CHOIX DE L'ÉTALON
.... Prouveraient sans doute la lidol u- ci la résigoatioii de ma femme, mais ■Imiueraient au monde l'idée la plus btir- Ii'mjuc de nos grandes races historiques.
Kug. St'E, l'Orgueil.
Presque tous les traités d'hippologie consacrent un chapitre à détailler plus ou moins longuement les qualités que doit posséder un père, et les défauts qui font exclure de la reproduction.
Il est des auteurs qui vont jusqu'à décrire à quels caractères on peut reconnaître dans un troupeau de jeunes poulains celui qui doit être un jour V espoir et le régénérateur des haras. Sic.
J'ai, dans un article spécial, traité avec beaucoup de développements, la question des tares sujettes à se reproduire par génération. Le principe de la transmission héréditaire doit tenir une grande place dans un livre de haras comme dans tous les ouvrages de physiologie.
Mais tout ceci à part, il faut poser en axiome que de se demander comment doit être un bon étalon en général est une niaiserie.
Comment est la jument que Ton veut livrer à la reproduction? quelle espèce de cheval veut-on ou peut-on tirer d'elle? voilà les deux questions à résoudre d'abord.
Très-souvent l'étalon du plus grand mérite se trouvera
si inopportun pour votre poulinière, qu'il vaudrait infini-
meut mieux ne pas élever du tout que de risquer une pareille alliance.
D'un autre côté, il existe peu de chevaux entiers qui, judicieusement employés, ne puissent donner une production passable. Tout est dans le choix comparé du père et de la mère.
El pour créer un bon poulain avec un mauvais cheval, il n'est pas toujours nécessaire que la mère vaille mieux que l'étalon.
D'un autre côté , s'il n'est pas nécessaire de rencontrer un cheval bon absolument, il le faut toujours bon relativement, et souvent cela est tout aussi difficile.
Lorsque, par manque d'étalons convenables, j'ai engagé quelqu'un à ne pas faire couvrir sa jument, j ai toujours vu mon conseil repoussé avec aigreur. Vous n'êtes jamais content ; avec vous on ne ferait jamais rien ; il faut que je produise, et je produirai. — A votre aisr, mais vous êtes sûr de produire un poulain sur lequel vous perdrez et dont vous ne tirerez aucun parti. Et on produisait tout de même.
Ceux qui font métier de fournir des étalons aux éleveurs, soit par spéculation particulière, soit comme agents d'une administration publique, se voient obligés de se conformer au goût général, et tomme ce goût général est mauvais, de fournir de mauvais étalons.
C'est alors qu'on se met en quête de chevaux entiers, n'ayant aucune irrégularité visible, même pas une qualité trop saillante, de peur d'clFarouchcr ceux qui n'y entendent rien, enfin des animaux sans vice ni vertu.
Quand on peut dire que les étalons qui composent une station sont nets, ronds et propres, tout le monde est content, et Ton peut être sûr qu'il ne naîtra pas un bon poulain dans la localité. Nous avons déjà dit tout cela, on ne saurait trop le répéter.
Voici une occasion où il est absolument nécessaire de dire un mot sur l'administration des haras en général.
Je ne parle ni de ce qu'elle est, ni de ce qu'elle devrait être, ni du mérite de ses agents passés, présents ou futurs, mon observation est purement théorique et sans application personnelle.
Lorsque le Gouvernement se charge de fournir des étalons aux éleveurs, il est évident que c'est dans le cas où ceux-ci sont hors d'état de se les procurer eux-mêmes, faute d'argent ou de connaissances spéciales. Ecartons le premier motif, qui n'a rien de scientifique.
Si l'administration cherche à plaire aux éleveurs, elle est nécessairement hors de son rôle; car, ou les éleveurs ont raison, et alors ils peuvent choisir eux-mêmes, et l'administration n'est plus nécessaire, ou les éleveurs ont tort, choisissent mal, et alors 1'admiuislralion les entretient et les aide dans leurs erreurs.
Si toute la population s'entendait en chevaux, comme eu Angleterre, elle se suffirait à elle même comme en Angleterre, où il n'y a pas d'administration.
Si, au contraire, ce sont les connaissances qui manquent généralement, l'administration des haras devrait être un corps savant, un corps enseignant, chargé de
maintenir et de propager les bonnes doctrines ; et le rôle
d'une pareille corporation n'est point de se plier à l'opinion générale, de posséder des étalons goûtés du public, et qui aient annuellement la plus grande quantité de juments possible.
Revenons au choix des étalons en nous rappelant que si nous avons quelque chose de véritablement utile à dire sur ce sujet, ce ne doit pas être évidemment un amas de banalités connues de tout le monde.
J'ai traité ailleurs de l'hérédité en général et de l'influence respective du père et de la mère dans la généralion.
J'ai dit que, jusqu'à un certain point, le père et la mère agissaient dans le même sens, et de manière à se compenser réciproquement; en telle sorte que le poulain pouvait être considéré comme une moyenne entre le père et la mère.
