‹ Leçons de rhétorique et de belles-lettres (volume 2)Chapitre 36 sur 52 · Tome III f pages 86 et lifi · texte numérisé non relu

Tome III f pages 86 et lifi

Blaih, d'après la définition qu'il donne de l'épopée, et d'après Fidée qu'il s'était formée de la poésie , ne devait pas hésiter à ranger le Télémaque de Fénelon dans la classe des poèmes épiques. Cette manière de voir a été mille fois combattue et soutenue en France, et la victoire parait être restée aux adversaires de Blair, à ceux qui se sont rangés du côté de l'auteur de la Henriade ^ qui s'exprime ainsi à ce sujet : c< On confond toutes les idées, on transpose les limites des arts quand on donne le nom de poèmes à la prose. Le Télémaque est un roman moral, écrit, à la vérité, dans le style dont on aurait dû se servir pour traduire Homère en prose J mais l'illustre auteur du Télémaque avait trop de goût, était trop savant et trop juste pour appeler son roman du nom de poème. J'ose dire plus, c'est que si cet ouvrage était écrit en vers français, je dis même en beaux vers, il deviendrait un poème ennuyeux, par la raison qu'il est plein de détails que nous ne souffrons point dans notre poésie , et que de longs discoure j^olitiques et économiques ne plairaient assurément pas en vers français. Quiconque con-

DES LITTÉRATMR3 FRANÇAIS. ag^

naitra Jb^enlç goût: dçiiK^t.i^ uatioa sentica qufi| serait ridicule d^exprimor e^ yjÊtfS : (^iMfmt\4iif{ tinguepdesixitoyens en sejj^jdusses ^ habitlenild p/Vh mière de blanû awc une frange, d^opy lui.idonhet^ unatinçau et une médailie^ habiller la sBmnde^^de bieu ai^ee un anneau ^ et point de médiiH^; Si» trùèsiëme^ ^ de vert avec une médaille , sans anneau eO sans Jkcmgé^ etc.; et enfin dormeif oè^t eiscime% des habits gpiÉ^bmifè..... » '

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Ttmfèe III j page i54.

Nous crayotts deP^oip transcrirey ici le jugement de Voltaire sur Mil ton : p<>uirrait<*onlirè'sanB itité-r rèt les pkgei que; l'auieur de la Hèuriade a consacrées à ce grand poète? ^ ,ïi.

<c On trouvera ic}^ iouchiant Milt6é>. ^uelq^OBS particularités Soumises daii» l'abrég^ de Isa Vie, .i|tii est au-devant de la tradw^tion française de soft Paradis perdu. Il n'est pasétOAûantqu'ayaiit rerf cherché avec soin en Angleterre tout *ce qui nerr gai^de ce grand homnrà >; j'aie découvert des cireon^ stànùesdesa vie quèie {^abtiojgnore. . -

u Milton 9 voyageant ea Italie dans sa jeunesse> vît reprë^nter à Milan uiie comédie intitulée Adam o& IcfÉPéché originel j éciite par; un oertain Andi^eino/et dédiée à Mi^rie de MédicU^ -redne.de FrariCie.Lo sujet de 'cette «comédie était la dhute dci l^hofûfbéL Lcfs koteoff ^Etaient Dieu 1^ péye^, les

ti^ OPINIONS

Diables > lés Anges^ Adam^-Ève^ le Serpent^ la Mort *et les sept Péchés mortels. Ce sujet > digne du génie absurde du théâtre de ce temps -^là^ était écrit d'une manière qui répondait au dessein;

