TÉLÉGRAPHES,^ MOTEURS ÉLECTRIQUES
§ 4 . TÉLBGRAPHES.
Dans le siècle dernier OD avait songé à employer les décharges de bouteilles de Leyde pour envoyer iostanlanémcnt des signaux à distance considérable. Après la décsouverte de la pile et avant celle de Tactioii des courants sur les aimaats, Sœmmering pro^ posa comme moyen télégraphique la décomposition de l'eau produite à grandes distances d'une pile dans autant de vases qu*il y a de lettres à l'alphabet. Enfin^ en \ Âmpère parlait, dans les termes suivants^ de la constnietion d'une sorte de télégraphe à lettres.
« On pourrait, au moyen d'autant de fils conducteurs et d'aiguilles aimantées qu'il y a de lettres, et en plaçant cluique lettre sur une aiguille différ^te, établir, à l'aide d'une pile placée loin de ces aiguilles et qu'on ferait communiquer alternativement par ses deux extrémités à celles de chaque conducteur, une sorte de télégraphe propre à écrire tous les détails qu'on voudrait transmettre, à travers quelque obstacle que ce fût, à U personne chargée d'obser^'er les lettres placées sur les aiguilles, en étaUissant sur la pile un clavier dont les touches porteraient
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TKLKGIIAIMII E.
les mêmes lettres et établiraient la communicalion par abaissement. Ce moyen de correspondance pourrait avoir bien assez do facilités et n'exigerait que le temps nécessaire pour toucher d*un côté et lire de l'autre. »
M. Wheatstone est le premier qui ait réalisé un appareil télégraphique éleclro-magnétique. Dans ses télégraphes, comme dans tous ceux qui ont été construits depuis, un courant que l'on peut périodiquement interrompre à la station de départ vient, à des intervalles de temps plus ou moins rapprochés, et chaque fois qu'il est transmis par le fil de ligne, aimanter à la station
Fig. 870.
d'arrivée, un fer doux AB (fig. 870) autour duquel le fil s'enroule sous forme d'hélice.
A chacune de ces aimantations successives, Télectro-aimant ainsi constitué attire une lame de fer doux c qui, avant le passage du courant, était maintenue à petite distance de réiectro-airaant par l'action d'un ressort F.
Lorsque le courant cesse, le ressort ramène la lame à sa position première. Ces mouvements alternatifs se transforment de différentes manières, suivant l'espèce de télégraphe que l'on, veut réaliser. Dans le télégraphe à lettres, ils règlent directement le mouvement de la roue à échappement d'une sorte d'horloge, à peu près comme le pendule règle celle des horloges ordinaires; la roue, dans sa rotation, emporte une aiguille mobile sur un cadran, et qui marche d'une lettre chaque fois qu'à la station de départ le courant est établi et chaque fois aussi qu'il est interrompu. L'électro-aimant et le mécanisme d'horlogerie sont renfermés dans une boite ayant la forme d'un prisme droit à base rectangle. Le cadran est sur une des faces extérieures, comme dans une pendule ordinaire. L'ensemble de ces pièces porte le nom de rétepleur. Voici maintenant comment, à la station de départ, se trouvent déterminées lOs interruptions successives du rOUrant.
TÉLÉ(iI\APlllE.
• L'un des pôles de la pile est à la terre, c'(\«il-à''dire que le fil destiné à recueillir réloctricité de ce pôle s'enfonce dans le sol, dans un puits, ou bien encore, lorsque cela est possible, il es soudé aux tuyaux métalliques de quelque conduite d'eau souterraine ; l'autre pôle est on contact permanent avec une borne fi' (Gg. 871), qui d'elle-même n'oiïre au courant aucune issue, mais
Fig. 871.
qui peut être mise en communication avec le fil de ligne LL*, par le mouvement d'un levier métallique abc, mobile autour du point 6, et qui touche d'une façon permanente une roue toute métallique HH'. Quand le levier s'appuie par son extrémité c sur la borne e', l'électricité qu'il y prend est conduite par une lame métallique du centre C à une borne M, et de cette dernière, elle peut passer au fil de ligne LL'. Entre autres moyens de réaliser cette communication, on peut concevoir qu'une petite fourchette métallique mobile autour du point 0, ait une de ses extrémités sur la borne M et l'autre sur une deuxième borne voisine L, laquelle est Fextrémité du fil do ligne.
Les choses ainsi disposées, en faisant passer périodiquement le levier de e' en e et de e en e\ on interrompt périodiquement le courant qui va de P à la ligne, et par suite de la station do départ à celle d'arrivée.
Quant à c?s mouvemonts du levier, c'est précisément à l'aide de la roue H II' qu'on les obtient. Vers la circonférence do celte
TÉLÉfiaAPUlE
ronp. SI» tfouvo irncé un >iiïon aa\ ondulé, profond, qui pr^ente irei/p festoiis cumplets, c'est-à-dire treize maxima et autant de mtniiiia de fli'itanro au rentre.
rni' i:oi, et supposons quatre électro-
.'xi
Fig. 872.
aimants dont les axes, rectangulaires entre eux, passent par le centre do la roue; un seul de ces électro-aimants est représenté sur la figure. On voit que son extrémité est rasée par les fers doux pendant le mouvement, sans toutefois qu'il y ait risque de contact.
Sur le pourtour de l'axe vient s'appuyer un ressort conducteur I, mais dans la portion où cet etîet doit se produire, l'axe présente quatre secteurs non conducteurs égaux , séparés par quatre autres conducteurs aussi égaux entre eux, et de moindre angle au centre que les premiers.
S7S MO I LU US KLECTniQUES,
Ces secteurs sont disposés de telle sorte que le rœsort passe Sur le secteur isolant au rnooient où ohaque fer doux arrive eu face de rélectro-aimant. 11 quitte au contraire le secteur isolant pour loucher la partie conductrice de Taxe, au moment où chaque fer doux qui maixîhe vers réiectro-aimant en est à une distance notablement inférieure à 45«. Or, quand ces dernières conditions sont remplies, le courant d'une pile arrive par l'axe au ressorti, et de là à la bobine B. Celle-ci attire le fer doux voisin et lui im< prime une vitesse tangentielle; mais aussitôt que les fers arri* vent à la position où change le signe de l'action des bobines sur eux, le contact est rompu en o, les bobinée reviennent a l'état naturel*
Ordinairement les électro-aimants sont au nombre de huit. Le courant s'établit huit fois par tour de Taxe, mats alors Télendue de chaque portion oonduclrice dé la tranche sur laquelle le
ressort s'appuie est notablement inférieure à et lorsque
commence un quelconque des contacts successifs, chaque fer doux est beaucoup plus voisin de Télectro-aimant vers lequel il marche que de celui dont il s'éloigne, et dès lors l'action de ce deuxième électro-aimant ne neutralise pas celle du premier.