J'ai dit encore que la loi de la nature était plus judicieusement suivie, lorsque les circonstances contribuaient à rendre identiques les influences de la mère cl du sol où on élevait. Dans ce cas, le choix de l'étalon doit se régler d'après les principes du croisement avec une race étrangère importée.
La virtualité est par conséquent la plus importante des qualités que puisse posséder un étalon, et ceci est peut-être un des principes les plus difficiles de la science.
In étalon transmet à presque tous ses produits sa robe et ses marques particulières; virtualité.
ftfumud, cheval arabe, faisait en grande quantité des
chevaux qui galopaient mal et qui trottaient bien ; virtualité.
On observe que tel cheval ne donne que «les produits zains, quelque bariolée que soit la robe de la mère, vir • tualitê.
Je lis dans le HelCs Life que Thènn est encore à engendrer un poulain alezan ou conteur, virtualité. (Je fais peu de cas de celte propriété de ne jamais produire alezan, quoique je Taie observée dans Cadland, le meilleur étalon que nous ayons eu en France.)
Ce que j'établis ici en principe d'une manière nette et tranchée a été pressenti de tout temps. On garde, dans les pays d'élève, le souvenir de tel ou tel producteur, souvenir perpétué par des ressemblances d'ensemble ou de détail qui persistent pendant plusieurs générations.
D'après quels indices peut-on pronostiquer la virtualité chez un étalon que Ton if a pas encore essayé ? (m«tried.)
L'ancienneté de sou origine, si elle est connue, c'est-àdire un grand nombre de dégéuérations identiques et sans croisements capables de les contrarier. Cadland produisait souvent noir ou bai brun, parce qu'il était petit-fils, par sa mère, et arrièie-pelit-fils par son père, de Sorcerer, célèbre étalon noir.
L'ancienneté d'origine n'est pas toujours une condition nécessaire et suffisante pour donner la virtualité. Certains animaux de haute et noble race se trouvent tout à fait incapables de transmettre à leurs productions les qualités qu'ils possèdent, et qu'ils possèdent par hérédité. C'est en
eux que commence la dégénération de leur famille sans qu'on puisse s'expliquer pourquoi.
Quelques-uns, au contraire, surgissent forts et pleins de vie, d Vieux presque inconnus. Je ne dirai pas sans aïeux, car celte doctrine plébéienne n'est pas encore démontrée vraie par la physiologie.
Toujours est-il cependant qu'il naît de temps en temps des individus privilégiés très-supérieurs à leurs ascendants, cl dont la lignée se maintient pendant plusieurs générations. Ils sont prédestinés à être des souches de race.
Si, au lieu d'éludier l'entretien d'un haras, on porte les yeux sur l'histoire des peuples, si on passe des étalons aux héros, la même loi de la nature se fera voir également dans les races humaines et donnera lieu à des rapprochements imposants ou bizarres.
Il n'y a pas de virtualité chez un cheval, à moins qu'il n'y ait beaucoup de race chez lui; il peut y avoir beaucoup de race sans qu'il y ait virtualité.
Une grande et noble expression de tête, une magnifique configuration de la boîte osseuse du crâne, un porl de queue excessivement hardi ; la plus grande fermeté dans les chairs, et l'apparence d'une constitution aussi éloignée de l'obésité que de l'élisie ; tels sont à peu près les caractères qui permettent d'espérer de la virtualité chez un cheval, mais ces indices ne sont jamais certains.
L'absence de virtualité est plus facile à affirmer que sa présence; le premier signe de non-virtualité est l'excessif développement de la taille et du volume.
Le père du grand Frédéric, si curieux de ses gigan-
tesques soldats, leur permettait de se marier à la condition d'épouser une femme qui eût telle taille; a-t-il produit une race de géants? Non.
La nature a ses bornes , et ces bornes sont Gxées par des lois. La faculté existe réellement pour tout être grand de produire grand. Si vous mêlez à une race petite une race plus liante, soit par le mâle, soit par la femelle, vous relèverez la race, cela est incontestable. Vous trouverez même des géants et des géantes qui, mariés à des individus ordinaires, reproduisent cà et là leur taille tout entière. Mais le géant et la géante ne donneront pas un géant , du moins pas à coup sûr.
La nature impose là son veto de nec plus ultra; et sans cela il n'y aurait pas de borne à raccroissement de tel ou tel animal, de telle ou telle plante.
Cette loi des maxima a son analogue dans les extrêmes opposés; les ponys ne se reproduisent pas, peu à peu la taille redevient ce que veulent les circonstances extérieures.
Tout cheval exceptionnellement grand et gros ne donnera qu'exceptionnellement grand et gros, et souvent petit, mince et chétif.
La haine des petits chevaux, le goût passionné pour la taille et l'ampleur sont deux des plus grands obstacles à la production des bons chevaux.
