‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 22 sur 133 · UNITÉ DE LA NATURE HUMAINE · texte numérisé non relu

UNITÉ DE LA NATURE HUMAINE

I. La classification des faits de conscience. — Les faits qui se succèdent dans notre conscience, souvent avec une extrême rapidité ; sont évidemment très divers, et nous devons tout d'abord essayer de les ramener à un certain nombre d'espèces principales, en d'autres termes de les classer.

On s'accorde généralement à les répartir en trois classes :

1® Faits de sensibilité : sensations, sentiments ou émotions, passions, inclinations, etc.

2* Faits d'intelligence : perceptions, souvenirs, jugements, raisonnements, etc.

3" Faits d'activité : instincts, habitudes, actes volontaires.

Les faits de sensibilité ont tous ce caractère commun d'être à quelque degré agréables ou pénibles ; en d'autres termes, ils se rapportent tous à deux phénomènes types qui sont le plaisir et la douleur. Ce sont les différentes manières dont l'être humain est affecté par les objets avec lesquels il se trouve en rapport; aussi ces faits sont-ils appelés affectifs.

Les faits d'intelligence consistent tous dans la représentation plus ou moins claire, plus ou moins distincte de quelque objet dans le sein même de la conscience. Aussi leur donne-t-on souvent le nom de représentatifs. Le phénomène type auquel ils se rapportent est la connaissance.

Les faits d'activité impliquent tous des mouvements ou changements produits soit dans le corps, soit dans le monde extérieur comme suite et effet des états intérieurs de la conscience. La volonté en est l'exemple le plus parfait.

Si l'on considère ces trois classes de fait comme ayant leur source dans l'unité de l'être humain, on est conduit à attribuer à cet être un triple pouvoir, une triple faculté, et c'est ainsi que Ton

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distingue trois puissances ou facultés psychologiques qu'on nomme : sensibilité, intelligence et activité.

II. Unité de la nature humaine, r— Toutefois on ne doit jamais perdre de vue, en distinguant ainsi diverses facultés, qu'il n'y a pas en nous plusieurs êtres différents et séparés, dont Tun sentirait, l'autre penserait, le troisième agirait, mais un seul et même être qui tout à la fois sent, pense et agit. C'est ce qui faisait dire à Bossuet : « Nos diverses facultés ne sont qu'une seule et même âme qui reçoit différents noms à cause de la diversité de ses opérations. »

Aussi, loin d'être distinctes et séparées, la sensibilité, l'intelligence et l'activité sont au contraire solidaires ou mutuellement dépendantes, en ce sens qu'elles ne peuvent ni exister, ni agir, ni se développer isolément, et le véritable but de l'éducation est de les développer toutes d'une façon harmonieuse, en les subordonnant sans doute les unes aux autres, selon leur importance respective, mais cependant, sans en négliger ni en sacrifier aucune.

On peut d'ailleurs les ramener à l'unité, en remarquant que Vaclivilé, dans le sens plus général du mot, est leur lond commun essentiel, car penser et sentir, c'est aussi agir, non il est vrai au dehors, mais au dedans, à l'intérieur même de la conscience. Il n'existe donc qu'une seule activité qui en se développant revêt trois formes étroitement liées entre elles et se continuant pour ainsi dire les unes les autres :

1** L'activité physique, où la vie psychologique est encore voisine de la vie physiologique et qui est commune à l'homme et à l'animal : instincts et habitudes, avec les sensations qui en sont inséparables.

2^ L'activité intellectuelle qui a sa racine dans la précédente, dont elle s'éloigne et se sépare graduellement : perception, imagination, mémoire, raisonnement, etc.

3* L'activité morale qui, elle aussi, plonge ses racines dans l'activité physique, mais qui a besoin pour s'épanouir de traverser en quelque sorte le milieu de l'activité intellectuelle, et qui se développe tout à la fois, d'un côté par la sensibilité morale, par ce qu'on appelle vulgairement le cœur et qui comprend les émotions, les passions, les inclinations de l'homme, de l'autre par la volonté, ou ce qu'on appelle au sens étroit du mot : le caractère.

A ces trois formes de la vie humaine, correspondent les trois

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