DISPOSITIF DE H. BOUTT
M. Bouty, qui s'est beaucoup occupé des mesures de résistances liquides, a réalisé des dispositions expérimentales qui font de la méthode précédente une des plus précises et des plus faciles à mettre en usage.
Le liquide à étudier est enfermé {fig* 276) dans un tube enroulé en double spirale, plongeant dans un bain à température
Fig. 276.
Fig. 277.
Br
constante. Ce tube est terminé par deux entonnoirs A, B.
A l'aide de deux siphons gros et courts, les entonnoirs communiquent avec deux vases poreux, pleins du même électrolyte, el ces vases poreux, dont un seul est visible à droite, sur la figure, sont plongés eux-mêmes dans des auges C contenant une solution concentrée de sulfate de zinc. On amène le courant à ce sulfate de zinc par des électrodes de zinc amalgamé plongeant en C, et on prend le potentiel de chacune des auges par des électrodes sans polarisation; le tube capillaire de Tune d'elles est figuré à droite. La résistance des vases poreux et des gros siphons est si faible, relativement à la résistance du liquide contenu dans le serpentin,
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que l'erreur qu'on commet en négligeaut ces résistances faibles n'atteint pas i millième. L'électromèlre employé est l'électroraètre capillaire de M. Lippmann.
De plus, M. Bouty ramène chaque fois l'électromètre au zéro en compensant la force électromotrice qu'il mesure, à l'aide d'une dérivation prise sur le circuit de i daniell, et variable à volonté. 11 emploie à cet effet une disposition spéciale.
Le daniell auxiliaire D {fig^ 277) comprend dans son circuit une première boîte de résistances, H, de 10 000 ohms, et à la suite une seconde boîte identique MN. Les communications sont arrangées de façon que le daniell D soit en opposition avec la force électromotrice E que l'on étudie, sur l'électromètre capillaire L.
Supposons qu'on ait enlevé toutes les clefs de la boîte H, et qu'au contraire toutes les clefs de MN soient en place ; la résistance totale du circuit principal est de 10 000 ohms, et la force électromotrice prise en dérivation est nulle. Si nous enlevons de la boîte MNla clef marquée 5o, pour la porter dans le trou 5o de la boîte H, la résistance totale restera bien la même, puisque nous retranchons d'un côlé ce que nous ajoutons de l'autre; seulement la force électromotrice prise en dérivation sera y^ô ^^ daniell. On transporte ainsi des clefs de MN en H jusqu'à ce que l'électromètre reste au zéro. Il suffit alors de lire le nombre d'ohms représenté sur H par les clefs que l'on a plantées, ou surMN par les clefs qui manquent, pour avoir, en dix-millièmes de daniell, la valeur de la force électromotrice cherchée.
Remarquons, en passant, combien cette mélhode et ce dispositif expérimental réalisent la conception théorique d'une mesure parfaite : la force électromolrice, estimée par la lecture de la boîte de résistances, donne le 70^ de daniell, c'est-à-dire, à très peu près, le 75^ ^^ yo\i\ c'est justement cette fraction qui exprime la sensibilité de l'électromètre employé : si donc l'équilibre est établi, le déplacement d'un ohm d'une boîte à l'autre correspondra à un déplacement d'une division dans l'instrument.
De plus, non seulement la résistance totale des deux boîtes reste la même, mais encore le nombre de fiches enfoncées dans leurs trous est constant. Toutes les conditions se trouvent donc
réalisées le mieux possible pour assurer Tinvariabilité de résistance totale.
M. Bouly a pu, de cette façon, étudier la résistance des divers électrolytes, et MM. Bouty et Poincaré ont mesuré la résistance des sels fondus.