‹ Leçons de psychologie appliquée à l'éducationChapitre 18 sur 46 · XX' LEÇON · texte numérisé non relu

XX' LEÇON

DES PASSIONS Nature, formation, effets des passions.

La sensibilité a ses habitudes, d'où les passions.

I Nature des passions : l^Dcflnilion (très générale). — Distinction importante : passions principales et passions dérivées*; 2* Définition • Rapports de la passion avec rinclinalion (rupture de l'équilibre originel *; exaltation anormale et souvent perversion des pen* chants) — - RapP^'''® ^® '* passion avec l'émotion : le plaisir pris Dour fin exclusive. — Intensité des émotions spéciales. — Mot de Pascal* ' m On ne pcu^ *vo»' deux grandes passions à la fois •.

II FV^fltion des passions. - Prédispositions héréditaires; exercice et habitude satisfaction et répression des penchants ; exemple et PïnUcation physiologique. — Causes extérieures : milieu physique* et milieu moral * ; circonstances, exemples, lectures, conversations.

par là seulement il prendra un sentiment net et arrêté de la justice, de ce qu'il doit et de ce qu'il ne doit pas.

Puis, la douleur est nécessaire comme moyen de redressement, sans même que Ton y mette une intention de châtiment : rien ne la vaut pour indiquer ce qui est bien ou mal. Si la paresse, par exemple, est la tendance dominante d'un enfant, on peut employer des punitions qui lui fassent comprendre que la paresse est un mal, en lui faisant trouver la douleur là-même où il plaçait son plaisir. Peut-être y arriverait-on, par exemple, en le privant pendant quelque temps à la fois de tout jeu et de toute étude, en un mot, en le tenant dans l'inacrtion absolue.

Enfin la douleur est presque inséparable de l'effort, sans lequel il n'y a pas de progrès possible ; il faut donc bien causer de la douleur à l'enfant, puisque l'effort est nécessaire et que tout effort imposé est une peine.

Douleurs qa'ou ne doit pus Infliger. — Caraeléreu des bonnes punitions. — Mais il y a des douleurs qu'on ne doit jamais infliger : ce sont d'abord celles qui consistent à contrarier les vrais besoins de l'enfant, celles qui peuvent empêcher sa croissance ou compromettre sa santé. D'une manière générale les châtiments corporels sont indignes d'un père ou d'un maître qui se respecte. Cependant on peut appliquer ceux qui ne mettent en péril ni la vie ni la croissance de l'enfant, ceux qui ne choquent qu'un désir ou un penchant acquis, tels que la gourmandise; mais c'est à condition qu'on les emploie avec beaucoup de tact et de mesure. On doit craindre, en effet, en privant l'enfant d'une jouissance dans le boire et le manger, de ramener à la désirer davantage. Il n'y aurait pas à cela d'inconvénient physique, mais il y aurait un danger psychologique plus grave encore, comme nous le verrons en traitant de l'origine des passions.

Quels sont donc les caractères^ des bonnes punitions? Les punitions les plus salutaires seront celles qui seront le plus étroitement liées à la faute commise, celles

qui ne détruiront ni ne déprimeront * chez Fenfant aucune de ses énergies normales. Il faut éviter de l'humilier au delà du nécessaire,* s'interdire, autant que possible, tout ce qui le blesserait dans sa dignité et le rendrait moralement inférieur à ses camarades ; car la fierté se perd comme le reste, le sentiment de l'honneur s'émpusse vite, et il n'est pas de ménagements qu'on ne doive prendre pour éviter de briser ce ressort principal de la vie morale.

Règle générale, les punitions les plus réparatrices de la faute, celles qui donneront à l'enfant le plus vif sentiment de sa responsabilité seront les meilleures. Elles devront toujours être rares et modérées: ra/res, c'est une nécessité psychologique ; l'enfant s'y accoutume et elles n'ont plus d'effet, quand elles sont trop multipliées : modéréesy parce qu'en dépassant le but, le maître se donnerait des torts envers l'enfant, et perdrait infailliblement le meilleur de son autorité.

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