PAR INFLUENCE
§ ?. — ÉLECTROSCOPES.
i?tro8Copes de Clîlbert et de llafay. — Il est souvent trèsl'avoir à sa disposition des appareils d'une grande sensibi-
Taide desquels on puisse facilement reconnaître : i" si un est électrisé; 2" de quelle espèce d'électricité il est chargé, sposition des éleciroscopes est très-variable; celui que employait* consistait en une aiguille de verre AB (fig. 288), 5 horizontalement sur la poinle d'un long pivot vertical D, lent de verre. Cette aiguille portait à l'une de ses extrc- "une petite boule de cuivre creuse A qui se trouvait )rée par un contre-poids en verre B placé à l'autre exé.
nd la boule de cuivre, à l'état naturel, était attirée par un , on en concluait que ce dernier était électrisé ; et pour
ensuite de quelle électricité il se trouvait chargé, on donuccessivement à la boule de l'électricité vitrée et de l'élec-
résineuse, et Ton voyait dans quel cas elle se trouvait ssée par le corps que Ton éprouvait.
Fig. 288.
Fig. 289.
îetroseope ordmaire. — Le plus Ordinairement, les électros- ; sont construits de la manière suivante (fig. 289) : une 3 cloche do verre tubulée, dont la hauteur et le diamètre
-oogteiiips avant Dufay, le doct<Mir Gilbert constatait iin'un corps était élcr- ;u le faisant agir sur une ai^niilJe de métal mobile bonionVAViftvi^V. ^v\\ V^ ,r lia pivot i-galement métaUique.
418 ÉXEGTR0SC0PK6.
peuvent varier entre 1 et 2 décimètres, reçoit dans sa tubulun supérieure un bouchon métalique qu'il s'y fixe à la gomme laque Ce bouchon se termine extérieurement par une boule A , et à ss partie inférieure il porte deux attaches très-voisines auxquellfô on fixe, à Taide de petits anneaux métalliques, soit deux fils Gns de métal, terminés par de très-petites balles de sureau g et ^, soit deux pailles minces.
La cloche repose sur un disque de métal auquel sont également fixées deux lames de cuivre verticales , orientées de telle sorte que les pendules P et P' les rencontrent nécessairement dans leurs plus grands écarts.. Souvent aussi, l'on préfère coller en «r, 6, cet dy des lanières d'étaiii assez étroites et très-minces. On a soin de bien sécher le verre au moment où l'on ferme l'inslrument , et enfin on recouvre toute sa partie supérieure environ jusqu'au tiers de sa hauteur, d'une couche continue de vernis â la gomme laque.
Lorsqu'on touche le bouton A avec un corps électrisé, les pendules divergent aussitôt, et gardent leur divergence d'autant plus longtemps que l'air est plus sec. Or, quand ils sont ainsi écartés l'un de l'autre, rien n'est plus facile que de reconnaître de quelle électricité ils sont chargés. Il faut pour cela approcher lentement du bouton un bâton de résine frotté; si la charge est vitrée, les pendules se rapprochent, parce que leur électricité est appelée en A par l'attraction de la résine ; si au contraire la charge est résineuse, la répulsion augmente, parce que l'électricité du bouton sera refoulée dans les balles g cl h.
Il est essentiel, quand on fait cette expérience, d'approcher lentement le cylindre de résine; si en effet on le présentait trop brusquement au bouton, lorsque les pendules sont charj];és de fluide vitré, ils pourraient, après s'être rapidement rapprochés, diverger de nouveau; et comme on n'observerait nettement qu( ce dernier effet, on porterait un jugement faux sur l'espèce di fluide primitivement donné à l'instrument.
11 est presque inutile de remarquer : 1" que la cloche p^ése^^< les pendules de toute agitation de Tair ; V que l'enduit de gomm' laque empêche l'électricité du bouton de se répandre sur le verre Enfin les petites lames métalliques a, 6, c, rf s'opposent à ce quele pendules aillent, dans leurs plus grands écarts, frapper la pan intérieure ilc la cloche et y déposer de l'électricité qui, en adhérant souvent très -longtemps, serait une cause de troubl dans les expériences.