Les étalons de course les plus grands ne sont pas ceux dont les poulains se font remarquer par leur taille. Bay- Middleton est très-haut , comme on sait. Tous les ans il nous arrive d'Angleterre des produits de Bay-Middlelon
qui ne sont pas plus grands que d'autres, ce qui n'empêche pas chez nous de rechercher la taille dans le père.
Les Anglais ont soin, lorsqu'ils annoncent un étalon au public, de mentionner sa taille; beaucoup ont 16 mains, on 64 pouces anglais, c'est-à-dire 5 pieds 4 pouces, plus de 5 pieds français.
La taille moyenne de l'homme est plus grande en Angleterre qu'en France; il peut, il doit en être de même pour les chevaux ; et jusqu'à ce que le contraire me soit démontré, je jugerai la taille moyenne ordinaire française des chevaux moins haule de 1 ou 2 pouces que la taille anglaise. Par conséquent j'exclurai comme au-dessus de la limite raisonnable, pour la France, tout étalon de 16 mains 1 pouce et au delà.
L'étalon de 16 mains sera déjà trop grand, à mes yeux, pour les cas ordinaires.
Ce que j'ai dit pour la hauteur est également vrai pour la largeur, l'ampleur ou la force , comme on voudra l'appeler.
Si en France on est curieux de grands chevaux, on l'est encore bien davantage de chevaux forts, épais, doublés, culottés, traversés, étoffés; que n'ai-je derrière moi le bon Nodier pour me fournir toutes les épithètes, plus ou moins grotesques, dont l'amour du gros a enrichi le vocabulaire !
Malheureusement ce n'est pas le gros cheval qui engendre le gros poulain ; ce qui fait le gros poulain, c'est la prairie grasse, la jument grosse, la nourriture abondante,
et avec tout cela le gros cheval, quand ce n'est pas un autre.
Le gros de l'étalon se développe dans l'animal qu'il a produit, à condition d'abord que les circonstances d éducation le permettent, mais à condition ensuite que ce gros de rétalon ait élé réellement transmis. Or, pour qu'un étalon transmette du gros, il n'est pas nécessaire qu'il ait lui-même du gros. Si au lieu de gros, il a de la virtualité, le gros se produira tout aussi bien avec la jument et le régime convenables que si l'étalon était monstrueux par lui-même.
J'ai vu des fils d'un cheval arabe mince, fluet, efflanqué même, et de juments de gros trait, presque aussi charretiers que leurs mères.
Je dis tout cela pour saper déflnitivement celte doctrine si répandue dans toutes les classes d'amateurs. On veut du gros dans les étalons de gros trait, on veut du gros dans les chevaux carrossiers, on veut du gros daus les chevaux de course, et on a tort presque toujours.
Ce n'est pas avec des étalons monstrueux que l'on grossira toute la population chevaline d'un pays maigre, où il n'y a que de petites juments assez pauvrement nourries.
J'ai entendu mille fois demander à grands cris ces magnifiques étalons de trois quarts de sang du Yorkshire de 5 pieds 2 ou 3 pouces, si forts, si grands, si étoffés.
Eh bien ! voici le vrai : n'étant pas de pur sang, ils n'ont pas de virtualité, et, par conséquent, ils sont peu capables de donner leurs qualités, y compris celte taille
cl ce gros dont on fait tant de cas. De plus, on ne craint pas de leur livrer, faute de mieux, des juments plus petites et plus minces. Comment transmettraient-ils leurs qualités avec des mères qui en sont dépourvues, eux qui auraient déjà bien de la peine à se reproduire avec les femelles les plus richement douées dans le même sens qu'eux-mêmes ?
Mais ce n'est pas tout. Indépendamment du gros réel, il y a le gros fictif, le gros que tout le monde croit voir et qui n'existe pas : le gros d'étalon.
Pour se bien rendre compte de ceci et approfondir la question, il est nécessaire de voir d'un peu haut et de sonder quelques questions physiologiques.
De méchants caricaturistes ont peint la fille de bassecour allant, un verre à liqueur à la main, traire une vache de Durham.
Les bouchers se plaignent de ne pas trouver de suif dans les beaux animaux de boucherie anglais.
Et puis quelques bons Français se moquent de nos ficelles de course.
La raison et le bon sens sont à côté de tout cda. Expliquons-nous :
L'embonpoint comme la force a pour cause la santé; lorsque l'organisation est complètement bonne et richement puissante, l'excès de la production sur la consommation rayonne de toutes parts chez l'individu.
Quelle que soit sa disposition spéciale, un animal bien constitué et bien nourri se prêlera à tout, moyennant un régime convenable.
Le bœuf de Durham pourra travailler,
La jument de pur sang sera bonne nourrice et même laitière si on veut ,
Le lévrier sera susceptible d'un énorme embonpoint ,
Parce que la santé, c'est-à-dire l'harmonie et la puissance des organes, fera abonder la vie partout où vous l'attirerez : exercice, lactation, engraissement.
