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SIXIÈME LEÇON

AGENTS THERMIQUES (SUITE)

Description des différents procédés. — I. Applications froides : Précautions générales. — A. Procédés avec percussion : douches froides, générales, locales. — B. Procédés sans percussion : affusions, lotions, épongement; drap mouillé; maillot humide; piscine; bains; drap mouillé.

Messieurs,

Procédés hydrothérapiques.

Précautions.

Nous avons terminé l'élude générale des effets physiologiques des agents thermiques et nous allons pouvoir actuellement nous occuper d'une manière à peu près exclusive des divers procédés à l'aide desquels on les fait intervenir dans la pratique. Chemin faisant nous aurons l'occasion de vous signaler encore certains effets particuliers relevant de quelques-uns d'entre eux et que nous avons dû négliger.

En commençant cette seconde partie de notre étude par celle des procédés d'application du froid, nous devons au préalable énoncer les précautions générales que nécessite l'emploi de ces divers moyens.

On doit s'appliquer à prévenir les refroidissements auxquels exposent les pratiques hydrothérapiques et à assurer l'évolution convenable des phénomènes consécutifs ou post-opératoires constituant la réaction.

Il est nécessaire, avant de pratiquer une application froide à la surface du corps, que le sujet soit dans

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des conditions normales au point de vue de la répartition de la température. Aussi faut-il, dans certains cas, le préparer en lui faisant prendre un exercice modéré ou en le soumettant à des frictions légères, partielles ou générales.

La chambre où l'on se déshabille doit être pour les mêmes raisons à une température convenable de 1 6 à 1 8° .

On choisit de préférence le moment du lever ou la matinée dans le but d'avoir une réaction plus facile et plus vive. L'application ne sera pas faite immédiatement ou peu de temps après un repas et on s'abstiendra de pratiques actives le soir lorsqu'approche le moment du sommeil.

Les douches et les bains entiers, destinés à produire une réfrigération intense, doivent toujours être de courte durée. L'application de ces procédés doit cesser avant l'apparition du second frisson ou grand frisson. Quand il est nécessaire d'obtenir une forte action réfrigérante, on retarde le développement de ce frisson en faisant exécuter des mouvements et en pratiquant des frictions.

Il est de règle de laisser un intervalle de plusieurs heures entre deux pratiques, afin que l'organisme reste dans un équilibre normal pendant un temps suffisant. On fait d'ailleurs, au plus, deux applications par jour, séparées par un intervalle de six à huit heures, sauf lorsqu'il s'agit de combattre la fièvre.

Dans tous les cas on doit obtenir le réchauffement de la périphérie du corps après chaque pratique. Au besoin donc on le provoquera à l'aide d'exercices de marche, de frictions, de vêtements chauds, etc.

Lorsque, dans l'emploi de la méthode réfrigérante, il y a tendance au collapsus malgré la mise en pratique

Ti. Kayf.m. — V. 6

Procédés simples.

Avec percussion.

Douche générale.

des précautions que nous venons d'indiquer, on aura recours immédialemenl à l'ingestion de boissons .spiritueuses ou même à 1 immersion dans un bain chaud.

Il sera utile, au début de la cure, de se rendre un compte aussi exact que possible del'impressionnabilité des sujets au froid et de leur aptitude à réagir plus ou moins énergiquement.

Les procédés hydrothérapiques se divisent en procédés simples dans lesquels on fait usage d'une seule application froide ou chaude, et en procédés mixtes ou combinés.

Dans chacune de ces deux sections, nous distinguerons les procédés avec percussion et les procédés sans percussion. Le type de l'application froide, combinée avec la percussion, est la douche. C'est le procédé hydrothérapique par excellence, celui qui, sans conteste, occupe le premier rang.

La douche doit être administrée avec de l'eau dont on puisse à volonté faire varier la température et avec une force de projection également variable, mais connue. Les principales douches sont : la douche en pluie, la douche à colonne, la douche à lames concentriques, la douche en nappe, la douche en cercle, la douche en jet mobile.

L'installation ne doit rien laisser à désirer sous le rapport de l'outillage et de l'aménagement de la salle de douches et de ses dépendances. Sous la douche, à la portée du patient doivent se trouver des appuis pour les bras, appuis qui serviront en cas de gêne respiratoire, et il doit être possible de faire prendre au besoin un bain de pieds chaud avant la douche.

