‹ Leçons de science hippique générale ou traité complet de l'art de connaître, de gouverner et d'élever le chevalChapitre 30 sur 53 · DIVERSES REMARQUES · texte numérisé non relu

DIVERSES REMARQUES

Nous ne multiplierons pas sur ce sujet les dissertations et les détails; nous n'imiterons pas Winler, en luttant d'obscénité consciencieuse avec Venelle, le célèbre auteur de rÀmour conjugal.

Mais il nous reste certaines observations à mentionner.

J'ai dit que le meilleur moyen d'assurer la fécondité d'une jument était de lui donner l'étalon tous les jours, aussi souvent que possible, et jusqu'à ce qu'elle refusât.

Mais cela est souvent impraticable ou trop coûteux, vu le meilleur emploi qu'on pourrait faire de l'étalon.

L'usage est de réserver le cheval tous les neuf jours pour chaque jument

Ainsi le lundi, le mardi de la semaine suivante, le mercredi de la troisième, toujours du lendemain en huit.

Lorsque cela s^exécute régulièrement, la fécondité est générale ; mais le paysan aime à ne se déplacer que le dimanche, à profiter d'une occasion, à faire (Tune pierre deux coups, et sa jument ne retient pas; cest la faute à l'étalon.

Ne forcez jamais une jument qui a déjà été saillie et qui refuse.

Mais le propriétaire naime pas à être venu pour rien. 11 trouve qu'on lui refuse le cheval et que cependant il a payé. El la jument avorte.

La meilleure époque est le printemps; on a étendu le temps de la monte depuis janvier jusqu'en juin. Un cheval de pur sang a avantage à naître le plus tôt

possible pour être le plus vieux de tous ceux de son âge.

Mais s'il arrivait avant le ltr janvier il rentrerait dans la catégorie de tous ceux qui ont un an de plus.

Comme la jument porte onze mois et doit être resaillie neuf jours après avoir pouliné, on voit qu'il est facile de maintenir toutes les naissances à peu près à une mémo époque.

Avril et mai sont les deux mois que je préfère. Quelques-uns attachent une grande importance à la manière dont s'opère l'acte de la génération.

Jument calme, cheval ardent : voilà un dicton qui posera assez bien un homme en connaisseur.

Oh! Monsieur, quel bon étalon que Félix, il est si doux, si tranquille dans la saillie, que de l autre coté de ce mur on ne se douterait pas de ce qui se passe ici. — Ça m'est bien égal î

f e que, je n'aime pas de votre cheval, c'est qu'il est possible de le monter en compagnie avec des juments, cela indique un manque de vigueur, fen connais un qui est trh-dmur, et qui, lorsqnil aperçoit une jument, vous jette immédiatement par terre. — Voilà qui est bien agréable pour le cavalier !

Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'y a pas d'analogie reconnue entre la violence des désirs du père et la vigueur «les enfants.

La frénésie amoureuse n'annonce ni un étalon prolifique, ni un producteur d'animaux vigoureux.

Une douceur de mouton n'est pas non plus une qualité bien précieuse dans un cheval entier.

Une question plus curieuse, mais qu'il est impossible de traiter quant à présent, à ce que je crois, ce serait fin-

fluence sur les produits d'un coït pénible on douloureux.

Par exemple, un cheval atteint d*éparvins secs ou calleux, qui fera de pénibles efforts pour saillir, que produira-t-il en comparaison d'uu autre cheval pareil à lui, sauf ce cas ?

Les enfants engendrés dans une orgie, dans les fureurs de la guerre civile, dans les infamies de la terreur, se ressentent-ils des circonstances funestes qui environnent leur conception ?

Et s'ils s'en ressentent, comment se manifestent les symptômes ?

O ÀLT1TCD0 !

J'ai cru m 'apercevoir que si la jument et rétalon étaient au même régime, il y avait plus de chances de conception.

Je crois qu'un étalon vigoureux peut saillir tous les jours, et deux fois par jour, de deux jours l'un., comme maximum.

11 ne doit pas servir plus de trente juments par saison. Si plus, Tétalon dure moins de temps.

11 y a moins de poulains.

Les poulains sont inférieurs.

11 y a peut-être encore beaucoup à dire sur ce sujet. Mais on ne peut pas se souvenir de tout, et dYilleurs il faut se borner, on ne saurait tout écrire.

Amener la jument à Tétalon un peu vite, un peu animée, un peu en sueur ; la ramener le plus tranquillement possible, est je crois une bonne chose. Qu'on me dise si c'est la ce qui se pratique généralement !

Somme toute, pour assurer la fécondation des juments, il y a un ensemble de précautions à prendre, un système à suivre. J'ai le mien, je le dis h qui veut l'entendre; on en prend, on en laisse, on m'approuve, on me critique.

Souvent on m'a adressé ce reproche : pourquoi vos juments sont-elles plus fréquemment pleines que celles que nous envoyons à vos étalons ?

Cest que j'ai mes juments et mon étalon sous la main et je les gouverne à mou idée. Je présente les vôtres le jour où il plaît à vos domestiques de me les amener.

M. de la Bourdonnaie, je crois, répondait d'une manière analogue pour expliquer sa fortune personnelle et la ruine de la compagnie des Indes.

Page 1