EXPUGATION DE FABRQNI
Fabroni, au contraire, voyait dans Faction chimique la seule cause de la production de Télectricité.
Ainsi, dans l'expérience de Galvani, il expliquait la force éleciromotrice par Faction chimique exercée par le liquide organique de la grenouille sur le zinc. Dans la première expérience de Yolta, les liquides acides de la main attaquaient la lame de zinc, et la charge négative que prenait celle-ci était transmise à Télectromètre par la lame de cuivre, que Ton pouvait d'ailleurs supprimer sans inconvénient.
Dans le second cas, le cuivre étant moins attaquable que le zinc ne manifestait aucune charge; il en présentait immédiatement une si les doigts étaient mouillés d'eau acidulée à l'acide azotique.
11 y avait donc trois théories en présence : celle de Volta, celle de Galvani, celle de Fabroni; tous trois avaient raison.
L^Jig, 87 montre la disposition schématique de l'expérience de Galvani.
D'après ce dernier, c'était en (G) qu'il fallait placer le siège du phénomène électrique, la grenouille p. g
étant un condensateur ; d'après Fabroni, c'était en (F), en vertu de l'action des liquides organiques sur le zinc; enfin, d'après Volta, c'était en (V), à cause du contact du zinc et du cuivre.
Aujourd'hui, l'existence des forces électromotrices de contact a été mise hors de^doute par des expériences qualitatives et quantitatives. Donc» il y a *"^'^ bien réellement en (V) une force électromotrice; mais, s'il est constant que le contact fait naître des forces électromotrices, il est constant aussi qu'un mouvement continu d'électricité représente, sous une forme spéciale, une certaine quantité d'énergie mise en jeu. Il faut donc fournir quelque part cette énergie dépensée : on la fournit en (F) sous forme d'énergie chimique.
ÉLEGTBICITÉ DYNAMIQUE.
Enfin, la grenouille elle-même est bien un condensateur; car les nerfs et les muscles, étant des substances hétérogènes, se chargent à des potentiels différents, d'après le principe même admis par Volta. Donc, en les réunissant, on déterminera la décharge. C'est, du reste, ce que Galvani a constaté, en laissant retomber directement les nerfs lombaires sur les muscles de la cuisse : les contractions se produisaient d'une façon très nette.
En résumé, la théorie exacte des expériences de Volta ne peut résulter que de la connaissance de la grandeur et du sens des forces électromotrices qui proviennent des différents contacts qui y sont produits, les charges qui apparaissent étant elles-mêmes les résultantes de ces diverses causes; et il faut bien reconnaître que, dans la plupart des cas, l'interprétation du phénomène donnée d'après les idées de Fabroni, c'est-à-dire sans tenir aucunement compte des forces électromotrices qui ne résultent pas de l'action chimique, est celle qui conduit le plus souvent au résultat que confirme l'expérience.
Fig. 88.