Au début de la cure, on emploie de l'eau fraîche à la

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température de 18 à 15° et une pression faible d'une demi-atmosphère ; plus tard on fait usage d'eau à 12°, puis à 10°, rarement à 8".

Au début la durée de la douche est seulement de 12 à 15 secondes ; plus tard de 30 à 60 secondes, rarement plus longue. Les plus longues douches sont de 120 secondes (2 minutes).

La pression de l'eau est de

10 à 15 mètres ; on a employé au plus des pressions de 20 à 25 mètres. ■

Pour l'administration de la douche en pluie ^ la colonne d'eau aboutit à un arrosoir situé à 3 mètres du sol et percé de trous ayant 1 ou 2 millimètres de diamètre (fig. 3).

Avec les trous d'un millimètre on obtient la poussière d'eau ; avec ceux de 2 millimètres la pluie d'orage.

Il est utile d'avoir, comme à Plombières, un arrosoir articulé pouvant, grâce à une légère inclinaison, permettre à la tête de rester en dehors de la pluie.

La colonne est un gros jet d'eau débité sous un certain angle par un gros tube de laiton de 15 millimètres

11 2 centimètres de diamètre. La douche ainsi produite est le procédé de percussion le plus énergique. Il ne peut être appliqué que sur des parties peu sensibles,

84 LliÇONS DE TIIÉHAPEUTIQUE.

parliculièremenL sur les grosses masses musculaires des membres, et pendant 4 à 5 secondes seulement au début. Ce genre de douche, autrefois assez employé, est à peu près complètement abandonné.

Le dauphin en est un diminutif. Le tube placé contre un mur laisse jaillir, à l'",30 ou 1"',50 au-dessus du plancher, par un orifice plus évasé que celui de la colonne, une sorte de cascade.

Pour la douche eji lames concentrif]ues qui est égale-

Fig. 5. Fig. (i.

Cette variété de douche est moins excitante que la pluie.

La cloche^ produite par une seule fente, en est une simple variante (fig. 5). Elle représente un procédé de percussion moins violent que la colonne.

, AGENTS THERMIQUES. 85

La douche en cercles^ dite aussi en poussière^ est obtenue à l'aide d'un dispositif spécial formé par des cerceaux incomplets (fig. 6), distants l'un de l'autre de 12 à 15 centimètres, indépendants et s'élevant à une hauteur de 1",20. Les cerceaux sont percés à leur face interne de deux rangées de petits trous d'un demi-millimètre de diamètre, et fournissent de petits jets concentriques qui produisent une douche fine circulaire, tandis qu'au centre de l'appareil, au-dessus de la tête

du patient, un arrosoir laisse tomber une légère pluie.

La durée de cette douche doit être courte. L'action qui en résulte est nettement révulsive.

La douche en jet mobile ou lance ajoute à l'action du froid un effet mécanique dont on peut facilement faire varier la puissance en modifiant à volonté la forme du jet et la pression de l'eau.

L'embout ordinaire (fig. 7), ou lance, a un diamètre de 10 à 12 millimètres ou de 15 à 18 millimtères. Le jet qu'il fournit peut être brisé à l'aide d'une palette P ou simplement avec le doigt. Cet embout peut être

«6 LEÇONS Dlî THÉRAPEUTIQUE.

remplacé par une petite pomme d'arrosoir (douche h épingles) ou par une pièce spéciale faisant prendre au jet la forme d'un éventail (fig. 8).

Le jet doit toujours être atténué au moment où il est lancé sur la poitrine et sur l'abdomen; à la lin de la séance il est dirigé sans être brisé, sur les pieds, de manière à produire sur ces parties une vive percussion.

Vous connaissez maintenant d'une manière suffisante les effets de la douche générale pour qu'il me paraisse inutile d'y revenir. Je vous ferai simplement observer que, tout en restant toujours sensiblement les mêmes, ces effets varient, dans une certaine mesure, avec la manière de conduire l'opération.

Lorsque la douche est très courte, elle peut être donnée avec une eau très froide et l'on peut dire que la température et la durée doivent varier en sens inverse.

La douche froide est unpuissant'moyen sthénique qui peut cependant produire une action sédative en amenant une régularisation des grandes fonctions.

