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VIN&T-TROISIÈME LEÇON

ÉLECTRICITÉ. — ÉLEGTRISÂTION (SUITE).

UI. ÉLECTuoTnÉn.vpiE GÉNÉRALE.— Modes d'électrisation. — 1° Franklinisalion : description des procédés. — 2» Galvanisation : galvanisation continue, galvanisation labile, galvanisation intermittente.

Messieurs,

Connaissant les principes de l'électro-physique et de l'électro-physiologie, nous pouvons aborder l'étude de la mise en œuvre des divers procédés d'électrisation.

Les premiers essais furent faits, vous le savez, avec Fraukiinisal'électricité de frottement qui avait permis d'obtenir des effets très divers et même des modifications générales de la nutrition.

Plus tard ce genre d'électrisation fut délaissé et remplacé, en Allemagne, par la galvanisation discontinue, prônée par Remak, en France par la faradisation portée à un haut degré de perfection par Duchenne. Dans ces dernières années la franklinisation a été remise en honneur, et elle occupe actuellement une place importante parmi les procédés thérapeutiques.

Les instruments nécessaires pour pratiquer l'électrisation statique consistent en une bonne machine d'influence, un tabouret isolant, un ou plusieurs conducteurs et des excitateurs de diverses formes.

Nous avons déjà recommandé pour les usages médicaux la machine Carré ou celle du type Wimshurst,

à la main. Mais le médecin doit éviter de recourir à un aide dont la présence est souvent gênante.

Il faut donc, autant que possible, emprunter l'énergie mécanique dont on a besoin à un moteur.

A laSalpêtrière un moteur à vapeur, placé dans les caves, met en mouvement une machine dynamo-électrique qu'actionne un moteur électrique disposé dans la cage en verre qui protège la machine. Un tel outillage est trop dispendieux pour le -praticien qui ne traite par l'électricité qu'un nombre restreint de malades. Il est beaucoup plus simple d'avoir une batterie de couples au bichromate ou d'accumulateurs pour mettre en action une petite dynamo reliée aux poulies qui entraînent les plateaux.

On peut également employer un moteur à eau ou à air.

L'effort à produire n'étant que de o à 6 kilogrammètres, l'usage d'un moteur à gaz donnant un demicheval est inutile.

Dans les quartiers où le médecin peut se mettre en relation avec une usinecentrale d'électricité, un moteur électrique relié à la canalisation de l'usine, lui fournira très simplement la force motrice qui lui est nécessaire.

Le tabouret isolant est formé par une planche solide, à angles bien arrondis, portée par des pieds de verre recouvert de laque.

Ces pieds, surtout par les temps humides, doivent être essuyés avec des linges chauds. On peut aussi, suivant le conseil de Danion, isoler le malade au moyen d'une plaque épaisse de caoutchouc.

Le tabouret sur lequel est placé le malade est mis

ducteurs.La forme et les dimensions des conducteurs varient avec les besoins de la pratique. Le plus souvent on se sert de tiges de laiton terminées par des crochets qui permettent de les attacher à un anneau porté par le collecteur delà machine.

Les excitateurs sont des instruments accessoires qui permettent de tirer des étincelles du corps du malade ou de produire la friction, le souffle et les aigrettes.

L'excitateur ordinaire peut servir à plusieurs fins. A cet effet il se compose d'une tige en substance isolan te (verre, ébonite), terminée par une monture métallique qui porte un crochet et un pas de vis (fig. 90). On

Fig. 90.

peut attacher au crochet la chaîna traînante qui passe dans un anneau métallique montée sur une tige isolante. A l'extrémité de l'excitateur on peut visser, selon les besoins, des sphères de métal ou de bois ou des pointes en bois ou en métal.

A. OAIFFE A PARIS

Fig. 91.

à l'aide de la tige à anneau tenue de la main gauche, il dirige la chaîne de terre de manière à l'empêcher de toucher son corps ou celui du patient. Les excitateurs de bois sont préférés lorsqu'on veut modérer l'intensité des eiïets.

Dans le but d'obtenir des étincelles ayant toujours la même longueur, Boudet de Pâris a fait construire un excitateur (fig. 91) formé par un tampon de charbon recouvert d'une peau île chamois mouillée et communiquant avec une sphère métallique logée dans un tube de verre. Une seconde boule portée par une tige peut être enfoncée plus ou moins profondément dans l'intérieur du même tube, de sorte que la distance des deux boules est modifiable à volonté. La tige qui porte cette seconde boule est reliée à la terre. Dans le cas où l'on veut produire des aigrettes, on remplace la boule par une pointe mousse.

Benedikt emploie un excitateur particulier connu sous le nom de cloche électrique. Il se compose d'une demi-sphère creuse à bords tranchants, reliée au sol et placée au-dessus de la tête du malade isolé sur le tabouret. Les bords de la cloche agissent à la façon des pointes. Aussi Chardin a-t-il remplacé la cloche par un disque métallique portant des pointes multiples.

