AIMANTATION
Développement du magnétisme par influence. — Lorsiiu'of'' approche un morceau de fer aa' d'un aimant B, il acquiert immtV^ diatement la vertu magnétique, car sa deuxième extrémité a peu^ attirer la limaille, attirer ou repousser une aiguille aimantée; enfii»
PA0CÉDÉ8 D*ÂIMÂNTATION. 495
^Ue peut agir aussi sur un second barreau de fer da'* (fig. 335) ^t le rendre magnétique lui-même. « De telle sorte, dit Gilbert, ^ que Taimant primitif trouve dans ces barreaux successifs des ^ auxiliaires qui en conduisent la vertu jusqu'à une distance où ^ elle n'eût plus été sensible. »
L'influence magnétique peut s'exercer à dislance, mais moins c^xergiquement qu'au contact. Elle ne diminue pas la force de i'aimant primitif; enGn à l'extrémité libre a' du barreau influencé, le magnétisme est de même nom que celui qui domine dans le pôle B de l'aimant influent. En a il est de nom contraire.
Fer doux. Force c<»ercitÎTe. — Si l'on vient à faire cesser l'action de B sur le barreau aa* ^ il arrive quelquefois que ce dernier rentre complètement à l'état naturel, a n'ayant reçu de la pierre qu'une vertu précaire et incapable de persister quand celle-ci est éloignée*. » Mais souvent aussi le magnétisme y rest'e avec un degré d'énergie plus ou moins considérable.
Pour que le premier cas se présente, il faut que le for du barreau soit bien pur, qu'il n'ait été rendu cassant par aucune action mécanique, comme l'écrouissage, la torsion , ou tout au moins qu'il ait perdu par le recuit, la dureté que ces opérations lui avaient communiquée.
Quand ces conditions ne sont pas remplies, le magnétisme persiste avec une énergie d'autant plus grande que l'aigreur du fer est plus considérable.
L'acier trempé possède surtout à un haut degré l'avantage de Conserver le magnétisme qui lui a été donné par influence.. En d'autres termes il possède une force coercitive d'autant plus grande que la trempe a été plus roide.
C'est donc en acier trempé que l'on fait les <iimants artificiels; seulement, comme cette substance s'aimante d'autant plus difficilement qu'elle a plus de force coercitive, il faut des soins particuliers pour y développer le magnétisme.
Nous allons donc exposer avec quelques détails les procédés d'aimantation généralement adoptés.
§ 4. — PROCEDES d'aimantation.
Simple touche. — Le procédé le plus anciennement connu est celui de la simple touche.
Que l'on mette l'extrémité de l'aiguille à aimanter en contact
I. TbemistiuSf ia^8, pbysicornw. — Gilbert ne croyait pas a tes àVSLfeW\\<i^?«.
4M PROGÉDÉg D'AIMANTATIOR.
avec un des pôles d'un aimant, après un temps suffisant on y trouvera un pôle contraire *, et en même temps le pôle de même nom apparaîtra à l'autre bout de l'aiguille, car toujours les deux magnétismes se développent simultanément.
On peut encore frotter un certain nombre de fois, et toujours dans le même sens, l'aiguille à aimanter sur le pôle A de l'aimant (fig. 336) influent ; si alors le mouvement de l'aiguille a lieu de b vers Â, il se développera au point b du barreau un pôle de nom contraire à A
Il sera bon ensuite de prendre l'aiguille par l'extrémité 6, et de
Fig. 336.
la frotter sur le second pôle B de l'aimant, de manière que le magnétisme développé par cette seconde friction en b et en a soit identique avec celui que la première y avait déjà fait naître.
Dans la deuxième moitié du siècle dernier, Knigth* et Duhamel • d'abord, et^Epinus* ensuite, apportèrent des perfectionnements importants aux procédés d'aimantation.
Touche séparée — Kniglh imagina de frotter simultanément le barreau à aimanter ab avec deux aimants mobiles A, B, dont les
1. Ferrum tactum acquirit contrariam verticitatem. Gilbert. L. III, ch. iv.