À LA SURFACE DES CORPS
et sur son extrémité supérieure, prise pour pivot, on place une petite aiguille métallique cd qui se trouve alors libre de tourner horizontalement; les deux bouts effilés de l'aiguille ac^ bd, sont recourbés (fîg. 303) en sens inverse; or, au moment où Ton charge la machine, on voit Taiguilie prendre un rapide mouvement de
Fig. 303.
rotation dans un sens inverse de la direction des pointes. Ce phénomène rappelle de tout point celui du tourniquet hydraulique décrit page 59, et lorsqu'on opère dans Tobscurité, on voit à chacune des extrémités c et d apparaître une lueur phosphorescente par laquelle se manifeste l'écoulement de Télectricité.
Oofps îfolaiiU. &eeherchef de M. Slatteaecî. — Tous les résultats précédents sont relatifs à la distribution de l'électricité à la surface des corps conducteurs. Le cas des corps isolants n'a pas encore été traité par la théorie, et les expériences qui ont été faites sur ce sujet ne sont pas nombreuses. Nous nous bornerons à en citer deux : elles sont de M. Matteucci, et se rapportent directement au sujet qui nous occupe.
L'une prouve que toute l'électricité que l'on donne à un corps isolant ne reste pas à la surface; il s'en rèpaxid \vtv<& c»t\»vw^ quantité dans l'intérieur même du corps.
438 DISTBIBUTIOM DE L'ÉLSCTBIGITÉ
En effet , si après avoir électrisé un cylindre d'adde stéariqui avec une étincelle de la machine, on le frotte avec un drap d< laine, on aura des signes d'électricité négative ; mais si alors oi fond légèrement la surface du cylindre ou bien si on la lave ave< de Téther, ce qui enlève la couche superficielle de fluide négati dont il a été chargé en second lieu , on voit reparaître les signes de l'électricité positive qui lui avait été d'abord communiquée.
La seconde expérience établit que quand on soumet une aiguille isolante à l'influence d'un corps électrisé voisin , elle se charge, dans ses deux moitiés, de fluides contraires, comme le ferait uoe aiguille conductrice. Cette charge cesse aussitôt que l'influence; et la manière d'opérer ne présente rien de particulier. ' Enfin c'est ici le lieu de citer une expérience curieuse due au physicien -^pinus. Lorsqu'on touche un corps isolant avec une sphère électrisée également isolante, il se charge ordinairement, au point de contact, d'une certaine quantité de fluide contraire à celui de la sphère. Ce fait peut paraître singulier au premier abord ; mais on voit aisément qu'il s'explique par les principes posés plus haut sur les développements de l'électricité par influence, pourvu que l'on tienne compte de la grande difficulté que les fluides ont à se mouvoir sur des corps isolants.
Applications. — Comme application des lois relatives à la distribution de l'électricité sur la surface des corps , nous indiquerons rapidement la manière dont on peut se rendre compte d'un phénomène qui a, depuis bien longtemps, appelé l'attention des électriciens.
Lorsqu'un éleclroscope est soumis à l'influence d'une source électrique Â, si l'on interpose entre eux un corps de nature et de forme quelconque, l'état d'équilibre qui s'était d'abord établi, et par suite les signes électriques donnés par l'électroscope, peuvent être notablement modifiés.
Ainsi l'interposition d'un disque métallique en communication avec le sol peut faire complètement cesser la divergence des pailles.
Si le disque métallique est isolé et primitivement à l'état natu* rel , la divergence diminue mais ne disparaît pas.
Enfin elle n'éprouverait que peu ou point de réduction si à \i place des disques conducteurs on substituait un écran de mèm( forme, mais de nature isolante.
Ces eff'ets diff'érents s'expliquent de la manière suivante :
Dans le premier cas, le disque métallique en conmiunicatioi avec le sol se trouve exclumemewt chargé de fluide négatif; i tend donc à contrarier VacUou ^ç> k«M\^wdw»R«<^.,<^K^
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conçoit aisément qull puisse Fannuler pour une distance convenable.
Dans le second cas , le disque isolé se trouve chargé de fluide négatif dans la partie la plus voisine de la source , et de fluide positif de Tautre côté. Son action sur l'électroscope résulte de la iifférence de celles que ces deux fluides exercent chacun pour leur compte. Or, l'expérience et la théorie prouvent que dans les circonstances de Texpérience , le fluide négatif s'accumule vers la )artie centrale de la face supérieure du plateau, tandis que le fluide >ositif est surtout ramassé vers ses bords. Il résulte de là que ce iemier agit sur Télectroscope à une distance moyennement plus ;rande que l'autre. L'action totale sera donc de la nature de celle [ue l'électricité négative exerce , c'est-à-dire contraire à celle de a source, et par suite il y aura encore diminution de divergence ; nais évidemment cette diminution sera inférieure à celle qui était produite dans le cas de la communication au sol.
Enfin, dans le troisième et dernier cas, la séparation des luides à la surface du corps isolant est faible , et par suite , en issimilant ce cas au précédent , on voit que l'action qui en résulera sur les pailles devra être très-minime, et c'est effectivement ze qui a lieu.
Il est à peine besoin d'ajouter que toute différence apportée à [a faculté conductrice des disques que Ton emploie en amène de correspondantes dans l'état des pailles. Aussi Dufay avait -il remarqué que l'action d'un disque de verre est beaucoup moindre quand il est récemment chauffé, que quand, par une longue exposition à l'air ordinaire, il s'est recouvert , comme cela arrive toujours, d'une légère couche d'eau hygrométrique.