W« PHOTOGRAPHIE
S y est répandu bien uniformément, on chauffe quelques instants, puis on arrête raclion et on lave de nouveau.
Papi'er. — Quelques mois après la publication de la découverte de M. Daguerre, M. Fox Talbot, en Angleterre, annonça qu'il était arrivé à reproduire, sur un papier convenablement préparé, les images de la chambre noire, et montra les premières épreuves sur papier que Ton ait obtenues. En France, les travaux de M. Blanquart Evrard de Lille ont puissamment contribué à vulgariser la photographie sur papier.
Lorsqu*on veut obtenir sur papier un portrait, une vue, etc., on commence par tirer de l'objet à repnxluire une image négative, c'est-à-dire une image dans laquelle les noirs ont pris la place des blancs, et réciproquement.
1^ papiers négatifs sont rendus sensibles par une couche d'iodure d'argent, que l'on oblient en imprégnant successivement le papier d'iodure de potassium d'azotate d'argent. Du reste, les recettes suivies pour arriver à ce résultat peuvent varier. Quelquefois on commence par imbiber le papier d'une faible solution d'azotate d'argent. On le sèche, puis on le plonge dans une solution d'iodure; on le lave, on le sèche de nou\eau. Enfin, au moment d'opérer, on le met on contact avec une solution plus concentrée d'azotate à laquelle on ajouté une dose convenable d'acide acétique crist<)Iîisahle.
On emploie souvent le papier humide; mais on peut aussi l'employer sec.
Le papier est placé sous glace dans le châssis représenté fig. 580 et mis à la chambre noire, comme on l'a expliqué à l' oc* CHsion des plaques. Pour faire apparaître l'image, on place le côté impressionné du papier sur une solution d'acide gallique saturée à iroid. Lorsque les noirs sont suffisamment prononcés, on passe à l'hyposulûto de soude, mais sans laisser à cette substance le temps de dégrader l'épreuve ; puis on lave à l'eau pendant longtemps et on fait sécher.
Le papier humide est un peu plus sensible; le papier sec est plus commode en beaucoup de circonstances. Pour empêcher qu'il ne s^allère il faut avoir soin de le bien laver, et, sî faire se peut, il est très-bon de le mettre un quart d'heure au moins sous un robinet .d'eau avant de le pendre pour le faire sécher.
Seulement, dans toutes ces opérations, il faut non-seulement éviter tout accès de la lumière du jour, mais même ne s'éclairer que le moins possible.
Lorsque l'épreuve négative, le cliché, a été obtenue et bien fixée, on peut l'employer pour en tirer un nombre considérable
PnOTOGBAPDIE.
tni.
d'épreuves positives. Pour.ceiaon applique l'ëpreuvo négalive sur un papier sensibilise surtout par du chlorure d'ai Lrnt. — L'endroit du n6e:atif doit Aire posé sur le côlé sensible de la feuille positive; l'ensemljU' des deux feuilles esl [)lacô dans un châssis, sous une glace un peu épaisse et qui les presse toutes les deux de façon à éviter les plis. Le tout est exposé au grand jour ou méncie aux rayons solaires jusqu'à ce que le positif soit bien venu. On (ixê à VhfgpowlfiHe et au besoia on rehausse led teintes au chlorure d'or.
On emploie avec avantage, pour les papiers positifs, la recette suivante : on fait une solution de chlorure de sodium renfermant environ 5 0/0 de sel. On pose le papier dessus , et lorsqu'il est imprégné, on Tenlève et on le sè<^; puis on le sensibilise en le faisant reposer pendant quelques instants sur une solution de nitrate d'argent renfermant 40 à 45 p. 0/0 de ce nitrate 'contre 100 d'eau. On sèche et on garde à Fabri de la lumière.
Alhomlne. — Dans toutes ces opérations, les feuilles de papier sont des supports pour la matière sensible. Ainsi que M. Niepce de Saint*Victor Ta fait le premier, on peut les remplacer par de minces couches de substances toutes différentes, mais pouvant conmie elles absorber des iodures ou chlorures alcalins solubles, et par suite se sensibiliser au nitrate d'argent. M. Niepce de Saint- Victor a employé d'abord l'albumine. Une couche de celte substance étendue sur une lame de glace polie, bien propre, sensibilisée par des procédés tout semblables à ceux que nous venons de décrire, donne des épreuves négatives eu positives d'une finesse extrême.
L albumine n'est pas du reste le seul vernis que i on emploie k cet effet.
GoUodion. — On fait maintpnant, surtout pour les négatifs, un grand usage du œllodion. l'uur obtenir ce produit, on dissout du coton poudre dans un mélange d'éLher et d'alcool, et I on y ajoute un peu d'iodure de zinc ou de cadmium contenant une trace de bromure.
M. Bourbouze m'a indiqué la formule suivante comme donnant un bon coUodion pour négatifs :
Éiher nv.
Alcool è 40" 35
lodure de zinc 4
Bromuré de 2ihc . . . . . 0,1
Coton azotique 4
OBIECTIFS DOUBLES
Quand on veut remployer, on en verse quelques gouLles sur une glace que l'on vient de nettoyer à Talcool et h la terre pourrie; en imprimant un lé,2:er mouvemenL à la plaque, on le force à s'étendre en couche bien uniforme. Et aussitôt que ce Lie couche a une consistance suffisante, ce qui arrive très-vite à cause de la facile évapomtion de l'étber, on la senfiibiîisc en la plongeant dans un bain de nitrate d'argent au dixième . c'est-à-dire renfermant 1 kil. d'eau et 400 grammeâ de nitrate, puis on la met à la chnmbtv noire.
On développe à l'acide pyrogallique ; la formule du baîn est : ^ d'acide p yrogaliique , 5 d'acide acétique cristallisabie et 300 d'eau.
On fixe au rynnino de potassium ou à rhyposulfite.
Un collodion nei^atif peut servir à tirer un grand nombre de papiers positifs, ainsi que nous l'avons expliqué aux pages précédente?.
Nous terminerons cet exposé rapide des mélliodes photographiques en faisant remarquer que, pour obtenir de bons résultats, il faut, aux principes généraux que nous venons d'indiquer, ajouter les renseignements indispensables que Ton trouve dans les traités spéciaux ; et puis enfm, comme en toute sorte d'expériences, pour bien taire, il faut un long exercice.
Objectifs doublée. — Les chambres uoires destinées aux opérations photographiques ne doivent pas avoir une trop grande profondeur. Par conséquent, les distances focales des objectifs doivent toujout^s être peu considérables; 0"*50 est une limite qu'on ne dépasse point. D'une autre part, pour que les actions soient promptes, il faut que les images soient fort éclairées, et par suite, le diamètre de Ja surface réfringente sur laquelle tombe la lumière doit être aussi grand que possible. — Or, nous avons vu qu'une lentille donne des aberrations de sphéricité de plus en plus fortes, lorsque le rapport de son diamètre à sa distance focale va en croissant. Quand ce rapport est un peu considéi^ble, les images deviennent mauvaises et le verre doit ôtre rejeté. II semblerait donc qu'il y a grande difficulté à obtenir d'un objectif de daguerréotype les qualités qu'il doit présenter; ndais l'emploi des objectifs doubles résout la difficulté.
A vec ces appareils, en effet, on peut former, à faible distance de la première surface réfringente, des images à la fois nettes et lumineuses.
Il est facile de trouver la relation qui doit exister entre la dis^ tance focale F d'un objectif simple et 1^ distances focales ^ et /* des deux verres d'un objectif double, pour que l'un comme l'autre