‹ Leçons de psychologie appliquée à l'éducationChapitre 29 sur 46 · DE LA PERCEPTION EXTÉRIEURE · texte numérisé non relu

DE LA PERCEPTION EXTÉRIEURE

(SUITB ET FIN.)

Données des divers sens : la vue, ses perceptions

primitives et ses perceptions

acquises, ses erreurs, son éducation.

Lien de celte leçon avec la précédente : Plan. — Retour sur les sensations générales (exemples } et les sensations musculaires (exein*

LEÇONS DE PSYCn. 1"

386 VÏNGT-SIXIÈME LEÇOîtf.

pies). — Le goût et les saveurs. — L'odorat et les odeurs : infaillibilité de ces senS; lear éducation. — Le toucher et ses données multiples. — Distinction du toucher général et du tact. — La main, mot d'Anaxagore *; certitude exceptionnelle de cetor^rane; ses services (Laura Bridgman) ; son inférionité. — L*ouïe et les sons, éducation de Touïe, ses perceptions acquises. — La vue : ses perceplions primitives, expérience deCheselden*, Franz*, etc. — Ses perceptions acquises : exemples. — Le redressement' des images, etc. — Erreurs de la vue.

lilen de cette leçon avee la ppéeédenfe t pHm. —

La précédente leçon contient tout ce qu'il est essentiel de dire sur la perception extérieure en général. Nous devons maintenant passer en revue les différents sens et vérifier à propos de chacun d'eux ce qui a été dit précédemment.

Le sujet est infini^ sur chaque sens les faits et les particularités abondent. Nous devrons nous borner à signaler rapidement les données du goût, de l'odorat, etc., et nous n'insisterons que sur celles de la vue. C'est d'ailleurs de tous les Sens celui peut-être qui a été le mieux étudié, cpii a donné lieu aux expériences les plus nombreuses et les plus intéressantes. Suivant l'ordre annoncé, nous allons nous élever des sens inférieurs aux sens supérieurs.

Retoar sur les sensations générales et les sesMlions musculaires. — Rappelons d'abord ce qui a été dit des sensations générales de l'organisme, et des sensations musculaires. Dans le premier groupe se placent les sensations de frisson, de chaleur importune*, de fièvre, de suffocation, d'oppression etc; d'une manière générale toutes les douleurs qui ont leur siège dans les viscères et dans l'intérieur des tissus, et, en heaucoup plus petit nombre, les jouissances du bienêtre et de la santé. — Ce sens est le plus constant, celni qu'on perd le moins. Toutefois, dans la paralysie, on peut le perdre partiellement ou tout à fait.

Les sensations musculaires nous donnent les notions de pression et les notions plus délicates de poids.

I*e goût et les «avenrs. — Le goût a poux siège la

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bouche, surtout rarriëre-bouche ; d'une manière plus scientifique, les nerfe de la langue et du pharynx (nerf glosso-pharyngien). La sensibilité y est diversement répartie. C'est, par exemple, avec la partie autérieure de la langue qu'on perçoit les saveurs piquantes, et avec rarrière-bouche les saveurs sucrées.

té'odorat et le* otfeartf. — L'odorat a pour siège les cornets olfactifs et le nerf olfactif qui* lés tïtpisse.

Les deux sens du goût et de l'odorat ont été de tous temps reconnus infaillibles. En effet, s'il se trompaient, quels moyens aurions-nous de le savoir et dé les reeti'* fier?

Il est clair que lorsque je sens une saveur amère^ personne ne peut me démontrer que cette saveur est sucrée. Elle est pour moi en réalité ce que je la sens, car c'est ayant tout un état de conscience. De même, pour une odeur. — Ces sens ne sont pourtant ni plus ni moins infaillibles que les autres ; tous le sont au môme degré. Si en éprouvant une saveur amère, je déclare que le breuvage que je goûte paraîtra amer à une autre personne, je puis me tromper, car dans certains étatsmorbides* toutes les boiBsons semblent amères; le goût peut donc se tromper, comme les autres sens, dès qu'il franchit la sphère de ses perceptions propres; De môme, quand j'afSrme que je sens= telle odeur, nul n'est admisà me démentir: ceïa est vrai pour moi, puisque je le sens; mai-s si je soutiens, par exemple, qu'il y ^ des rose« dans un endroit où je perçmsf le parftim de la ïose, je puisf mef tromper, car la chimie a trouvé te moyen de produire artifîcielïeififent les parfums, et l'odeur que je Mitts peut avoiïr des causes différeni^s de celle que je lui attribue. ' ' .

