BOBINE D'INDUCTION
leur se charge pour ainsi dire par un effet de dérivation, et en parliculier au moment do rouverture du circuit en D, il dérive
s lH
Fig. 866.
une partie de l'extracoiirant. Aussitôt après, le fluide positif de G et le fluide négalif de II se recombinent en suivant en sens inverse la route que suivait le courant inducteur. Sans doute alors, le fer doux a est plus rapidement ramené à l'état naturel, et l'expérience prouve qu'en ces circonstances les étincelles d'induction données par la machine sont plus fortes et plus longues, tandis que celles qui jaillissent en D sont notablement affaiblies.
Bobines de M. RumkorfiT. — Les bobines que construit actuellement M. Rumkodî ont une puissance remarquable. Dans celle de la Faculté des sciences, le fil induit n'a pas moins de 400 kilomètres de longueur. On prend ordinairement pour courant inducteur celui d'une pile de 20 éléments de Bunsen (grand modèle), et dans ces conditions les étincelles ont jusqu'à 3o centimètres de longueur. Le condensateur est placé dans le socle en bois sur lequel repose l'appareil ; il se compose d'une lame de tafletas ciré, métallisée sur ses deux faces.
Dans ces grands appareils, la bobine induite est formée, d'après les indications de M. Poggendoriï, d'un grand nombre de bobines plus petites, séparées les unes des autres par des cloisons isolantes perpendiculaires à l'axe. Le fil de chaque bobine partielle est relié par une de ses extrémités au fil de la bobine précédente et par l'autre au fil de la bobine suivante. De cette manière, les différences de tension de deux couches de fils voisines ne sont jamais excessives. Enfin, si une rupture arrive dans l'une de ces bobines partielles, il n'est pas nécessaire, pour y remédier, de refaire l'appareil entier. 11 est bon d'ajouter que souvent ces séparations ne sont pas visibles
BOBINE b lliDUGIiOri.
^ Teitérieiir, en sorte que ]a bobiiie iiaraU ample au preiDier aspects
§ •2. — tTUOE U£s EFFETS PRODliTâ PAR. LA BOBIXG
UINDUCTION,
Aotîam obUnîquei — Les décharges, comme nous 1 avons déjà dit, résultent de la superposition d'une décharge de courant direct et d'une autre de couraiU inverse. Aussi elles n'agissent que faiblement sur une Ri^uille aimantée, et quRnd on les transmet à travers un voltaniètrc à eau, elles donneni des mélanges de gaz dans chaciiiio de^ deux cproiivetles ; on peut toutefois rendre leâ effets dos ( ourant* directs prédominants, il suffit, comme nous l'avons aussi indiqué, de ménager une interruption convenable sur le nrcuil induit; les courants directs franchissent l'intervalle plus (aciiernent que les autres, et après la transmission ils conservent encore ane grande intensité, tandis que i action des autres est annulée.
Chmrge d'un oondeiufliitear. — On peut très-commodément charger une batterie avec l'appareil dont l'étude nous occupe. On melf l'une des extrémités <iu fil induit en contact avec l'une des armures y on fait communiquer l'autre avec la deuxième armure, seulement l'un de ces deux arcs conducteurs présente une interruption ri^lée de telle sorte qu'elle ne laisse passer presque que Jqs courants directs. La batterie se charge très-rapidement et peut ainsi fournir k des intervalles trôs-rapprocbés de fortes étincelles.
8tratiliM«S«n. — Ëtitd«i 4e M. QimI, àm M, Bmnkorff, d»
il. Gtove. — lOf . Masson et Bréguet, dans la description des elfet8qu'ilsobtenalentavecleurmacbine,'Ont insisté sur les apparences remarquables que les décharges présentent quand on les fiiit passer dans le vide derflBufélectrique.NousaTons reproduit la description qu'ils en donnent, Am., série 3, t. lY. Les résultats aooon* eés dans cette description ont été vérifiés depuis, et de nouvelles feebercbes sur le même sujet y ont ajouté des faits trés-curieuxet qui né leur avaient pas apparu dans leurs premièrss expériences. Lorsque dans l'œuf électrique il reste un peu de vapeur ou de gas permanent, on voit la gerbe lumineuse qui part du pôle positif se stratifier en des couches nombreuses séparées par des intervalles obscurs. Il en résulte des effets très-brillants, observés presque à la même époque par MM. Rumkorif, Quet et Grove, dont on accroît encore l'éclat en remplaçant l'œuf électrique par un tube présentant une série de reuilemenls et d'étranglements
successifs. Enfin, on a constaté qoé le spectre de rétincelle' (mnsmisé k travers des gaz différents chnnge avec la nature de ceux-ci.
