‹ Leçons de psychologie appliquée à l'éducationChapitre 3 sur 46 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La psychologie et la morale; leur objet; leur place dans le cadre des sciences. — La pédagogie; son objet; son importance. — Rapports de la pédagogie avec la psychologie et la morale. — Rapports généraux de la théorie et de. la pratique.

Aperçu d'une classification des sciences.

I. Sciences cosmologiques* : 1" Abstraites; 2"* Concrètes; 3"* Mixtes.

II. Sciences noologiques* : 1^ Sciences morales; 2^ Sciences philoso* phiques.

Objet de la psychologie et de la morale. — Objet de la pédagogie.—L'éducation; divers sens du mot. — L'éducation proprement dite. — Ses grandes divisions. — Importance de la pédagogie.

Rapports de la pédagogie avec la psychologie et la morale. — En quel sens la pédagogie est un art.

Rapports généraux de la science et de Tart, de la théorie et de la pratique. — Ce que c'est que savoir scientifiquement. — Conclusion ; application à la pédagogie : Respect de la pensée , amour du savoir pour lui-môme et de Tétude désintéressée.

En commençant un cours do Psychologie et de Morale appliquées à la Pédagogie^, la première chose à faire est de définir ces sciences, de nous faire une idée

1. C'est le tilre même de la chaire occupée par l'auteur à rËcole normale supérieure d'institutrices de Fontenay-aux-Roses*

de leur objet, de leur place parmi les autres, do leurs rapports entre elles.

La psychologie et la morale sont des sciences philo^ sophiques. Mais d'abord, qu'appelle-t-on sciences? Qu'est-ce que la science en général?

Une science est un ensemble de vérités certaines, générales, liées entre elles et formant un système, sur un ordre de connaissances donné.

Les différentes sciences sont les différents groupes de connaissances possédant ces caractères. — La science en général est Tensemble des sciences particulières, constituant la totalité du savoir humain à un moment donné; la science est comme le patrimoine des esprits.

Aperçu d'une classification des selenceft. — Pour se rendre compte exactement de la place qu'occupent la Psychologie et la Morale dans le cadre des sciences, il est nécessaire de présenter ici ce cadre; nous le ferons en nous appuyant sur la classification d'André- Marie Ampère*. Ampère groupe les sciences d'après leur objet : les unes se rapportent aux choses, les autres étudient l'esprit lui-même. Les premières portent le nom de sciences cosmologiques*, c'est-à-dire sciences du monde; les secondes s'appellent sciences noo/o^t^ues% c'est-à-dire sciences de l'esprit.

I. Scienres cosmologîques. — Dans les scicnccs cosmologiques*, km^hiQ distingue trois groupes : 1** les sciences abstraites ou exactes; 2<» les sciences concrètes; 3® les sciences mixtes.

P Abstraites. — Les sciences abstraites, appelées encore sciences mathématiques, ne considèrent que les rapports les plus généraux des choses, abstraction faite des choses elles-mêmes.

La science qui s'occupe de l'étendue vide et des figures s'appelle géométrie; celle qui traite des nombres se nomme arithmétique. L'arithmétique simplifiée, opérant non sur tels nombres déterminés, mais sur des qiranlités quelconques désignées par des lettres, prend

le nom i* algèbre; quand on traite la géométrie par Valgèbre^ on fait de la géométne analytique; etc.

Ces sciences sont dites abstraites parce qu'elles ne considèrent pas les réalités elles-mêmes, mais seulement des rapports très généraux et de pures notions; ainsi le triangle et le cercle du géomètre n'ont qu'une existence idéale; les nombres et leurs rapports sont indépendants des choses auxquelles ils peuvent s'appliquer. On les appelle encore exactes à cause de leur précision rigoureuse.

2<^ Concrètes. — Les sciences concrètes sont celles qui ont pour objet le réel des choses. Exemple :

La minéralogie^ qui étudie, décrit, classe les minéraux;

La géologie, qui étudie les couches terrestres;

La botanique, qui étudie les plantes;

La zoologie f qui étudie les animaux.

