‹ Leçons de thérapeutique (volume 3)Chapitre 37 sur 72 · ÉLECTRISATION. — ÉLECTRICITÉ (SUITE · texte numérisé non relu

ÉLECTRISATION. — ÉLECTRICITÉ (SUITE

III. ÉLECTUo-TiiiiRAPiE GÉî<ÉRALE. — Modcs iVélectrisation {suite et fin). — 3° Faradisation. — Des actions thérapeutiques exercées par l'électrisation et choix des moyens à utiliser suivant les cas : 1° Procédés locaux. — Action excitatrice : excitation des nerfs sensibles, parle mode statique, parle mode faradi que; excitation des nerfs et des muscles : réaction de dégénérescence; procédés divers d'excitation des nerfs et des muscles dans les cas pathologiques.

Messieurs,

Nous n'avons plus à nous étendre sur la mise en Faradisation. œuvre de la faradisation.

Parmi les appareils médicaux que je vous ai présentés, il faut faire choix, autant que possible d'un appareil à chariot permettant de graduer l'intensité des courants mieux qu'aucun autre et d'utiliser les courants fournis par des fils de grosseur et de longueur différentes. A défaut d'un appareil de ce genre, il faut pouvoir tout au moins disposer de T extra-courant et du courant d'une bobine à fil fin et long. Il est également nécessaire de pouvoir faire varier à volonté le nombre des interruptions. Pour les interruptions rares, un métronome représente l'instrument le plus précis et le moins sujet aux dérangements.

La faradisation bipolaire est pratiquée avec deux tampons de moyen diamètre, qui seront appliqués à une distance assez courte et pourront souvent être

tampons, de cylindres métalliques creux appelés manipules porte-éponge (fig. 96).

L'excitation polaire ou bipolaire se pratique d'une façon analogue à celle que nous avons décrite pour la

galvanisation. En général le pôle indifférent est relié à une plaque moins large que pour la galvanisation. Le pôle actif peut être relié à une petite plaque ou à un tampon .

Pour l'excitation des nerfs moteurs et des muscles, les plaques sont mouillées. Elles doivent rester sèches quand on cherche à exciter les nerfs sensibles de la peau et à agir par action réflexe. On obtient des effets plus puissants encore à l'aide du pinceau. Pour ce genre d'excitation, on place en un point indifférent et à poste fixe une plaque mouillée, et on promène un tampon sec ou le pinceau sur la région dont on veut exciter les nerfs. Il est bon de sécher la peau et de la saupoudrer, à cet effet, avec un peu de poudre d'amidon.

On doit avoiràsa disposition des électrodes de différentes formes, afin de pouvoir opérer sur diverses parties, telles que l'estomac, l'intestin, la vessie, l'utérus, etc.

Dans certains cas, pour agir sur la face, on se sert de la main comme électrode. Le malade tient une électrode manipule dans la main, le médecin l'autre manipule dans la main gauche et avec la main droite il électrise la face.

Pour épargner au médecin l'inconvénient d'être traversé complètement par le courant, C. W. Millier donne le conseil de fixer une plaque un peu grande au poignet de la main qui doit servir d'électrode.

iVlESSllîUKS,

Vous voici, je pense, suflisamment renseignés sur la Effets théramanière de pratiquer les divers modes d'électrisation. P^^tiq^es.

L'électro-thérapie générale comprend encore la détermination des effets thérapeutiques dus à l'électricité, et celle des moyens les plus convenables à utiliser pour obtenir chacun de ces effets.

Le nombre des maladies dans lesquelles on a fait intervenir avec succès ce puissant moyen physique est considérable, et actuellement il ne saurait être question de mettre en doute la haute valeur des pratiques électro-thérapiques. Il serait oiseux également de chercher à faire un classement parmi les modes d'électrisation au point de vue de leur efficacité générale et de leur importance respective pratique. Tous les modes sont utiles et trouvent leurs indications. Mais vous avez pu voir que nos connaissances sont encore trop peu avancées pour que nous puissions songer à formuler d'une manière précise le mode d'action de l'électricité sur l'organisme. Il paraît seulement certain que cette action est fort complexe, alors même qu'elle intervient sur un organisme sain. A plus forte raison doit-elle être plus obscure, plus difficilement définie, quand nous agissons thérapeutiquement, c'est-à-dire par applications sur des parties modifiées par la maladie ou sur des parties dont le mode réactionnel s'éloigne plus ou . moins de la normale.

