‹ Leçons de psychologie appliquée à l'éducationChapitre 28 sur 46 · DE LA PERCEPTION EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

DE LA PERCEPTION EXTÉRIEURE

Généralités. — Les sens et le monde sensible. Éducation des sens. — Erreurs des sens.

Perception extérieure. DéGnition.^Ses rapports avec la raison; avet la réflexion. — Son importance. — La perception et la sensation. — Expérience de Weber*. — Les sensations générales et musculaires et les perceptions des sens. ^ Hiérarchie et classiûcation des sens.

Description générale de Tappareil : Torganc, le nerf, le centre.— Rdle de chacun. — La perception vraie ou objective, illusoire ou subjective. — Les hallucinations*. — Les qualités des choses ne sont pas identiques et ne peuvent même pas ressembler à Tidée que noos en avons (couleur, son).— Relativité des perceptions.— Qualités premières et qualités secondes.- L'extériorité * des choses ne nous est pas d'abord connue. — Leur réalité môme a pu être contestée (Berkeley *J. — Réponse. — Le monde ramené au mouvement et à la force (Mot de M. de Hartmann*).— Les impressions sensibles sont des signes. — Nécessité d'apprendre à les interpréter. — Concours et éducation mutuelle des sens. — Perceptions primitives et perceptions acquis€\3* — Erreurs des sens.

Pereeption extérieure. — DéAiiitioii. — * La perceptioD extérieure est la faculté d'intuition*^ par laqtieUe r esprit entre en communication avec le monde extérieur et acquiert la connaissance des qualités sensibles.Touie& nos connaissances ne viennent pas par les sens, nous l'avons établi ; mais il est certain qu'une multitude de connaissances nous arrivent par cette voie.

Ses rapports avec la raisea. — La raison est le

moule même de la pensée ou de la connaissance, mais rexpërience seule apporte dans ce moule la matière du savoir ; or les premiers, les plus nombreux matériaux de nos connaissances, sont fournis à l'esprit par les sens. La raison seule, si elle ne recevait aucune exci- ' tation des sens, s'ignorerait toujours et resterait inactive ; on pourrait la comparer familièrement à une machine à battre le grain qui n'aurait pas de grain à battre.

Ave« la réfleKloii. — L'expérience est double cependant, et ne se fait pas par les sens seuls; il y a une expérience intérieure, la conscience ^ autre source de nos connaissances, instructive surtout quand elle devient la réflexion de l'esprit sur lui-*même. Mais de ces deux espèces d'expérience, l'expérience extérieure et l'expérience intérieure, nous devons d'abord étudier celle qui apparaît la première; or, c'est la perception externe. Xi'enfant contemple les choses et s'abandonne, pour ainsi dire, au plaisir de regarder hors de lui, longtemps avant de réfléchir sur lui-même ; nous commençons tous par porter notre attention au dehors, avant de la tourner au dedans de nous.

Eia perreptlom et la sensation. — La perception se fait, disons-nous, par les sens : est-elle donc la même chose que nous avons étudiée déjà sous le nom de sensation ? — Non. La perception et la sensation ont seulement ceci de commun, que l'une et l'autre sont des états de /conscience étroitements liés à des modifications des sens. Pour cette raison, dans beaucoup de pays, en Allemagne et en Angleterre par exemple, on appelle sensation ce que nous désignons sous le nom de perception. Mais la psychologie française, avec raison, croyons-nous, a coutume d'établir une différence entre ces deux mots et de ne pas les employer comme synonymes. L'impression faite sur les sens peut : 1" émouvoir la sensibilité, nous faire jouir ou souffrir : alors a lieu la sensation; dans ce cas, le phénomène est rapporté exclusivement par le sujet à lui-même; 2% avec ou sans émotion de la sensibilité, aller droit à l'esprit

et lui fournir des connaissances : alors a lieu la percep^ tion; dans ce cas l'impression est rapportée à un objet distinct du sujet.

