‹ Leçons de physiqueChapitre 86 sur 293 · CEIL. — VISION · texte numérisé non relu

CEIL. — VISION

Deiorîption de l'œil. — La théorie physique de l'œil est due à Kepler, el le Traaè de Dioptrique, que nous avons déjà bien des fois cité, est le premier ouvrage où l'on trouve exposées, sous une forme rigoureuse, les principe les notions que Ton a sur le phénomène de la vision. (Voir Dtoptrique de KépUr, proposât. 67 et suivantes.)

Pris dans son ensemble, l'œi! a la forme d'un globe doni 1 enveloppe est presque complètement constituée par une membrcine n^sistante et opaque nommée cornée opaque* Mais à la partie

VISION

antérieure, cette enveloppe manque sur toute l'étendue d'un segment ayant environ 0"\018 de diamètre, et elle est remplacée par une autre parfaitement transparente et d'une courbure un peu plus forte.

Og. 184,

Au point où la cornée transparente s'attache à la cornée opaque, se trouve tendue une membrane particulière, l'iris, BG (fig. 584), dont la couleur varie chez les individus. Elle est percée en son centre d'un trou o destiné à livrer passage aux rayons incidents et que l'on nomme la pupille.

Derrière ce diaphragme est placé le cristallin, E, véritable lentille biconvexe à courbures inégales et d'une extrême transparence. En6n, au fond de la chambre noire ainsi constituée, s'étend, sur un fond noir nommé choroïde, une sorte de pellicule blanche, la rétine , laquelle n'est que l'épanouissement du nerf optique, H.

Le cristallin sépare l'œil en deux parties : la première, celle qui est limitée antérieurement par la cornée transparente est remplie d'un liquide nommé humeur aqueuse , dont le pouvoir réfringent diffère très-peu de celui de l'eau.

La seconde renferme une humeur notablement plus réfringente et qui a reçu le nom d'humeur vitrée.

La seule description que nous donnons ici de l'œil montre que cet organe doit être assimilé à une chambre noire dont la pupille est l'ouverlure et le cristallin la lentille. Seulement, l'action de la cornée s'ajoute à celle du cristallin pour donner aux rayons une convergence qui n'acquiert sa valeur définitive , qu'après la réfraction à l'entrée dans Vhumeur vitrée.

Une expérience très-curieuse confirme ces propositions. Si l'on extrait de son orbite un œil encore sain, et si, après avoir aminci la cornée opaque à la partie postérieure, on place une bou-

Digitizei. i v.oogle

VISION

gte devant la cornée transparente à la distance h laquelle on met ordinairemont les objets pour les bion voir, on peut constater que l'imnoT sp loi mo très-nettement sur la rétine ^.

Pour regarder un point, nous tournons vers lui Taxe de l'oeil, c'est-à-dire la droite qui passe par le centre optique du cristallin, le centre de la pupille et celui de la cornée transparente. De là résulte que nous sommes obligés de relever Taxe de VcpW pourvoir le haut des objets, et de l'abaisser pour voir leur partie inférieure : et cela quoique les images soient renversées sur la rétine.

Etiiauttîon de la grandeur. — Lorsque plusieurs objets de grandeurs différentes o,o',o" sont également éloignés de Tœiljls forment sur la rétine des images dont les dimensions \, Vj 1", sont sensiblement proportionnelles à o, o' o" ; et par suite, l'estimation des grandeurs relatives se fait d'elle-même.

L'estimation de la grandeur absolue devient plus difficile lorsqu'il ne se trouve pas de terme de comparaison auprès de l'objet à mesurer ; toutefois, on peut encore arriver presque instinctivement à la solution de la question, pourvu que l'on apprécie sûrement la distance à laquelle on se trouve de l'objet à mesurer, et^ue Ton se rappelle la grandeur de l'image, qu'à cette distance, un objet bien connu forme au fond de l'œil. En un mot, la mémoire ramène alors le problème au cas précédont.

Ertîmation des «UitaÎMei. — Les axes des deux yeux sont à peu près parallèles quand nous regardons un point éloigné ; ils forment au contraire un angle très-notable lorsque nous cberclions à voir un objet voisin; nous avons conscience du mouvement que font ainsi nos yeux en s'inclinant Tun versTautre, et nous pouvons par là, entre certaines limites au moins, apprécier la distance à laquelle se trouve de nou» l'objet que nous regardons; mais ce mode d'appréciation est tout à fait insuffisant lorsqu'il s'agit d*estimer ou même de comparer entre elles des distances an peu grandes, parce qu'à des différences considérables dans ces éléments ne répondent plus que des variations insensibles dans les directions relatives des axes de nos yeux.

L'estimation des distances est alors le résultat â*un jugement complexe. Pour le former, nous nous fondons le plus ordinairement sur l'appréciation instinctive de la grandeur de IMmage formée au fond de l'œil par la lumière que nous envoie un obj^

Page 1