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PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES CORPS

Les corps, quels qu'ils soient, possèdent un certain nombre de ropriétés qui sont communes à tous, et qui par suite, définissent ^ caractérisent ce que Ton appelle la matière.

Ils sont étendus et mobiles.

ïaertîe. — Ils sont inertes, c'est-à-dire que chacun d'eux est Idos l'impuissance absolue de modifier spontanément l'état de "^Pos ou de mouvement qui lui a été donné.

Au premier abord peut-être, cette loi d'inertie * ne semble pas •onaplétement d'accord avec l'expérience. Si, en effet, l'observation ^Q nous montre jamais de corps commençant à se mouvoir de lui- ^éme, elle nous fait voir sans cesse des mouvements qui s'usent et ^'éteignent; et dès lors on est naturellement porté à admettre lue la matière tend au repos. Mais il est facile de se convaincre [ue, toujours, ce retour au repos a pour raison des frottements ^u des déplacements de milieu. Plus on diminue ces causes incessantes de déperdition de vitesse, et plus s'accroît le temps néces- >aire è l'extinction complète des mouvements imprimés. C'est ainsi [u'un projectile va plus loin dans l'air que dans l'eau; c'est ainsi [Qe sur un parquet uni, une bille roule bien plus longtemps que ^or un sol couvert de sable.

Attraction. — Telle que nous venons de la définir, Tinertie l'exclut pas chez les corps la propriété d'agir les uns sur les lutres, de s'attirer réciproquement; et, en effet, cette vertu attracive, soupçonnée déjà par quelques philosophes anciens, est ad-

i. Voir Descartes, Principe» liv. 2.

s PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES CORPS.

mise dans la science moderne, comme le lien de toutes les parties qui com|H)sent T univers.

Sous nos yeux, à des distances insensibles, elle produit les combinaisons chimiques, donne aux solides la fixité de forme qui tes caractérise, détermine l'adhérence d'un liquide aux surfaces qu'il peut mouiller, etc., elo.

A de grandes distances, c'est elle qui, s^exerçant entre les différents astres qui composent notre système, les retient dans les orbites qu'ils décrivent.

Tout témoigne donc de la réalité de cette force ; mais, nous le répétons, de ce qu'un corps peut en attirer un autre, il ne suit en aucune façon qu'il puisse se donner le mouvement à lui-même. L'inertie n'est pas incompatible avec l'attraction universelle.

IMvîsîbîlîté. — La matière est divisible à un point qui toiyoais étonne l'imagination. Ainsi, par des moyens purement mécaniques, on arrive à diviser un centimètre cube d'or en plusieurs milliards de parties facilement visibles.

Ainsi , un millimètre cube d'indigo, dissous dans Tacide sulfarique, peut donner une coloration très-appréciable à plus de dix litres d'eau, c'est-à-dire qu'il se partage tr^^-certainement en plus de dix millions de parties.

Enfin, tout le monde sait qu'une goutte d'eau stagnante de faibles dimensions, est un véritable monde dans lequel le mien» copo fait apercevoir une multitude d'êtres qui sont organisés, qui vivent , et dont chacun par consé<]uent est composé d'un ncmibre presque indélini de parties distinctes.

H serait surperflu do chercher d'autres exemples pour établir que les forces naturelles peuvent réduire la matière en parties d'une ténuité excessive. D'un autre côté, l'expérience de chaque instant nous fait voir que les corps sont compressibles et extensibles. C'est-à-dire que sous l'action de forces étrangères, ils peuvent subir dans leurs volumes des variations souvent considérables.

Constîtatîon des corps. — En cherchant à se rendre compte de ces trois dernières propriétés de la matière, ceux qui s'occupent de l'étude des phénomènes naturels se sont depuis longtemps arrêtés à une idée fort simple sur la constitution des corps.

Ils les regardent comme des assemblages de parties très-petitea, séparées les unes des autres par des vides ou pores qui peuvent être beaucoup glus grands que les molécules constitutives elles-mémeB.

La division n'est alors qu'une séparation de parties voisines. L'extension, la compression, résultent des variations que subissent les intervalles moléculaires. Seulement, comme il faut expliquer ])Ourquoi les actions attractives réciproques des molécules ne les

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