‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 106 sur 133 · ACTION RÉCIPROQUE DU PHYSIQUE ET DU MORAL — LA NATURE HUMAINS · texte numérisé non relu

ACTION RÉCIPROQUE DU PHYSIQUE ET DU MORAL — LA NATURE HUMAINS

I. Le physique et le moral. — Les facultés intellectuelles et morales .sont étroitement liées à la vie de l'organisme. En d'autres termes, il existe une étroite union du physique et da moral. «Tout ce que l'ambition ou quelque autre passion fait accomplir à Fâme se trouve, dit Leibnitz, représentée dans son corps, et réciproquement, selon le même philosophe, Tâme est comme un miroir représentatif :de l'univers selon le poini .de vu& particulier du corps où elle réside. »

Il y a donc lieu de considérer tour à tour: l^Tinfluence du physique sur le moral ; l'influence du moral sur le physique.

II. Influence du physique sur le moral. — £n premier lieu, l'existence d'un corps organisé et vivant est la condition générale de la conscience. L'expérience ne nous a jamais montré positivement d'esprit pur séparé de tout organisme. Dans l'homme, la condition immédiate delà conscience semble être le système nerveux et principalement le cerveau : aucune impression venue soit des organes, soit à plus forte raison du monde extérieur, ne peut déterminer une modification dans la conscience, sans modifier au préalable le système nerveux et le cerveau.

En second lieu, certaines parties du système nerveux et du cerveau sont les conditions spéciales de certaines formes de la conscience. Si les localisations hypothétiques des phrénologistes (Gall et Spurzheim) n'ont pas été confirmées par les découvertes de la science, il n'est pas douteux cependant que certaines facultés ou opérations mentales dépendent plus particulièrement de certains centres cérébraux. Ainsi les sensations et les actions instinctives ou habituelles paraissent dépendre des ganglions inférieurs (moelle allongée, cervelet, corps striés, lobes optiques, tubercules quadrijumeaux) et les facultés intellectuelles des par-

lies supérieures de l'encéphale (hémisphères cérébraux). En particulier la faculté du langage a été localisée par Broca dans la troisième circonvolution frontale gauche du cerveau.

Il s ensuit que toute modification dans la structure et le fonctionnement des nerfs et du cerveau est suivie d'une modification correspondante dans la conscience, et ainsi peuvent s'expliquer l'imbécillité, la folie, les hallucinations, le sommeil, etc. De plus toutes les actions exercées sur les nerfs et le cerveau par le corps ou par le monde extérieur au travers du corps influent plus ou moins profondément sur la conscience, et ainsi s'expliquent l'influence des sexes et de l'âge, celle du tempérament, de la santé et de la maladie, de l'alimentation, du climat, etc.

III. Influence du moral sur le physique. — Cette influence est tantôt involontaire, tantôt volontaire.

Les deux facultés qui exercent sur le physique la plus puissante influence après la volonté sont la sensibilité et l'imagination.

Tout plaisir, toute douleur, toute émotion en général modifie plus ou moins fortement l'organisme, dont elle excite ou paralyse toutes les fonctions ; ce trouble peut être assez grand pour suspendre ou môme pour détruire la vie. On a vu des gens mourir de joie, de peur, de surprise, etc.

D'autre part, toute image qui occupe fortement la conscience tend à se réaliser dans la mesure où cette réalisation est rendue possible par l'état des oiganes. Si l'on imagine avec force le mouvement d'un pendule qu'on tient entre ses doigts, ce pendule ne tarde pas à se mettre, comme de lui-même, en mouvement: c'est la célèbre expérience de Chevreul. On a essayé d'expliquer par ce principe le mouvement de tables tournantes. De même il suffit d'imaginer avec force une sensation pour la ressentir. Ce pouvoir de l'imagination devient en quelque sorte sans limite dans certains états du système nerveux, tels que l'hystérie et l'hypnotisme.

La volonté exerce surtout son action sur les muscles par l'intermédiaire de nerfs moteurs : action excitatrice ou inhibitrice, selon qu'elle excite ou empêche un mouvement. Elle influe aussi sur le cerveau par l'intermédiaire de l'attention en appelant ou chassant les souvenirs, et même en avivant ou amortissant les sensations, car sensations et souvenirs dépendent eux-mêmes de conditions cérébrales.

Parmi ces modifications, tant involontaires que volontaires, il

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