ÉPILOGUE
Nec Jovis ira, née ignés.
Otide.
11 ne s'agit pas, pour avoir raison aujourd'hui, d'être de l'avis de tout le monde.
Mon œuvre est terminée, j'ai dit sur le cheval tout ce que je sais, tout ce que je crois. Je me flatte d'avoir établi ce que doit être le cadre de la science ; et ce cadre, je l'ai rempli de mon mieux.
Je ne dirai pas, extqi monumentum, parce que mes idées, fussent-elles justes, auraient besoin, pour être utiles, d'être comprises, expérimentées, consacrées, et cela n'est pas, ni près d'être.
J'ai passé en revue les divers systèmes, analysé les doctrines les plus opposées, esquissé l'histoire et les opinions des partis, des coteries dont se compose le monde hippique et qui le divisent.
Je me suis efforcé de démontrer que chaque individu, chaque faction péchait en prenant pour uu ensemble de vérités quelques petites parcelles d'expérience et de pratique, bonnes tout au plus à composer la plus insignifiante spécialité ;
Tandis que la science, au contraire, comporte la connaissance approfondie de tous les détails, leur apprécialion respective et leur emploi judicieux pour le bien général, pour l'exécution d'un système vaste et bien ordonné,
se rapprochant autant que possible des lois de la nature.
Je suis assez orgueilleux pour penser qu'on arriverait à un résultat satisfaisant par l'exécution ponctuelle de mes principes sur une vaste échelle.
Nul particulier ne pourrait tenter une semblable entreprise. L'Etat lui-même s'exposerait à des sacrifices, parce qu'on n'a jamais rien gagné à faire de la science pour la science, de l'art pour l'art.
Chaque année, dans chaque pays, des physiciens et des chimistes se ruinent en expériences, pour que, par-ci, parlà, le commerce et l'industrie s'emparent de quelque découverte secondaire et lui fassent rapporter des millions. Telle est la loi, il faut y obéir.
Jetons maintenant un coup d'œil sur ce que l'on peut appeler véritablement les institutions hippiques de la France, c'esUa-dire, les mesures prises depuis le commencement jusqu'aujourd'hui par l'administration publique ;
Sur les efforts tentés par des sociétés particulières, ou des réunions quelconques pour le perfectionnement de l'industrie chevaline.
Après avoir exposé ce que je crois être la science, il m'est permis, je l'espère, d'examiner comment cette science a été généralement comprise et pratiquée.
Voyons si les masses , les associations , le Gouvernement, ont fait réellement ce qui devait être fait pour encourager et guider les particuliers dans la carrière de Pclevage.
Je commence par les règlements de police. Je vois régner partout un esprit de justice et de sollicitude, mais qui n'est pas malheureusement éclairé par la connaissance spéciale et rentente du sujet.
postes.
Les postes étaient tarifées d'après le nombre des voyageurs, et non d'après le poids des voitures. Chaque voyageur présent dans la voiture payait un cheval, et, sauf certaines modifications, avait droit de le faire atteler.
11 résultait du règlement, qu'un commis voyageur seul, dans une petite voiture lourdement chargée (de lingots si vous voulez), payait trois fois moins et avait le droit d'exiger autant de vitesse que six hommes sans bagage aucun dans le plus léger phaéton.
Et cependant, à celte époque, nos routes étaient munies de nombreuses bascules. Etait-il donc si difficile d'établir que chaque voiture pesant tel poids devrait être attelée de tant de chevaux , et marcher à une vitesse qui dépendrait du prix donné et du nombre des chevaux attelés?
De celte manière, le voyageur pressé eût été rapidement et à grand frais ; tout autre eût pu marcher plus lentement et avec plus d'économie.
A qui était confiée la surveillance des postes ? Aux inspecteurs des finances !
Mais les chemins de fer ont anéanti les postes. N'en parlons plus !
Voyons, si pour les choses qui subsistent encore, on se
conforme davautage à ce que prescrit la véritable science du cheval.