COHÉSION. — ACTIONS RÉCIPROQUES DES SOLIDES ET DES LIQUIDES
Oohétion des folide*. — La cohésion des corps est un effet des attractions qui s'exercent entre leurs molécules contiguës. Cette force est souvent considérable, ainsi que le démontrent les résultats cités plus haut (p. 365) touchant la résistance des métaux à la rupture brusque. Sil faut, en effet, une force de 60 kilog. pour rompre une barre de fer de 4 millimètre carré de section, et tirée dans le sens de sa longueur, on en peut conclure qu'au moment de la rupture 60 kilog. mesurent la résultante des actions attractives qui s'exercent entre deux tranches prismatiques de ce métal
ayant un millimètre carré de base, et une hauteur égale à la distance à laquelle deviennent insensibles les actions dont il s'agit.
Celte distance, ou, comme on le dit souvent, le rayon de la sphère d'activité des molécules, est d'une extrême petitesse. Il suffit, pour s'en convaincre, de remarquer que constamment on place Tune contre l'autre deux surfaces solides de grandeur quelconque sans observer entre elles aucun effet d'attraction sensible.
Ainsi, dans les circonstances du - contact apparent ordinaire, la dis- ^*fif' ^^^* tance moyenne qui sépare les surfa-
ces en présence est déjà trop grande pour que des effets de cohésion deviennent appréciables.
On peut toutefois, en opérant avec des précautions particulières, faire naître une adhérence très-nolable entre deux morceaux séparés d'une même substance. Que l'on prenne par exemple deux lames déglace épaisses, bien polies abei cd (6g. 380), et qu'on les fasse glisser l'une contre l'autre par leurs larges surfaces en les appuyant avec un certain effort, il arrivera que par cette seule pres-
SM GAPILLABITÉ.
sioD. les glaces s'attacberont Tune à l'autre, et la force qui les maintiendra unies sera capable de soutenir, contre l'action de la pesanteur, l'une d'elles et sa monture. On pourra même, sans les séparer, accroître très-notablement encore le poids de cd^ en y suspendant un cylindre de cuivre de volume un peu considérable.
Les glaces une fois unies ne se séparent point quand on les suspend sous un récipient dont on extrait l'air; par suite, la pression que ce fluide exerce sur les bases ed et ab ne saurait être invoquée pour l'explication du phénomène.
On fait quelquefois l'expérience de la manière suivante : avec un instrument bien tranchant, on enlève à deux balles de fusil , deux segments de petites dimensions et à peu près égaux, et aussitôt on rapproche les balles par les surfaces de section, alorf qu'elles sont encore fraîches et brillantes. Une légère pressior détermine la suture, et l'attraction qui s'exerce entre les tranche: au contact remporte sur le poids de l'une des balles, qui resta suspendue à l'autre quand on tient cette dernière à la main.
si au contraire les balles eussent été simplement posées l'une contre lautre, leur attraction réciproque n'aurait pu équilibrer qu'une fraction absolument insensible de leur poids. On se rappelle, en effet, de quelles précautions Cavendish a dû s'entourer pour manifester, entre corps placés à la surface de la terre, Is portion de l'attraction universelle qui suit les lois posées par Ne^v• ton. Enfin, pour achever de caractériser ces actions moléculaire: desquelles dépendent et les effets d'adhérence que nous venons de faire connaître et tous les effets de réaction éliastique que nous avons précédemment étudiés, nous ajouterons que l'intensité avec laquelle elles se développent entre des molécules de même masse dépend de la nature chimique des corps dont ces molécules font partie.
Gohénon des liquide*. — La cohésion, sensible encore dans le: liquides visqueux , devient très-faible dans ceux qui sont hier fluides, tels que l'eau, lalcool, mais elle n'est pas nulle. Lors, ei effet, qu'une goutte d'eau reste suspendue à l'extrémité d'un< baguette de verre, l'action du solide sur la goutte n'inter\ient qu< pour en fixer la partie supérieure ; la cohésion du liquide fait h reste.
A«tioBt rédproqaes des loUdet et des lîqoîdcf . — - On a depuis
longtemps remarqué qu'un disque poli, placé à la surface d'ur liquide, y adhère avec une certaine force. Taylor avait cm reoon naître que si, après avoir attaché un disque de bois mouillé audessous du plateau d'une balance et l'avoir mis en équilibre, or ral>aissait de manière à lui faire loucher par toute sa surface leai
CAPILLARITÉ
d'un vase disposé au-dessous de lui, il fallait , après le contact, une force de « 50 grains par pouce carré (ou environ 0^,36 par centimètre carré) pour déterminer la séparation (ûg. 381). Musschenbroeck, en répétant ces expériences, trouva aussi qu'il fallait une force de 50 grains par ^ouce carré pour détacher de Teau
Fig. 381.
un disque de verre primitivement mouillé et mis au contact avec elle. »
A une époque beaucoup plus récente, M. Gay-Lussac a repris ces expériences, et, d'après des mesures faites avec grand soin, il a fîxé à 59s,40 le ptoids qu'il faut employer pour obtenir la séparation quand on opère avec un disque de glace ayant un diamètre égal à 0",M836. £n d'autres termes, au moment où le disque AB va céder à l'action du poids et s'élever en emportant avec lui la couche d'eau qui le mouille, l'adhérence de c«tle dernière au reste du liquide équivaut à 0^,54 par centimètre carré.