‹ Leçons de thérapeutique (volume 3)Chapitre 31 sur 72 · N0> PO · texte numérisé non relu

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Les observations de Chauveau ont été confirmées par divers auteurs et complétées, sur certains points, par Boudet de Paris.

En Allemagne, pour obtenir chez l'homme l'excitation unipolaire, on applique une large électrode, dite

(1) PF, PO signiHenl réaction de fermeture et réaction d'ouverture au positif; on aurait pu mettre PFC, POG, etc.; ce qui a été fait plus loin dans les tableaux où il était utile de noter l'intensité plus ou moins grande de la réaction.

colonne vertébrale. On peut également faire plonger un des membres inférieurs jusqu'à mi-jambe dans un baquet d'eau tiède, t^our obtenir des résultats comparables entre eux, il est nécessaire de les relever tous dans des conditions toujours les mômes.

Le pôle, dit actif, est représenté par un tampon qui est placé dans le voisinage immédiat du nerf, par exemple au-dessus del'épitrochlée, pour l'excitation du cubital au coude.

Ilelmholtz admet que cette disposition réalise des conditions physiques analogues à celles de l'excitation bipolaire.

En jetant les yeux sur le schéma (fig. 88), on voit qu'il se forme, sur le trajet parcouru par le courant,

Fig. 88 (d'après Erb).

des sortes de pôles qu'Erb a désignés sous le nom de pôles virtuels.

Dans le présent cas, pour un pôle positif, on a deux pôles négatifs virtuels, c'est-à-dire deux segments au niveau desquels le courant sort du nerf avec une certaine densité.

L action prédominanle au poie applique a une peine distance du nerf est affaire de densité.

Les résultats obtenus cliez Thomme par Brenner, dans des conditions de ce genre, ont été vérifiés parErb.

Je dois vous en présenter un résumé.

Tout d'abord on remarque que le pôle négatif donne surtout des secousses de fermeture, le pôle positif des secousses d'ouverture.

Cette loi générale est conforme avec la loi des secousses de Pfluger, lorsqu'on tient compte des pôles dits virtuels et elle s'accorde avec celle de Chauveau.

L'action du pôle négatif est beaucoup plus marquée que celle du pôle positif. Lorsqu'on emploie ce pôle, les secousses sont brusques, instantanées jusqu'à ce que surviennent les contractures.

Le premier effet obtenu est donc NFC.

Il est nécessaire, pour avoir les autres effets, d'augmenter l'intensité du courant.

Erb admet, suivant l'intensité du courant, les trois degrés successifs suivants :

Les variations qu'on peut observer chez l'homme doivent être rapportées à la situation plus ou moins profonde des nerfs.

En augmentant encore l'intensité du courant, on devrait voir survenir P01>. On ne peut obtenir ce résultat chez l'homme sain.

Pour un même nerf, les conditions physiques de l'exploration restant toujours aussi identiques qpe possibles, les résultats obtenus sont constants.

Degrés.

Résultats produits.

l^r degré (courant faible). . .

2" — (courant moyen) . .

3= — (courant fort)

NFC

NFC — PFC — POG

NFTe - PFC - POC" - NOC

Les resullals peuvent donc servir de guide pour le diagnostic.

Dans les tableaux qu'Erb a dressés, Tintensité des courants employés n'est pas notée en milliampères.

Je vous présente un tableau du même genre, qui résume plusieurs explorations faites sur le nerf cubital de l'homme à l'aide d'un courant d'intensité croissante, mesurée en milliampères :

Intensité. P. négatif. P. positif. . P. après polarisation.

i 4 à 5 NFc ou c'

• j 6 ■ NFC PFc POc

1 9 à 10 NFC PFc' POc'

■ (12 à 13 NFC" PFc' POc POc'

!-14àl5 NFTe PFc' POC

NOc POc' PFC

18 à 20 NFTe PFC POC

NOc' POC PFC

Au-dessus de 20 M. A. (intensité qu'il est difficile de faire supporter) POC>PFC jusqu'à 25 milliampères.

Erb a fait remarquer avec raison que l'exploration d'un nerf, faite dans un but de diagnostic, doit être pratiquée d'après une méthode fixe, invariable. Il procède de la manière suivante :

On commence par le pôle négatif avec un courant d'intensité faible et on détermine trois fois de suite la valeur qui fournit NFC. On augmente ensuite l'intensité du courant jusqu'à ce qu'on parvienne à produire NOC. Cela fait on change de pôle et on recherche PFC et POC.

