LOI GÉNÉRALE DE L*ÉLEGTROLTSE
Dans la plupart des cas, quand on fait passer le courant à travers un électrolyte fondu ou dissous, on constate que le métal ou Vhy-
Fig. 122.
drogène se porte seul sur Télcclrode reliée au pôle négatif de la pile dont le courant produit la décomposition. Le reste du corps (par exemple, le métalloïde, l'oxygène ou les éléments d'un acide anhydre) se porte sur l'électrode positive.
ÉLEGTROLYSE. I99
Exemple : prenons du chlorure de plomb fondu dans un creuset et électrolysons-le : à l'électrode négative, il y aura toujours un dépôt de plomb, et pas de trace de dégagement gazeux. Il en sera de même si nous électrolysons un sel dissous, et il semble que le dissolvant n'intervienne que comme véhicule.
Tous ces résultats peuvent s'observer et s'étudier à l'aide dû voltamètre : c'est une cuve à eau dont les parois laissent passer deux électrodes que l'on prend en platine à cause de l'inaltérabilité de ce métal en présence de la plupart des autres corps. Sur ces électrodes, si l'un des ions ou tous les deux sont des gaz, on placera des éprouve ttes graduées.
hcs Jig. 121 et 122 représentent deux formes différentes du voltamètre : la dernière est surtout commode à cause de la mob ililé des électrodes.
Éleotrolyse de l'eau aoidulée. — En faisant cette expérience, nous électrolysons en somme un acide dissous dans l'eau.
On a admis pendant longtemps que c'était l'eau qui était décomposée au passage du courant et que l'acide n'intervenait que pour lui donner la conductibilité électrique nécessaire à la transmission du courant, conductibilité qui manque à l'eau chimiquement pure. Ce qui rendait celte hypothèse probable, c'était que les volumes des ions, hydrogène et oxygène, recueillis dans les éprouvettes du voltamètre, étaient dans le rapport de 2 à i .
Mais, si l'on sépare en deux, par une cloison poreuse placée entre les électrodes, le vase qui contient l'électrolyte, on constate que l'acide sulfurique se concentre autour de l'électrode positive : c'est le même phénomène qui se produit quand on éleclrolysc du sulfate de cuivre.
Tout semble donc se passer comme si c'était un hydrate d'acide sulfurique SO^-h nHO qui se décomposait : le métal, c'est-à-dire ici l'hydrogène, se porte sur Télectrode négative, où il se dégage; le reste SO» se porte sur l'électrode positive : i équivalent d'oxygène se dégage, et il reste SO^ qui augmente la concentration de la liqueur autour de l'électrode positive. L'électrolyse d'un acide en solution étendue rentre donc dans la loi générale, le métal, dans ce cas, étant l'hydrogène.
Rappelons ici pour mémoire la théorie célèbre et longtemps
20O ÉLECTlICITfi DYNAMIQUE.
classique de GrotthuSj qui avait supposé que toutes les molécules d^un électrolyte étaient séparées en deux, contenaient des doses équivalentes de métal d^un côté, de radical de Fautre, et s orientaient au passage du courant. Dans cette hypothèse, les portions
Fig. 123.
^.j^l^'^l ^hl|^|j^.|R|M[R|M|R|M
extrêmes, touchant aux électrodes, sont seules libres, sans contact avec une molécule complémentaire : elles se portent donc sur les électrodes et permettent ainsi Tapparition des ions {fig. laS).
Ainsi, au pôle négatif, M| se dégagera; la portion de radical R| se combinera à la portion de métal M2 pour former une nouvelle molécule qui s'orientera comme précédemment, en mettant cette fois M2 au contact de T électrode négative, et ainsi de suite.