Nous savons nMtîntetwfnt ee qé^wÈ^ eMend par rexpres-*sion erreurs des sens. Ces considéra tion-s ne fo»t quèconfirmer ce cfae nous avons vu déj>à, mais seulement indiqué à la fin de la leçon précédente : chaque sens est înfttUtMe qisand on ne lui demande que son témoignage direct ; dès qu'il sort de se». limites^ il e^t s?ijct

à mille erreurs, autrement dit, les données qu'il fournit peuvent être interprétées faussement.

Pour ces sens inférieurs, il y a déjà une éducation possible et même nécessaire.

L'éducation du goût se fait par Texercico, on devient connaisseur lorsqu'on prend l'habitude de goûter avec attention. Ce sens d'ailleurs a souvent besoin d'être contrôlé par un autre *;

Il en est de même pour l'odorat. Les habitudes délicates rendent ce sens plus susceptible et plus habile à discerner les nuances des odeurs.

L'éducateur doit-il intervenir en ces matières ?

Pour les saveurs, il n'a que faire d'instruire l'enfant à les discerner, c'est un emploi de son activité qu'il n'est pas à désirer de lui voir faire, et qu'il ne fera que trop de lui-même. On veillera plutôt à ce qu'il n'ait ni exigences ni délicatesse exagérée sur ce point. L'accoutumer à se contenter de toute espèce d'aliments est un des plus grands services qu'on lui puisse rendre.

Quant aux odeurs, il est bien d'une certaine importance de les discerner avec finesse. Il y a là une source de plaisirs réels et délicats. Nous verrons en esthétique* que les saveurs n'ont aucune parenté avec le beau, mais que les odeurs en ont une. Ainsi la joie esthétique* que cause la vue d'un beau paysage d'été est certainement augmentée par l'odeur des foins coupés. On sait d'ailleurs qu'il y a, d'une manière générale, une liaison étroite entre les odeurs et la sensibilité. Gela même, il est vrai, est peut-être une raison pour ne pas flatter ce sens Outre mesure.

Les émotions que nous causent les odeurs, sont toujours plus ou moins troublantes. Une éducation qui enseignerait à les percevoir avec trop de délicatesse, serait mauvaise pour les enfants. Désagréables, les odeurs produiraient une impression plus pénible que

1 . Les connaisseurs en vins et en eaux-de^vie se fient surtout, on le '>arfum de la liqueur.

. de raison, et des dégoûts contraires à la virilité* du caractère. Bonnes, elles sont essentiellement amollissantes pour le courage, énervantes pour la volonté. Quoique ce soit là un plaisir très délicat, un assaisonnement de certaines autres jouissances, il ne pourrait donc sans inconvénient prendre une place importante dans notre vie de chaque jour.

Le toucher et ses données multiples. — Le toucher a pour organe les papilles nerveuses situées sur toute la surface du corps et protégées par le derme et Tépiderme.

Les données de ce sens sont très multiples et peuvent se distinguer en deux classes.

Distinction du toucher général et du tact. — PLes données du toucher général, lequel, répandu par tout le corps, donne les sensations du rugueux et du poli, du chaud et du froid, etc.;

2<» Les données perçues par le tact ou toucher actif, qui a pour organe très déterminé et très parfait la main.

L.a main (mot d'Ânaxagore*). Certitude exception* nelle de ce sens. Ses services. Laura Brldg^man. — Le philosophe grec Anaxagore* a pu dire ce mot curieux rapporté par Arislote* : « L'homme pense parce qu'il a une main. » Formule profonde : la main, en effet, contient des papilles tactiles infiniment plus nombreuses et plus pressées que les autres parties du corps; toutes les sensations du toucher y sont donc aussi vives et même plus qu'ailleurs. Mais surtout la main est composée de véritables leviers, les doigts, qui, par la mobilité extrême qu'ils ont chacun à part, par la mobilité de l'organe entier au bout du bras, deviennent tout à fait propres à vérifier, à contrôler les diverses données du toucher et même celles des autres sens. Si un sens pouvait à lui seul nous donner la notion d'extériorité, ce serait celui-là. C'est par lui surtout, en effet, qu'on a l'assurance de quelque chose d'extérieur, qu'on acqpiiert les notions de résistance et de solidité, c'est-à-dire celles de

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toutes nos perceptions çui nous révèlent le plus nettement quelque ekose qui n'est pas nous. C'est par ce send qu'on croit «échapper à l'idéalisme* absolu de Berkeley*.; car paj* les jsaascles de la main nous étrelgnons les choses, nous^n faisons le tour 4 elles nous résistent donc elles sont distinctes de nous. Or cette faculté de se distinguer soi-même des objets qui nous entourent est la première conditiojoi, et comjne le commencement de la pensée; «t tel e^ précisément le sens de la parole d'Âna^agore*.