Pour nous restreindre ici à notre spécialité, il arrive que Télalon, après avoir travaillé aux courses ou à n'importe quel autre travail , est consacré au métier peu fatigant de la reproduction.
Toute la richesse de sa nature n'ayant plus rien à fournir à la fatigue musculaire, puisqu'elle n'a plus lieu, tourne au proOt du système cellulaire et adipeux.
Dans les animaux de mauvaise race, les porcs de France, ou même la plus grande partie de nos races bovines, la graisse envahit de préférence certaines parties du corps, pourquoi? parce que l'assimilation se fait incomplètement et mal ; il y a énormément d'aliments perdus pour très-peu de graisse produite; la viande est' sèche et dure, mais il y a des couches de suif et de lard qui enchantent le boucher et le charcutier.
Dans les belles races anglaises , le pur-sang , par exemple, la machine organique ne travaille pas ainsi ; aucune partie ne demeure atrophiée; grâce à l'oisiveté et à la bonne nourriture, la graisse envahit tout. L'animal devient gros dans tout son ensemble.
Au bout de quelques années, le Français voit un carrossier dans un étalon qui réellement serait trop mince
pour monter le plus élancé de tous nos jeunes officiers île hussards. Ajoutez à cela que souvent la nature de ces animaux est tellement riche que les os même participent à ce développement, du moins en apparence.
Partout vous entendrez dire, partout vous lirez que les étalons de pur sang anglais sont d'une force excessive; et si vous dites oui , engraissés; on vous répondra, mais du tout, ils ont des membres comme des chevaux de charrette ; et si vous objectez qu'il n'y a pas plus mauvais membre, plus mince, plus rond, plus dégarni de tendons, plus boursouflé de peau, de poils, de crins, plus failli, plus lorlu que le membre d'un percheron, on vous rira au nez, et cependant c'est la vérité.
11 existe encore des hommes qui parlent de Raimbow comme d'un grand et fort cheval, et Raimbow était, ainsi que sou fils Félix, un cheval petit, bien proportionné, niais peu volumineux, et dont je n'ai pas été étonné de voir sortir des productions très-ficelles, quoiqu'il fût excellent ainsi que beaucoup de ses descendants.
On m'a cité Pleiiipotentiary comme un carrossier des plus étoiles, je ne m'en suis pas aperçu, et cependant j'ai vu Plenipotentiary.
Je me rappelle avoir ollensé quelqu'un eu disant que Prince-Paul n'aurait pas bien figuré au timon d'une berline.
Aujourd'hui West-Australian est l'éléphant fashionnable, et malgré tout cela je persiste à dire que le pur-sang n'rst pas épais, qu'il faut se défier du volume apparent des étalons; je n'enuatre personne à nie croire sur parole; je
supplie au contraire chacun de s'assurer par lui-même de ce que j'affirme. Et s'il fait bien ses expériences, il arrivera à ma conviction.
11 n'y a de réellement gros que certaines espèces communes et qui manquent de sang.
Si donc j'ai besoin d'un étalon de pur sang, je choisirai, indépendamment de la famille et des performances, un animal plutôt petit que grand, ou mieux qui ne puisse pas être dit grand ; plutôt mince que gros, plutôt osseux ■ que charnu.
Si c'est un autre cheval qu'un cheval de pur sang que je désire produire, je demanderai au père, d'abord et surtout, les qualités que je désire lui voir transmettre au poulain.
Me voilà donc directement conduit au type contraire du net, rond et propre.
Lorsqu'un éleveur se met en quête d'un étalon pour sa jument, il doit d'abord avoir en tête d'éviter tous les défauts dont le menacent l'extérieur ou les produits déjà obtenus de sa poulinière.
Deux ou trois étalons nets, ronds et propres, c'est-àdire elïacés, dans la même station sont un véritable fléau.
J'arrive avec une jument assez bonne, mais dont la hanche est ciïacéc, et dont l'arriére- main rappelle le classique normand ; si je ne rencontre pas des hanches exagérées chez l'étalon, que pourrai-je faire?
Si ma jument a des pieds plats et combles, il faudra un étalon de Norfolk, etc., etc., quatorze pages d'elc.
Un étalon, en thèse générale, n'est bon que lorsqu'il
offre l'exagération de certains caractères, et encore faut-il que ces exagérations soient dans sa race aGn qu'il ait des chances de les transmettre.
Malheureusement, dans notre pays, on est tellement habitué à mettre le mot à la place de la chose, que la plupart des éleveurs, lorsqu'ils sont assez heureux pour avoir un poulain mâle, le baptisent du nom du père : c'est Napoléon, c'est Ztoron, c'est Empereur ; c'était St/toio, Railler.
Quels singuliers jugements on porterait sur un étalon, s'il fallait, pour l'apprécier, se borner à l'examen d'un produit ainsi obtenu !
