LXVI
lus chargés de chair que les chevaux d Italie. Ils nais— « sent grands et forts, mais ils sont sujets aux mêmes in- « commodités de maladie que les chevaux d'Allemagne, « d'autant que le pays est humide et fort couvert de - bois. Leurs inclinations sont aussi d'être vicieux, d au- « tant qu'ils les retirent fort tard du haras et ne sont
bonté, quand ils doivent se rencontrer is, qu'ils ne prennent sept ans. »
One devient donc alors Histoire rapportée par Bon rgelat, page 528, que : le premier cheval arabe qui a paru en Angleterre est un de ces chevaux que nos croisés amenèrent en France, et qui ont été la souche de notre ancienne race limousine, etc.
La fameuse jument pie de M. de Turenne, élevée dans son haras du Limousin, îvindique-t-ellc pas par sa robe une origine quelque peu septentrionale ? Apperley rapporte n'avoir jamais vu un seul cheval de pur sang pie, pas vu davantage, de Brezé, eu 1700, recommande les étalons étrangers, page 41 , tout en disant, page 8-1, que les barbes avaient ruiné totalement les haras de la lNormandie, et que dans le Limousin il lui fut répété la même chose.
Garsault rapporte qu'avant Colbert les baras de France étaient totalement perdus.
Que conclure de tout ceci ? c'est que jamais en France on n'a suivi une même ligne, bonne ou mauvaise, pendant dix ans de suite, et qu'il aurait fallu le faire quelque peu pour qu'il y eût eu une race quelconque.
i.xvm —
En Navarre il a pu y avoir eu autrefois une apparence de race tant qu'on s'est borné à faire des chevaux espagnols ou à peu près, et encore, quoique nos voisins d'au delà des Pyrénées fussent assez fanatiquement orgueilleux de leurs genêts, ils ont subi les importations napolitaines et danoises de Charles III, ils ont vu les haquenées de fantaisie isabelles, pies, tigres et rouans de la reine, lesquelles ont dû nuire un peu à la pureté du sang maure, reste glorieux de la domination des califes.
Aujourd'hui que depuis trente ans et plus les étalons qui peuplent les départements des Hautes et Basses-Pyrénées y arrivent de Londres, d'Alep et de Caen, je ne vois plus de race, je ne vois pas non plus, il est vrai, de motifs de s'en chagriner.
La Normandie a subi le pur-sang depuis vingt-cinq ans, sans préjudice de quelques demi-sang venus d'Angleterre et de son éternel demi-sang originel, après avoir passé par les négligences de la révolution, qu'avaient précédées le prince de Lambesc, avec ses chevaux de demi-sang choisis, et les amateurs de courses avec King- Pejom, Teueer et autres; avant, il y avait eu la passion des danois et des chevaux de bataille, tels que nous les ont laissés Ridinger et Van der Meulen. Je ne vois pas de race dans tout cela.
C'est en vue de donner autant que possible une direction aux études, ou plutôt une manière de classer ses observations, que j'ai voulu décrire en quelques lignes le chaos des opinions hippiques généralement répandues. Je vais essayer à présent de poser quelques règles gé-
nérales et élémentaires qui ne seront plutôt que les idées que le sens commun doit inspirer a tout le monde, rectifiées par les données élémentaires que fournit Pexpé-
On a prêté fort gratuitement, peul-êlre, an célèbre abbé de Pradt cette parole un peu avantageuse : « Décrivez-moi le cheval que vous désirez, et je vous le ferai, comme un tailleur vous fera un habit. »
pas le problème possible à résoudre d'une Mais l'homme qui a de l'expérience peut se flatter de ne pas travailler totalement au hasard. 11 y a des accidents, des mécomptes, et au milieu de
toujours, quoi qu'il arrive, la loi de se dément jamais, quoiqu'elle se manifeste souvent sous une forme difficile à saisir.
Unir plusieurs fois de suite le même mâle et la même femelle pour obtenir une paire de chevaux est un moyen logique, mais qui ne réussit pas toujours. Si le père et la mère sont absolument pareils entre eux, c'est-à-dire de même taille, de même race, de même forme, vous serez, il est vrai, dans la circonstance la plus favorable.
Toutefois, il pourra se trouver plusieurs conditions contre vous. Premièrement, si les deux producteurs sont étrangers et proviennent d'un pays tel que celui où vous opérez ne puisse donner le même type.
Dans ce cas, deux poulains nés successivement et soumis aux mêmes influences ne les subissent pas toujours de manière à offrir le même résultat. En d'autres termes la dégénération se montrera sous diverses formes. .