3^ Hi&tfs. — Les sciences mixtes tiennent à la fois des sciences abstraites et des sciences concrètes : ainsi, V astronomie doit avant tout observer les autres, qui sont des réalités, mais elle calcule mathématiquement leur marche; la mécanique traite des forces réelles, mais les trouve soumises à des lois toutes mathématiques.

La physique, la chimie font également partie des sciences mixtes; elles sont en quelque sorte plus concrètes que l'astronomie et' la mécanique, mais le cal> cul y trouve place encore, et elles touchent par là au domaine des sciences abstraites.

IL Selencea iiooiofj;iqucs. — Les sciences noologiques * étudient l'esprit en général, l'homme et Dieu. Elles forment deux groupes principaux : 1« les sciences morales; 2'» les sciences philosophiques proprement dites.

l^ Sciences murales. — Les scicnces morales sont celles qui étudient l'homme moral, par conséquent l'esprit, mais seulement à travers ses manifestations extérieures, et non en lui-même. Telles sont : Vhistoire; la jurisprudence; la linguistique; Véconomie politique.

L'histoire est une science morale en ce qu'elle nous montre Tâme humaine en action, les passions en jeu, la puissance des idées, mais cela apparaît seulement à travers les faits matériels, tels que guerres, révolutions, traités, etc.

La jurisprudence étudie les lois qui régissent les États, c'est-à-dire, étudie en un sens la justice et les conditions de la moralité; mais elle ne va pas jusqu'à la justice pure, au droit proprement moral : elle doit compter avec les coutumes et les précédents, souvent très peu conformes à l'idéal; et elle traîne après elle tout un matériel de faits et de textes.

Dans la linguistique on recherche les lois générale^} des diverses langues et familles de langues, leurs rapports entre elles. Gomme les langues expriment la pensée, les étudier, c'est étudier Tesprit humain luimême. Toutefois le linguiste ne saisit l'esprit qu'indirectement, à travers les mots et les formes.

Enfin l'économie politique, science du travail et de la richesse, nous apprend les moyens d'assurer le bienêtre individuel et la prospérité publique, par où elle offre le plus haut intérêt moral; mais elle suppose d'autre part toute une série de notions techniques sur les industries, les échanges, la population.

2<^ Sciences philosophiques. — Les sciences philosophiques s'occupent exclusivement de Vesprit luimême. Elles comprennent : la psychologie ou science de Vâme; la logique ou science des lois de la pensée; la morale ou science des devoirs; V esthétique* ou science du beau; enfin la métaphysique* froprement dite, dont la théodicée* ou science de Dieu est une partie principale. La métaphysique* est la plus élevée des sciences philosophiques; elle recherche les raisons premières et dernières de toutes choses, et, comme elle ne croit pouyoîr les trouver que dans la Raison suprême, elle devient la science de Dieu.

Objet de la psychologie et de la morale. — La pSJ^* chologie a pour objet l'étude de l'âme, c'est-à-dire de

rhomme inldrieur, des faits de conscience; par la psychologie, nous nous rendons compte de nos sentiments, de nos pensées, de nos volontés; c'est, en un mot, la connaissance de nous-mêmes par nous-mêmes.

A cette science est essentiellement liée la logique, ou l'étude des lois de la pensée. En effet, si nous nous posons cette question : Que suis-je? la. psychologie nous répond : essentiellement un être pensant. — Mais, qu'estce que penser ? Gomment procède l'esprit dans la recherche et la démonstration du vrai? C'est la logique qui nous l'apprend. Il y a donc liaison intime entre ces deux sciences; et à propos de l'une nous ferons plus d'une excursion sur le terrain de l'autre.

L'objet de la morale est l'étude de nos devoirs; elle règle l'emploi de nos facultés, et répond à cette question : quelle est la destinée de l'homme en cette vie et que doit-il faire pour l'accomplir?