Pour charger ces appareils d'une électricité connue, au lie c/'en loucher le boulon a\cie ww VàV^w v\^ \«î^\\\<i <cu un tube d
[ £lECTBOSCOP£S. 419
I verre froUé, il vaut mieux avoir recours au développement d'élec- I Iricilé par inDuenue, et cela de la manièi'e suivante : I On met le doigt sur la garniture métallique, puis on approche à ' u;.e certaine distance un bàlon de résine frotté ; et pendant quo MB inDuence dure, on enlève ledoigt; enfin on écarte le cylindre influent, et aussitât les pendules se mettent à diverger. On conçoit en effet, d'après les principes précédemment posés, que ces pendules doivent être chargés de fluide vitré , car l'électiicilé résinense provenant de la décomposition du fluide neutre de la garniture a été chassée dans io sol.
ilMiratoope da Coulomb. — Coulomb a construit un éleclroscope très-sensible que l'on peut, jusqu'à un certain point, regarder comme un perfectionnement de celui de Dufay (fig. 290). La pièce
principale est une aiguille de gomme laque borizonlalc ab porlaiU à l'une de ses extrémités un disque de clinquant, et à l'autre un |*lit bourrelet de résine qui sert à faire équilibre. Elle est souicnue au milieu d'un vase cylirulriqiie de verre AFG par un fil de fucon e, et à la hauteur du plan qu'elle peut décrire.
La paroi latérale est percée d'un trou quo traverse une petite tige de cuivre terminée en boule à ses deux extrémités.
La cheville B, qui soutient le fil de cocon, étant tournée de nianière à ce que le disque de clinquant b s'upptique contre l'ex- Irémilé c de la tige métallique cd, il est évident que si on l'icelrise celle-ci en rf, le disque s'éleclrisera aussi, par communication, el l'aiguille sera repoussée. 11 est évident que quand l'iiipille est repoussée par la tige, si l'on approche du bout d de «llc-ci, un corps chaîné de même clciliieité cv'^'eWCiVa ït'jviV
tW iLBCTBOSCOPIS.
sion augmentera ; elle diminuerait si le corp§ iitfluent était diat^
de fluide contraire.
Enfin 00 connaît sous lo nom d'électroacope de Henley un pelil appareil (fig. 291) que l'on lise souvent sur les conducteurs dei
machines électrir|ues, et qui sert à en mesurer la chai^; ctt électriiscopc n'cft autre chose qu'un sim^ile pendule électrique, lui tige AB et relie qui supporte la boule sont en ivoire et toodui^nt bien rélcctricilé; le cadran C sert i mesurer la diver
Haebiae d'Otto d« Ouérieke. — On donnc ordjuairemcol It3 ihii» du innchincs élcf liiques à des a{i|>arcils disposés du manière >
MACHINES ÉLECTRIQUES. i21
Billir les quantités d'électricité, souvent considérables, que peut développer sur les corps par le frottement. C'est Otto de icke qui doit être considéré comme l'inventeur de ces appela pièce principale de celui qu'il imagina, était un gros globe ufre traversé par un axe métallique, à Tiiide duquel on pouui imprimer une rotation rapide (fig. 292). Lorsque le globe en mouvement, il sufGsait d'appuyer la main sur sa surface, que le frottement y développât une quantité d'électricité dérable.
puis, au globe de soufre, on siibstitua des globes de verre, et main, des frottoirs en cuir ou autres substances. EnBn l'on mgea de manière à recueillir sur des cylindres métalliques rélectricité développée par lo frottement. Mais ce ne fut . 4766 que l'on construisit en Angleterre des machines dans elles le globe de verre se trouva remplacé par une roue de ; substance, comme on le pratique encore maintenant. • tehîne électrique ordinaire. — La pièce principale de nos ines électriques ordinaires (fig. 293) est en effet une roue ateau de verre CC fixé en son centre à un axe métallique D, et ant tourner verticalement entre deux paires de frottoirs aa\ ue supporte un montant de bois BB'. Le montant soutient aussi delà roue ; il est solidement fixé sur une table de bois très- I. Sur cette table s'implantent en outre quatre ou six colonnes de , enduites de gomme laque, destinées à supporter le système onducteurs sur lesquels on se propose de recueillir l'électricilé, li consistent en de gros tubes de cuivre creux AA'G, terminés es portions de sphère. Le plus souvent ces conducteurs ferles trois côtés d'un rectangle horizontal dont le plan pas- . par le centre de la roue et leurs extrémités libres portent me un feràchcNal de cuivre hh' dont les branches sont conledans le plan du rectangle, et dont l'ouverture est voisine de de rotation. Ces branches sont garnies de pointes à l'inlé- , et le plateau tourne entre elles sans les toucher nulle part. s portions du plateau qui passent entre les frottoirs y prennent électricité vitrée. Puis, quand la rotation les amène à la ;ur du conducteur, elles agissent par influence sur son fluide e, et en attirent la partie résineuse qui, s'échappant par les es, vient remettre le plateau à l'état naturel, tandis que ide vitré devenu libre se répand sur l'appareil et le charge, is la charge ne s'accroit pas indéflniment. La déperdition e fait incessamment par l'air et les supports arrête bientôt imulation; et d'ailleurs, quand cette cause de V\rcv\Va\.\^\v siérait pas, il arriverait nécessairement uu Tt\ow\ex\V. q\\ \^
i« MACHINES ÉLEGTBIQVBS.