a La scène s'ouvre par un ch<Bur d'Anges , et Mi*^ chel parle ainsi au nom de ses confrère» : « Que cr l'arc -en -ciel soit l'archet du violon du firmafr ment; que les sept planètes soient le^. sept notes ic de notre musique; que le temps- batte exacte- K ment la mesure ; que les vents jouent l'orcf gue, etc. M Toute la pièce estxians ce goût : j'avertis seulement les Français , qui en riront^ que notre théâtre ne valait guék*e mieux alors; que la Mort de saint Jean -Baptiste et cent autres pièces sont écrites dans ce stylée ;, mais,que.QOua^)]:^!f^vvi()ns si rPàslor fido./ ni Aminte.: .• :. .;, - f;;!. J ' crMihoh^ qui assista à cette représei^îatipn ^^ découvrit, à travers l'absurdité de l'ouvrage, la sublimité ea^cfaée du sujet. Il y ^a souvenir, :dans des jbNDses où4oût parait ridicule aU vulgaire ^^ M^^ coin de grandeur qui ne se fait apercevoir qu'aux hommes de génie, (c Les. sept Péchés mortels- dansant tf avec le Diable )» sont assurément le x^mbie de l'extravagance et de là sottise ç. mois /cj'univers fr rendu malheureux par la faiblesse d'unihomme, u les bontés et les vengeances 4u Créateiur, la u source de nos malheurs et de nos crimes, » sont des objets iHgnes du pinceâii le plus liar^i» Il y a surtout (Aba' ce sujet je ne sais qu^le horreur ténébreuse,^ un sublime sombre et tris^.qui ne convient pas mal à rimfagîaatiou aiigl9is?AMilton

conçut lé dessein de faire une tragédie de la farce d'Andreino; il en composa même un acte et demi. Ce fait m'a été assuré par des gens de lettres qui le tenaient de sa fille, laquelle est morte lorsque j'étais à Londres.

i< La tragédie de Milton commençait par ce mo- Tlolôguè de Satan 9 qu'on voit dans le quatrième ckatit de son poème épique; c'est lorsque cet esprit <le révolte y s'écfaappant du fond des enfers, découvre le Soleil qui sortait des miains du Créateur;

. {Toi ^ sur qui mon. tyran prodigue ses bienfaits, '^Spjeil, astre de feu, Jour heureux que je hais, .Jour qui fais mon supplice, et dont mes yeux s^ëtonnent , Toi qui semblés le Dieu des cieux qui t'environnent, Derant qui tout éclat disparait et s^enfuit , Qui fais pâlir le front de& astres de la nuit; Image du Très-Haut, qui régla ta carrière, Hélas-! j^eusse autrefois éclipsé ta lumière. Sur la voàte des cieux élevé plus que toi , Le trune où tu t'assieds s'abaissait devant moi ; Je suis tombé , l'orgueil m*a plongé dans l'abîme.

u Dans le temps qu'il travaillait à cette tragédie^ la sphère de ses idées s'élargissait à mesure qu'il pensait. Son plan devint immense sous sa plume; et enfin, au lieu d'une tragédie qui, après tôul;^ n'eût été que bizarre et non intéressante , il ima^ gina un poème épique , espèce d'ouvrage dans lequel les hommes sont convenus d'approuver souvent le bizaYre sous le nom de merveilleux.

« Les guerres civiles d'Angleterre ôtèrent ^long-

temps à MiUoD le loisir nécessaire pour Ve;séoution d'an si grand dessein. Il était né aivec une passion extrême pour^ la liberté ; ce sentiment Tempècha toujours de prendre parti pour aucune des sectes qui avaient la fureur de dominer dan» sa patrie. Il ne voulut fléchir sous le joug d'aucune opinion humaine^ et il n'y eut point d'Église qui pût se vanter de compter M ilton pour un de ses membres. Mais il ne garda point cette neutra* lité dans les guerres civiles du roi et du parle-^ ment. Il fut un des plus ardens ennemis de l'infortuné roi Charles P". Il entra même assez avant dans la faveur de Cromwell, et, par une fatalitét{ui n'est que trop commune, ce zélé républicain fut le serviteur d'un tyran. Il fut secrétaire d'Olivier Cromwell, de Richard Cromwell, et du parlement, qui dura jusqu'au temps de la restauration^ Les Anglais employèrent sa plume pour justifier la mort de leur roi, et pour répondre au livre que Charles 11 avait fait écrire par Saumaise au sujet de cet événement tragique. Jamais cause ne fut plus belle et ne fut si mal plaidée de part et d'autre. Saumaise défendit en pédant le parti du roi mort sur l'échafaud, d'une famille errante dans l'Europe , et de tous les rois mêmes de l'Europe intéressés dans cette querelle.. Milton soutint, en mauvais déclamateur, la cause d'un peuple victorieux, qui SQ vantait d'avoir jugé son prince selon les lois. La mémoire de cette révolution étrange ne périra jamais chez les hommes , et les livres de Saumaise et dci Milton ^nt. déjà ensevelis dans

l'oubli. Milton/qùe léé Angliiid l^egardent aujourd'hui comiâ^e un poète •ditiiî^ était un très -mauvais écrivain en prose.