Le toucher disparaît assez rarement; il est, avec les sens inférieurs^ eekû qu'on perd le moins souvent. Il est très rare qu'on soit dépourvu de goût et d'odorat, non n9U)ins râxe qu'on «oit par nature dénué du toucher. Or, avec le toucher seul, on peut, semble-t-il, par l'éducation, suppléer à tous les Autres sens.

Une Américaine, Laura Bridgman, était, de naissance, sourde^muette et aveugle. Elle n'avait guère de sens intacts que le toucher, le sens organique général et le sens musculaire. Eh bien, elle est arrivée néanmoins à un âge avancé, a appris à lire, à écrire, à s'entretenir avec les autres persAunes ; elle a composé des hymnes, des prières et des cantiques d'une certaine valeur ; elle vit encore et se trouve fort heureuse. C'est un médecin de Boston qui a Cait ce miracle d'habileté et de charité ; il lui a enseigné à lire avec l'organe du toucher, à écrire, à se faire si bien entendre, qu'à son tour elle peut enseigner : il a ainsi donné à cette sourde-muette aveugle une vie morale et mentale* complète V.

Le toucher, ce sens si précieux, si supérieur aux précédents, est pourtant inférieur encore en ce qu'il ne joue aucun rôle esthétique*. La perception de la beauté est réservée à deux sens, l'ouïe et la vue et rien ne peut les

.1. Laui*» Dridffman devint professeur dans un établissement de sourds-muets. Elle a faille sujet d'un grand nombre d'observations psychologiques. Ainsi quand elle révo ou se parle k elle-même^ on fl*en aperçoit au mouveffloiU de ses doigts, fait important pour la tli^orie du langage.

i^eno^placer. Si nous n'avions que le toucher, le inonde, décoloré et nmet, ne rendant aucun son et n'offrant aucuns jeux de lumière, serait pour nous infiniment moins beau et moins digne d'intérêt.

L4Hiie et tes •»»». — L'ouïe a pour organe l'oreille, divisée en oreille ^c terne et oreille interne.

Le phénomène de l'audition* consiste essentiellement dans des ondes de mouvement* reçues par le tympan, transmàses par la chaîne des osfielets à l'oredlle interne, et &rrivaiit enfin aux fibres de Corli, qui sont environ au nombre de trois mille et qui, analogues à autant de diapasons, semblent destinées à vibrer chacune à une nuance «de son particulière, si bien qu'ensemble, elles font l'oreille sensible à toute la gamone des sons et des bruita.

Nous savons ce qu'on entend par la hauteur des sons, que la différanoe des sons aîgus et des sons graves, tient au nombre des vibrations d^ins l'unité de temps, qu'un son musical n'est jamais simple^ mais est pour ainsi dire compléta par ses harmoniques..., etc. ^

ÉA^eaCioa «le l'onle, lies i^reepUoss aeqnises. — Les perceptions acquises de l'ouïe sont fort nombreuses, et montrent bien à quel point un sens, par l'habitude^ l'expérience, le concours des autres, en un mot par l'éducation, peut arriver à nous donner des notions que nous n'aurions pas par lui seul. L'oreiUe primitivement ne perçoit que le son ; mais actuellement, quand nous nous promeBO(ns dans la rue, lisant ou réfléchisssunt, nous pouvons, sans nous retourner, savoir si une voiture vietit, dans quel senisi, avec quelle vitesse, à quelle distance elle est de nous, si elle est à deux roues ou à ^quatre, ouverte iau découverte, traînée par un ou deux chevaux, si on a le temps de traverser ou non la chaussée. Ce sont autant de perceptions acquises, l'oreille ne nous apprend pas d'ai)ord tout cela. Des perceptions

1. Tous ces phénomènes font l'objet de la partie de la physique appelée acou8liqt*e ; Têtu de en a été toute renouvelée par le -savant altemaiid Helmfholtz^^ dans son Acoustique p'hystalogiqve.

de la vue et des autres sens sont venues, avec le temps et Texpérience, s'associer aux sons perçus par Toreille, et à présent le son seul évoque dans notre esprit la pensée de tout le reste.

