‹ Leçons de rhétorique et de belles-lettresChapitre 4 sur 38 · PRÉFACE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'AUTEUR

Les Lectures suivantes fuient répétées vingtquatre années de suite à l'Université d'Edimbourg; il n'était pas au pouvoir de l'auteur d'en dijQTérer plus long-temps la publication. On en avait répandu d'abord des copies imparfaites, exécutées sur des notes prises par quelques auditeurs, et bientôt on les a vendues publiquement. Lorsque l'auteur vit que non -seulement son travail était l'objet de spéculations mercantiles , mais encore qu'on le citait dans d'autres ouvrages, et que même il était menacé de se le voir tout-à-fait enlever, il jugea qu'il valait mieux qu'il le publiât lui-même que de le laisser circuler avec toutes les fautes que des éditeurs ignorans y avaient accumulées.

Ces Lectures furent d'abord destinées à servir d'introduction à l'étude des belles -lettres et delà composition littéraire. C'est avec la même intention que l'auteur les publie aujourd'hui , et c'est pour cela qu'il leur conserve la forme sous laquelle elles furent présentées dans ses leçons. S'il

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ne les donne pas comme un ouvrage entièrement original, il ne veut pas non plus qu'on les regarde comme une compilation des ouvrages des autres. Ce sont ses propres pensées , c'est le résultat de ses idées et de ses réflexions sur chacun des sujets qu'il a traités , et la majeure partie de ce travail est tout -à- fait à lui. Il n'a adopté quelquefois les idées et les réflexions des autres qu'autant qu'elles se sont trouvées parfaitement conformes avec sa manière de voir. Il a pensé que ses fonctions de professeur lui faisaient une obligation de suivre, cette méthode. 11 devait faire connaître à ses élèves tout ce qui pouvait contribuer à leur instruction , et leur communiquer non pas seulement des idées nouvelles , mais toutes les idées véritablement utiles , de quelque part qu'elles vinssent. Il se flatte que ceux qui veulent cultiver leur goût, former leur style , ou se livrer à l'étude de l'art de parler et d'écrire , trouveront dans son livre plus de principes claii'ement développés que dans aucun autre ouvrage du même genre publié en Angleterre.

Pour rendre son travail encore plus utile , l'auteur a presque toujours cité les ouvrages qu'il avait consultés, autant du moins qu'il a pu se les rappeler, afin de faciliter aux lecteurs les re-

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cherches qu'ils voudraient faire pour obtenir de nouveaux éclaircissemens. Mais comme un assez grand nombre d'années s'est écoulé depuis qu'il a commencé ces Lectures, il pourrait se faire qu'il eût adopté les idées de quelque écrivain sans se rappeler aujourd'hui l'ouvrage auquel il en est redevable. Il ne peut s'attendre à se trouver toujours de l'avis de ses lecteurs dans les opinions qu'il a émises sur tant d'auteurs différens, sur un aussi grand nombre de questions littéraires. Les goûts et les sentimens doivent beaucoup différer Wr de semblables sujets, et il ne veut que soumettre les siens au jugement du puLlic.

En conservant la simplicité de style qui convient à des lectures, et surtout à l'instruction, il n'a cherché qu'à être clair. Si, parce qu'il a pris la liberté nécessaire de critiquer sévèrement le style des écrivains les plus distingués de sa nation, on voulait user envers lui du même droit, il ne se défendrait ^u'en disant que son livre est une preuve ajoutée aux preuves nombreuses de cette vérité : qu'il est plus facile de donner le précepte que l'exemple.

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