Iluide vilré recueilli, conlrariant l'aclion influente île rélecli (le la roue, empêcherait une nouvelle décomjwsiLiou du Q neutre des conducteurs. La limite serait surtout rapiden
atUiinle si Icè coussins étaient isolés, parce qu'iilovs l'élcctr résineuse ([u'iU conserveraient s'opposerait éncrsiquemcnl (lévelopiicinenl du fluide vilré sur le plalrau. Aussi le physii l.eroy, dans nn travail que nous avons déjù rite plus liuut, éli nctiement ipic, |iour liicn cliar^er une maciiine, il faut mclln (■(Jtissins en e\arlH ''omm\n\\caVwïv sNctXft wi\.
MACHINES ÉLECTRIQUES. i33
Xnfîn l'expérience prouve que pour obtenir avec cessppareils les meilleurs elTels possibles, il faut en recouvrir les coussins d'amaU ^ame d'étain, ou mieux de bisulfure d'étain (or mussir]-
La machine que nous venons de décrire ne donne que de l'élec- Iricilé vitrée.
Huiliiiu de Nairae. — Vers 1773, Le Roy en France, et Noirne en Angleterre, firent connaître des appareils i l'aide (lesquels on peut obtenir soit l'un, soit l'antre des deux fluides.
N'oui décrirons la machine de Naime, parce qu'elle se trouve l'ivi ordineirement dans les cabinets de physique (lig. Î9i).
C, cylindre isolé de verre soutenu par un axe horizontal G , 1"" l'on met en monvement à l'aide de la manivelle I.
flfl', conducteur de cuivre soutenu par des colonnes isolantes et portant un coussin contre lequel frotte le cylindre de verre peuplant sa rotation.
A, conducteur de cuivre isola, armé do pointes du cdlé du cylindre C. Ce conducteur recueille l'électricité vitrée développée sur le verre par le frottement, (andis que B ee c\\aTç,e 4% ft\»4ft Bfgstirpris au frottoir.
ut MICHINBS ÉLECTBIQSKBi-
Souvent, qjand on Tait fonctionner l'appareil dans uncoun
proche à petite distance l'une de l'autre les extrémités d« dei E et F en contact avec les deui conducteurs, et l'on voit jaill elles de nombreuses étjncelles dues a la recomposition de» contraires développés en A et on B. Dans tout ce que nous dédire, noua avons toujours supposé lescenducteursBet A mais quand on veut employer la machine pour recueillir ment l'un des deux tluides, il convient de mettre en co cation avec lo sol celui des deux cooducleurs qui se ch fluide qu'on ne cherche pas à obtenir.
Xaehiae de van Mannu. — La mai^ine de van Maruni senlée Ogure 395, permet aussi d'obtenir à volonté l'une oi
des deux électricités. Le plateau est porté à l'extrémité d très-solide EE'. Les Trottoirs oaa'u' sont isolés, maison p( onté les faire r ommuTxinwer au «A ottaa i:iit\îi'\<:\'îOT \, W
IIACHlNfiS SLRCtRlOl^ËS.
arcs métalUqaes BB'66', CC'cc', lesquels peuvent tourner autour de Taxe géiiiéral ÂEF de l'appareil.
Pour la position représentée sur la figure, les frottoirs commuoiqueDt au sol, et la boule  recueille rélectricité du plateau ; on obtiendrait un effet inverse en faisant pivoter de 90 degrés chacun des eonducleurs mobiles.
ileetrophore. — Yilke, savant suédois, a fait connaître un appareil facilement transportable , et à Taide duquel on peut se procurer commodément une quantité d'éleciricité assez considérable. Cet appareil, auquel on a donné le nom d'électroplion^ se compose de deux parties (fig. 296) : r un gâteau de résine plal
/.•»fr
Fig 296.
^t circulaire, maintenu dans un châssis de bois CC ; '2" un j)laloîui ^" disque de bois P recouvert d'une feuille d'étain et soutenu on j^^n centre par une tige de verre M, encaiite do gomme laciuo. ^^ diamètre de ce disque est un peu moindre que celui du gâteau ^e résine.
Pour charger Télectrophore, on commence par en sécher soigneusement toutes les parties ; puis on électrise résineusemcnt le *âieau en en frappant vivement la surface libre avec une peau do ^hat. Cela fait, on le recouvre avec le disque conducteur, qui aussitôt s'éleclrisantpar influence, se charge de fluide viiré sur la Aicc par laquelle il touche la résine, et de fluide résineux à sa partie Supérieure.