La vue. — La vue a pour organe rœil, véritable chambre noire, qui a pu être comparée à l'appareil du photographe. Ce qui correspond à la plaque sensible, c'est la rétine, expansion du nerf optique, qui tapisse le fond de Tœil à l'intérieur, en forme de miroir concave. La rétine est séparée du monde extérieur par deux sortes de milieux réfringents : !• des milieux liquides (humeur aqueuse, humeur vitrée), 2® un milieu solide, le cristallin, lentille bi-convexe, placée en arrière du trou de la pupille et sur le parcours des rayons lumineux; la cornée transparente est comme la fenêtre qui leur donne accès.

Ses perceptions primitives. Expériences de Cheselden* (1688-1752), de Franx* (1841). — Les perceptions primitives de l'œil se ramènent aux différents jeux de l'ombre et de la lumière sur une surface plane, et aux couleurs; en d'autres termes l'œil ne perçoit que la forme à deux dimensions. C'est ce qui a été prouvé par de célèbres expériences : 1° Celle du médecin écossais Cheselden*; 2° celles du docteur Platner* ( 18 18), de Frani* à Leipzig (1841), de Carpen4er* à Londres de nos jours.

Cheselden* rendit la vue par une opération à un jeune malade de vingt ans. Au moment où ce malade vit la lumière du jour, tout lui apparut sur un même plan, perpendiculaire au rayon visuel, parallèle à la tangente de fœil et à une petite distance de lui; et il lui fallut longtemps pour apprendre à situer les objets extérieurs dans l'espace, à connaître les distances et la troisième dimension : il parut dès lors évident que la vue seule ne révèle aucunement la profondeur,

L'expérience du docteur Franz* a été faîte sur une jeune couturière aveugle, qui se servait habilement de l'aiguille et des ciseaux. Lorsqu'il lui eut rendu la vue, elle ne pouvait plus coudre, n'avait aucune idée do l'im-

pression visuelle que devaient lui faire les ciseaux et Taiguill^, par suite ne savait point interpréter ce qu'elle voyait. Elle prenait son aiguille à contre sens et ses ciseaux par la pointe. Naturellement l'apprentissage fut vite fait, mais ce fut un apprentissage à refaire.

Les perceptions aeqnlses. — Le redressement des images. — Il n'y a donc plus de doute sur ce point : les données de la vue ne sont à l'origine que des perceptions de couleurs, de formes, de lumière et d'ombre sur un plan, c'est-à-dire selon deux dimensions ; tout le reste est acquis. La véritable position des objets, leur éloignement, même leur station droite* n'est pas connue primitivement par la vue, c'est affaire d'expérience.

En effet l'image sur la rétine est renversée. C'est l'esprit qui la redresse. Pour la vue seule, il n'y a ni droite ni gauche, ni haut ni bas, il n'y a que des impressions visuelles. C'est avec le toucher et le sens musculaire que nous ^apprenons à interpréter l'image rétinienne. Il suffît pour cela qu'elle soit constante. Du moment que ce qui vient d'en haut est toujours en bas, sur la rétine, ce qui vient de droite toujours à gauche, l'esprit s'est accoutumé inconsciemment à associer telles impressions tactiles* à telles impressions visuelles; et c'est de la façon la plus naturelle que nous faisons cette interprétation. On acquiert de même la notion du relief et de la distance. On sait combien le temps et l'exercice sont nécessaires pour en juger exactement.