Expérience 4e Weber *. — * Une expérience très siin* pie de Weber* nous fait bien saisir la différence qui existe entre la perception et la sensation. Il imagine une lame de rasoir posée doucement sur l'extrémité intérieure de nos doigts : nous la sentons, nous la per- , cevons, nous pouvons dire quelc[ue chose sur ses qualités, par exemple qu'elle est dure, rigide; mais d'émotion, point. Qu'un brusque choc amène une coupure, qu'éprouvons-nous? Une vive douleur qui ne nous permet plus de rien distinguer. Cette notion claire qui arrivait tout d'abord à notre esprit a été remplacée par une violente émotion de la sensibilité, et nous n'avons plus aucune connaissance proprement dite de l'objet. L'épiderme intact est nécessaire ici à la perception distincte; la sensation douloureuse l'emporte dès que la peau est enlevée ou lésée.

Les seiiaatloiui générales et mnsenlaAree et les pereeptions des sens. — Cette distinction va nous permettre de résoudre une question agitée depuis quelques années, celle de savoir si nous avons seulement cinq sens, ou si nous en avons davantage. En Angleterre^ et même en France aujourd'hui, on propose assez généralement d'en compter deux de plus : 1« Un sens organiqiie général ; ce serait celui par lequel nous connaissons l'état ou les divers états de notre corps, par exemple, la fièvre, l'oppression, le point de c6té, la lassitude générale, etc., et qui nous fait éprouver aussi le sentiment de la bonne santé et de la vigueur générale. Ces données en effet ne nous viennent par aucun des cinq sens, et cependant il est certain que nous les avons ; on pourrait donc compter un sens qui nous les donne, ce serait le sens organique général, ayant principalement pour appareil la partie du système nerveux appelée le grand sympathique** — 2* Un sens musculaire. En effet, il est notoire que noua

avons^ par lés muscles et l'effort musculaire, des connaissances importantes et précises, les notions de résistance, de dureté, de solidité, de poids; celles-ci encore, aucun de nos cinq sens ne nous les donne, c'est donc, dit-on, un sens particulier, le sens musculaire.

Nous ne compterons pas, quant à nous, ces deux sens, mais nous appellerons sensations générales de l'organisme, celles que l'on rapporte au premier, et sensations musculaires y celles que l'on rapporte au second; nous garderons le nom de perceptions pour les information» qui nous viennent des sens proprement dits. Nous . dirons par exemple la sensation du frisson, mais la peiv ception du blanc ou du rouge; Les sensations ne sont jamais indifférentes ; elles sont douloureuses ou agréables, ce sont des impressions émouvantes plutôt que des perceptions instructives. — Il est. vrai que les notions de résistance, de poids, etc., sont des connaissances pour l'esprit, plutôt que des émotions; il semble démontré ce* pendant qu'elles .se ramènent à la sensation de la près* sion exercée sur les nerfs par le jeu des muscles.

Hiérarchie et classifleation des sens. -^ Dans CO qui précède, nous avons en même temps un moyen do classer par ordre hiérarchique les cinq sens ; en effet^ nous appelons sens inférieurs^ et nous plaçons au plus bas degré, ceux dont les données, étant très mêlées do sensations, nous instruisent le moins; par exemple,, l'odorat et le goût sont deux sens inférieurs, parce que les odeurs et les saveurs sont bonnes ou mauvaises, agréables ou désagréables, et ne sont à pou près jamais indifférentes ; ce sont donc des sensations autant ou plus que des perceptions. Au contraire, leâ données do la vue et de l'ouïe, injGniment plus nobles et plus désintéressées, sont objets de pensée proprement dite et même de science. Par la vue, on perçoit les formes, les figures géométriques, l'étendue, le mouvement, on acquiert toutes sortes de notions qui laissent la sensibilité indifférente, mais qui sont pour l'esprit l'objet de recherches et de spéculations sans fin; ce sont donc de

véritables connaissances intellectuelles et non des ëmo-

hions sensibles.