Gnapoditioii dû réiweella, — Dans Fair» h là pression ordinaire, rétinoelle de là bobine de H. Runikorff présente une autre particularité remarqnaliiie*. On rêooiiDaU, à simple inspection, qu'elle est formée de deux parties distinctes, un trait fort brillant et une auréole rougeàtfe. Le trait est instantané, tandis que Tau^» réole a une durée appréciable» Pouf le prouver, il suffit de fttire sortir rélincelle è^tre un plateau condticteur fixe et une boule qui se meut lapidement au-dessus du .plateau et en restant dans un plan parallèle au plateati; le trait de feu reste' simple, conserve sa forme,' son aspect, ordinafref, mais l'auréole semble s'étaler, parce que, par suite* d'un effèt de persistance d'impression sur la rétine, on la voit simultanément dans différentes positions qu'elle occupe successivement. On observe une apparence analogue quand on regarde rétinoelle dans un miroir tournant.
Recherches de M. Du Moncel. — L'idée de celte dornièl'e expérience appartient à M. Lissajous. M. Du Moncel a Tait voir qu'en soufflant sur l'étincelle on déplace raurcole sans agir sur le trait de feu. Enfin M. Perrot a monlre que ces deux parties de l'étincelle ont des manières d'agir distinctes sur les corps à travers lesquels on les transmet. Nous insisterons surtout • sur Ja manière dont il établit que quand on sépare rétincolle do la flamme^ toute la puissance chimique se trouve dans cette dernière* Pour obtenir cette séparation, M. Perrot établit dans le circuit de l'étîncdlle une dérivation tellement combinée que la ilamme suit le circuit principal et le trait de feu te Ai de dérivation.
Ilechei*chés dé M. Perrot. — «La partie la plus importante dô l'appareil est celle où se tait la dérivation de la dcciiarge de teri-' sion. Elle sé compose d'un tube de verre plat, dont l'extrémité supérieure a été effilée et recourbée comme le représente là-^ figure 867. On a soudé en à un Gl de platine ac très-fin; ce fil sùit dans l'intérieur du tube une direction parallèle à l'axé. Uil * second fil bdj soudé én b, vient se terminer un peil en arrière dé ' l'extrémité dti premier fil.
La disinncf' cd et la dimensidU de Torifice, varient ave(> la* pdissadce de l'appareil d'iilduction dont on fait usage. ^
La seconde partie se compose de trois conducteurs; Tun, P; est destiné à mettre le fil àc en communication avec -un dëâ pôles  de l'appareil d*induction ; rexpérience à démontré qii'ii-'
BOtolflE DMNDUCTION.
est nécessaire que ce soit avec le pôle négatif. Le courant primitif aboutit donc au ûl ac. Un second conducteur Q communique
Fig. 867.
avec le pôle positif. L'étincelle éclate alors de c en h, et si Ton souille par te tube un courant d'air énergique, on peut augmenter cette distance. On met alors le conducteur T en communication avec le fil bd et avec le pôle positif B de l'appareil d'induction ou avec un point quelconque du conducteur Q. A partir de ce moment, le courant primitif se trouve divisé en un courant principal qui passe par la flamme de c en h et le conducteur Q, et en un courant dérivé passant par le trait de feu de c en d et puis par le conducteur T.
Les choses ainsi disposées, si Ton interpose des voltamètres à sulfate de cuivre dans le circuit P et dans chacun des circuits (j et T, il est facile de s'assurer que le courant principal possède la môme puissance chimique que le courant primitif, tandis que le courant dérivé par le fil T ne produit que des effets de tension c est-à-dire des étincelles et des aclions mécaniques. »
Recherches de M. de La Rive. — Nous terminerons ce que nous pouvons dire ici des effets obtenus avec les machines électromagnétiques en décrivant la manière dont M. A. de La Rive a récemment fait entrer celie de M. Rumkorff dans la construction d'un appareil à l'aide duquel on peut reproduire, dans les cabinets de physique, des phénomènes qui présentent la plus grande analogie avec ceux de l'aurore boréale.
Dès 1849, M. de La Rive avait trouvé une manière fort remarquable de mettre en évidence l'action rotatoire que les
HublNE b'INDUCTION.
aimants exercent sur les courants produits par rélectricilô ordinaire.
