‹ Leçons de rhétorique et de belles-lettresChapitre 22 sur 38 · TOME I. i · texte numérisé non relu

TOME I. i

rapportent soient mis au pluriel 5 autrement le rapport commun qu'ils ont avec ces pronoms et ces verbes ne serait point marqué. Dans toutes les langues, un verbe actif gouverne l'accusatif, c'est-à-dire qu'il indique clairement quel nom substantif est celui de l'objet vers lequel son action se dirige. Un pronom relatif s'accorde toujours avec son antécédent en genre, en nombre et en personne ; des conjonctions ou des particules connectives doivent toujours réunir des cas ou des modes semblables , c'est-à-dire qu'elles doivent joindre ensemble des mots qui, dans le discours, remplissent des fonctions analogues. Je cite ce petit nombre d'exemples pour montrer que , dans toutes les langues , comme dans la nôtre, il existe des règles fondamentales dont il est impossible de s'écarter lorsqu'on veut écrire ou parler correctement.

Quels que puissent être les avantages ou les défauts de la langue anglaise, puisque cette langue est la nôtre, elle mérite nos soins et notre application, tant sous le rapport du cboix des mots dont nous nous servons, que sous celui de la syntaxe ou de Farrangeraent de ces mêmes mots dans une phrase. Nous savons quelle importance les Grecs et les Romains attachaient au langage dans les temps les plus florissansde la république ; nous savons avec quel succès les Français et les Italiens ont cultivé leur langue. Quelques connaissances que l'on puisse acquérir par l'étude des langues étrangères, on ne peut les déployer avantageusement qu'autant que l'on écrit ou que l'on connaît bien la sienne. Un écrivain peut produire un ouvrage bon et utile ; mais il ne sera jamais goûté du public, s'il pèche contre

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la pureté delà langue. D'un autre côté, ce n'est qu'à force de travail et d'application que l'on acquiert un style élégant et correct ^ on se trompe fortement quand on croit y parvenir en ne cherchant qu'à flatter l'oreille, ou en parcourant d'une manière superficielle quelquesuns de nos meilleurs auteurs. Les fautes nombreuses que commettent contre la grammaire des écrivains d'ailleurs très-recommandables , et les négligences par lesquelles ils choquent quelquefois la pureté du langage, prouvent assez qu'il faut que celui qui veut écrire correctement se livre à l'étude la plus attentive de sa langue (i)i

(i) On fera bien de lire la courte Introduction à la grammaire anglaise du docteur Lowth, avec les notes critiques. De tous les ouvrages qui ont paru de nos jours sur cette matière , c'est celui qui mérite le plus de confiance ; on pourra s'y convaincre de tout ce que nous avons dit sur les négligences de style que l'on rencontre dans quelques-uns de nos meilleurs écri^ vains. La Philosophie de la Rhétorique du docteur Campbell renferme aussi des observations fines et ingénieuses, et sur la langue anglaise , et sur le style en général. Les rudimens de grammaire anglaise du docteur Priestley, sont encore fort utiles, en ce qu'ils indiquent les erreurs dans lesquelles les écrivains tombent le plus fréquemment.

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