^ À ce point de vue, on peut ranger les sens dans cet ordre : l"" le goût ; 2* Todorat ; 3<^le toucher; k^ Touïe; 5® la yue.

DeserlptloB ipéiiérale de l^apparell t l'org^ane, le nerf, le ceotre. — Mais parlons d'abord des sens en général et de ce qu'ils nous apprennent sur le monde extérieur. L'appareil de la perception consiste toujours : 1" dans un organe extérieur, qui reçoit l'impression du dehors; 2^ dans un nerf, qui la transmet; 3® dans un centre nerveux, le cerveau, où elle est perçue.

B4kle de chaenn. — Yoicile rôle des différentes parties de cet appareil. Regardons, par exemple, l'organe extérieur de la vision, le globe de l'œil. U est admirablement préparé pour recevoir les impressions d'un genre déterminé. C'est en vain que les ondes lumineuses* viennent frapper toutes les autres parties du corps, la lumière ne peut être perçue que lorsqu'elle arrive à l'œil, et encore faut-il qu'il soit sain, que les milieux liquides et solides que la lumière doit traverser soient intacts. Mais, ne croyons pas que cela suffise; l'œil par lui-même est complètement aveugle.

Le fond de l'œil est tapissé par une membrane nerveuse, la rétine, qui n'est que l'épanouissement du nerf optique ; c'est une sorte de miroir concave situé au fond de l'œil. Supposons le nerf optique coupé entre la rétine et le cerveau; c'est en vain qu'un rayon arrivera à la rétine, il y sera réfléchi et on y verra son image comme dans un miroir, mais le sujet ne percevra aucune impression lumineuse, car le centre ne peut la recevoir. L'œil sert donc à la perception et n'y suffit pas, il faut

'■ que la transmission se fasse. Et ce n'est pas non plus le nerf qui perçoit la lumière ; si on le coupe à l'entrée du cerveau et si on excite violemment de quelque manière (par une secousse mécanique, une action chimique, etc.) la partie de ce nerf qui se rend à l'œil, aucune perception lumineuse ne se produit; mais si nous

«xcitons de même la racine du nerf vers le cerveau, le sujet voit dés flammes et des rayons de lumière parfois aussi éclatants qu'aucun de ceux qu'il ait jamais perçus. Cette expérience n'a été faite que trop souvent sur des hommes mêmes, dans les opérations chirurgicales. 'La perception n'a donc lieu qu'au centre, et tout le reste de l'appareil ne sert qu'à élaborer * l'impression et à la transmettre toute coordonnée*, toute prête, au cerveau.

La perception ▼raie en objective. Illusoire ov siibjeetive t les haUuelnatloas *. — Gela nous conduit immédiatement à des conséquences d'une grande importance. Qu'appelle-t-on perception vraie ou objective? Celle qui a lieu lorsque l'impression du tlehors chemine régulièrement à travers l'appareil extérieur et le nerf de transmission, et lorsque la perception répond véritablement à un objet. Mais il peut arriver assez souvent que l'excitation vienne de l'intérieur; par exemple, dans la fièvre, dans le cauchemar. Le nerf alors, violemment excité au dedans, entre en action comme s'il était sollicité du dehors, et le patient croit voir et entendre des réalités présentes; il projette au dehors l'impression dont l'origine n'est qu'en lui-même, et, de la meilleure foi du monde, il croit réelles ces images, qui ne sont que l'effet de son mal ou un jeu de son imagination. On appelle halltAcination* cette fausse perception, sans objet réel, qui se figure en avoir un.

Quand la perception est vraie, c'est-à-dire a un objet réel, on dit qu'elle est objective*.OnVB.ff elle subjective* quand elle n'est que dans le sujet y et qu'aucun objet n'y répond au dehors.

Ily ades exemples d'illusions etd'hallucinations^remarquables. On sait que, toutes les fois qu'un chirurgien a pratiqué l'amputation d'un bras ou d'une jambe sur un malade ou un blessé, celui-ci continue à sentir pendant quelques- semaines le membre qu'il n'a plus ; il continue à rapporter par habitude, à l'organe d'où elles venaient antérieurement, les impressions faites sur ses nerfs.

