SUR LA CHALEUR DÉGAGÉE DANS LA COMPRESSION DES GAZ
Lorsqu^on comprime brusquement un corps, on en élève en général la température. Les pièces de monnaie sont fortement échauffées par l'action du balancier qui les frappe, et, dans l'expérience du briquet à air, Tl liauffement, que le fluide élastique éprouve pendant la rapide réduction de son volume, est assez forte pour enflammer de l'auiadou. Eu acoustique, nous avons montré que la détermination de la vitesse de la propagation du son dans un fluide élastique conduit à la connaissance de rélé?a|ion de température que Ton communique à ce fluide quand, sous la pression à laquelle on fait l'expérieuce, on le comprime de la 273" partie de son volume à zéro. Ainsi , soit x cette éléTation de température, et la vitesse de propagation à zéroi on a :
T»«^ X0,7«Xff(i +«).
A et Do étant les densités du mercure et du gaz à zéro, et g Ayant h Paris sa valeur ordinaire 9,8088 (T. II, p. 35 à 39.).
En substituant à V, dans cette équation, les nombres qui rcprésen^ tant la Titesse de propagation du son dans les différents gaz simples ou eemposéa (sur lesquels avaient porté ses observations), Dulong a trouvé que, pour ces gas, les valeurs de x sont les suivantes :
Air
CUALEUIl DÉGAGÉE
Uydrogène U.409
Acide carboDiqne 0,337
Ox)de de carboue 0,423
Protoxyde d'azote 0,343
Hydrogène bicarbonc 0,240
Diffiîrents observateurs ont depuis vérifié rexactitudc do ces nombres, en employant une méthode qui avait été indiquée et mise en usage pour la première fois par MM. Clément et Desormes, avant les travaux de Dulong.
Leur appareil consistait essentiellement on un ballon (flg. 876) d'une trentaine de litres de capacité, portant à sa partie supérieure une monture munie d'un robinet B à très-large ouverture , et communiquant avec un tube droit DE plongoaut dans Tacido sulfurique et faisant fonction de manomètre.
On commençait par amener le gaz renfermé dans le ballon à avoir une pression P', un peu moindre que la pression extérieure P; la différence était mesurée sur le manomètre après le parfait établissement de l'équilibre de température. Les choses étant en cet état, la température extérieure étant t, on ouvrait le robinet B : l'air extérieur se
précipitait dans le ballon, et le liquide du manomètre descendait; au bout d'un temps très-court, il arrivait au niveau extérieur, et, en même temps, on cessait d'entendre le sifflement produit par la rentrée de l'air; aussitôt on fermait l'appareil, et on l'abandonnait à lui-même. Alors on voyait le liquide remonter peu à pou, et finalement la pression intérieure acquérait une nouvelle valeur P", moindre que P, mais supérieure à P*. Ces variations successives du manomètre prouvaient évidemment qu'au moment de la rentrée de l'air extérieur, le gaz intérieur s'était échauffé par suite de la compression, et l'effet de cet échauffement, auquel participait toute la masse gazeuse finalement contenue