Secondement, si le père et la mère, quoique pareils eutre eux, autant que possible, ne sont pas de race ancienne et typique, leur descendance variera sans qu'on puisse assigner de borne aux divergences.
11 y a en plus les chances accidentelles, principalement quant à la taille : souvent un pony arrive au milieu de toute une famille de grands chevaux.
Enfin, il y a certaines anomalies auxquelles il faut s'attendre.
Si le père et la mère diffèrent entre eux, que ce soit par exemple un étalon de pur sang et une jument de trait, ou un cheval anglais et une jument allemande, ou toute autre alliance, les divergences seront encore plus considérables.
Le produit, qui est en général une moyenne entre le père et la mère, peut se rapprocher plus ou moins de l'un et de l'autre, et chacun des poulains qui se suivent peut offrir un mode particulier de. combinaison.
J'ai vu LéopolJine, au haras de Viroflay, donner six poulains de suite par le même étalon, Rainbou; parmi lesquels on n'aurait pas trouvé un attelage.
J'ai eu sept poulains d'une jument anglaise et d'un cheval arabe qui n'offraient pas plus de ressemblance.
Cependant la similitude des frères existent, si non pour les intérêts de l'homme, au moins pour la satisfaction de la loi de nature.
Ainsi, tous les chevaux de pur sang qui existe aujourd'hui en Angleterre, en France, en Allemagne, sur n'importe quel point du globe, peuvent être de fort
mauvais chevaux; mais ce sont tous des chevaux de course, et jamais, ni parmi eux, ni dans leur descendance, on ne trouvera un trotteur ou un limonier.
Jamais non plus, autres parents que le pur-sang, ou tout au plus l'arabe, et encore, ne pourront donner un poulain capable de paraître au poteau.
De celle impossibilité de faire ce qu'on veut, n'allez pas conclure qu'il faille opérer au hasard. J'ai vu souvent donner n'importe quelle jument à n'importe quel cheval, en justifiant ces opérations par une raison dans ce genre-ci ? Pourquoi pas? 1 1 an idamy- Blanc est un fort joli type arabe ! — D'accord, si vous le voulez, mais ce n'est pas une raison pour lui donner une excellente poneyle Irotleuse du Norfolk, où voulez-vous en venir par là?
— Et on ne répondait pus, mais ou allait toujours.
Quelque croisement que vous adoptiez, quelle que soit l'aptitude de votre localité à nourrir les animaux que vous désirez y élever, ces producteurs doivent être acclimatés.
L'acclimatation de l'étalon a moins d'importance que celle de la poulinière; pourvu qu'il soit bien portaut au moment de la monte, c'est l'essentiel. Toutefois, il est bon de remarquer que souvent des chevaux bien portants en apparence ont commencé par mal produire, pour faire très bien plus lard, sans qu'aucune raison visible ait pu expliquer ce changement.
Rainbowj importé en 1823, n'a commencé que quatre ans après à donner des vainqueurs, et cependant se* premiers produits devaient avoir encore moins de concurrents redoutables que ceux qui suivirent.
Beaucoup d'autres étalons offrent les mêmes particularités.
Il est évident que la jument qui porte et nourrit son poulain a bien plus besoin d'être acclimatée que l'étalon. Aussi y a-t-il avantage à se servir des poulinières nées dans la localité autant que possible, à moi us que celles qu'on peut tirer de loin ne soient très-supérieures, lorsqu'il s'agit du pur-sang par exemple.
On ne peut guère assigner la part respective du père et de la mère dans l'acte de la génération.
Cependant, en général, demandez le type au père, la taille et la force à la mère.
Lorsque vous ne pensez qu'aux deux producteurs, considérez la mère comme si c'était un sol sur lequel vous voulez semer.
Par un raisonnement analogue, souvenez-vous que le cheval tenant à la terre par les pieds, c'est sur cette partie que le terrain aura le plus d'influence.
Faites état de la localité pour corriger les défauts de pied de la mère et surtout du père.
Faites état des pieds de la mère pour corriger ceux du pere.
Quant aux tares, rappelez -vous cet axiome d'un vieil auteur que je n'ai pu retrouver ;
Comme on n'est jamais absolument certain que les défauts ne se transmettent point, n'admettons, pour plus de sûreté, que des étalons absolument nets.
11 aurait dû ajouter et des poulinières.
Mais ce conseil est plus facile à donner qu'à mettre en