cr II avait cinquante-deux Btis lorsque la famille royale fut rétablie. Il fut compris dans l'amnistie que Charles ii donna atix ennemis de son père; mais il fut déclaré ^ par Tacte même de l'amnistie^ incapable de posséder aucune charge dails le royaume. Ce fut alors qu'il commença son poème épique à l'âge où Virgile avait fini le sien. A peine avaît-il mis la main à cet ouvrage, qu'il fut privé de là vue. Il se trouva pauvre, abandonné et aveugle, et ne fut point découragé. Il employa neuf années à composer le Paradis perdu. Il avait alors très- peu de réputation; les beaux esprits de la' cour de Charles ii, ou ne le connaissaient pas, bu n'avaient pour lui nulle estime. Il n'est pas étonnant qu'un ancien secrétaire de Cromwell, vieilli dans la retraite, aveugle et sans bien, fût ignoré ou méprisé dans une cour qui avait fait succéder à l'austérité du gouvernement protecteur toute la galanterie de la cour de Louis xiv, et dans laquelle on ne goûtait que les poésies efféminées, la mollesse de Waller, les satires du comte de Rochester, et l'esprit de Cowley.

« Une preuve indubitable qu'il avait très-peu de réputation, c'est qu'il eut beaucoup de peine à trouver un libraire qui voulût imprimer son Paradis perdu. Le titre seul révoltait, et tout ce qui avait quelque rapport à la religion était a lois hors de mode. Enfin , Thompson lui donna treiïte

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pistoles de cet ouvrage, qui a valu depufe plu^ de cent mille écus aiu^ héritiers de ce Thompson. Encore ce libraire avait - il si peur de faire un mauvais marché , qu'il stipula que la moitié de ces trente pistoles ne serait payable qu'en cas qu'on fît une seconde édition da poème; édilion que Milton n'eut jamais la consolation de voir» Il resta pauvre et sans gloire : son nom doit augmenter la liste des grands génies persécutés de la fortune.

cf Le Paradis perdu fut donc négligé à Londres, et Milton mourut sans se douter qu'il aurait un jour de la réputation. Ce fut le lord Sommers> et le docteur Atterbury, depuis évéque de RochesteK, qui voulurent enfin que l'Angleterre eut un poème épique. Ils engagèrent les héritiers de Thompson à faire une belle édition du Paradis perdu. Leur suffrage en entraîna plusieurs. Depuis, le célèbre Addison écrivit en forme pour prouver que ce poème égalait ceux de Virgile et d'Homère : les Anglais commencèrent à se le persuader^ et la rér putation de Milton fut fixée.

« Il peut avoir imité plusieurs morceaux du grand nombre de poèmes latins faits de tout temps sur ce sujet, l'Adamus exul de Grotius, un nommé Mazen ou Mazenius, et beaucoup d'autres, tous inconnus au commun des lecteurs; il a pu prendre dans le Tasse la description de l'enfer, le caractère de Satan, le conseil des démons. Imiter ainsi, ce n'est point être plagiaire, c'est lutter, comme dit Boiteau, contre son original; c'est enrichir sa lan*

DES LITTERATEURS FRANÇAIS. 3oi

gue des beautés des langues étrangères; c'est nourrir son génie ^ et l'accroître du génie des autres; c'est ressembler à Virgile y qui imita Homère. Sans doute Mikon ajouté contre le Tasse avec des armes inégales; la langue anglaise ne pouvait rendre rbanncrâiB des vers italiens :

"Ghiâitfa gli'ibitatori delP^ambre eterae Il rauco suon ddla tartarea tromba; .

Treman le spaziose atre caverne^ E Pa^r cîeçp a quel rumor rimboinba , el;GL.

-ci Cependant Milton a trouve Part d'imiter heu^

rèùsement tous ces beaux morceaux : il est vrai

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que ce qui n^est qu^un épisode dans le TasW est le sujet mètne dans MiUoh. est encore vrai ôiiê sans la peinture des amours d'Adam et d'Eve • comme Ls l'amour de Renauà feî â'Àrm.d^;.léî diables de Milton et du Tasse n^auraient pas eu un grand succès. Le judicieux Despréaux, qm presque toujours eut raison^ excepté contre Qui-naul t. a dit a tous les poètes ;

, £û I qud objet enfin a présenteraux yeux .