Quelques médecins pensent que les malades doivent être préparés à l'emploi de cette pratique par l'usage préalable d'eau dégourdie. Lorsqu'on se conforme à ce précepte, on peut recourir au bout de peu de jours h la douche froide proprement dite ; mais la douche froide très courte (de la durée d'une seconde) peut

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être supportée, ainsi que le fait remarquer Bottey, par les malades les plus faibles et les plus excitables.

Burgonzio fait précéder la douche d'un épongement du front, de la région précordiale et de l'épine dorsale. Il est douteux que ce procédé soit utile. Peut-être cet hydropathe est-il mieux avisé lorsqu'il recommande la douche à colonne sur un angle bien ouvert et d'une durée minimum de 60 secondes, lorsqu'on veut produire une action excitante et une augmentation consécutive de la force musculaire.

Les douches locales sont rarement employées à titre Douches de procédé isolé. Elles interviennent habituellement locales, pendant le cours même de la douche, ou immédiatement après, lorsqu'il est nécessaire de provoquer certains effets locaux. Ces douches présentent de nombreuses variétés parmi lesquelles nous citerons la douche hépatique, la splénïque, la vertébrale, Vépigastrique, Yhyjoogastrique, le bain de siège à eau courante, la douche des pieds, le bain de pieds à eau courante et la douche ascendante.

Priessnitz administrait les douches locales à la colonne; on doit préférer pour les applications sur les diverses régions de l'abdomen le jet brisé ou même l'arrosoir, car il est indispensable d'agir, dans ces cas, avec une grande modération. Dans quelques installations, la douche vertébrale est appliquée à l'aide d'un tube vertical fermé à son extrémité supérieure, mais percé latéralement d'une à trois rangées de trous en face desquels le patient vient se placer de dos.

Le bain de siège à eau courante sert à divers usages et ^ain de siège mérite une courte description. coumute.

C'est un vase à double fond, ayant la forme d'un bain de siège ordinaire (fig. 9). On y a ménagé une

88 LEÇONS Uli TllÉHAPEUTlQUli.

OU plusieurs rangées de Lrous fins dont les axes sont disposés de telle sorte que les jets qui en sortent

Fig. S).

viennent converger vers le centre du bassin. Le liquide s'écoule par le fond.

Le malade, assis sur un petit siège métallique, reçoit

sur les lombes et autour du bassin une douche à épingles. Dans le même appareil se trouve disposé un ajutage vertical percé de petits trous et permettant de donner une douche hémorroïdale ou nnale. Parfois

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aussi, une fente ménagée dans le dossier du bain de siège, ou une triple série de petits trous, permet de donner une douche lombaire en lame ou à épingles.

Au point de jonction du quart inférieur du bain de siège avec les trois quarts supérieurs, un ajutage qui dirige un jet sur le périnée réalise la douche périnéale. Enfin, le même appareil peut servir à donner une douche vaginale à l'aide d'un conduit mobile qui permet de faire pénétrer l'eau dans le vagin où l'on introduit, si l'on veut obtenir une action plus profonde, un spéculum à jour ((îg. 10).

La douche des pieds et des jambes est administrée ^^]\ f^'^^

^ ... ^ épingles.

avec la lance ou avec un appareil spécial réalisant le bain de pieds à eau courante ou à épingles.

C'est, en général, un baquet de bois ou de métal dont

Vis. 11.

le fond forme un plan incliné sur lequel viennent reposer les jambes. De nombreux trous, percés dans la paroi qui regarde la plante des pieds, lancent de petits jets sur les parties inférieures (fig. 11).

On obtient ainsi une énergique action réflexe dans les mollets, dans les cuisses et jusque dans les organes (lu bassin. Il est bon de savoir que cette sorte de douche locale ne tarde pas à produire une sensation très douloureuse.

Caulet, qui s'est servi de la lance et d'eau à 12° et même à 8", a observé que la douche des pieds ainsi administrée pendant 1 à 3 minutes détermine d'abord de la sensibilité, puis une sensation de plus en plus pénible et enfin horriblement douloureuse. A la fin de l'application il a noté du frisson et une extrême petitesse du pouls. Il aurait obtenu par ce procédé une puissante action décongestive des organes du bassin, jetcéphaiique. Burgonzio décrit, sous le nom de jet céphalique^ un filet d'eau projeté avec force qui, partant d'une petite distance du sol, vient frapper le front et les tempes avec de l'eau très froide. L'application de cette douche locale est au début de 2 à 4 minutes et plus tard de 8 à 10 minutes. Pendant les deux premières minutes on éprouve une sensation douloureuse insupportable, mais pendant les suivantes un véritable bien-être. Ce moyen réussirait dans les céphalées rebelles. Douche Enfin, citons encore la douche ascendante^ qui n'est ascendante. ^^^^^^^ lavement à forte pression et à jet continu.