Les qualités des choses ne sont pas identiques et ae- Iieavent même ressembler ea rlea à la pereeptioa qae BOUS en avions. : — D'après ce qui précède, les qualités des choses ne sont pas identiques, et ne peuvent pas même ressembler à la perception que nous en avons. Ainsi, une couleur, un rayon de lumière sont des états du« sujet, états auxquels ne ressemble en rien la cause extérieure qui les produit. C'est la plus grossière des illusions que de s'imaginer que la lumière sans l'œil qui la reçoit est quelque chose d'analogue à notre perception de la lumière, que la couleur verte est quelque chose de vert hors de nous; que le son est le son sans l'oreille qui le perçoit comme tel, etc.

Relativité des pereeptlons. — La sensation, dit Anstote% la perception, dirons-nous, est l'acte commun da sujet sentant et de l'objet senti, c'est-à-dire que toutes nos perceptions sont essentiellement relutiveSy non seulement relatives entre elles, mais relatives d'abord au sujet; qu'il y entre nécessairement deux termes, quelque chose au dehors (je ne sais quoi) qui cause l'impression,, puis le sujet qui la perçoit ; qu'enfin la perception résulte du commerce, du conflit de l'un et de l'autre. S'il n'y avait pas au monde et s'il n'y avait jamais eu un oeil^ le monde ne serait que ténèbres et il n'y aurait pas de lumière; s'il n'y avait jamais eu d'oreille, il n'y aurait pas de son ; il n'y a pas de saveur quand il n'y a pas de

C'est ce qu'exprime ainsi le savant physicien anglais Tyndall* : Il ne peut, dit-il, s'empêcher de sourire quand il voit, dans les livres de géologie et de paléontologie *, la description brillante de ce qu'était le monde avant l'apparition des animaux. On parle, dit-il, d'une terre couverte de forêts verdoyantes, baignée de lumière, puis brusquement secouée par des éruptions volcaniques, par des explosions d'un effet grandiose; on nous représentel'atmosphère chargée d'épaisses vapeurs, théâtre d'orages sans pareils. S'il n'y avait vraiment alors ni un œil pour voir, ni une oreille pour entendre, toute cette description

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est vaine et imaginaire; il n'y avait ni lumière ni couleur^ le monde n'était que ténèbres et ce fracas d'orages que «ilence. Quand nous en parlons, c'est que nous nous y transportons avec notre imagination et nos sens. Apparemment quelque chose avait lieu au dehors, nous ne le nions pas; et la science nous apprend, qu'en effet, quelque chose d'extérieur fait impression sur nos sens et donne lieu aux perceptions. Mais ce qui est certain, c'est que ce quelque chose ne ressemble pas à la perception intérieure que nous en avons.

Qualités premières et qualités secondes. — On appelle qualités ^premières de la matière celles qui lui sont tellement inhérentes "" et nécessaires qu'on ne peut la concevoir sans elles. Ce sont ces qualités premières, que possédait ce je ne sais quoi qui remplissait la scène du monde à l'époque dont nous parlions tout à l'heure; ce sont elles qui font sur l'oreille ou sur l'œil les impres* sions dont nous avons parlé. Mais le monde n'était et n'est encore ni couleur, ni lumière, ni son, ni odeur, ni saveur; ces qualités-là sont des qualités secondes, c'està-dire secondaires et sans lesquelles on peut concevoir les choses ; tandis qu'on ne peut imaginer qu'il n'y eût pas alorSy qu'il n'y ait pas dans tout monde, quel qu'il soit, de l'étendue, du mouvement, de la figure; ce sont là les qualités premières de la matière.