Une autre marotte assez bien portée, chez certaines variétés de la grande famille des éleveurs, se formule par cette expression : bâti en étalon.
Cela veut dire un cheval épais d'encolure, chargé de ganache avec une crinière et un toupet aussi énormes qu'ondoyants.
Si la tête est grosse, l'œil petit, le garrot noyé, le dos rond et court, le ventre bien replet ; alors le tableau ne laisse rien à désirer, ou au moins peu de chose, comme, par exemple des hennissements continuels et une agitation incessante. Ajoutez à cela une robe bai foncé, zain, parce qu'une balzaue un peu haute ferait tache et déconcerterait le regard.
J'ai connu quelqu'un qui est revenu plein d'estime pour un cheval offrant à peu près cet aspect et qui, de plus, avait donné pendant tonte une journée une preuve de vigueur ou plutôt d'impatience, plus expressive que décente à énoncer.
Le bâti en étalon est une expression qui pose un connaisseur, et qui, pour un jeune adepte, est assez facile à placer. Il suffit, pour cela, de rencontrer la physionomie cidessus décrite ou à peu près.
Malheureusement, il n'y a dans tout cela rien de réel ou presque rien.
A l'exception d'une bonne santé, qu'annonce le ventre rond et plein, il y a dans ce portrait les caractères du cheval entier un peu forcés et pas aulre chose.
L'hypertrophie naturelle de l'encolure se répand sur la tête, rapetisse l'œil, empâte les épaules, et forme un ensemble qui caractérise le désir, et voilà tout.
Or, un cheval qui veut saillir n'est pas un étalon pour cela; il faut qu'il produise bien, et même, avant, il faut qu'il produise, et ces animaux, dévorés de la passion de la femelle au point d'en devenir furieux, ne sont pas moins sujets que d'autres à l'infécondité.
J'ai vu reprocher comme un défaut, à un étalon, d'être maîtrisable en compagnie des juments; défaut d'autant plus grand, disait-on, qu'il était du reste bien portant et vigoureux.
Ceci est une preuve d'intelligence et de bon caractère* Selon moi, c'est une qualité précieuse, quoique peut-être pas absolument nécessaire dans un étalon, de pouvoir servir, presque comme s'il était hongre, au milieu d'une troupe de chevaux quelconques.
Du reste, je n'ai jamais pu, malgré ma longue expérience, constater d'analogie entre le nombre et la qualité des produits d'un étalon d'une part, et de l'autre part la
manière dont cet étalon se comportait avec les juments.
Napoléon a fait la monte jusqu'à une extrême vieillesse; excepté Suavita et Eijlau, il n'a donné aucun bon cheval de course. Ce dernier paraît être un résultat du hasard, puisqu'il est fils d'une jument, fille d'arabe, qui, avec ce même Napoléon, n'a pas produit un seul autre bon cheval.
Napoléon doit donc être considéré comme un étalon sans mérite au point de vue des courses, et en même temps il est à remarquer que tous ses produits ont été vigoureux et de bon service. Napoléon était par conséquent un producteur de chevaux médiocres, mais très-bien portants; eh bien î je n'ai jamais vu cet étalon faire la monte d'une manière convenable.
A 18 ans, il lui fallait une heure avec beaucoup de précautions et de secours pour saillir une jument, et cependant les produits n'étaient ni rares ni mauvais.
11 n'était pas bâti en étalon, car sa tête était plutôt celle d'une jument et n'offrait rien de mâle dans son expression.
Tout ce qui peut séduire l'imagination dans l'aspect de 1 étalon vigoureux et plein de feu, tout ce qui peut inspirer le poète , tombe ici devant une triste et froide réalité.
Il faut laisser Rosset et Roucher se battre les lianes pour imiter Virgile qui du reste, lui , a parlé en homme de cheval, aussi bien qu'en poète , dans sa description de l'étalon.
Jusqu'ici je n'ai fait que réfuter deux opinions très-ré-
pandues parmi les éleveurs , comme parmi les hommes étrangers à la reproduction, c'est-à-dire le goût des grands chevaux et des chevaux parfaits.
J'ai tâché de mettre sur la voie qui mène à distingue! l'individu propre à transmettre ses qualités bonnes ou mauvaises, ce qui est la propriété caractéristique de fétalon.
J*ai voulu en outre persuader que la tâche du propriétaire était de trouver un étalon qui assortit sa jument le mieux possible dans le sens de ses vues particulières.
Cette question est d'un intérêt immense. Rechercher les beaux étalons, les vouloir sans défauts et remplis de qualités, les payer par conséquent des prix énormes, voilà en résumé l'opinion générale, et on se trompe, car on se figure que le prix de l'étalon pourra compenser la médiocrité de la jument, ce qui est une erreur profonde.
Par conséquent, deux inconvénients majeurs , le but manqué absolument et des dépenses considérables.