Elle peut être installée de diverses manières. L'appareil de Delmas est un siège creux métallique, en forme de chaise percée, maintenu à une température déterminée à l'aide d'un courant d'eau chaude. Au centre se trouve une cuvette en porcelaine pour recevoir l'eau, cuvette obturée par un siphon hydraulique qui empêche toute odeur (fig. 12).

Un robinet y entretient un lavage à eau courante. La canule est adaptée à un cône mobile, métallique,

AGENTS THERMIQUES. ^ 9i

résistant, qui amène un jet gouverné par un robinet régleur permettant de faire varier la pression. La température de Teau utilisée est déterminée à

sans

percussion.

Aff usions.

Fig. 12.

l'avance par un mélange dans un petit bassin d'alimentation. On se sert au début d'eau tiède et plus tard, mais non toujours, d'eau dégourdie.

Les applications froides sans percussion sont, comme Applications les précédentes, générales ou partielles.

Les ajfmions^ lotions et épongements, se pratiquent avec de l'eau à 25-20", et bientôt, dès que les malades •y sont habitués, avec de l'eau à 12-10°.

Ces pratiques, trop simplespourêtre décrites, ont une durée de 40 à 60 secondes. Pendant que l'eau est versée sur le corps, on fait exécuter des mouvements par le patient, puis l'application est suivie d'une friction sèche modérée.

On peut faire varier le mode d'administration de ces pratiques suivant le but à atteindre. Nous reviendrons sur ce point, à propos des procédés de la méthode réfrigérante.

Drap mouillé. Le dvcip moiiUlé esl également, suivant son mode d'emploi, une pratique hydrotliérapique ou un des procédés de la méthode réfrigérante. Voici, d'après Bottey, comment on s'en sert en hydrothérapie proprement dite.

On choisit un drap de grosse toile et d'une assez grande ampleur. Il est trempé dans de l'eau à 12-8% puis exprimé par torsion. Le malade se mouille le visage, la poitrine, puis reçoit le drap déplié sur les épaules. Ce drap doit envelopper tout le corps à partir du cou et être enroulé autour des extrémités inférieures.

Le malade se frictionne lui-même en avant avec le drap tandis que le doucheur pratique de la même manière une friction à la partie postérieure du corps. Les pieds nus reposent sur le sol et non sur le drap. Les frictions sont continuées pendant 5 minutes jusqu'à échauffement. Le drap mouillé est alors enlevé et remplacé par un drap sec et rèche avec lequel on exécute une courte friction. Cette pratique peut être suivie d'un massage et de repos au lit ou bien, au contraire, après l'habillement, d'une courte promenade.

Quand il y a tendance à la céphalalgie, on applique pendant l'enveloppement une compresse froide sur la tête ou l'on fait prendre après un bain de pied chaud.

Les effets du drap mouillé sont identiques à ceux de la douche, mais moins intenses. Le moyen peut être utilisé au début d'une cure lorsqu'il s'agit d'individus délicats, peu résistants; on peut aussi le considérer comme un bon procédé d'hydrothérapie à domicile. Maillot Le maillot humide était la principale pratique de huin'de. Ppicssuitz. Suivant la manière de l'appliquer, on en tire

AGENTS THERMIQUES. 93

des effets variables. Le procédé hydrotliérapique proprement dit, qui seul doit trouver place en ce moment, est destiné à produire une action toni-sédative.

On trempe un drap dans de l'eau à 12-8°. Le drap, préalablement tordu, est étendu sur une couverture de laine disposée à l'avance sur un petit lit de fer.

Le malade est alors déposé sur le drap et enveloppé successivement dans le drap et dans la couverture d'une manière assez serrée, mais telle que les mouvements respiratoires ne soient pas gênés. L'enveloppement, dans ce cas, dure seulement 10 à 20 minutes; il doit cesser au moment où commence la réaction, quand le pouls tend à se relever. Pendant ce temps une compresse froide est appliquée sur la tête et la fenêtre est maintenue ouverte.

Dans quelques cas, on fait suivre l'application du maillot d'une lotion fraîche pratiquée avec de l'eau à 24-18° et d'une friction. On peut se servir de ce procédé pour préparer les malades à l'emploi de la grande douche.