Que nous enseignent, en effet, les savants? Que ce je ne saiâ quoi hors de nous, qui frappe nos sens et cause nos perceptions, se ramène en dernière analyse au mouvement. Le mouvement, perçu par l'œil sous une certaine forme et dans certaines conditions (mouvement des ondes de l'éther*), donne lieu à la lumière ; le mouvement, perçu parles nerfs de la langue, donne lieu à la saveur, etc. Par conséquent, la différenciation* de nos perceptions est pour les trois quarts l'œuvre de notre organisme. On appelle énergie spécifique* des nerfs la propriété qu'à chaque nerf de l'appareil sensitifde transmettre certaines sensations et non les autres,

Ei*exlérlorilé* des elioses ne bous est pas d'abord

eonnaci. — L'extériorité * des choses ne nous est môme pas d'abord connue ; il est prouvé que tous les très jeunes animaux (l'enfant même) n'ont d'abord aucune notion d'extériorité*; toutes les impressions reçues parleurs sens, ils les croient en eux-mêmes ; ce ne sont que des sensations. L'idée d'une réalité extérieure ne s'acquiert que par l'expérience, par le concours de plusieurs sens faisant l'éducation les uns des autres.

Lear réalité même a pu être eontestée. (Berkeley*). — Il y a plus, la réalité même des choses a pu être contestée, par exemple par le philosophe anglais Berkeley*, qui, cherchant une réponse aux prétentions des matérialistes*, a pris corps à corps cette notion de lannatièrej et s'est demandé à quoi elle se ramène. Considérant que toutes nos perceptions sont relatives, changeantes, que la couleur ne serait rien sans l'œil qui la voit, etc.... il s'écrie : Je ne connais pas cette entité* vaine, cette chimère que vous appelez matière ; quand je la considère, je la vois se résoudre en états de conscience, c'est-à-dire en pensées. Il n'y a point de matière, il n'y a que des esprits et des idées. (Cette doctrine est Vimmatérialisme% ou idéalisme* absolu.)

Réponse. — Nous répondrons, avec les savants, qu'il faut pourtant rendre compte de cette idée des choses extérieures qui est en nous, qu'elles ne sont pas toujours conformes à nos désirs, que souvent mêmç nous luttons contre elles, que, par conséquent, elles ne sont pas Tœuvre de notre volonté, mais de quelque chose qui n'est pas nous, de quelque chose qui est hors de nous.

Le monde mm^né an monvenient et à la force. (Mot de M. de Hartmann*). — Un philosophe allemand contemporain, un pessimiste*, M. de Hartmann*, dit énergiquement que notre notion de quelque chose d'extérieur se ramène à la « stupéfaction de la volonté rencontrant des impressions et des perceptions qu'elle n'a pas voulues ». S'il n'y avait jamais eu d'impressions involontaires, il serait impossible de réfuter Berkeley* et les idéalistes* qui nous disent : Dieu m'a donné les idées

des choses et il a créé d'autres hommes comme moi, des esprits, qu'il a conviés à avoir les mêmes idées que lui : Dieu d'une part, les âmes d'autre part, voilà toute la réalité : de monde matériel, il n'en existe pas. Malebranche* a professé une doctrine analogue.

Les impres&loos sensibles sont des signes. Nécessité d'apprendre à les Interpréter. Concours et édaeatlom mutuelle des sens. — Nous dirons, en terminant, que les impressions sensibles sont des signes de quelque chose d'extérieur, mais ne sont que des signes. Il faut apprendre à les interpréter; c'est à quoi sert une bonne théorie des sens. C'est aussi ce qui rend nécessaire l'éducation des sens, éducation qui consiste à apprendre à chaque sens à interpréter^ le plus exactement possible, les impressions qu'il reçoit.

Pereep lions primitives et perceptions acquises. Erreurs des sens. •— Chaque sens est infaillible dans la sphère de sa compétence propre, c'est-à-dire dans ses perceptions primitives; mais chaque sens peut se tromper dès qu'il franchit les limites de sa compétence et veut nous apprendre ce qu'un autre sens seul peut nous faire connaître. Toile est la clef de la fameuse question dos erreurs des sens. — Mais nous reviendrons sur ces divers points.

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