Il résulte de ces définitions qu'il y a des rapports étroits entre la psychologie et la morale d'une part, et de l'autre la pédagogie.

Objet de la Pédagogie. — ha. pédagogie est la science de l'éducation. Le mot pédagogue*, d'origine grecque, signifie conducteur d'enfants. On appelait d'abord pédagogue l'esclave chargé de conduire les enfants à l'école. De ce sens tout matériel le mot s'est élevé à un sens plus noble; un pédagogue est aujourd'hui celui qui dirige intellectuellement et moralement la jeunesse. Peut-il y avoir une mission plus belle? Chacun en comprend l'importance et la grandeur.

L'éducation. Divers sevs^dn mot. ^- L'objet de la pédagogie est l'éducation, mais qu'est-ce que l'éducation?

V éducation dans un sens très général, est l'art de diriger le développement des êtres vivants; ainsi on dira l'éducation des plantes, l'éducation des abeilles, des vers à soie, des animaux domestiques (élevage, dressage), comme on dit l'éducation do l'homme.

L'éducation proproment dite. — Dans un sens plus

élevé à la fois et plus restreint, on désigne spécialement sous le nom d'éducation l'ensemble des procédés par lesquels on conduit Tenfant à son complet développement, en cultivant et dirigeant toutes ses facultés.

L'éducation a pour but, dit Stuart-Mill*, de faire entrer en jeu toutes les puissances latentes* de l'être humain, afin de le faire arriver au plus haut degré de perfection que comporte sa nature.* En réalité, l'éducation de l'homme est faite, non pas uniquement par les personnes chargées de ce soin pendant sa jeunesse, mais encore par tout ce qui influe sur lui : les lois, les mœurs, les circonstances de la vie. Sorti de l'enfance, il continue lui-même son éducation, et peut poursuivre cette œuvre durant tout le cours de son existence. En effet, l'éducation peut et doit même durer toute la vie, car l'homme est un être éminemment perfectible, et, s'il sait jusque dans sa vieillesse se conserver tel, se défendre contre la routine et la fatalité des habitudes, il trouvera toujours à corriger sa nature, à la grandir, à la perfectionner.

Ses grandes divisions. — On distingue trois sortes d'éducation : 1*» l'éducation physique ou du corps; 2® réducation intellectuelle ou de l'esprit; 3» l'éducation morale ou du cœur et du caractère.

On pourrait y ajouter l'éducation technique* y qui prépare chacun au métier, à l'art, à l'industrie, à la fonction qu'il doit exercer dans la vie.

Importance de la pédae^ffie. — L'importance de la pédagogie ressort de son objet lui-même. Il s'agit du bonheur des hommes, du bonheur de Y espèce autant que du bonheur individuel. Et ce n'est point encore assez de dire le bonheur ; car le bonheur n'est pas la fin unique, ni suprême de la vie : elle a un autre but, et plus noble. La dignité morale, l'honneur, la vertu, voilà l'objet que l'éducation doit se proposer avant tout ; le bonheur viendra par surcroît.

Bapports de la pédaj^ogle avee la psychologie el la morale. — Quels sont maintenant les rapports de la pédagogie avec la psychologie et la morale? Quels services ces sciences peuvent-elles rendre à Téducation?

Les services rendus par la morale à l'éducation sont si clairs, qu'il est inutile d'insister sur ce point. Gomment concevoir Véducalion sans la morcUe^ puisque c'est cette science qui fixe le but à atteindre, l'idéal de perfection vers lequel il s'agit de conduire l'enfant?

Les services à attendre de la psychologie ne sont pas moindres. La première condition pour diriger une force, c'est de la connaître. La psychologie nous apprenant à nous connaître, nous servira à nous conduire, et nous faisant connaître Tenfant, nous apprendra à le guider.

La psychologie étudie, par exemple, nos sentiments, leurs causes et leurs effets, l'origine, la formation et la marche de nos passions, toutes choses que l'éducation doit ou développer, ou réprimer, ou diriger, donc connaître.