On donne le nom de piscine^ en hydrothérapie, à une grande vasque construite au niveau du sol et d'un volume de 8 mètres cubes environ. Elle doit être entourée d'une bordure de couronnement et desservie par un escalier doux portant une main courante. Elle a habituellement l-",30 de large sur 2 à 3 mètres de longueur et une profondeur de l'",20 à r,40 au maximum. L'eau y reste immobile où y pénètre brusquement à volonté sous la forme d'une vague. On désigne amsi une lame liquide, sortant sous forte pression au niveau même de la nappe d'eau contenue dans la piscine (fig. 13).

Cette eau est à une température de 10 à 18°. Le

94 LEÇONS DE THÉHAPEUTIQUIÏ.

patient y séjourne un temps qui varie de quelques secondes à une minute. L'effet qu'on en obtient est naturellement en rapport avec la température et la durée du séjour. L'immersion courte est suivie de

Fis. 13.

bien-être, d'effet sédatif et d'une diminution de l'insomnie ; plus prolongée elle tend à produire de la fatigue.

Les bains de baignoire tiennent une place à part en hydrothérapie, car ils ne sont guère utilisés que dans la méthode réfrigérante. Bien que je me sois déjà occupé des divers procédés de réfrigération à propos de la médication antipyrétique (Cours de 1886), je crois utile d'y revenir ici en vous indiquant les divers genres de bains réfrigérants, ainsi que les modifications apportées aux procédés hydrothérapiques ordinaires lorqu'onles utilise spécialement comme moyens antithermiques.

Les bains réfrigérants comprennent le bain froid d'emblée, le bain progressivement refroidi, le demi-bain.

AGENTS THERMIQUES. 95

Le bain froid d'emblée se donne le plus habituelle- Bain froid, ment avec de l'eau à 20°. On a cependant fait parfois usage d'eau plus froide jusqu'au minimum de 15°. Dans certains cas, on se sert d'eau moins froide, de 20 à 25°. Le bain à 20° est le bain froid typique pour les typhoïsants, celui qui est appliqué dans la méthode dite de Brand. La durée de ce bain est de 10 à 20 minutes. L'immersion doit être prolongée jusqu'au moment de l'apparition du second frisson, apparition variable suivant maintes circonstances relatives à la maladie, à son stade d'évolution, à l'individu, etc.

Il faut toujours, dans l'administration de ce bain, prendre un certain nombre de précautions que vous connaissez déjà. Le malade sera donc surveillé soit par le médecin, soit par une personne compétente, qui réglera elle-même tous les détails de l'immersion, de sa durée et qui veillera à la manière dont le patient sera traité à la sortie de la baignoire.

En général, après un essuiement sommaire avec un drap sec, le malade reste enveloppé dans une grande couverture de laine tordue au niveau des pieds et est reporté dans son lit où il reste ainsi jusqu'au retour de la chaleur périphérique, etc.

Le bain progressivement refroidi a une température Bain proinitiale de 33 à 35°. Bientôt cette température s'abaisse ^Teflo-dT' lentement par arrivée d'eau froide ajoutée par un tuyau de fond ou par un tube plongeant et divisé. On pousse le refroidissement jusqu'à 20°. La durée d'un tel bain est de 20 à 30 minutes. L'effet produit équivaut à celui du bain froid à 20° d'une durée de 10 minutes.

Le demi-bain est destiné à rendre plus aisées les Demi-bain.

96 LEÇONS DE THÉUAPEUÏIQIJE.

l'ricLions qui doivent accroîlre la perle de chaleur el rendre la réaction plus facile.

La baignoire est remplie d'eau jusqu'à une hauteur de 30 à 40 centimètres, de sorte que le malade n'est mouillé que jusqu'au niveau de l'ombilic environ. On peut ainsi pratiquer des frictions sur les membres et sur le tronc et faire faire des affusions froides sur la tête.

Ce procédé n'est pas exclusivement réservé à la méthode réfrigérante. On le fait suivre parfois, en hydrothérapie, d'une petite douche en arrosoir, donnée avec de l'eau à 12°.

Les autres procédés de la méthode réfrigérante comprennent les moyens relativement doux : les affusions, les enveloppements, les lotions.

