MICROSCOPE SOLAIRE
Le père Kirchcr paraît être un de ceux qui se sont les premiers occupés de construire des appareils propres à réaliser, sous une forme plus ou moins intéressante, les expériences auxquelles elles conduisaient.
VArs magna lucis et umbrœ expose avec de grands détails les effets que Kirchcr se plaisait à obtenir. Ce font, à proprement parler, ceux de la lanterne magique.
M. Duboscq a ajouté à l'appareil éclairant décrit plus haut une pièce (fig. 575) à l'aide de laquelle on projette commodément sur un tableau les images amplifiées de vues photographiques prises sur verre ou plus généralement de figures tracées sur lames transparentes, de telle sorte que l'ensemble constitue la lanterne magique perfectionnée. Le tube AB (fig. 575), dans lequel entrent les rayons émanés de la source, porte un système de lentilles éclairantes G et D. On place la vue à projeter dans la coulisse FF. Enfin l'objectif est double et formé par deux lentilles L et M , qui sont montées dans une même bague mobile dans le tube GIHK.
On peut aussi, avec le môme appareil, projeter, toujours sous des dimensions amplifiées, les images d'objets opaques, d'un médaillon, par exemple : on place le médaillon dans la lanterne même, et grâce au puissant éclairement de l'arc électrique, l'image très-amplifiée, qui se trouve formée sur un tableau blanc, placée à 4 mètres de l'appareil, est encore assez lumineuse pour être vue de tout un amphithéâtre.
Microscope tolaîre* — Microscope à gaz. — Microscope électrique. — Comme la lanterne magique, le microscope solaire est
Fig. 576.
destiné à former des imagos agrandies d'objets transparents. Seulement l'amplification doit être extrême, et dès lors il faut éclairer très-fortement les objets. — A cet effet, on reçoit les rayons solaires sur le miroir d'un héliostat qui les projette sur
%H PUOTOGUAPUIË.
une large lentille G (fig. 576) , placée à Tune des extrémités du tube AB qui sert de support général à tout TappareiK
Une deuxième lentille de plus court foyer, I, reçoit le faisceau et le fait converger près de l'ouverture du diaphragme N et un peu en de0 de cette ouverture; la lentille I est mobile dans le tube GH , et reçoit le mouvement de la crémaillère K. L'objet microscopique est ordinairement placé entre deux lames de verre ; il est maintenu dans la pince à ressort OHMN.
L'objectif est achromatique, il peut être formé d'une seule lenUlIe à très^court foyer P. — Ordinairement on en superpose plusieurs pour avoir un plus fort grossissement.
Le système est porté au bout du tube qui peut être rapproché ou écarté de l'objet à l'aide d'une crémaillère et d'une vis Q.
Lorsqu'on veut employer la lumière électrique ou celle de la craie incandesc^Dte, il suffit de monter le microscope sur la lanterne ordinaire.
Dans tous les cas, il faut avoir soin d'opérer dans une pièce bien obscure : toute lumière étrangère nuiraii singulièrement k la beauté des nuages.
g 2. — Piiu i ut.U\l»llIE.
A la fin du siècle dernier, Charles, dans les cours qu'il faisait à Paris, uLilisail les pro[)nelés du chloi ure d'argent pour obtenir, sur un pjpier enduit do cette subsl.ince, des silliouettes fugitives d'objets qu'il pouvait appliquer contre le pa[Her lui-même. — On conçoit, en effet, que si l'on recouvre un papier d'une substance impressionnable à la lanut re, il suffit d'appliquer sur une partie de sa surface un corps plat et opaque, pour soustraire reiiduii sous-jacent à l'action lumineuse, en tous les points recouverts |)ar cette sorte d'écran.
Lorsque le recto du piipier était devenu noir, on enlevait le corps que l'on avait ap}>liqué sur lui, et alors la silhouette de ce dernier restait blaïuhe au moins pendant quelque temps. Mais il eût fallu trou\er le muven de fixer ces iaïaues, et c'est ce que Charles ne |)araU pas avoir lait. Vers la môme époque Wegdwood et Dav\ , oîi Anizlelerre, obtenaient dans la chambre noire quelques copies de xiLraux d eLHise, en en faisant tomber les images sur des papiers enduits It s uns de rutrate , les autres de chlorure d'argent. — Mais, pas i)lus que Charles, ces savants ne savaient conserver les impressions photographiques ainsi obtenues.
Joseph-Nicéphore Niepce résolut la quosliou vers 4814. — La
PUOXOGHAPUlls:.
substance sensible dont il faisait usage était une sorte de vernis formé de bitume de Judée, dissous dans Tessence de lavande et auquel il avait trouvé la remarquable propriété de se modifier, sous faction de la lumière, de manière k devenir insoluble dans Tessence. Il enduisait de ce vernis une plaque de cuivre dispo* sée pour la gravure , puis il appliquait dessus Tobjet à repro* dnire, soii une gravure, et il explosait le tout au jour. — Au bout d'un certain temps, le vernis, complètement préservé sous les noirs, était devenu tout à fait insoluble sous les clairs, et à demiinsoluble dans les demi-teintes. — Alors il traitait la plaque ainsi impressionnée^ d'abord par un dissolvant formé d'huile de pétrole et d'essonce de lavande, et puis par Teau : par ce moyen il enlevait lo vernis partout où les noirs avaient arrêté Taclion de la lumière, et le laissait subsisler là où avaient été les clairs. — Il développait donc l'image, en ce sens (|ue les portions persislanies de l'enduit reproduisaient les clairs en dillusant la limiière à leur surface, tandis que les parties mélalliciues, mises à nu, ne renvoyaient à l'œil aucun rayon, sauf le cas particulier où elles se trouvaient, par rapport à l'aMl, dans une position telle qu'elles pussent réfléchir réirulièrement vers lui les rayons incidents. — Enfin, on pouvait liansformer la plaque en une planche à crraver en la passiint à Teau forte. î.e vernis insoluble préservait le cuivre partout où il était resté, et la place des noirs se trouvait creusée par l'acide.
