‹ Leçons de rhétorique et de belles-lettres (volume 2)Chapitre 28 sur 52 · Tome II j page · texte numérisé non relu

Tome II j page

« Les critiques ont fait du parallèle entre Gicé" ron et Démosthenes un sujet de nombreuses discussions. »

Les critiques de toutes les nations, et dans tous les temps , ont aimé à comparer ces deux grands orateurs ; et, suivant leur goût pour l'éloquence mâle , vigoureuse et concise , ou pour l'éloquence douce , gracieuse , insinuante , ils ont donné la

préférence tantôt à Démosthènes, tantôt à Cicéron; mais tout en avouant cette préférence, ils n'ont pu s'empêcher de payer à celui des deux qui n'en était pas l'objet un juste tribut d'admiration. Blair remarque que les Français paraissent goûter davantage Cicérbn ; et en effet nos hommes de lettres les plus distingués, si l'on en excepte Fénelon , ont fait pencher la balance de son côté. Voltaire dit que les lumières que nous aidons ac^ quises nous ont appris à ne lui comparer aucun des hommes qui se sont mêlés du gouvernement^ ou qui ont prétendu à l'éloquence,

La Harpe partage l'opinion de Voltaire ; il la motive en homme judicieux, en critique profond, (c Je crois, dit-il, qu'il serait difficile de réduire en « démonstration la préférence qu'on peut donner (c à l'orateur de Rome ou à celui d'Athènes. C'est « ici que le goût raisonné n'a plus de mesure (( bien certaine, et qu'il faut s'en rapporter au « goût senti. Quand le talent est dans un si haut H degré de part et d'autre, on ne peut plus dé- H cider, on ne peut que choisir : car enfin chai< cun peut suivre son penchant , pourvu qu'il ne (( le donne pas pour règle; et loin de mettre, i( comme on fait trop souvent, la moindre humeur « dans ces sortes de discussions, il faut seulew ment se réjouir qu'il y ait dans tous les arts des (( hommes assez supérieurs pour qu'on ne puisse « pas s'accorder sur le droit de primauté. Et qu'im- « porte, en effet, qui soit le premier, pourvu qu'il (C faille encore admirer le second? Je les admire

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