La route que j'indique permet d'employer des étalons médiocres : donc facilité de les rencontrer, possibilité de les avoir à bas prix. Quant aux juments, l'éleveur sera porté à les choisir mieux en se pénétrant de l'importance de ce choix, et cependant les médiocres pourront être utilisées sans plus de perte et même avec plus de profit.
Les dépenses générales ne seront plus les mêmes, l'intelligence travaillant au lieu de la bourse.
Ceci posé, et je crois que c'est un grand pas de fait, on se convaincra facilement du principe suivant.
Dans toutes les localités où la population chevaline n'est
pas identique, où il y a des poulinières de toules les espèces, de toutes les tailles, de toutes les formes, la première chose à demander aux étalons, c'est la variété. Si bon que soit un modèle, trois étalons de ce modèle deviendront nécessairement un fléau.
Certaines personnes, assez éclairées, du reste, sont d'avis de tendre à imprimer à toute la production un caractère identique; de cette façon, disent-elles, l'éducation sera plus facile, le commerce plus simple, l'écoulement des élèves plus certain.
Pour moi, je ne vois pas la grande utilité de ce résultat : la diversité des goûts est loin d'être un inconvénient public ; c'est, au contraire, souvent une nécessité, quelquefois un avantage ; mais en accordant même ce point, je trouve que ce système mènerait à une pratique trèsfausse et opposée au but à atteindre.
En eflet, on a multiplié les étalons d'un même modèle sans réfléchir que, pour créer deux poulains semblables avec deux juments diverses, il faut deux étalons disparates. L'attelage le mieux appareillé que j'aie jamais élevé se composait de deux animaux d'espèces totalement diflerentes. L'un était de demi-sang par Paradox et une boulonnaise; l'autre de demi-sang aussi , mais par une jument de chasse anglaise et un trotteur de Norfolk ; je n'avais jamais eu la pensée de créer ainsi deux chevaux pareils, mais le résultat doit être noté, puisque rien n'est incontestable comme les faits ; il est à peu près certain que les deux mères n'auraient jamais produit pareil avec le même étalon, quel qu'il fût.
La part du hasard est trop grande pour que je conseille jamais de combiner des croisements divers pour produire des sujets pareils; mais je veux mettre en garde contre la croyance trop répandue qu'on aura un poulain à l'image du père ou à l'image de la mère.
Etes- vous pour le pur-sang ? mVt*on souvent demandé. Il n'y a pas de réponse à faire à cette question, et malheureusement on y a répondu pratiquement de bien des manières depuis plusieurs années et au grand préjudice de la population chevaline.
Le pur-sang a l'élégance, la vigueur, l'haleine, le fond, et toutes ces qualités sont précieuses.
Mais il y a des objections sérieuses à faire toutes les fois qu'on vous présente un étalon de pur sang.
Si je ne veux pas produire un cheval de course, peu m'importe ses performances. Toutefois je ne dirai pas : peu m'importe son sang, et il est certaines poulinières de pur sang en France, et certains étalons, dont je n'accepterais pas le poulain comme reproducteur, quel que soit le service auquel je destinerais mes élèves. Puisque le sang est une chose si importante en bien, une famille entachée de défauts héréditaires, même dans le pur-sang, doit être méprisée en proportion même du cas que Ton fait des bonnes races.
Il a existé dans les haras un élalon bien conformé et d'un bon caractère nommé Byron ; il s'attelait commodément et faisait bien au harnais. Mais il était fils poussif d'/ft/ène, fille poussive tfEastham, poussif. Voilà un cas où
la virtualité même du pur sang tournait au préjudice de
l'éleveur. Byron avait plus de propension à produire poussif qu'un étalon de demi-sang entaché du même vice.
Ce que je dis de la pousse peut se dire de toute tare du même genre, le cornage organique, les tares osseuses, etc.
Mais que sera-ce s'il s'agit d'un défaut auquel le pursang est particulièrement et plus fréquemment sujet que toute autre variété ?
Par exemple, il est reconnu, ou du moins il devrait rêtre, que le cheval de pur sang anglais est assez communément haut monté ou trop long de jambes. Pour le prouver aux yeux des plus récalcitrants, je ne citerai qu'un fait, l'habitude qu'ont les propriétaires d'étalons anglais de recommander leurs chevaux par ces mots : short legs. C'est donc là un point capital et bien connu.
Il faut en craindre les résultats lorsqu'on a à leur donner des juments de trait françaises, sujettes quelquefois à la brièveté de l'avant-bras, ce qui leur rend à elles-mêmes le genou haut, défaut important et qui, réuni à des canons longs, rend un cheval incapable de tout bon service.
Un autre inconvénient du pur-sang est le caractère. On a dit que les chevaux de pur sang étaient d'un caractère doux et franc, qu'ils se pliaient à tous les genres de service, même à l'attelage, qu'ils faisaient d'excellents chevaux de voiture, et je l'ai dit comme les autres. En effet, cela est vrai ; mais il ne faut pas, sous peine de s'égarer, faire abus des vérités les plus incontestables et les plus salutaires.