Premier g^enre d'erreurs de la ¥oe. — Voilà la première source des erreurs de la vue, elle est dans les perceptions acquises. J'aperçois-là une sphère géographique : je suis sûr qu'elle a les trois dimensions, là température et la consistance du carton, qu'elle est à une distance d'environ huit ou dix pas. La vue seule ne m'apprendrait que ceci, qu'il y a là un cercle coloré de bleu, éclairé et nuancé de telle et telle manière. Imaginons qu'un peintre habile imite à merveille toutes les apparences visuelles, on pourrait s'y tromper, et cela arrive;

A distance, nous voyons ronde une tour carrée. La. vue se trompe-t-elle ? Non, car il n'appartient pas à la vue dé nous renseigner sur la troisième dimension ; le toucher seul est juge en ces matières. Si je me prononce SUT la distance, sur la forme réelle, et si je me trompe, ce n'est pas, rigoureusement parlant, une erreur de la vue, mais une erreur d'interprétation au sujet des données de la vue. Si on accuse ce sens de beaucoup d'erreurs, c'est donc parce qu'il nous donne une multitude de perceptions acquises. Ce n'est pas la vue qui se trompe, c'est l'esprit, raisonnant sur les impressions visuelles. Il y a là, en effet, une véritable induction, un raisonnement rapide, fondé sur l'association des idées et le sou* venir.

La lumière et les eool€iWH. -«- Le Sjpeetre. •— La lumière par elle-même est blanche et paraît simple. En réalité elle est la synthèse^ des sept couleurs (nous ne parlerons pas des nuances intermédiaires] que le prisme sépare, et qui, juxtaposées* sur un écran où on les reçoit, forment le spectre solaire. Les sept couleurs ne sont pas autant de réalités distinctes : la lumière n'est à tout prendre qu'un état de conscience du sujet qui la perçoit. L'impression qu'elle produit sur nous a sans doute une cause au dehors, mais cette cause, en soi, ne ressemble en rien à notre idée de lumière. Qu'est-ce que la lumière au dehors? Un mouvement de l'éther*. lies ondes lumineuses^ diffèrent de puissance, et d'ampleur; les plus amples, reçues isolément «ur la rétine, y produisent l'impression du rouge, les secondes, celles de Torangé, ainsi de suite; les plus faibles de toutes brisées les premières par le prisme et qui tombent le plus près de lui, produisent l'impression du violet.

Les sept couleurs ne sont pas d'égale importance. Héunies toutes et mêlées par un mouvement rapide dans Tordre que le spectre nous offre, elles forment la lumière Manche'; mais on peut aussi obtenir la lumière blanche

1. On peut foire cette expérience avec un disque de carton que Toa

avec deux couienrs Beulement, oonTenabiement diràsîes;, pax exemple, le rougie et le ^ert : ces deux couleurs, départies 9ur «m carton que Ton fait lourEier hissez vite^ i»e mêlent de façon à danÂeir titès scai^lement le bkncv

Couleurs eomplémentaires. — On appelle COldeilir3 4M)oipléxnentaires d'uiire woLtre, les coaleérs dont l'ensemi)le refait le iàajoc a^c ia couleur ^en questioa. Far exemr pie, ies coul^urB c{»D|piëiBen)ta,ireB du i^uge, sont les six «mires, mais ia jsouleiir «compléiiiràtaire du rouge est le 'vm'U Nous toiiicfaoaaiS id à (une èoiscâieiitifiqae qui trouye jBum application en <estbëitique*. Le ro-i^eet le rert feaUl 4e8 inélaiigies lés plus dheannants pi»ur Tcml. Le Meu ;et le ^aune, ie Tidét et Toamugé^ en un mot les coupleurs complémentaires font ensemble un effet. agréable -«a reigard. Mais le véct et le Uétt jurent, et ^gésféi'alement les eouleurs trop rapprochées daiiKs le spectre. L'expérience et la tbéorie sont d'«ccoiMi à ce sujet.

2>aift8 la rétine, il semble q»e les âéments nerveux jM»ient de trois sortes et se trouvent en cbnque point réunis trois par trois, un de chaque sorte. En chaque -ptHnt de k rétine il y m un filet nen^eux «ensible au rouge, un au vert, un au violet, et les différentes excitations de ces trois espèces de nerfis peuvent produire, par leur combinaison et leurs dilËér»3.ts degrés, toute la '^mme des couleurs et des nuances.

Ëje P«itirtMni«)*. — M/taaaàwUé dams les jfetnsesgfUomm visuelles. — Exemi^Mi. — On appelle I)aitomsme% l'im- -^Mnssance de l'œil à dîitiagiiter k eouleur rouge.' Cette .maladie doit son n^m au physicien Dalton^ qui en était atteint. L'ceil peut aussi être insensible aux autres cou- 'feurs; il le devient monsonlanément pour toute couleur qu'il a fixée un moment d'une manière continue. C'est poiin*quoi après avoir regardé la flamme d'une bougie, si jOq porte JBon regard sur une feuille de papier blanc, on

colorie des sept couleurs placées dans cet ordre : violet^ indigo, bleti, ▼ert, janne, orangé, rouge^ et qu'on f&tt tcmmer rapidement autonr . 4'sse aigaiUe«

y Yoit une tache noire. Qu'on regarde un pain à cacheter rouge, on verra ensuite sur le blanc un cercle vert, et réciproquement. L'œil ayant épuisé sa sensibilité pour une couleur ne perçoit plus du blanc que les couleurs complémentaires.