Quand on veut obtenir la contraction d'ouverture avec le positif, on a soin de laisser passer le courant pendant un certain temps, de manière à accroître l'excitabilité du nerf. L'intensité du courant doit être

une contracUooii tétanique.

Normalement .à h secoiusse simple C (q.ui est marquée c quand elle est très faible) suocèdent des contractions de plus en plus forites qui peuve.ni è-tre notées GC"C'".

Les conditioins d'exploration sont particulièrement favorables lorsqu'il est possible de faire sur le même suje;t, l'examen du côté sain comparativement à celui qui est malade.

J'emploie un procédé sensiblement différent.

Je commence également par placer le pôle N sur le nerf, ce pôle donnant toujours la première réaction, :et après avoir répété deux ou trois fois, pour une faible intensité de courant, les excitations de fermeture et d'ouverture, dont les résultats sont notés, je renverse le courant et j'interroge le pôle P avec la même intensité de courant.

Ce n'est qu'après cette interrogation successive des deux pôles pour une même intensité et pour les fermetures et ouvertures, que j'augmente l'intensité du courant ; puis je recommence la manœuvre avec le négatif d'abord, le positif ensuite, et ainsi de suite.

Ce renversement du courant me semble mettre plus à l'abri des effets de polarisation que le procédé d'Erb.

Les résultats consignés dans la dernière colonne sont ceux qu'on obtient quand la rupture est opérée après une galvanisation du nerf d'une certaine durée.

Vous savez que les muscles sont doués de coîitrac- Réaction des tilité et que cette propriété leur appartieut en propre.

Mais, à l'état normal, on ne peut exciter les muscles sans agir en même temps sur les nerfs. L'action excitante de rélectricité porte donc sur un tissu .complexe

G. Hayem. — v. 20

muscles.

en eiiei qui en résulte est, en quelque sorte, une résultante. Aussi, dans certains cas pathologiques, lorsque les nerfs sont altérés, observe-t-on des modifications dans les réactions musculaires.

La plupart des physiologistes, parmi lesquels je citerai von Bezold, Engelmann, Hering, Biedermann, admettent pour les excitations des muscles une loi analogue à celle qui concerne les excitations des nerfs moteurs. D'après Wundt, cette loi ne se vérifierait que lorsque l'excitation électrique est appliquée à la parlie supérieure du muscle ; elle cesserait d être exacte quand toute la longueur du muscle est comprise dans le courant.

Les faits observés chez l'homme ou chez l'animal non mutilé sont distincts suivant que l'excitation est bipolaire ou unipolaire.

En pratiquant l'excitation bipolaire à l'aide des tampons placés en dehors des points de pénétration des nerfs moteurs, on obtient une contraction limitée aux parties comprises entre les deux pôles et aux parties voisines. La variation de fermeture est seule active ; la contraction à la rupture manque ou est très exceptionnelle. Les secousses musculaires sont moins brusques que celles qui résultent de l'excitation du nerf.

Dans le cas d'excitation unipolaire, la réaction NFC n'est pas beaucoup plus intense que PFC, résultat qui serait la conséquence, d'après Hering, des conditions anatomiques présentées par les muscles. Il se formerait, surtout lorsqu'on opère sur de grosses masses musculaires, des pôles virtuels multiples qui empêcheraient le pôle dit actif de posséder une supériorité marquée d'action.

11 importe de rappeler que le muscle reste tétanisé,

pendant le passage uu couraui et que ceiie pariicuiarité peut rendre moins sensible l'effet de rupture ; toutefois, en opérant sur l'animal et en prenant des tracés, il est facile de démontrer, en commençant par provoquer une variation d'ouverture, que l'effet de fermeture l'emporte.

Après divers physiologistes, Wundt et Boudet de Paris, en étudiant comparativement les effets de l'excitation directe et ceux de l'excitation indirecte du muscle, ont établi qu'à intensité égale, les excitations galvaniques n'agissent pas de la même manière sur le nerf et sur le muscle.

Une excitation incapable de produire le tétanos par l'intermédiaire du nerf, peut déterminer, lorsqu'elle est appliquée sur le muscle, le raccourcissement tétanique ou contraction galvano tonique. A cet égard les deux pôles se montrent également actifs.

Nous aurons plus tard à revenir sur les causes probables de ces différences dans les réactions musculaires Bt nerveuses.

L'excitation unipolaire desmuscles sains chezl'homme m'a donné des résultats que je vous présente sous la ■forme d'un tableau :

Intensité (M. A.). P. négatif. 1^. positif.

b à 6 NFC PFc

8 à 10 NFC PFc'

12 à 15 . NFC PFC

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