A ceux qui prétendent, et il y en a beaucoup, que le
pur-sang n'est bon qu'à la course, c'est-à-dire à un travail préparé d'avance, à époque fixe, avec des soins et une multitude de concessions, on répondra avec raison que le cheval de pur sang supporte d'autant mieux les fatigues que l'entraînement qu'il supporte est lui-même une fatigue excessive, que sa susceptibilité n'est pas, comme on le croit, une susceptibilité rancuneuse, qu'il apprend à tirer comme toute autre chose , et que le poids qu'il traîne, il le traîne plus longtemps qu'aucun autre.
Mais ce n'est pas à dire pour cela que le cheval de pur sang soit un modèle de tranquillité et de mansuétude, qu'il soit franc du collier, et apte à s'employer sur de lourds fardeaux, même en raison de ses forces.
Il peut posséder ces qualités, il peut en être dépourvu, car ce n'est pas là le caractère de sa race, comme l'haleine et le fond. Si donc je veux employer un étalon de pur sang à me donner un cheval d'attelage , je chercherai à m'assurer s'il n'est pas susceptible, rueur, ennemi du collier, incapable de plonger dans les traits, irritable au travail, et il y en a comme ça des familles tout entières, ce qui ne les empêche pas de gagner fort légitimement de beaux prix de course.
Et cela ne fait pas que les courses soient une mauvaise chose.
Les ennemis du pur sang, après avoir fait valoir, avec plus ou moins de justesse, les inconvénients que je viens de signaler, ont prôné l'étalon de demi-sang, c'est-à-dire l'étalon normand, et ils n'ont pas dit que ce dernier type, n'ayant pas la virtualité du pur sang, n'aurait pas, comme
ce dernier, l'avantage de corriger énergiqiiement les défauts de la mère; qu'il ne donnerait pas plus que le pursang le gros qu'il a, ou qu'il paraît avoir sans le posséder réellement, ce qui arrive encore quelquefois, et qu'enfin, pour la docilité et la franchise, il ne donne absolument aucune garantie de plus, car il n'a pas été essayé davantage, soit par lui-même, soit par ses ascendants.
Tout cela est arrivé, et on a vu ces inconvénients, sans les attribuer à leur véritable cause, ou même sans y attacher d'importance.
Le résultat a été une multitude de métis trop légers pour tirer, trop lâches pour trotter, et d'un caractère rêcheet malencontreux.
Il est en effet difficile aujourd'hui de se procurer une bonne percheronne ou boulonnaise de l'ancienne forme ; et les plates-longes se multiplient aux limons des charrettes comme aux brancards des broughams de louage.
Et si les étalons ont été mal choisis , ils n'ont pas été mieux employés par les éleveurs.
L'étalon de demi-sang, tel que je le voudrais, répugne aux éleveurs français. Ils rêvent un modèle trop régulier, trop flatteur, trop léché (expression d'atelier, nécessaire ici pour formuler ma pensée).
Si, en effet, on veut du gros, des hanches saillantes, des reins doubles, des membres robustes pour corriger une jument un peu ficelle; il faudra pardonner à l'étalon une tête énorme, des pieds volumineux, du lin aux jambes, un aspect rude et inculte; telle est la physionomie des étalons que Ton emploie pour cela en Angleterre, et on
est loin, en France, de les préférer au normand, qui plaît tant sous le nom de carrossier léger et qui ne vaut rien.
Le joli carrossier du Yorkshire ne me satisfait pas davantage.
Si nous passons aux qualités intrinsèques du cheval, abstraction faite de sa race , nous arriverons d'abord a l'âge que doit avoir l'étalon.
Nous avons dit que le vieil étalon produit des chevaux vieux avant le temps; n'abusons pas de cette vérité, mais comprenons-en exactement l'étendue et les conséquences.
Si l'étalon est trop jeune, le poulain aura l'inconvénient d'être lymphatique, laiteux, ce que l'on appelle poulinard, dans l'argot des maquignons de certains pays.
L'étalon est-il trop vieux, le produit sera prématurément sec, nerveux, avancé dans sa dentition, la ganache sera promptement tranchante et dégagée, il sera formé de bonne heure.
Je ne m'appesantirai pas sur ces détails, laissons à chacun le loisir de les compléter à sa guise. Mais demandons-nous, en déûnilivc, si les inconvénients sont aussi graves qu'on pourrait le croire? Non. Le cheval peut, même à deux ans, engendrer des produits bien conformés et de santé robuste, bien entendu, toutefois, qu'on n'abuse pas de ses facultés et de ses désirs.
Le cheval vieux, mais bien portant, peut donner des chevaux excellents, lors même que l'Ase l'a affaibli au point de ne pouvoir plus saillir sans aide.