Affusions Les affusions pratiquées dans une baignoire peuvent réfrigérantes. j-^^^^ g^j^g addition préalable d'eau dans la baignoire ou pendant le cours du demi-bain. Elles représentent une des premières pratiques de la méthode réfrigérante et elles ont été rendues célèbres par Currie d'abord, puis par Trousseau, Bartels, Jurgensen, Liebermeister.

Les affusions, malgré leur faible pouvoir réfrigérant, sont, en général, pénibles et plus difficilement supportées que le bain froid. Largement faites, elles procurent cependant un abaissement thermique assez notable. Elles doivent durer au maximum 5 minutes.

Assez souvent, on les combine avec des frictions sur les membres et sur le tronc.

Cette pratique s'est montrée efficace entre les mains de ses premiers promoteurs, pour ramener à la peau une éruption disparue ou sortant difficultueusemeni, pour fixer une ffuxion articulaire dans le cours du

AGENTS THERMIQUES. 97

rhumatisme à forme grave (fièvres éruptives dites malignes, rhumatisme cérébral). Je l'ai souvent employée avec avantage chez divers malades délirants et, en général, dans ce cas, je fais verser sur la tête, dont le sommet est pro tégé par un bonnet ou par une compresse pliée, trois à quatre seaux de 10 litres chaque, remplis d'eau à 12°, pendant le cours d'un demi-bain.

Les affusions hydrothérapiques sont administrées, dans les établissements, dans une baignoire à demi remplie d'eau tempérée. On place une compresse froide sur la tête et on arrose les épaules avec un arrosoir rempli d'eau froide. Quand l'eau est à 12-10° et que la durée de l'application est courte, on obtient un effet excitant. En se servant d'eau plus douce et en prolongeant la durée de l'application, on peut obtenir de la sédation.

Enfin on compte encore, parmi les procédés de Enveiopréfrigération, V enveloppement froid dans le drap p^"^^^* mouillé, pratiqué d'une manière particulière, propre à faciliter la soustraction de chaleur.

Le drap mouillé dans de l'eau fraîche à 24-18° est jeté non tordu sur les épaules et disposé de manière à envelopper tout le corps. On le laisse en place jusqu'à ce qu'il s'échauffe légèrement, en faisant seulement quelques tapotements, avec la main à plat, sur les membres et sur le tronc. Quand le drap s'est échauffé, on peut le remplacer et recommencer plusieurs fois l'enveloppement ou bien encore verser sur le corps, sans retirer le drap, deux ou trois baquets d'eau tempérée.

Bottey, qui recommande ce procédé, le considère comme toni-sédatif en même temps que légèrement antipyrétique.

G. Hayem. — V. 7

Le véritable enveloppement antithermique, le seul qui puisse se pratiquer dans le lit et être appliqué aux malades adynamisés, cyaniques, est le maillot humide, précédemment décrit, avec renouvellement du drap toutes les 5 ou 10 minutes suivant la rapidité avec laquelle il s'échauffe, jusqu'à production d'un fort frissonnement. On emploie ainsi, dans une séance, cinq à six draps. Quatre enveloppements successifs produisent sensiblement le même effet qu'un bain à 20° de 10 à 15 minutes de durée.

Pour exprimer à peu près la valeur relative des divers moyens de la méthode réfrigérante, von Ziemssen et Immermann ont imaginé une formule utile à retenir. En désignant par A les affusions froides, par E les enveloppements, par P les bains refroidis et par F les bains froids, on a :

Remarquez toutefois que le renouvellement des enveloppements dans une même séance permet d'obtenir une action équivalente à celle du bain froid. Arrosement. Pour compléter la description des moyens de réfrigération, je citerai encore le procédé utilisé récemment par Fenwick, de Londres. Il est fondé sur la prodif,ctio?i de froid que détermine Vévaporation de l'eau répandue à la surface du corps.

Après avoir disposé sur un petit lit de fer une couche de mackintosh (toile imperméable) , puis une couverture de laine pliée en quatre, on y place le malade mis à nu et on l'arrose avec un arrosoir plein d'eau pendant environ 10 minutes ou plutôt pendant une durée variable suivant les cas. On s'est servi d'abord d'eau à 10% mais on a reconnu qu'il vaut mieux employer de

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l'eau chaude à 45°. Le moyen serait très efficace, surtout quand il est employé au moment où la température fébrile tend naturellement à décroître.

Jusqu'à plus ample informé, cette pratique nous parait offrir plus d'incanvénients que d'avantages.

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