Voici comment il décrit son expérience au lorae XXIX des Co?np. rend, de VAcad, des sciences,
« j'introduis dans un ballon de verre de 30 centimètres de diamètre environ, par une des deux tubulures dont il est muni, un barreau cylindrique de fer doux d'une longueur suffisante pour que l'une de ses deux extrémités aboutisse à peu près au centre du ballon et que l'autre ressorte de 3 à 4 centimètres de la tubulure. Le barreau est hermétiquement scellé dans la tubulure et recouvert dans son élendue, sauf à ses deux bouts, d'une couche isolante et épaisse de ciro. Un anneau de cuivre entoure le barreau par-dessus la couche isolante dans sa portion intérieure la plus rapprochée de la paroi du ballon ; de cet anneau part une tige conductrice, qui, isolée avec soin, traverse la même tubulure que le barreau de fer, sans néanmoins communiquer avec lui, et se termine extérieurement par un bouton ou un crochet. Lorsque, au moyen d'un robinet ajusté à la seconde tubulure du ballon, on y a raréfié l'air jusqu'à 4 ou 5 millimètres, on fait communiquer le crochet avec l'un des conducteurs d'une machine électrique et l'extrémité extérieure du barreau de fer avec l'autre ; on voit les deux électricités se réunir dans le ballon en formant, entre Textrémité intérieure du barreau do fer et l'anneau de cuivre qui est à sa base, une gerbe lumineuse plus ou moins irrégulière. Alors si l'on met l'extrémité extérieure du barreau de fer en contact avec l'un des pôles d'un fort électro-aimant, tout en ayant soin de bien conserver l'isolement^ la lumière électrique prend un aspect tout différent. Au lieu de partir, comme précédemment, des différents points de la surface de la partie terminale du barreau de fer, elle part uniquement des points qui forment le contour de cette partie, de manière à former aussi un anneau lumineux continu. Ce n'est pas tout ; cet anneau et les jets lumineux ont un mouvement continu de rotation autour du barreau aimante, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre» suivant la direction des décharges électriques et le sens de l'aimantation. Enfin des jets plus brillants semblent partir de Cette circonférence lumineuse sans se confondre avec ceux qui aboutissent à l'anneau et forment la gerbe. Dès que l'aimantation cesse, le phénomène lumineux redevient ce qu'il était précédemment et ce qu'il est généralement dans l'expérience cohnue sous le nom de l'œuf électrique. »
Depuis, M. de la Rive a substitué, dans cette expérience, les décharges de la machine de M. HumkorlT à celle des machines H* 49
TÉLÉGRAPUiE.
ordinaires, et celle substitution lui a donné les meilleurs résultats.
Un fer doux F (fig. 868), couvert de gomme-laque à l'exception de ses parties extrêmes a et 6, traverse la base inférieure d'un récipient cylindrique VV, dans lequel on peut faire le vide à l'aide d'une monture à robinet R ; à cette monture communiquent métalliquement deux arceaux de cuivre t et t\ qui soutiennent un cercle du même métal crf, dont le plan perpendiculaire à l'axe du fer doux passe par l'extrémité de cet axe et dont le centre se trouve sur ce même
axe.
Lorsqu'on met la monture R et le i«ig. ues.
bout b du fer doux en communication
avec les pôles d'un appareil de M. Rumkorff, si le vide est fait dans l'appareil, on voit l'électricité jaillir sous forme de jet entre l'anneau et quelque point de la portion du fer doux qui n'a pas été couverte de gomme-laque, et alors si l'on aimante le fer doux en le soumettant à l'influence d'un puissant électro-aimant, on voit le jet s'épanouir et prendre un mouvement de rotation autour de l'aimant. Le phénomène est surtout fort brillant quand c'est le fer doux qui est en contact avec le pôle négatif de l'électro-aimant.
Ces jets lumineux et leurs mouvements rappellent les jets de l'aurore boréale. Pour arriver à une reproduction plus complète encore de ce dernier phénomène, M. de la Rive implante aux deux extrémités d'une grosse sphère de bois E (fig. 869) deux appareils sem-
blilbles à celui que nous venons de décrire. La sphère est entourée d'un anneau conducteur équatorial Let d'un demi-méridien abcd
TÉLÉCRAPaiE.
également conducteur et qui s elend d un des fers doux à I auire; l'un des pùlos de la machine de M. RumkorO est en contact avec l'anneau équaLorial, l autro avec un conducteur qui se bifurque pourse rendre aux robinets conducteurs de chacun des appareils polaires; pendant que les décharges se produisent dans l'un ou l'autre des deux récipients ou dans tous les deux k la fois, on peut constater que le méridien conducteur est traversé de courants électriques analogues à ceux qui agissent si éncrgiqueuieiit sur les aiguilles aimantées pendant les aurores boréales. Il suflif, pour manifester l'existence de ces doux courants, de meitn» les deux bouts du fil d'un rhéomètre en contact ^^ ec deux queluinques des pinces a, b, c, d, qui font partie de 1 anneau méridien conducteur.