Le tout se réduit donc à voir si l'étalon qu'on a en vue,
et qui est trop jeune ou trop vieux, n' est pas cependant, en vertu de ses mérites particuliers, préférable à tel autre qu'on a également sous la main, et qui est d'un âge convenable et d'un mérite moindre, car tel étalon de vingt ans, dont les facultés baissent, produit mieux qu'un cheval médiocre dans sa meilleure époque.
11 y a, du reste, uu remède aux deux excès, grâce a un principe de la nature déjà énoncé : I<e produit est une moyenne entre le pere et la mhre,
A jeune jument vieil étalon.
A vieille jument jeune étalon.
N'oublions pas toutefois que la longévité n'est pas la même dans toutes les races, et que plus un cheval a de sang plus il a d'années de vie et, par conséquent, de jeunesse relative.
Une autre question est le caractère. Un étalon qui fait la monte est rarement d'une douceur absolument complète; presque toujours il est nerveux, volontaire, enclin à mordre, à frapper; quelquefois, ce n'est qu'envie de jouer; souvent, c'est vice, sournoiserie, esprit chagrin : résultat de mauvaise éducation.
La combativité, mot inventé par les phrénologues, est le seul que je trouve pour exprimer les dispositions de certains chevaux entiers à attaquer tous les individus de leur espèce.
Ce n'est pas , à proprement parler, un défaut chez un étalon, alors même que ce sentiment dégénère en haine contre l'homme.
Comme cette disposition ne survit pas d'ordinaire à la
castration, et que l'usage des chevaux entiers en service est un reste de barbarie, il est superflu de s'embarrasser de celte considération.
Je n'approuve cependant pas l'obstination avec laquelle j'ai vu conserver un certain étalon nommé Sylvino, qui en était arrivé à dévorer ses palefreniers, et à être une cause de terreurs continuelles. La conservation d'un animal extraordinaire, précieux, eût pu faire passer pardessus un tel inconvénient, ce n'était pas le cas de Sylvino.
Somme toute, le caractère de l'étalon est d'une moindre importance que celui de la jument.
J'ai consacré dans le premier volume tout un chapitre à la connaissance des pieds , et je ne sais si j'ai assez insisté sur ce sujet.
Je répète ici que je ne crois pas aux boiteries d'épaules, que j'attribue aux pieds tous les accidents de la marche chez un cheval ; et cependant je ferai bon marché d'un défaut de pied chez un étalon.
Il suffît que ce défaut ne se retrouve ni dans la jument qu'on lui donne, ni dans le sol où le poulain devra être élevé, parce qu'alors vous aurez deux bonnes influences pour en combattre une mauvaise. Si cependant un étalon a les pieds trop petits pour la force de sa charpente, rejetez-le.
Mais ne vous arrêtez pas à une seime, à une bleime, à une fourbure.
J'ai employé dix ans un étalon qui avait des seimes à trois pieds, et qui à dix ans était incapable de tout
service. Je n'ai pas connu de lui un seul poulain boiteux, quoiqu'il ait fait de mauvais pieds avec les juments qui en avaient elles-mêmes, et que beaucoup de ses produits aient péri par là; mais il faut bien que tout être créé périsse par quelqu'une de ses parties : si ce n'eût été celle-là, c'eût été une autre ; l'important est que ce ne soit pas avant le temps.
A force de chercher la perfection on s'expose à ne rien trouver du tout.
La fluxion périodique est à craindre avec les juments qui en sont atteintes, et dans les localités où règne cette affection.
J'aurais dû parler d'abord d'un vice capital chez un étalon, la stérilité; mais ce vice est difficile à constater.
Bourgelat parle de deux étalons employés aux environs de Lyon pendant toute une saison sans rien produire.
L'année suivante, on les changea réciproquement de station, et ils donnèrent tous deux des poulains, et la stérilité cessa, grâce à cette mesure ou à telle autre cause restée inconnue.
lottery, fécond en Angleterre, a été plusieurs années en France sans engendrer de poulains, du moins en nombre suffisant ; et cela ne dura pas.
On cite, en Angleterre, Vamlxjke et Commodore comme n'ayant jamais eu de progéniture ; mais ce sont des exemples très-rares.
De nos jours Caton par Tigris et Ëlionore a été réformé et mis au manège de V École des haras pour cause de stérilité. Le fait n'a jamais été bien constaté, et j'ai eu
des raisons de croire que certaines préventions avaient été pour beaucoup dans celte mesure administrative.
Un jour, j'achetai un cheval de cinq ans qui n'avait jamais fait la monte. Sur quatre juments que je lui donnai, Tune ne retint point, la seconde avorta, la troisième mit au monde un poulain mort, celui de la quatrième vécut douze heures; la dernière périt en poulinant.
Je luijrcdonnai la troisième, et un an après j'eus une pouliche parfaitement viable et bien constituée. Depuis il n'est jamais survenu d'accident extraordinaire.
En physiologie humaine, il est reçu d'attribuer les accidents de parturition et la stérilité à la femme plutôt qu'au mâle.
Mais savons-nous réellement la vérité sur ce point?