Dans quelques circonstances il est nécessaire de soumettre une certaine région du corps à une action prolongée.

Les excitateurs sont alors maintenus au niveau des

Les différents genres d'électrisation qu'on peut ob- . tenir à l'aide de ces instruments ont déjà été décrits parMauduyt dans un Traité qui date de 1784. On n'y a ajouté que la douche électrique.

Les procédés mis en usage sont le bain électrique, le souffle, l'aigrette, les étincelles, la douche électrique, la friction électrique, la commotion.

Pour le bain électrique ou électrostatique, le ma- Bain, lade est installé sur le tabouret qu'on relie à un des pôles de la machine à l'aide d'un conducteur, l'autre pôle communiquant avec le sol. Nous rappellerons que l'électricité qui intervient n'est pas en équilibre, mais en mouvement.

Lorsque la communication a lieu avec le collecteur d'électricité positive, un courant continu s'établit de la machine au tabouret, du tabouret au malade, du malade à l'air extérieur et au sol. Le sens du courant est inverse quand le bain est électro-négatif. L'écoulement de l'électricité est facilité par les nombreuses pointes que présente le malade.

D'après R. Vigouroux, la résistance du malade interviendrait ici comme dans l'électrisation galvanique : l'intensité du courant, toutes choses égales d'ailleurs, serait d'autant plus grande que la résistance serait plus petite. Or, comme dans la maladie de Basedow cette résistance est très diminuée, les malades qui en sont affectés ne supportent pas le bain électrostatique alors que les hystériques, dont la rés-istance est grande, peuvent rester en rapport avec la machine pendant des heures. Aussi R. Vigouroux donne-t-il le conseil de déterminer, avant tout traitement, la résistance électrique du malade. Ces remarques sont intéressantes pour la

G. Hayem. — V. 22

traverse le corps à la façon du courant de pile et ce fait ne nous semble pas démontré.

On emploie le plus habituellement le bain positif. La durée de la séance varie de quelques minutes à une heure. Elle dépend de la maladie que l'on veut combattre et de l'impressionnabilité des sujets.

Lorsque la séance est terminée, on arrête la machine ou bien on met le pied sur le tabouret pour ramener son potentiel à zéro et on évite ainsi les décharges ou étincelles qui peuvent se produire au moment où le malade descend du tabouret.

Le vent ou souffle électrique s'obtient de la manière suivante. Pendant que le malade est sur le tabouret relié à la machine, on approche du malade, au niveau de la partie sur laquelle on veut agir, l'excitateur armé d'une ou de plusieurs pointes et maintenu à une distance de 3 à 5 centimètres. L'air électrisé est repoussé par la pointe et attiré par le malade chargé d'électricité de signe contraire. Il se produit ainsi un mouvement de l'air ou vent, donnant la sensation d'un courant d'air. La pointe positive donnerait plus facilement, d'après R. Vigouroux, cette sensation que la négative. Il vaudrait donc mieux, dans le cas où l'on utilise ce procédé, donner au malade un bain électronégatif.

Lorsque l'application du vent doit être, de longue durée, l'excitateur mis en place est fixé sur le support précédemment décrit.

Le vent électrique possède des propriétés calmantes incontestables. On le fait intervenir surtout dans les maladies douloureuses.

Lorsque le malade étant installé comme précédem-

bois ou en métal au lieu d'une pointe aiguë, on obtient l'aigrette. La pointe est maintenue à une distance de 2 à 3 centimètres et l'aigrette, visible surtout dans l'obscurité , varie suivant qu'elle est positive (lueur violacée) ou négative. La lueur violacée est accompagnée d'un crépitement particulier; elle possède une action rubéfiante, propre à produire une révulsion.

Quand l'excitateur se termine par une boule et est Étincelle, suffisamment rapproché du corps, on voit jaillir une . étincelle entre la boule et le malade. La quantité d'électricité qui intervient dans la décharge est d'autant plus grande que taboulé est plus grosse. On peut faire varier l'énergie employée, et par suite les effets, < en faisant varier, soit la distance de l'excitateur, soit la . grosseur de la boule.

Si l'on veut atténuer l'effet produit, on peut déchar- I ger partiellement le malade en approchant la pointe t ou la chaîne de l'excitateur du tabouret.

La décharge en étincelles est surtout employée pour 1 l'excitation des nerfs et des muscles. L'excitateur à I tampon de Boudet de Paris est recommandable lors- ' qu'on veut obtenir une action bien localisée.

Vient-on à promener la boule de l'excitateur sur la Friction, s surface du corps en l'appuyant sur les vêtements, on ( obtient la friction électrique. Des étincelles très courttes, mais assez souvent douloureuses, jaillissent entre ll'excitateur et la peau. 11 en résulte une sensation de \ brûlure d'autant plus vive que la friction est plus lente.

