UR LA LUMIÈRE POLARISÉE
fiant de ceux que nous avions antérieurement établis. On peut au contraire déduire de ces principes l'explication des effets que l'on obtient, lorsqu'on place des lames minces cristallisées sur le trajet des rayons lumineux qui, après avoir été primitivement polarisés, vont ensuite tomber sur un analyseur.
Ainsi qu'on l'a vu page 461, ces elfets sont les premiers qui se sont présentés à Arago. M. Biot en a assigné les lois principales; Fresnel en a donné la théorie complète.
Lorsqu'un rayon polarisé tombe normalement sur une lame biréfringente parallèle à l'axe, il s'y décompose en deux autres qui sont polarisés, l'un dans le plan de la section principale de la lame, l'autre dans un plan perpendiculaire. Si la lame est trèsmince, ces rayons ne se séparent ni dans son intérieur, ni lorsqu'ils émergent dans l'air; mais comme ils la traversent avec des vitesses différentes, ils ont on général à l'émergence des phases différentes.
Chacun d'eux en tombant sur l'analyseur donne une composante à l'image ordinaire et une autre à l'image extraordinaire, et par suite on voit que chacune de ces imagos définitives résulte de la combinaison de deux vibrations d'amplitudes et de phases généralement différentes. Si l'on opère avec la lumière blanche, lorsque les différences de phases et d'intensité dont nous par- Ions amèneront l'extinction complète ou presque complète d'une couleur élémentaire dans une des images données par l'analyseur, cette image se teindra d'une nuance complémentaire de la couleur éteinte : si l'on opère avec une lumière homogène, lorsque les conditions d'extinction seront satisfaites pour une image, elle disparaîtra, et le phénomène se reproduira périodiquement pour une série d'épaisseurs croissant suivant une certaine loi de succession.
Dans les cas où la section principale de la lame mince serait parallèle ou perpendiculaire soit au plan de polarisiUion de la lumière incidente, soit à la section principale de l'analyseur, aucun phénomène particulier de coloration ne pourrait se présenter. En effet, dans le premier cas la lumière no se bifurque pas en traversant la lame. Dans le second, l'image ordinaire de l'analyseur est formée tout entière soit par le rayon ordinaire do la lame mince, seul, soit par son rayon extraordinaire. Il en est de même de l'image extraordinaire. Il n'y aura donc jamais de coloration possible dans les images; mais l'une d'elles disparaîtra quand la section principale de la lame mince se trouvera parallèle ou perpendiculaire au plan de polarisation primitif, et que par suite cette lame ne transmettra à l'analyseur qu'un rayon polarisé unique.