‹ Leçons de psychologie appliquée à PéducationChapitre 9 sur 133 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

OBJET DK LA PSYGHOLOGIK

I. L*flme et le corps. — Il n'est pas nécessaire d'être philosophe ou savant pour distinguer dans Thomme, d'une part cette masse < de matière organisée et vivante qui s'appelle le corps, et d'autre part l'individualité sentante et intelligente qui se sert du corps comme d'un instrument et à laquelle on donne généralement le nom à' âme. Cette distinction, presque au§si -vieille que l'humanité, est, pour ainsi dire, de sens commun.

Dans quelle mesure Pâme et le corps sont-ils distincts et peuvent-ils exister l'un sans l'autre ? Question de haute philosophie, très diilicile à résoudre, puisqu'elle est encore discutée ; mais quelque solution qu'on en veuille donner, il restera toujours vrai que rhomme peut et doit être envisagé sous deux aspects différents, tantôt comme un objet physique susceptible d'être vu, touché, pcsé^ etc., à la façon de tous les autres objets de la nature, tantôt comme une personne morale qui, comme telle, n'est accessible à aucun de nos sens, mais qui se connaît directement ellemême dans l'acte de sfi propre pensée, selon la célèbre formule de Descartes : Je pense, donc je suis.

II. La physiologie et la psychologie. — La science qui étudie rhomme dans son organisme matériel est la physiologie, science des fonctions du corps humain ; et l'on donne par conséquent le nom de phénomènes physiologiques aux phénomènes par lesquels ces fonctions s'accomplissent, tels que la respiration, la circulation, la nutrition, etc.

P87CH. APPL. A l'ÉDUG. i

La science qui étudie l'homme dans sa personnalité morale est la psychologie, science des états, des opérations et des facultés de l'âme humaine ; d'où le nom de phénomènes psychologiques donné aux phénomènes qui se produisent dans l'âme, tels que l'émotion, le souvenir, le jugement, le raisonnement, etc.

Essayons de définir et d'approfondir cette distinction.

III. Première raison de distinguer les faits psychologiques des faits physiologiques. — Tout d'abord ces deux ordres de faits ne nous sont pas connus de la même manière.

V* La connaissance des faits physiologiques, — Gomment pouvons-nous savoir ce qui se passe dans l'intérieur des organes ? Nul autre moyen d'y parvenir que l'observation des sens. Il s'agit d'arriver en somme à voir, à entendre, à toucher, en un mot à percevoir, d'une façon sensible, les. différents phénomènes qui composent la vie de notre corps.

Il est vrai que ces phénomènes sont en général très difficiles à observer, parce que la plupart d'entre eux et les plus intéressants se produisent à l'intérieur de l'organisme et échappent ainsi à nos regards. Il semble que la nature se soit attachée à les soustraire à notre curiosité. Nous n'en voyons que les effets les plus lointains et les plus superficiels. Aussi les savants ont-ils dû s'ingénier pour arriver à les soumettre à leur étude.

Gomme tous ces faits ne sont évidemment que les états de nos différents organes, on a tout d'abord essayé de s'en faire une idée en examinant ces organes mêmes. Ainsi, ne pouvant voir directement ce qui se passe dans l'estomac, les poumons, le cœur, le cerveau, etc., d'un homme vivant, on dissèque tous ces organes dans le cadavre et on arrive ainsi à se faire une idée plus ou moins exacte de la façon dont ils fonctionnent pendant la vie.

Toutefois il n'est pas absolument impossible de les prendre en quelque sorte sur le vif. Il suffit pour cela d'utiliser certaines circonstances favorables offertes par la nature ou le hasard. Ainsi par la percussion et l'auscultation on se rend compte du jeu des poumons ; le toucher peut renseigner sur l'état de la circulation sanguine. Un médecin profita de la fistule d'un jeune canadien pour observer au travers d'un verre de montre les contractions et les sécrétions de l'estomac. De même on a pu, dans certains cas de fracture de la boîte crânienne, observer les mouvements du cerveau chez un homme vivant, pendant la veille et le sommeil.

Page 1