D'ailleurs, dans un grand nombre de circonstances, nous ignorons les conditions réelles dans lesquelles nous faisons intervenir l'agent électrique. Nous ignorons à peu près absolument la physiologie pathologique des névroses et de la plupart des maladies du système

précisément ses succès les plus incontestables.

Il serait donc inutile de nous appesantir sur les diverses théories sur lesquelles on a voulu fonder l'emploi rationnel de l'électricité. Les résultats empiriques peuvent seuls, quant à présent, nous servir de guide.

En nous plaçant sur le terrain de la clinique, nous sommes conduit à reconnaître que l'électrisation paraît pouvoir produire trois sortes d'effets thérapeutiques principaux, pouvant être rattachés respectivement à une action excitatrice, à une action sédative, à une action trophique.

Procédés A la vérité, en admettant ces divers modes d'action, locaux. ^^Q^^g décomposons d'une manière un peu arbitraire l'effet toujours complexe de nos procédés thérapeutiques. Cependant cette division est assez étroitement applicable aux procédés locaux ; elle nous offre l'avantage de pouvoir fixer votre attention sur le but principal visé par certains d'entre eux.

Action L'action excitante ou excitatrice se traduit par le réveil de propriétés physiologiques annihilées par la maladie, ou simplement par l'exaltation de ces mêmes propriétés quand elles sont amoindries. Elle peut être obtenue par des procédés locaux et par des procédés généraux.

Les procédés locaux sont les plus nombreux et utilisés surtout pour exciter les différentes espèces de nerfs, les muscles striés et lisses.

L'excitation des nerfs sensibles de la peau comprend plusieurs méthodes.

Comme il est inutile, pour l'obtenir, d'avoir une action pénétrante, on s'adresse surtout aux modes dans

faradique ou au mode statique.

Nous savons déjà que pour exciter les nerfs sensibles à laide du courant induit, il faut se servir du courant de la bobine à fil long et fin et que les intermittences soient rapides. On obtient le maximum d'effet à l'aide du tampon sec ou mieux encore du pinceau.

Les appareils magnéto-faradiques peuvent également être utilisés. On emploie dans ce cas des courants alternativement de sens contraire.

Ces procédés déterminent une forte excitation des nerfs sensibles et, par suite, un réveil de la sensibilité dans le cas d'anesthésie. On n'agit pas ainsi uniquement sur les nerfs directement touchés, car il suffit souvent d'électriser une partie seulement de la surface cutanée pour obtenir, ainsi que Vulpian l'a montré, le retour de la sensibilité dans une zone étendue. Il semble donc se produire une modification du système sensitif tout entier par retentissement de ce genre d'électrisation sur les centres nerveux.

Le mode statique peut également servira exciter les nerfs sensibles de la périphérie.

Les procédés les plus actifs à cet égard sont les étincelles et la friction.

Les efi"ets obtenus à l'aide de ces divers moyens se compliquent d'actions réflexes sur lesquelles nous aurons à revenir.

La méthode excitante acquiert surtout une grande importance quand elle est appliquée aux nerfs moteurs et aux muscles volontaires.

En France, à une certaine époque, sous l'influence des travaux de Duchenne, on s'est adressé, pour exciter

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Réaction de dégéûéresceace.

la laradisation.

Acluellement, tous les praticiens sont d'accord pour employer de préférence la galvanisation discontinue.

Pour bien comprendre cette modification dans la pratique, il est nécessaire de se rendre compte des conditions principales dans lesquelles on est conduit à opérer.

Je suis ainsi amené à vous faire connaîtrebrièvement les modifications éprouvées par l'excitabilité des nerfs moteurs et des muscles dans certains cas pathologiques.

La question de séméiologie et de diagnostic que nous allons aborder offre une grande importance pour le thérapeutiste. Elle concerne particulièrement un ensemble de faits connus sous le nom de réaction de dégénérescence.

Enl859 Baierlacherremarqua que, dansla paralysie faciale périphérique, les muscles perdent leur contractilité faradique, tout en conservant leur contractilité galvanique. Ce fait intéressant avait déjà été vu par Hallé.

Plus récemment Erb, Leegaard et depuis, beaucoup d'autres, en ont fait une étude approfondie.

La réaction de dégénérescence, communément représentée par DR, est dite complète lorsqu'on peut relever tous les caractères qui la distinguent ; elle peut être incomplète ou partielle.

Lorsqu'elle est complète, il s'agit habituellement d'une paralysie motrice par altération du nerf correspondant.

