III. — Formes élémentaires perspectives
158. La notion de perspectivité des formes fondamentales simples peut aussi être étendue aux formes élémentaires en généra!.
Deux formes élémentaires projectives d'espèces différentes sont, dites perspectives quand tout élément de l'une est situé sur l'élément correspondant de l autre.
Par exemple, une courbe du second ordre est perspective à une surface conique qui la contient, si à tout rayon de la surface correspond le point de la courbe situé sur ce rayon.
Une courbe du second ordre est projetée, de l'un quelconque de ses points, au moyen d'un faisceau de rayons qui lui est perspectif. Un faisceau de rayons du second ordre est coupé, par l'un quelconque de ses rayons, suivant une ponctuelle qui lui est perspective. Un système de droites génératrices d'une surface doublement rectiligne est coupé dans les mêmes conditions par l'une quelconque de ses directrices, et ainsi de suite.
Deux formes élémentaires, dont l'une est ainsi engendrée au moyen de l'autre, sont projectives; car à quatre éléments harmoniques quelconques de lune correspondent quatre éléments harmoniques dans l'autre.
Si à chaque point de la courbe du second ordre correspond la tangente en ce même point, la courbe est rapportée perspectivement au faisceau de rayons qui l'enveloppe, et quatre points
harmoniques de la courbe sont les points de contact de quatre rayons harmoniques du faisceau. Par suite :
Deux courbes du second ordre sont projectiles, si les deux faisceaux de rayons qui les enveloppent sont projectifs.
IV.— Relation entre les formes du second ordre et les formes fondamentales simples projectives qui les engendrent.
159. Une forme du second ordre est engendrée par deux formes fondamentales simples projectives entre elles. Ces deux formes fondamentales sont elles-mêmes projectives et perspectives à la forme du second ordre, pourvu qu'un élément quelconque de celle-ci soit assigné comme correspondant aux deux éléments qui l'engendrent.
Quand deux formes du second ordre sont projectives, chacune des formes de la première espèce qui engendrent l'une est projectile à chacune de celles qui engendrent l'autre.
Les deux formes projectives du second ordre sont, en effet, respectivement perspectives aux deux formes de la première espèce, projectives entre elles, qui les engendrent. Il suit de là (47) que deux formes élémentaires projectives peuvent toujours être considérées comme la première et la dernière d'une série de formes élémentaires dont chacune est perspective à la suivante.
Il en résulte aussi que, quand on établit la relation de projeclivité entre deux formes élémentaires, on peut prendre arbitrairement trois couples d'éléments correspondants; mais alors tout élément de l'une des formes a pour correspondant un élément unique et déterminé dans l'autre. Conséquemment :
Quand deux formes élémentaires projectives de la même espèce, par exemple deux courbes du second ordre, sont superposées, elles ont tous leurs éléments unis, ou deux éléments unis au plus.
COURBES PROJECTIVES IDENTIQUES.
V. — Courbes du second ordre rapportées projectivement. Éléments correspondants communs.
ICO. Deux combes du second ordre, qui sont dans un même plan et qui ont un point S commun , sont rapportées projectivement entre elles si deux de leurs points, alignés avec S, se correspondent .
En effet, les deux courbes sont perspectives au faisceau S.
Les deux courbes ont, comme élément uni, chacun des points communs autres que S ; le point S devient
Deux courbes du second ordre, qui sont dans un même plan et qui ont une tangente s commune, sont rapportées projectivement entre elles, si deux de leurs tangentes, concourant avec s, se correspondent .
En effet, les faisceaux du second ordre qui enveloppent les courbes sont perspectifs à la ponctuelle s .
Les deux courbes ont, comme élément uni, chacune des tangentes communes autres que .v; la tangente s
aussi un élément uni, lorsque les | devient aussi un élément uni, lors-
courbes ont une tangente commune en S et, par suite, se touchent mutuellement en ce point.
que les courbes la touchent en un même point et, par suite, se touchent mutuellement en ce point.
Deux courbes du second ordre, rapportées entre elles suivant le mode indiqué à gauche, ont tout au plus trois éléments unis ; car, si elles avaient, outre le point S, quatre points communs, ou trois points communs et une tangente commune en S, elles seraient identiques (72).
Pareillement, les courbes considérées à droite peuvent avoir, tout au plus, trois tangentes unies.