XVIII PRÉFACE
La Géométrie de Staudt est précisémenl celle que Culmann suppose connue de ses lecteurs [*).
Un très-grand nombre de propriétés géométriques peuvent être démontrées, soit à Taide de tracés purement théoriques, grossièrement effectués, soit même sans le secours d*aucune représentation matérielle. Dans Tun et Tautre cas, la pensée supplée à Tabsence des figures ou à leur imperfection. Mais cette imperfection ne peut plus être tolérée quand on demande à la Géométrie des résultats d'utilité pratique. Il faut apporter alors autant de netteté que de rigueur dans le tracé des lignes, dans la détermination des intersections, dans le relevé et l'application des mesures ; il faut, en un mot, s^approcher autant que possible de cette perfection absolue qui est l'essence des conceptions et des démonstrations géométriques (^ ).
L'art du dessin conduit à ce résultat.
Le dessin est le langage de l'ingénieur. Il traduit sa pensée avec une clarté que le langage ordinaire ne comporterait pas. L'ingénieur dessine d'abord tout ce qu'il se propose de faire exécuter. Il fixe et conserve ainsi la forme sensible de ses idées, le résultat de ses calculs et jusqu'à la trace utile de ses tâtonnements. Il n'attend pas d'ailleurs que ses calculs soient achevés pour en commencer la traduction graphique. Les deux opérations marchent ordinairement de front, et c'est souvent au cours même de l'exécution du dessin qu'apparaît la nécessité de déterminer par le calcul les dimensions de certains organes. Il s'en faut, d'ailleurs, que l'utilité du dessin se borne à l'enregistrement passif des résultats calculés, et il n'est pas rare que l'épure fournisse directement des données pour le calcul, ou même des résultats susceptibles d'une application immédiate.
L'idée de soumettre à des règles uniformes ces opérations com-
(*) Nous indiquerons plus loin les règles que nous tTons suivies dans la rédaction do la partie purement géométrique du présent Ouvrage. (') Foir Covanaa, l^e calcul par le trait, etc. Paris, i8/|0. Avertissement