La commotion , employée parles premiers promoteurs tde l'électrisation statique, est actuellement abandon- I née.

BenedikL et par Slein n'est, en réalité, qu'une variante du souffle électrique. La cloche doit être fixée au-dessus de la tête, à une hauteur suffisante pour qu'il ne puisse pas jaillir d'étincelles. Les médecins allemands attribuent à ce procédé des effets calmants propres à combattre surtout l'insomnie persistante.

Préceptes. médecin possède, dans ces différents procédés,

une sorte de gamme de moyens permettant d'obtenir des effets plus ou moins intenses.- Il devra les utiliser avec ménagement et d'une manière progressive. Au début, les séances doivent être courtes, de 3 à 5 minutes. Certains praticiens arrivent à faire supporter le bain électrostatique pendant des heures. 11 est rare qu'il soit utile d'en prolonger la durée au delà d'une demi-heure.

Au début du traitement, les séances doivent être journalières. Plus tard, lorsque l'effet produit s'atténue ou que l'amélioration s'est accentuée, on espace les séances progressivement et on n'en fait plus qu'une ou deux par semaine. On donne le conseil de suspendre le traitement pendant la période menstruelle, sauf quand il consiste simplement dans l'administration du bain électrostatique.

Galvanisation. La galvanisation constitue actuellement le moyen le plus souvent utilisé en médecine. Nous en avons fait précédemment une étude suffisante pour qu'actuellement nous puissions décrire en peu de mots les divers procédés qu'elle comporte. Ces procédés sont : la galvanisation continue, la galvanisation interrompue comprenant le mode labile des Allemands et les interruptions proprement dites par fermetures et ruptures

renversements brusques du courant, c'est-à-dire ce quon appelle les alternatives de Volta.

Vous connaissez les instruments nécessaires pour pratiquer la galvanisation dans de bonnes conditions physiques

Il nous reste à insister sur les électrodes, que nous Électrodes, n'avons pas encore eu l'occasion de décrire en détail.

Les électrodes dont l'emploi est le plus répandu T sont les tampons et les plaques.

Les tampons sont vissés sur un manche isolant en. I bois, en ébonite ou en celluloïde, qu'on tient à la main (fig. 92) et qui porte une monture métallique dans 1 laquelle est creusé le trou qui loge ^ ll'extrémité du réophore. Cette mon- v I ture se termine par une vis dont |i 1 l'écrou fait partie de l'électrode pro- i ] prement dite; on y joint parfois un || 1 bouton interrupteur B qui, lorsqu'on 1 1| 1 le presse, détermine une rupture du || ( courant. Le tampon ordinaire a la j| I forme d'un bouton en charbon bon i conducteur, fixé sur l'écrou qui se visse

< dans le porte-électrode. Ce charbon est recouvert I d'une peau de chamois très souple. Ses dimensions : sont très variables. On peut lui donner la forme d'un

• champignon recouvert d'amadou ou d'éponge, ce qui

• est préférable à l'emploi d'une éponge enfoncée dans I un tube métallique.

Pour obtenir des électrodes de très petite surface, on ' visse sur le manche une tige métallique recourbée, 1 recouverte ou non d'un isolant et terminée par une

< ôlive en charbon revêtue d'une peau de chamois. Les

Les électrodes en forme de plaque sont presque toujours placées à poste fixe. Elles sont formées d'une feuille d'étain, en général percée de trous facilitant l'humectation et recouvertes d'agaric et de peau. La plaque d'étain porte une petite monture

Fig. 93.

métallique percée d'un trou et muni d'une vis où l'on adapte l'extrémité du fil réophorique (fig. 93), ou bien elle est fixée à un cordon bifurqué (fig. 94). fj

Les formes et les dimensions de ces plaques sont très variables suivant les cas ; mais il est indispensable d'en connaître la surface en centimètres carrés, de manière à pouvoir apprécier la densité du courant à leur niveau.

Les électrodes doivent toujours être très mouillées avant d'être appliquées sur la peau. A cet effet, avant de s'en servir, on les plonge pendant quelques minutes dans de l'eau froide, ou mieux encore dans de l'eau chaude.

Dans les cas où Ton veut pratiquer la galvanisation labile, on se sert d'une électrode en forme de rouleau (fig. 95), montée de façon à pouvoir être promenée sur la surface du corps.

L'électrode indifférente peut être remplacée par une cuvette ou par un baquet d'eau où le malade plonge la

Fig. 95.

de la pile à 1 aide d un m reopnorique.

On a imaginé, pour des usages spéciaux, un grand nombre d'autres électrodes. Nous aurons à faire bientôt connaissance avec quelques-unes d'entre elles.

La galvanisation continue comprend la méthode Galvanisation

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