Que le diable toujours hurlant contre les cîéux l '

"Y' -îj - '. " • » i • M '' ' ■

*f Je crois qu'il y a deux- causés 'dtisilccês'cltfé^ lé Pafâdis jWeHii aiïra toii jours J; là premièi^e , -^è* l'intérêt que l'on prend à deux icréatoresîiltlô^ ceifirCes et for^uiiéesy qu'un ètrèf^iii^sttïit et j&ldux rend/ par sa séductiôii-, coù^btes et îriSfKelH reuses ; la seèonde est la beauté dés détaiïsi'

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3o2 OPINIONS

« Les Français riaient encore quERdMi leur disait que rAngleierre avait un poème épique, dont le sujet était le Diable combattant contre Dieu^ et un serpent qui persuade à une femme de manger une pomme : ils ne croyaient pas qu'on pûl Ciiie sur ce sujet autre chose que des yandévilles. Je fus le premier qui fis connaître aux Français quelques morceaux de Milton et de Shakespeare. M. Dupré de Saint -Maur donna une* traduction en prose française de ce poème singulier. On fut étonné de lrouvei\ dans un sujet qui parait si stérile, une. si grande fertilité d'imagination. On admin les 'traits majestueux avec lesquels il osa peindre Dieii, et lé caractère encore plus brillant qo'il donne au Diable. On lut avec beaucoup de plaisir la description di^iardin d'Adam et d'Eve. En effet, il , est à remarquer que , dans tous les autres

Soèines^ Tâmour est régardé comme ûuè faiblesse; ans Milton s^ul il est une vertu. Le poète a su levçf, d^^unè main chaste, le voile qui couvre ailleiirs les plaisirs de cette passion. Il transporte le lecteur dans un jardin de délices; il semble lui faire goûter les voluptés pures dont Adam et Eve sont remplis; il ne s'élève pas au-dessus de la nature humaine, mais au-dessus de la nature i^pn^^i ne.. corrompue; et, comme il n'y a. point H^'içs^mple d'un pareil, amour^, il n'y en a point d'une pareille poésie.

/..;f*,;W^^to^?Wffi^^

Ci^t^P^çÂne^ se réunirent à trou vei: que, le Diable

parle trop souvent et trop long-tempç de la méine

DES LITTERATEURS FRANÇAIS. 3o3

chose. En admirant plusieurs idées sublimes^ ils jugèrent qu^ii y en a plusieurs d'outrées^ et que i'iauteur n'a rendues que puériles en s'efForçant- de les faire grandes. Ils condamnèrent unanimement cette futilité ayefo laquelle Satan fait bâtir une salle d'ordre dorique au milieu de l'enfer, 'avec dés colonnes d'airain et de beaux chapitéiuix d'ory pour haranguer iés dià,bted ituKquels il tenait de pari€fr tout aussi bien &a p\e\n uir. Pour comble de ridi- «if l6 y ks grands dkUes y qui; auraient occupée trop dé pl^ace dans i(ie;i^rlem6nt d'enfer, s&transCbrnent en pygmées, afin que tout le monde puisse ïse trouver à l'aise- au conseil.

■ •' i ApVès la ténue des états infernaux, Satan s'ap- ^M'éte à sortit* de l'abîme; il trouve là Afort àla fR)fte, qui veut se battre contrelui. Ils étaieirt prêts à en venir aux mains quand Je Péché, nciônstre féminin, à qui des drag^shs sortent du ventre, court au-devant de ces deux champions : H Arrête, ô mon- père I dit-- ii a,u Diable ; arrête , ô «r ^mon fils I dit-^ilà la Mort. — -> Et qui:es-tu donc, H' iréprit le Diable, toi qui m'appelles ton père? *rrt/ Je suis le Péché , réplique ce monktrejituaccxM^ « chas de moi dans le ciel; je sortis de ta tété par <c^)e x^ôté gauche; tu devins bientôt ^amoureux de -M i^i-;- nous couchâmes, ensemble ; j^.entrainai -H bea«coup de ^ iehérubias^ dans tar révolte ; j'étais -^igTOàse quand : ta 'bataille se^dônna dansle ciel; -(^firoiis. fûmes :pr^piték ïensembEe. J'accouchai ic dans l'enfer,! etcje fût ce inonstBd que tu vois wdont tje: fus màrj|^;'f<]| estMtoà 'fils ^et- lemien^ k

