ACTION UKCIPROQUE DU PHYSIQUE ET DU MORAL
en est de durables qui s'impriment dans les organes et deviennent des habitudes. Ainsi Tâme, la personne morale, modifie son propre corps et s'exprime en lui par la physionomie, l'attitude, d'une manière permanente.
IV. La nature humaine. — Jetons maintenant un coup d*œil sur l'ensemble de la nature humaine, après en avoir successivement étudié 'les différentes puissances.
L'homme nous est tout d'abord apparu comme double, à la fois âme et corps, et l'analyse scientifique ne fait qu'approfondir et confirmer cette donnée de l'observation naturelle et du sens commun. D'une part l'homme est un corps et comme tel il est soumis aux lois de la matière universelle. De sa naissance à sa mort il subit toutes les influences du milieu physique dans lequel il est enveloppé, où il puise les éléments de sa substance corporelle. Comme tous les autres animaux, il ne peut vivre, il ne peut croître que sous certaines conditions physiques, dont les progrès de la physiologie et de la médecine nous découvrent de jour en jour le détail. D'autre part, il est aussi une âme, c'est-à-dire une conscience, ou comme disait Descartes, une pensée, qui s'aperçoit elle-même et dans laquelle il semble que vienne se refléter la nature entière.
De quelque nom qu'on l'exprime et de quelque façon qu'on l'explique, cette dualité de la nature humaine est manifeste et fondamentale. C'est ignorer également l'homme que de ne voir en lui avec le matérialisme qu'un corps purement matériel et avec l'idéahsme qu'une âme purement spirituelle.
Mais cette dualité de l'être humain se redouble en quelque sorte elle-même dans chacune des parties, corps et âme, qui le composent.
De même que Ton peut distinguer dans le corps une partie plus voisine de l'àme, où la matière, transformée en siège immédiat et en instrument nécessaire de l'esprit, paraît se spirituahser, à savoir le système nerveux et le cerveau, réceptacle de forces subtiles et inconnues, dont nous commençons à peine à entrevoir les mystérieuses propriétés, de même l'âme contient une région inférieure, où elle ne fait qu'un pour ainsi dire avec le corps, divisée et comme éparse dans la multiplicité des sensations et des instincts, et une région supérieure, où elle se recueille et se ressaisit dans l'unité de l'intelligence et de la volonté.
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386 PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE A L*ÉDUCATI0N
La région inférieure est celle de l'automatisme psychologique, la région supérieure est celle de la personnalité ^norale.
X'homme, a dit de Bonald, est une intelligence servie par des organes. On pourrait modifier ainsi, d'après la science contemporaine, cette célèbre formule : Vhomme est une personne servie et trop souvent asservie par un automate.
Cette vue synthétique de la nature humaine domine toute la psychologie et toute la morale.
Le but suprême de l'éducation, c'est de dévèlopper harmonieusement notre être tout entier, non en sacrifiant, mais en subordonnant les facultés inférieures aux supérieures, de telle sorte que la vie du corps serve de base et de moyen à la vie de l'âme, et que dans l'âme même, la perfection des sens et de l'intelligence prépare et assure la perfection de l'activité morale.
Pareillement, le but suprême de la morale, c'est d'élever graduellement l'homme au-dessus de la condition de l'animal, dont il part, jusqu'à la dignité de la personne, c'est de faire apparaître et s'épanouir en lui toutes ces nobles facultés : conscience, raù son, amour, liberté, qui font seules le prix de la vie.
LECTURES
P. Janet. Le cerveau et la pensée et Le matérialisme contemporain. — E. Boi- RAC. Cours élémentaine de philosophie, p. 473, 485. — H. Marion. Leçons de psychologie appliquée à l'éducation, et 46* leçons. — Edmond Pekriek. Les colonies animales, p. 783-5. — Channing. Œuvres sociales, trad. Edouard Laboulaye. De l'élévation des clejsses ouvrières.
SUJETS A TRAITER
4. En quoi consiste la question des rapports du physique et du moral, et en tirer des conclusions pratiques,
2. Montrer la distinction du physique et du moral dans les diverses branches de l'activité humaine.
3. Exposer les points essentiels de la thèse matérialiste et des arguments qu'on y oppose.
4. L'esclave et l'homme libre; l'idée du droit et de la personnalité humaine; conséquences pédagogiques.