‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 55 sur 133 · LA PERCEPTION EXTÉRIEURS 17S V · texte numérisé non relu

LA PERCEPTION EXTÉRIEURS 17S V

défier absolument tant qu*on ne les aura pas contrôlées et rocii« fiées par une sérieuse analyse de la perception extérieure.

Ainsi on confond le plus souvent les sens et les organes des sens, l'œil et la vue, Toreille et Foule, la main ou la peau avec le tou« cher, etc.

L'organe d'un sens est matériel et fait partie du corps; le sens est immatériel et appartient à l'âme. On pourrait le définir la faculté que possède Fâme d'éprouver un certain ordre de senaa* lions, chaque fois que le monde extérieur agit sur un certain oi^ane particulier, lequel est précisément Torgane de ce sens. La vue, c'est l'âme capable de voir en raison de ce qui se passe dans les yeux; l'ouïe, l'âme capable d'entendre, en raison de ce qui se passe dans les oreilles, et ainsi de tous les autres sens.

lU. Analyse de la sensation. — Soit donc une sensation, par exemple la sensation de piqûre produite par l'introduction d'une aiguille dans la peau. Si nous l'analysons un peu complètement» nous voyons que le mot sensation recouvre en réalité un assez grand nombre de phénomènes qui se produisent tous, il est vrai, à la suite les uns des autres ou même simultanément, mais qui n'en sont pas moins de nature et d'origine très différentes* On peut en distinguer trois principaux :

V impression. — D'abord un phénomène, physique et pbysio» logique à la fois, qui se produit au contact de l'objet ou de l'agent extérieur ei d*une certaine partie de notre oi^anisme^ pbéoonû^ne auquel on a souvent donné, mais dans un sens tout k ùûi spécial et pour ainsi dire technique, le nom d'impression. En ce sens, limpiession, quelquefois aussi dite excUatUm^ est un état de nos organes ei non un état de notre conscieiiee : ee n'ei>t à aucun degré un {AéDomèoe psychologique. Si Ton veut essayer de s'en faire une idée par analogie, c'est dans les phéaomèn/^ ^diés par la mécanique, la physique ou la cLimie qu il faut lui chercher des analogies. Par exemple ce qui se pas^ dans i'oreîLle quduud elle ^ frappée par on son, ressemble sans doute aux ph€iaoxuèx»es Tibnioîies qui se produisent dans un taiiibour ou dans une corde de Tîok»; ce qui se passe dauis l'œil qu^d il est frappé par la Inonère resmonbJe auz phénomène qui se passent dans. une ciiambie Boâre ei sur une plaque piiotograpiuqut recouverte de gébtiao- LiMMie , etc. Dans 1 impression même ou p^ut disli&giierlEi» pflBfflies ou trois moments qu'on a queiquelois appelés UDpRSGioai ijertoatLi^ut, imprebsion %çr%>^M^, imprebbion i^r^'jralt.

Ainsi, dans l'exemple de Taiguille, la lésion de la peau études fibres musculaires traversées par la pointe constitue l'impression organique; le courant qui traverse les nerfs depuis leur bout périphérique excité par la lésion jusqu'à leur bout central est l'impression nerveuse; enfin la modification encore à peu près inconnue qui se produit dans les centres du cerveau où ce bout central vient se terminer est l'impression cérébrale; les trois phénomènes ne sont en somme qu'un seul et même mouvement qui se continue à travers trois milieux plus ou moins différents.

2** La sensation, — Ce que nous éprouvons ou ressentons, ce qui surgît ou apparaît dans notre conscience chaque fois qu'une impression se produit dans nos organes, nos nerfs et notre cerveau, c'est justement la sensalîow, sensations de chaud, de froid, de chatouillement, de piqûre, de coupure, etc., pour le toucher ; sensations de doux, d'amer, d'acide, etc., pour le goût; sensations d'odeurs agréables et désagréables pour l'odorat; sensations de lumière, d'obscurité, de rouge, de bleu, de jaune, etc., pour la vue; sensations de bruit et de son musical pour l'ouïe, etc.

Remarquons que dahs la langue populaire ou littéraire, qui ne se pique pas de précision, on emploie très souvent le mot d'impression pour désigner précisément ce que nous appelons ici sensation. Par exemple, on dira couramment : j'ai ressenti une impression de froid (traduisez une sensation). Un critique parlera des impressions musicales ou pittoresques qu'il aura ressenties (ici encore, traduisez impressions par sensations). Quant à l'impression proprement dite, dont nous parlions tout à l'heure, c'est un phénomène trop profondément caché dans l'^organisme (abstraction faite de la partie organique) pour qu'elle soit connue en dehors de savants de profession et par conséquent pour que la langue populaire et littéraire ait éprouvé le besoin de lui donner un nom. Ou plutôt, par un singulier renversement de rôle, c'est elle qui est souvent aussi appelée sensation. Ainsi on verra dans plus d'un traité de physiologie la sensation définie comme étant une modification des organes sensoriels produite par quelque agent ou objet extérieur.

Dans la sensation même, on peut, avec tous les psychologues, distinguer deux aspects, qui y sont inséparablement unis et confondus, l'aspect a/7"ec^z/ et l'aspect re/^résen/a^i/. D'une part, toute sensation est ou peut être agréable ou pénible à quelque degré; cette forme, cet élément de plaisir ou de peine (qu'on l'appelle

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