3t>4 OPINIONS

r peine fut- il né qu'il me. viola et. me fit tous ces ycienfans que tu vois ^ qui soi^tent à tous mmbens fi) de mes entrailles, qui y rentrent et qulles dé-l-

HTchirent. h

' : 'ir Après cette dégoûtante et abominable bi$toîre^ Je. Péché ouvre à Satan lès portes d^ l'enfer; il laisse, les. diables sur les bords^^;du Phlégéton^fdu â£yx et;daLéthé; les: uns jouent de la harpeyilei -âiitrea ^courent la l^ué; quelqiues-^ uns disputent (^r la grâce ec«iir la.prédestin^iioB. Cependant Sa* -itec \oyage d^nâ'lé^ espaces iofeaginaires; iltombo «dans le vide, et il. tomberait .ejicore si une jiiuée ne l'avait repoussé ea haut. Il arrive, dans le pays <lu. Chaos; il traverse le; Paradis^ des fous, thè Ba^ jkidUe (^fiiols {^c'e%i l'un deisi èindroi(&qui ;î)ea)poi )»«it traduite ep français)* Il trouve dans pe;Pa<- ,radtë> les Iridulgence$>'les lAgni^ Dei> les Cha* ipelets ; : 4es :Ci|pubhons et > tes, < Scàpulaire^ des 'jnaiàes^ •■•' • •..•) 'Av-r,' - = :,:.

•) , («Voilà, des ifÀaginatioiks 'àaùï tout lecleutis^sé ^ ëtlé révolté; et il-faut Y}uei le'ipoâmi& s6iâ< bien -beàu:d'aiUeurs:pour>qu'oa^ iait pu le^iréy malgré l'cnnuî )que: doit causer cset auia6* d^ fèlies

agréables; '^h <' •: -] ■ ■ -.^d- .t • ; hi »•

5)!> ce: La guerre' entre le&bdnsiet:kâ ma^vais-yanges isr^paru. àius^i aux coiinaissém*a un épisod^iott le ;^nbl^me> est' trop • noyëf dans reÀtravagant. Ije:mèr^ ;veiUeiix.mâme.d<>it être sage ;;J1 .faut qu^'ilncpn^ '9»tv% uni'iir.ikltTraisendilaqètK^'fi^t qu'ilVàoLtritraité avec goùtf) beâ^flriktiquesjlâs'plus; judicieux: n'ont Aroittv^î dans oe t iëiéDdi ti ai ^outi^iAi vsaibeupblaitee^

DES LITTERATEURS FRANÇAIS. 3o5

ni raison. Ils ont regardé comme une grande faute contre le goût la peine que prend M ilton de peindre le caractère de Raphaël, de Michel , d'Abdiel , d'Uriel , de Moloc , de Nisroth , d'Astaroth , tous êtres imaginaires dont le lecteur ne peut se former aucune idée, et auxquels on ne peut prendre aucun intérêt. Homère , en parlant de ses dieux, les caractérisait par leurs attributs qu'on connaissait; mais un lecteur chrétien a envie de rire quand on veut lui faire connaître à fond Nisroth, Moloc et Abdiel. On a reproché à Homère de longues et inutiles harangues, et surtout les plaisanteries de ses téros ; comment souffrir dans Milton les harangues et les railleries des angeç et des diables, pendant la bataille qui se donne dans le ciel? Ces mêmes critiques ont jugé que Milton péchait contre la vraisemblance, d'avoir placé du canon dans l'armée de Satan , et d'avoir armé d'épées tous ces esprits qui ne pouvaient se blesser; car il arrive que lorsque je ne sais quel ange a coupé je ne sais quel diable, les deux pai*ties du diable se réunissent dans le moment.

(c Ils ont trouvé que Milton choquait évidemment la raison par une contradiction inexcusable , lorsque Dieu le père envoie ses fidèles anges combattre^, réduire et punir lesxebelles : a Allez, Jit « Dieu à Michel et à Gabriel, poursuivez mes ence nemis jusqu'aux extrémités du ciel; précipitez- « les loin de Dieu et de leur bonheur, dans le Tarn tare, qui ouvre déjà son brûlant chaos pour les

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