Si, pendant que cet étal do choses subsiste, on Vouc\\^ wWbfevX hstanf le plateau avec le (io\^\ , le fluide vè>\T\ov\x Tv^\vçv\\?>svi
ise MACHINES ÉLECTRIQUES.
s'écoule dans le sol, et alors, en enlevant le plateau par soi manche isolant, on le trouve chargé d*éléctricité vitrée.
Quand cette électricité a été employée ou perdue, pour en oble nir une nouvelle dose il n'est pas nécessaire de percuter de net veau la résine ; il suffit de remettre le plateau en place , et de toucher pendant qu'il est soumis à Tinfluence, car le gâteau c résine peut rester chargé plusieurs jours et même des moiseï tiers si l'air n'est pas trop humide.
§ i. — MACHINE HYDRO-ELECTRIQUE d'ARMSTRONG.
Une observation faite en septembre 1839 près de Newcastle s\ Tyne, à la houillère CramHngton, conduisit M. Armstrong à construction d'une nouvelle machine électrique d'une puissan* considérable.
Le mécanicien W. Patterson, chargé de la conduite d'une m chine à haute pression delà force de 28 chevaux, employée au s< vice de la houillère, remarqua qu'il pouvait tirer des étincelles la chaudière, lorsque tenant une main dans un jet de vapeur c] s'échappait par une mince fissure, il approchait l'autre d'ii partie quelconque de la paroi métallique de l'appareil.
Ces premiers résultats bien constatés, M. Armstrong entrep une série de recherches dans le but de trouver la cause de développement d'électricité jusqu'alors inconnu. Il s'assura bie tôt que la vapeur n'est pas électrique dans la chaudière, et que ne le devient qu'à l'endroit où elle traverse les ouvertures <l lui donnent issue.
Enfin, et presque simultanément, M. Faraday complétait 1 recherches de M. Armstrong en établissant d'une manière tr€ nette que le fluide est développé non pas par le frottement de vapeur sèche contre les ajutages, mais bien par c^lui des g' bules d'eau qu'elle entraîne avec elle. 11 faut en effet, po qu'il y ait dégagement d'électricité, que la vapeur se conden partiellement dans les tubes par lesquels elle s'échappe, on chauffe ces derniers assez pour qu'il ne puisse s'y pr duire aucune liquéfaction, on fait disparaître les signes é\c triques.
On fait également disparaître ces signes, en ajoutant quelque p<
de potasse ou d'acide sulfurique dans les ajutages de sortie, pan
qu'alors la conductibilité des globules d'eau devient assez granc
pour que la recompos\V\oT\ è\ecVt\ç\viÇ?> «s»^ K^&^^ \\wsNédialement (
sur pkce.
H&CHIHKS ELECTRIQUES. I»
Enfin Ml peut faire passer la vapeur du posilif au négatif en In TorranE à enlrainer d'autres globules liquides que ceux qui proliennent de sa propre liquéraction. Il suffit pour cela , de la con-
daire à travers uneboUe renfermant de l'IuiUe, Ae YesaeiKe 4« lérébenibinp, etc.
DISTRIBUTION DE L'ÉLSGTRICITÉ.
une certaine quantité de fluide; mais si le contact a lieu à Tintérieur, le plan d'épreuve reste à l'état naturel.
L'expérience réussit , quelle que soit la forme du conducteur. Il ne faut pas toutefois prolonger trop longtemps le contact intérieur, parce qu'alors il pourrait se développer par influence, sur le plan d'épreuve, un peu d'électricité qui, passant sur le disque, troublerait les résultats.
Souvent encore on fait usage d'un autre appareil consistant en une sphère isolée (fig.300), qui peut être exactement recouverte par
Fig. 300.
deux hémisphères creuses soutenues par des manches isolants'. L» sphère étant électrisée, si on applique un instant les hémisphères sur sa surface et qu'on les enlève ensuite , elles emportent avec elles tout le fluide de la boule, qui ne donne plus alors de signes électriques appréciables.
D'autres preuves très-concluantes sont celles que Ton obtient par l'emploi de la balance de Coulomb.
Recherches de Coulomb. — Les observations les plus délicates que l'on puisse faire avec cet appareil montrent qu'entre des sphères conductrices de même surface, le partage de l'éleclricité se fait toujours en proportions égales, que ces corps soient intérieurement vides ou pleins, et quelle que soit la nature de leur
/. Cifs émisphères dpvraienl ptéseTilwk\cv\.t ^^\\.\«^ voL^^^kate de petites échancrures destinées à laisser passer \è \)wA. ^^ UVivA^ K,