On conçoit qu'il y a là une nouvelle source d'erreurs. Nous sommes loin d'ailleurs d'avoir épuisé les erreurs de la vue. La. perception des dimensions, même sur un plan, est toujours relative et il faut un très grand soin pour arriver à distinguer les dimensions exactes des <5bjets. Surtout si l'on passe d'un objet à un autre, toute exactitude fait défaut : le premier était-il grand, le second paraîtra plus petit qu'il ne l'est en réalité, et ainiH de suite.

Deux carrés de même dimension, l'un blanc et l'autre noir, paraissent de grandeurs différentes ; le blanc parait plus grand; cette couleur a d'ailleurs toujours la propriété d'empiéter, pour ainsi dire, sur l'espace environnant et de grossir les objets qui l'offrent au regard.

Les erreurs sur les dimensions des objets sont fréquentes encore quand leur situation habituelle vient à changer. Ainsi, nous avons l'habitude de voir le chapeau d'un homme sur sa tète, si on se représente ce même chapeau à terre, et qu'on essaie de marquer d'avance sur le mur la hauteur où il atteindra, on se trompe presque toujours de la façon la plus grossière.

Erreurs et lllnslontu dues * la réfraetion, «— Les erreurs et les illusions dues à la réfraction sont encore très connues et très fréquentes. Si on tire un poisson dans Teau, les chasseurs savent bien qu'il faut, pour l'atteindre, tirer plus bas qu'on ne le voit. Qu'au fond d'un vase opaque* on fixe une pièce de monnaie; on ne l'aperçoit pas d'une certaine distance, mais si l'on verse de Teau dans le vase, la pièce parait monter. De même, un bftton plongé dans l'eau parait brisé. Ces apparences visuelles sont ce qu'elles doivent être, étant données les lois de la physique; mais l'esprit non averti ne peut

manquer d'en être dupe. On voit par là une fois de plus combien il y a lieu do faire Tëdùcation de la vue.

lie erlstallfn et ses défonuAtloss. — IHyople et presbytie. — Képler\ — Le cristallin qui se bombe ou s'applatit plus que de raison fait la myopie ou la presbytie. Ilesty déplus, formé de petits segments qui peuvent, dans certaines maladies, se disjoindre et former des facettes. Képler% dit-on, atteint de ce mal, voyait douze lunes. Il est à supposer que les insectes qui ont les yeux à facettes voient le monde d'une façon bien diffé^ rente de nous.

vision direete et ▼Ision Indlreele. — Taehe Janiie et point nvenirle. — Si nous fixons notre regard sur un point déterminé, non seulement nous percevons ce point très distinctement, mais nous avons encore le sentiment plus ou moins net des objets qui l'environnent : c'est la vision indirecte.

Il existe au fond de l'œil un point, où les cônes et les bâtonnets formant la substance de la rétine sont très Tapprochés, c'est là que tous les rayons directs viennent convei^er et qu'a lieu la vision la plus nette : ce point ^st appelé la tache jaune. Par contre, à l'endroit où le nerf optique entre dans le globe de l'œil, il y a insensibilité à la lumière, c'est le point aveugle. Aussi lorsqu'on regarde d'un seul œil, y a-t-il toujours une partie du champ de la vision indirecte qu'on ne voit absolument pas, c'est celle qui vient frapper la rétine sur le point aveugle.

Coneinslon théorique t ee qne nous eonnalssons de la matière par les sens. — Par les perceptions primitives, les perceptions acquises et le concours de toud nos sens, nous ne saisissons toujours que les qualités de la matière, c'est-à-dire les impressions qu'elle fait sur nous. De la matière elle-même nous ne savons que ceci, c'est qu'elle existe ; mais ce qu'elle est en elle-même, les sens ne nous l'apprennent pas. Selon la science, c'est un je ne sais quoi ayant pour attributs essentiels l'étendue, et le mouvement. Mais c'est une question de meta-

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