CHAPITRE XVI
LA PERCEPTION EXTÉBIEUBB
I. Définition de la perception extérieure. — La perception eooté- Heure^ c*es1>-à-dire la connaissance du inonde extérieur, s'acquiert par le concours de Tintelligence et des sens.
Il semble tout d'abord que les sens suffisent seuls à nous la donner. Est-il besoin d'autre chose que de voir, de toucher, d'entendre, etc., pour savoir qu'il y a des objets et quels objets sont autour de nous ? Mais, comme nous le verrons, c'est là une illusion produite par l'habitude. Les opérations intellectuelles se sont si étroitement unies aux opérations des sens qu'elles en sont devenues inséparables, et qu'à moins d'une analyse très délicate il est tout à fait impossible de les en distinguer.
Cette analyse, nous allons cependant essayer de la faire ici.
II. Les sens. — Les sens, par leur réunion, constituent la sensibilité physique dont chacun d'eux représente une forme particulière. La sensibilité physique est la faculté que possède l'âme d'être modifiée, affectée ou impressionnée (on prend ici <^es mots dans leur sens le plus général, en dehors de toute acception technique) par les objets extérieinrs.
Tout phénomène de sensibilité physique s'appelle une sensation. La sensation peut donc se définir une modification de l'âme produite par l'aotion de quelque objet extérieur. Par exemple, si on enfonce une aiguille dans ma peau (phénomène physique ou action del'objet extérieur), j'éprouverai, dans ma conscience une modification plus ou moins vive et désagréable qui sera précisément une sensation, la sensation de piqûre (phénomène psychologique ou modification de l'âme consécutive au phénomène précédent).
On s'imagine généralement avoir des notions très claires et très précises sur les sens et les sensations, et c'est là une erreui profonde. Les idées qu'on se fait habituellement sur ce sujet sont très confuses et presque entièrement erronées. Il faut donc s'en