DILATATION DBS CORPS CRISTALLISÉS
Les corps solides homogènes se dilatent également dans toutes les directions autour de chaque point, et par suite, en s*échauffant, ils restent géométriquement semblables à eux-mêmes. Mais Taccroissement de volume des cristaux ne se fait pas toujours suivant des lois aussi simples. M. Mitscherlich, en effet, a reconnu que chez beaucoup d'entre eux les angles subissent des variations notables lorsque la température s'élève, et cette seule observation prouve que rallongement suivant les directions des différents axes de cristallisation se fait en des proportions différentes.
On peut , à Taide de déterminations faites au sphéromètre , mesurer ces dilatations inégales. Voici de quelle manière M. Mitscherlich y est parvenu, en opérant sur le spath dislande.
Il fit tailler deux lames de cette substance, l'une parallèlement l'autre perpendiculairement à l'axe : elles avaient sensiblement la même épaisseur, toutefois cette égalité n'était pas absolue. A 12", la première avait 43°^,267 d'épaisseur; la deuxième, qui devait donner la dilatation dans le sens de l'axe, était un peu plus mince; la différence était de 0""',010. A 83', au contraire, elle était plus épaisse de 0"*",020 ; il suffisait pour le constater de placer les deux plaques sous l'eau chaude , l'une à côté de l'autre , et d'exécuter les mesures comme à l'ordinaire. Le spath perpendiculaire s'était donc dilaté plus que l'autre ; et comme la différence se trouvait être de 0""',030 pour un écbauffement de 7r et une épaisseur primitive de 13°"°,267, il s'ensuivait qu'elle eût été de 3°"°, 19 par mètre et pour une élévation de température égale à 100*. Restait à connaître la variation absolue de l'épaisseur suivant l'une de ces directions. Dans ce but M. Mitscherlich fît tailler deux nouvelles plaques, l'une de verre, l'autre de spath parallèle à l'axe, très-sensiblement de même épaisseur. Toutes deux furent placées sous l'eau à 15" i, et dans ces circonstances la première fut trouvée de O^^ïOC? plus mince que la seconde. A 93**, au contraire, elle était plus épaisse de 0'°°*,01 9. Par conséquent, pour 100° la dilatation du verre l'emportait sur celle de la lame de spath calcaire de 0,0335. Or, la lame de verre
avait une épaisseur de 23"", 657; elle devait donc, pour 100*, se
dilater de 23""»,657 X ttft = 0"",0204 ; et comme ce nombre
est moindre que 0°",0335, il était évident que le spath s'était
"«é; pour 100° la contraction eût été de 0""",0335 — 0"",020i
JiSL Si l'on divise celle c\uatvV\\)^ ^^r ^"",657, le quo-
tient représente la contraction par mètre, et pour 100"; on la trouve ^le à 0*00055.
Enfin si Ton rapproche ce résultat du précédent, on en conclut que, suivant l'axe, le spath se dilate de 0,00264 par mètre et pourlOO»; et en effet, la somme 0",00264 H- 0"00055 est égale au nonabre 0",00319 par lequel nous avons vu se traduire la différence qui, pour une élévation de 100**, s'établit entre les épaisseurs primitivement égales des deux plaques de spath, Tune parallèle, l'autre perpendiculaire à l'axe de cristallisation.