Plus t<ini, ainsi qu'il résulte des communications faites à la Société royale de Londres, J.-N. Niepee , parvint aussi h reproduire, d'une manière ann!n«:ue, les irnai^es de la chambre noire. Mais le temps ne Un permit pas do donner k ses résultats tout lo deL.'i e (le pertéi'tion désirable.
Plaques. — En 1838. I)ii<ruerre donna uihî solution complète du proi)leme delà photoiiraplde ; il pai\inf n lixer complètement les images (pie l'on obii(Mit dans les chambres noires. Au lieu de planches à gra\cr. il i l des tableaux.
La substance sensible dont il fi:i?ait usai^o était l'iodure d arfrent, et, pour l'obtenir en voile excessivement mince, appliqué sur un Ibnd solide, il exposait pendant quelques minutes à vapeur d'une couche d'iode prise à la température ordinaire une plaque de cuivre argentée, parfaitement propre. L*expt)sition à l'iode se faisait nécessairement dans Tobscurité*
Quand la plaque avait été ainsi préparée, on faisait agir sur elle la lumière, en la substituant dans la chambre noire à la glace dépolie sur laquelle on forme d'ordinaire les images des objets.
PUOTUGHAPUIfi.
Dans les chambres destinées à la photoL i [ lue, cette plaque est verticale, et n'esl fixée que dans une coulisse.
Au bout d'un temps qui nous semble actuellement fort long, vingt minutes environ, Tiodure était impressionné. — Toutefois il n*y avait pas d'image visible, et la faire apparaître était un problème fort difficile. Après beaucoup d'essais, M. Dttguerre reconnut qu'on peut y arriver en exposant, toujours dans Tobscurité, la plaque impressionnée à l'action des rares vapeurs morcnrîelles qui s'échappent d'un bain de ce métal chauffé à 60°; d'imperceptibles gouttelettes de mercure se fixent sur la plaque partout où Tiodure a été attaqué, et cela en proportion d'autant plus grande que Taction de la lumière a été plus forte. Il ne s'en dépose pas aux endroits des noirs.
Quand on a fait ainsi apparaître l'image, on la fixe en lavant la plaque dans Thyposulfite de soude, lequel dissout tout l'iodure non attaqué, de sorte que la plaque n'éprouve plus d'altération ultérieure.
Ainsi, les noirs de Fimage sont aux points où le métal a conservé son poli spéculaire, et les blancs aux endroits où la plaque s'est recouverte d'une poudre mercurielle mate et diffusante.
De là résulte que, si l'on regarde la plaque en plaçant l'œil dans la direction suivant laquelle se réfléchit régulièrement la majeure partie de la lumière éclairante, l'image paraît inverse de ce qu'elle est d'ordinaire, les clairs deviennent noirs et réciproquement, parce qu'en ces circonstances particulières la réflexion est plus intense sur le métal poli que sur la poudre de mercure.
M. Claudet a apporté aux procécïés de Daguerre un perfectionnement extrèmemeut important. Il a moutrc qu on accélère sin-
vnoTOORArniK.
gulièrenieni l'aclion do la lumière en exposant, pendiiiil quelques secondes, la plaque iodée à la vapeur de chlorure d'iode. Et les travaux successifs de M. Fiseau d'une part, de M. Foucault d'autre part, ont montré que la vapeur de brome donne des résultats meillears encore. M. Fiseau employait Teau bromée, M. Foucault a utilisé avec succès le bromure de chaux, el la grande commodité qui résulte de l'état solide de ce produit l'a fait généralement adopter.
Lorsqu'on veut faire une éprenveDaguerrienne» il faut commen«œr par débarrasser exactement la plaque que l'on doit ibdurer de toute substance étrangère, et en particulier des matières grasses qui la recouvrent toujours. A cet effet on l'assujettit sur un support en bois, formé d'un pied solide c (fig. 577) muni d'une pince à vis d qui permet de la fixer sur une table, et d'une planche àb dont les dimensions soit égales à celle» de la plaque. On verse sur cette dernière un peu d'alcool, puis on y projette de la ponce très-fine ou de la terre pourrie, et l'on frolte avec un tampon de coton cardé Irès-propre. Quand on a obtenu une surface bien brillante, on lui donne le dernier fini avec deux polissoirs, le premier au rouge d'Angleterre, le second à surface nue (fig. 578).
On place alors la plaque sur une petite planchette, on l'y assujettit avec des taquets, puis on l'expose à l'iode.
L'iode est renfermé dans une cuve carrée, eu porcelaine E ou
Fij$. 579.
F (fig. 579), entourée à sa partie supérieure d'un cadre de bois dans lequel la plaque peut entrer exactement; à travers le cadre gli«se une plaque de verre PG ou P' G' qui sert à arrêter les éma« nations d'iode quand on ne veut pas les employer..