Pour en prendre une connaissance exacte, il faut tenir compte des faits révélés, d'une part, par l'exploration du nerf, de l'autre, par celle des muscles.

suivants :

Pendant environ vingt-quatre à quarante-huit heures après le début de la lésion nerveuse, l'excitabilité électrique du nerf est augmentée.

Vers le deuxième ou le troisième jour, on observe une diminution de l'excitabilité faradique etgalvanique, diminution dont la marche est progressive. Au bout d'une à deux semaines, l'excitabilité électrique est complètement perdue.

La durée de cet état est variable : courte dans le cas où l'affection du nerf est légère, prolongée quand slle est sérieuse, indéfinie dans les cas incurables.

Quand l'excitabilité réapparaît, elle se montre d'abord au niveau de la lésion, puis elle s'étend du côté de la périphérie.

Le retour de l'excitabilité électrique du nerfs'accen- Uie graduellement en suivant une évolution plus ou moins rapide.

Assez souvent l'excitabilité volontaire est rétablie dans le muscle avant que le nerf soit capable de réagir sous l'influence de l'électricité, fait à coup sûr intéressant au point de vue physiologique.

Du côté des muscles l'évolution des phénomènes est la suivante :

L'excitabilité faradique se comporte de la même manière qu'au niveau du nerf. Elle diminue donc progressivement, puis disparaît. Plus tard le retour de cette propriété s'effectue plus tardivement que pour le nerf et elle reste plus longtemps affaiblie.

L'excitabilité galvanique est d'abord diminuée ; elle subit ensuite diverses modifications qualitatives affectant la forme et le mode des contractions. Au moment

lité galvanique augmente avec rapidité. Elle devient parfois extrême, et elle est alors sensible avec des courants qui imprimentàpeineune déviation à l'aiguille du galvanomètre.

En même temps la contraction musculaire se fait d'une manière traînante au lieu d'être brusque; elle devient analogue à celle des fibres musculaires lisses. Cette modification constitue le phénomène le plus important; elle est rendue très apparente lorsqu'on pratique l'examen comparatif du côté sain et du côté malade .

A ces caractères il faut ajouter ceux qui se rattachent aux modifications de la loi des secousses. On a PFC= NFC ou même PFC > NFC.

De plus, les contractions d'ouverture sont plus facilement obtenues qu'à l'état normal, et elles deviennent égales ou prédominantes pour le pôle N, ce qui est l'inverse de ce qu'on observe dans les conditions physiologiques.

Plus tard, au bout de trois à huit semaines, suivant les cas, l'excitabilité galvanique diminue. On est alors obligé de recourir à des courants de plus en plus forts pour faire naître une réaction.

Quand les cas sont incurables, malgré la diminution progressive de la contractilité galvanique, on continue à obtenir pendant très longtemps, parfois pendant des années une réaction avec l'excitation PF. Le cas est moins grave, quand c'est la réaction NFC qui persiste.

Dans les. cas de guérison, le retour à la normale commence toujours par le nerf.

La réaction de dégénérescence présente nécessairement de nombreux degrés et variétés. Lorsqu'elle est

la lenteur de la contraction galvanique eipar la preaominance de l'action de fermeture du positif (PF) sur celle du négatif(NF).

Les cas dans lesquels on a rencontré à un degré quelconque la réaction de dégénérescence sont nombreux.

Citons les paralysies traumatiques ou par compression des nerfs, les paralysies par névrite, les paralysies dites rhumatismales (paralysie faciale notamment), les paralysies d'origine spinale (inflammations aiguës ou chroniques de la substance grise, tumeurs de la moelle) , la paralysie saturnine, les paralysies diphtéritiques et des maladies aiguës, les paralysies syphilitiques.

En résumé, la réaction de dégénérescence est la conséquence d'une altération musculaire secondaire, d'origine trophique centrale ou périphérique.

Elle est pour ainsi dire la preuve de la dégénérescence trophique des muscles, et il est très probable que toutes les particularités qu'elle présente sont la conséquence de l'état anatomique des nerfs et des muscles dont les propriétés physiologiques sont modifiées.

La réaction complète indique, en général, une altération desnerfs périphériques. Lorsquel'altérationqui détermine la réaction de dégénérescence est centrale (médullaire), cette réaction est habituellement incomplète, partielle ; mais il peut y avoir encore d'autres causes de réaction partielle.

La réaction de dégénérescence a donc une importance capitale au point de vue du diagnostic anatomique des lésions des nerfs et des muscles, mais elle ne permet pas à elle seule de reconnaître si l'origine de ces lésions est centrale ou périphérique.

nerescence nous expliquent pourquoi il est préférable dans un grand nombre de caspalbologiquesde s'adresser ti la galvanisation.

