MESURE DES TEMPÉRATURES EXTRÊMES
M. Le Chatelier a employé les couples thermo-électriques à la mesure des températures élevées. .11 fait remarquer que l'emploi du thermomètre à air, sauf dans les cas exceptionnels où il a été pratiqué par des expérimentateurs d'une habileté reconnue, ne comporte pas une approximation de plus de 100^, et que, si l'em- C.etB. — II. i3
ploi des couples thermo-clectriques, indiqué pour cet usage, dès i836, par Becquerel, ne s'est pas répandu, cela tient à ce qu'on s'est servi d'abord du fer, qui est peut-être de tous les métaux celui qui convient le moins à une semblable application.
Les points fixes de graduation, ou plutôt de comparaison, ont ét3 empruntés aux déterminations faites par M. Violle pour les températures les plus élevées et à quelques autres observateurs les plus habiles.
Tcmpéralare. Fusion. EbnlIIUoD.
iOO » HO
325 Pb »
358 D Hg
415 Zn »
665 » Se
945 Ag «
4045 Au »
4054 Gu »
1500 Pd
1775 Pt M
Le reproche le plus grave fait à l'emploi de ces couples est leur irrégularité; placés dans des conditions identiques de température, ils ne donneraient pas la même indication.
Les causes de ces irrégularités résident dans l'état des métaux employés, leur écrouissage, leur trempe, leur défaut d'homogénéité; on peut les annuler par un choix convenable.
D'après les expériences d'Avenarius et Tait, la plupart des
couples ont une force clectromotricc dont la valeur aux diverses
températures peut se représenter, si l'une des soudures est à o**,
par la formule
E = at-h btK
M. Le Chatelier a vérifié que cette formule s'applique au couple platine-palladium avec un degré d'approximation suffisant jusqu'à i5oo**, en employant les coefficients suivants :
lOOO
THBRMO-ÉLECTRICITÉ.
Tempôratares
Points Oxes.
calculées.
lOO
95mi5
io35
i5oo
Pour les autres couples, il faudrait compléter la formule par un terme en t^, et même employer deux séries de coefficients numériques pour les deux régions opposées de la courbe.
Le couple platîne-platine rhodié a donné des résultats fort réguliers; en particulier, entre 5oo° et 1000", la courbe représentative présente un point d'inflexion dont la tangente se confond avec la courbe sur une grande étendue ; de telle sorte que l'on peut entre 3oo° et 1200°, intervalle de température où les mesures sont les plus intéressantes, identifier la courbe avec une droite dont l'équation serait
E = — o,i5-+-o,ii5/.
Ce couple permet d'obtenir la mesure des températures inférieures à 1200° avec une approximation d'environ 10**.
Les couples thermo-électriques peuvent aussi servir à mesurer de très basses températures; von Wroblewski s'est servi, dans ses expériences sur la liquéfaction des gaz, d'un couple cuivremaillechort associé à un galvanomètre apériodique de grande résistance, dont les indications avaient été comparées à celles du thermomètre à hydrogène, aux températures suivantes : 1° ébullition de l'eau; 2** glace fondante; 3** ébullition de l'éthylène sous la pression atmosphérique; 4° ébullition de l'éthylène sous la pression de 3*^" de mercure : ces deux dernières sont respectivement — 102**, 4 et — i3 1°. On déduit de ces deux observations une formule à trois termes qui donne la température en fonction des indications du galvanomètre, et cette formule s'est encore trouvée d'accord avec l'expérience quand on a plongé simultanément le couple cuivre-maillechort et le thermomètre à hydrogène dans l'azote bouillant sous la pression atmosphérique ( — iqS®). Von Wroblewski conclut de là que le couple thermo-électrique peut encore être employé à des températures inférieures, telles que
ig6 ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE.
celles de Tazote bouillant sous une pression très basse, alors que l'accord avec le thermomètre à hydrogène cesse complètement. C'est même ce qui lui a permis de conclure que, à ces températures très basses, le coefficient de dilatation de l'hydrogène sous volume constant serait notablement plus grand que celui des gaz parfaits.
BIBUOGRAPHIE DES CHAPITRES ffl ET IV.
Seebeck. — Annales de Poggendorff, t. VI; iSaS.
Peltieb. — Annales de Chimie et de Physique, a* série, t. LVI, p. 871; i83'|.
Becquerel. — Annales de Chimie et de Physique, 2* série, t. XLI, p. 353.
Joule. — Philosophical Magazine, t. XIX; 1841.
C.-L. Weber. — Propriétés thermo-électriques des amalgames {}Viedemann's
Annalen, t. XXIII, p. 447 ^^ suiv.).
W. Thomson. — Annales de Chimie et de Physique, 3' série, t. LIV, p. io5;
Maqnus. — Annales de Chimie et de Physique, 3* série, t. XXXIV, p. io5.
Gaugain. — Mémoire sur les courants thermo-électriques {Annales de Chimie et de Physique, 3« série, t. LXV, p. i; i86a).
Le Roux. — Becherches sur les courants thermo-électriques {Annales de Chimie et de Physique, 4* série, t. X, p. 201; 1867).
Clausius. — /)te mechanische Behandlung der Electricitàt. Braunschweig, 1879.
VoN Wroblewski. — Ueber den Gebrauch des siedenden Sauerstoffs, Stickstoffs, Kohlenoxyds, sowie der atmosphàrischen LiXft als Kàltemittel { SUzungsberichte der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften. Wicn, mars i885).
Le Chatelier. — De la mesure des températures élevées par les couples thernxcélectriques {Journal de Physique, a" série, l. YI, p. a3; 1887).
ÉLEGTROLTSE. 197