Il en est de même pour nos facultés intellectuelles, dont la culture est l'objet de Yinstructiorij cette partie si importante de l'éducation. La logique, inséparable de la psychologie^ est particulièrement utile à connaître pour la direction de l'esprit, car elle a pour objet propre d'étudier le travail réfléchi de la pensée dans la recherche et la démonstration de la vérité; et, que faiton autre chose dans Yinslruction^ que chercher, que faire chercher, démontrer? D'ailleurs la logique forme l'esprit ; c'est une gymnastique, une discipline excellente, qu'appréciera tout éducateur éclairé, ayant à cœur de façonner et de fortifier l'intelligence, plutôt que de la surcharger de connaissances indigestes, accumulées sans ordre.

En résumé, la psychologie, la logique et la morale fournissent des règles à Téducation, et la pédagogie ne peut se passer d'elles.

En quel sens la pédagogie est un art. — Mais,

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dira-t-on, la pédagogie est un art autant qu'une science : or, Fart s'apprend-ii ? De même que, pour être éloquent, il suffit d'avoir des idées claires et une passion vive, de même peut-être n'est-il pas besoin de tant d'études pour conduire l'enfant. C'est affaire de tact cl de tendresse; et la mère, sans autre guide que son cœur, est encore la meilleure éducatrice.

Rien de plus juste : l'éducation est surtout un art ; elle exige avant tout l'inspiration, qui vient du cœur, le tact, (jui ne s'apprend pas. Aucune étude ne pourra tenir lieu de ces qualités fondamentales; mais n'est-il pas bon, quand on les possède, de les développer par l'étude et la réflexion? L'orateur né ne perd pas ses dons naturels, pour y ajouter les ressources et les grâces savantes de la rhétorique. S'il peut se passer des règles, c'est, en réalité, en vertu d'un art supérieur, qui les lui fait deviner, en quelque sorte, par intuition, et les lui fait suivre à son insu : u'est là le privilège du génie. De même, la mère la plus inculte a parfois une sorte de génie qui vient du cœur, une divination de ce qui convient à l'enfant, une connaissance instinctive de ses besoins et de ses facultés. Mais à cette habileté même, l'étude peut ajouter quelque chose, n'en doutons pas. Puis, il est toujours bon de se rendre compte de ce qu'on fait, toujours bon de savoir. Si excellent guide que puisse être l'instinct, agir par raison est plus digne de rhomme.

Rapports généraux de la science et de l'art, de la théorie et de la pratique. — A cé propos, considérons un moment les rapports généraux de la science et de l'aW, de la théorie et de la pratique,

La théorie est la connaissance spéculative des choses, la pratique consiste essentiellement dans l'action. Or l'action est toujours, en réalité, l'application de quelque connaissance.

En tout, notre pouvoir est en raison de notre savoir. Le philosophe anglais Bacon* a dit avec beaucoup de vérité : ce L'homme peut à proportion de ce qu'il sait :

ministre et interprète de la nature, plus il connaît, plus il accroît sa puissance sur les choses. » Oui, notre action pratique est subordonnée à nos connaissances théoriques : c'est ce qu'exprime très bien cette formule, qu'une école philosophique contemporaine propose de tlonner pour devise à la science : Savoir afin de prévoir et de pourvoir.

Il serait aisé de prouver la vérité de cette maxime pour tout ordre d'activité. Tant vaut le savoir, ou l'expérience de l'agriculteur, du médecin, de l'ingénieur, tant vaut son habileté pratique. De là ressort la nécessité do la théorie, même quand elle ne paraît pas conduire à des applications immédiates. C'est ainsi que notre grand savant, Claude Bernard*, pour avoir mieux que personne compris cette nécessité et s'être consacré exclusivement à fonder la médecine scientifique^ aura plus que personne contribué à accroître la puissance de rhomme contre la maladie.

