion et de diathermanéité dont nous venons de parler, être en partie absorbée par le corps et déterminer une élévation de température.
Les corps n’ont pas tous au môme degré la faculté d’absorber la chaleur, et on nomme pouvoir absorbant le rapf.ort qui existe entre la quantité de chaleur absorbée et la quantité de chaleur incidente. Il est évident, d’ailleurs, que plus le pouvoir réflecteur d’une substance est grand, plus son pouvoir absorbant est petit, puisque la réflexion rejette une partie de la chaleur incidente et l’empôche d’entrer dans l’intérieur de cette substance. C’est ainsi que les métaux ont un faible pouvoir absorbant, tandis que les substances mates, telles que le blanc de céruse, le papier, dont le pouvoir réflecteur est nul, absorbent toute la clialeur incidente qu'ils ne diffuserit pas ; le noir de fumée absorbe à peu près intégralement toute espèce de chaleur incidente.
247. Lorsqu’on veut qu’un corps s’échautfe rapidement, il faut le recouvrir d’une substance dont le pouvoir absorbant soit considérable, de noir de fumée, par exemple; si l’on veut, au contraire, qu’il ne s’échauffe pas, on le recouvrira d’un métal poli.
i\ous portons des vêtements blancs pendant l’été, parce qu’ils absorbent très-peu la chaleur du soleil.
248. i^qiiililire mobile «le température. — Lorsque deux corps A et B de températures différentes sont en présence l’un de l’autre, ils rayonnent de la chaleur l’un vers l'autre jusqu’à ce qu’il y ait égalité de température. Le corps le plus chaud A se refroidit, non parce que l’autre B lui envoie du froid, mais parce
qu’il reçoit de B moins de chaleur qu’il ne lui en envoie. On admet que, lorsque A et B ont atteint la même température, ils conlinuent à rayonner l’un vers l’aulre; mais chacun recevant alors autant de chaleur qu’il en émet, sa température reste fixe. Cet échange est désigné sous le nom d’équilibre mobile de température.
249. Ce qui précède nous explique pourquoi nous ressentons les variations de la température ambiante : lorsque la température de l’atmosphère et des objets placés au milieu d’elle est basse, notre corps rayonne vers eux plus de chaleur qu’il n’en reçoit, et il en résulte une sensation de froid. Lorsqu’au contraire cette température est élevée, nous recevons des corps extérieurs plus de chaleur que nous n’en rayonnons et nous éprouvons une sensation de chaud.
CALOniMÉTRIE. — CHALEURS SPÉCIFIQUES.
Nous avonssouvent parlé, dans tout ce qui précède, de quantités de chaleur,mais nous n’avons pas encore fixé l’unité choisie pour les m.‘surer. Les physiciens ont pris pour unité de chaleur la quantité de chaleur qu’il faut donnerà l’unitédepoidsd’eau pourélever sa température de 0° à 1®; ils la désignent sous le nom de calorie.
250. Chaleur spécifique. — L’expérience nous apprend que pour faire subir à des poids égaux de diverses substances une même élévation de température, il faut leur donner des quantités de chaleur différentes. Les divers corps ne se comportent donc pas de la même manière vis-à-vis de la chaleur, et nous appellerons chaleur spécifique d’un corps la quantité de chaleur, exprimée en calories, nécessaire pour éle\ er de 0® à t ° l’unité de poids du corps.
l^uisque la calorie ou unité de chaleur est la quantité de chaleur qu’il faut donner à l imité de poids d’eau pour élever sa température de 0° à 1°, on voit que ce qui précède revient à dire que la chaleur spécifique de l’eau est prise pour unité, et qu’on rapporte à cette unité les chaleurs spécifiques des autres corps.
Dire que la chaleur spécifique du f-r est 0,tl58, c’est dire que, s’il faut à l’unité de poids d’eau, le kilogramme par exemple, une calorie pour s’élever de 0* à 1®, il faudra à t kilogramme de fer 0®“’, 1138.