En effet, les courants de pile sont les seuls qui puissent mettre enjeu, dans ces circonstances, l'excitabilité neuro-musculaire ou musculaire seule. Ajoutons que l'action trophique de la galvanisation, ainsi que nous le verrons bientôt, est très supérieure à celle que peuvent exercer les autres modes d'él^ectrisation et qu'en conséquence l'emploi du courant de pile facilite très probablement la réparation des organes dégénérés.

Pour toutes ces raisons, on doit placer la galvanisation en tête des moyens d'excitation des nerfs et de^ muscles. "

Le plus ancien des procédés consiste dans l'emploi des courants labiles de Remak.

On fixe une électrode assez large sur un point indifférent et on la relie avec le pôle positif. Le pôle négatif est relié à un large tampon ou mieux au rouleau d'Amussat qui est promené lentement sur les nerfs et sur les muscles. Le courant doit avoir une intensité juste suffisante pour provoquer des contractions nettes. Remak a également relié l'électrode mobile au pôle positif.

L'effet produit est modérément intense dans les cas ordinaires, mais très actif lorsque les muscles sont en état de dégénérescence avancée.

D'après Erb, l'action fortement excitatrice de cette manipulation ne proviendrait pas des fluctuations qui se manifestent dans la force du courant, car on ne verrait presque aucune fluctuation dans les indications du galvanomètre. Pendant le déplacement de l'électrode

treraient successivement aans le aomaine au courani et seraient ainsi excitées.

Depuis les travaux de Chauveau et de Brenner, on donne souvent lapréférence àl'excitationpolaire. Celleci doit être employée sur le muscle pendant la période de perte de l'excitabilité du nerf.

Le plus souvent on relie l'électrode active au pôle négatif (N) ; cependant dans les cas graves où PF devient prédominant, on utilise le pôle positif (P).

Les interruptions du courant, réglées par un métronome, doivent s'élever à un nombre variable avec le mode de contraction des muscles ; elles seront d'autant moins fréquentes que les contractions seront plus lentes.

En cas de lésion centrale avec conservation de l'excitabilité du nerf, on peut recourir à l'excitation unipolaire du nerf moteur. Mais on comprend que ce procédé ne puisse être appliqué que lorsque la lésion est limitée à un département nerveux particulier.

Dans ces divers cas le nombre des interruptions sera de 60 par minute au plus pour des séances de cinq à dix minutes.

Lorsque l'atrophie musculaire par lésion nerveuse est ancienne, l'excitation produite par ces diverses procédés est parfois incapable de déterminer une réaction. Il est alors possible, dans quelques cas, d'obtenir des contractions musculaires en modifiant l'excitabilité des muscles par l'emploi préalable d'un courant non interrompu.

En général, on se sert dans ce but du pôle positif. Après avoir laissé passer le courant pendant quelques minutes, courant dont on augmente très progressivement l'intensité, on pratique des interruptions, ou bien

étant devenu le pôle actif, on fait des interruptions. On emploie quelquefois aussi les alternatives voltaïques ou renversements brusques du courant après polarisation de quelques minutes avec le positif. Ce procédé douloureux est actuellement presque délaissé.

Dans les maladies où les muscles conservent leur excitabilité faradique, on peut utiliser les courants induits.

On aura soin de choisir pour les muscles les extracourants ou les courants de la bobine à fil gros et court, de faible intensité, afin d'éviter une excitation trop forte pouvant être suivie de contracture. J

Pour l'excitation des organes à fibres lisses on s» sert, soit de la galvanisation interrompue avec intermittences rares, soit encore des extra-courants ou des courants de la bobine à gros fil avec intermittences rares (3 à 4 par minute).

Dans ces dernières années, on a employé fréquemment les décharges du condensateur à feuilles d'étain pour pratiquer l'excitation des muscles. On donnera la préférence à ce procédé dans tous les cas où l'on obtiendra une réaction musculaire.

Rappelons encore l'usage des combinaisons des courants continus avec les courants faradiques. Les indications n'en sont pas encore parfaitement précisées.

Enfin, notons que l'excitation des muscles peut encore être provoqué à l'aide des décharges statiques. Celles-ci constituent parfois le seul moyen actif. Dans quelques cas très graves les décharges statiques ne donnent une réaction qu'après polarisation préalable de la région à l'aide du courant de pile.

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