Ce que c'est que savoir scicntiflqaement. — Qu'est-ce que savoir vraiment, scientifiquement? C'est « savoir par les causes »; c'est connaître les tenants et aboutissants des choses; c'est démêler dans les circonstances qui accompagnent un phénomène quelconque celles qui l'ont amené, c'est-à-dire ses causes, et les effets qu'il produit à son tour.

Dès lors, qu'arrive-t-il? — "D'abord, . quand on dispose de la causcj on dispose aussi des effets; ainsi, nous produisons à volonté la chaleur, à volonté aussi les effets de la chaleur, tels que l'ébullition des liquides, la fusion des métaux, etc. Mais, même si la cause est hors de nos prises (comme l'est la cause des inondations, des orages), lorsqu'on sm7, il est facile à.Q prévoir tout au moins, et de pourvoir encore en quelque manière. Nul ne saurait empêcher ni retarder le débordement périodique du Nil; mais l'Égyptien le connait, le prévoit et l'utilise; il doit la richesse et l'abondance, à ce qui pourrait être une cause de dévastation et de ruine. — De même, nous sommes sans action sur la foudre, mais

il a suffi d'en connaître la nature, pour en détourner par le paratonnerre les terribles effets.

Conelaslon; application A la pédagogie. — Si la

nécessité de la théorie est bien établie, une conséquence naturelle, est qu'il faut avoir nous-mêmes et inspirer aux autres dès l'enfance le respect religieux de la peiy sée théorique, l'amour du savoir pour lui-même et de l'étude désintéressée. — En effet, ily a à cela trois raisons :

1* Savoir sert toujours à quelque chose dans l'ordre temporel, même quand d'abord on s'en doutait le moins ; c'est ce que montrent cent exemples connus dans l'histoire des sciences et des inventions.

2® Quand même le savoir ne devrait avoir aucun résultat pratique, il faudrait encore respecter les recherches spéculatives de celui qui veut s'instruire : il forme son esprit, agrandit son intelligence, ouvre des voies nouvelles à la pensée. Il s'élève plus près de la perfection.

3° Savoir, enfin, n'est pas un moyen, savoir est un butf le but le plus noble, pour l'esprit. C'est un besoin de notre intelligence, et quand savoir ne servirait qu'à satisfaire cette aspiration intellectuelle, il faudrait encore dire que c'est la jouissance la plus élevée et la plus durable : « On se lasse de tout, excepté de comprendre. »

Mais la pensée a ses écarts, ses audaces, nous dirat-on : que d'erreurs n'a-t-elle pas engendrées! Oui, certes ; mais c'est là simplement une raison pour ne pas ajouter une foi aveugle à toute pensée, sans contrôle. Quand une opinion nous paraît fausse, qui nous empêche de la critiquer? C'est plus qu'un droit pour nous, c'est un devoir, mais cela même est encore un travail de la pensée théorique, de la pensée indépendante.

En critiquant, toutefois, faisons-nous une loi de montrer toujours une parfaite tolérance pour toute pensée sincère, pour toute opinion de bonne foi : cela est plus sûr, plus modeste et plus juste. Défions-nous de nos propres vues et restons toujours ouverts à la vérité, at-

tenljfs et bienveillants aux opinions d'autrui. « Ne nous enivrons pas de notre propre vin », dit un proverbe. Kicole* ironiquement met ces paroles ridicules dans la bouche de l'homme trop porté à abonder dans son propre sens : «Si cela n'était pas, je ne serais point un habile homme, or je suis un habile homme ! »

Et ce n'est pas assez de respecter la pensée théorique chez les autres, il faut nous-mêmes étudier, méditer, chercher à savoir pour savoir. Ce plaisir est pur entre tous; il. fait partie au premier chef de notre dignité d'êtres pensants. Ce qui caractérise les études libérales, c'est de cultiver l'esprit d'une manière désintéressée, de n'être dirigées par aucune pensée d utilité, de servir à tout et de ne préparer directement à rien.

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