PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION
esprits mûrs, fort capables, quoi qu'ils en disent, d'entendre les choses philosophiques et d'y avoir leur avis, à la seule condition de s'y appliquer avec bonne foi.
Chaque maître, en tous cas, sait beaucoup mieux que moi, à quel auditoire il a affaire, ce qu'il peut dire utilement et comment il doit le présenter.
Professées dans une école normale supérieure, ces Leçons contiennent nécessairement beaucoup plus de choses qu'il ne convient d'en enseigner aux élèves des écoles normales primaires : que serait une école de professeurs, où l'on n'apprendrait aux futurs maîtres que juste ce qu'ils auront à redire? Ghcicm a donc à faire lui-môme le cours qu'il enseignera; il ne peut pas sans doute ne point se servir pour cela de ce qu'il a lu ou appris, mais il reste seul juge de la manière dont il doit le réduire et le disposer pour l'adapter à l'intelligence et aux besoins de ses élèves.
La condition essentielle*, et j'oserais presque dire sufflsanle, pour que l'enseignement soit ce qu'il doit être, c'est que chacun se fasse une loi de n'enseigner jamais rien, qu'il ne l'ait médité, bien compris et jugé vrai. Ce qu'on possède ainsi, on ne peut manquer de l'expliquer clairement et de le faire goûter; or, s'il est un axiome en pédagogie, c'est qu'une seule idt^e nette, qui passe dans la substance de l'esprit, lui profite plus que cent idées confuses, qui ne fout que le troubler et l'étourdir.
Mai 1882. H. M.
LEÇONS
DB