VINGT-SIXIÈME LEÇON
ÉLECTRICITÉ. — ÉLECTHISATION (SUITE).
III. ÉLECTRO-THiiirAPir. GÉNÉRAL):. — Ronsoigneiîienls complémentaires touchani certaines applications locales. — 2» Procédés ridnéraux : faradisation généralisée, galvanisation générale ; galvanisation centrale; bains électriques.
Messieurs,
Procédés Bien que je veuille me borner à une description
locaux .
particuliers, sommaire des méthodes générales de traitement par l'agent électrique, je ne puis pas abandonner le sujet des procédés locaux sans vous donner quelques renseignements complémentaires sur la pratique de ces applications locales. Certains organes, certaines régions du corps exigent, en effet, un outillage particulier et une mise en œuvre un peu spéciale dont nous n'avons pas encore eu l'occasion de parler. Je serai d'ailleurs très bref sur cette partie de nos études, car nous avons déjà eu l'occasion d'en parler à propos de certaines médications et nous aurons encore à y revenir quand nous nous occuperons des traitements.
Tout d'abord je mets sous vos yeux un excitateur particulier, dû à Boudet de Paris. Dans les applications localisées du courant de pile, on est parfois gên par la formation des courants dérivés. Cet inconvénient est surtout notable quand on opère à la face, sur les parois du crâne ou au niveau du cou. L'excitateur à
Un anneau métallique recouveri ue peau au cucimuib (fig. 103), et vissé sur un manche à bouton interrupteur, est mis en rapport avec Fun des pôles de la pile; un bras coudé, isolé du reste de l'appareil par une petite lame d'ébonite, supporte le pôle actif, représenté par
Fig. 103.
un tampon de charbon recouvert de peau de chamois. Cet excitateur a été utilisé surtout par Boudet pour la galvanisation des nerfs ou des muscles de la face paralysies du facial, névralgies du trijumeau, tic douloureux).
Je ne vous indiquerai pas les excitateurs spéciaux, imaginés pour agir sur les organes des sens, car ces détails relèvent surtout de la pratique spéciale. Mais il me paraît utile de vous fournir quelques indications touchant les applications que le médecin est appelé à faire au niveau des cavités internes et des organes à fibres lisses.
L'excitation de l'utérus s'opère le plus souvent à l'aide des courants faradiques. On peut pratiquer une faradisation vaginale simple ou une faradisation intra-utérine. Dans l'un et l'autre cas, dans le dernier surtout, on doit prendre des précautions antiseptiques.
Pour la faradisation vaginale, on peut se servir soit de l'excitateur vulvo-utérin de Tripier (fig. 104) ou de l'excitateur vaginal bipolaire d'Apostoli (fig. 105).
Lorsqu'on emploie ce dernier instrument, il est porté doucement dans le vagin et appuyé légèrement
iciittuiaaLiuu uieiiae, oii uLiiise soiLi exciiaieur utérin simple de Tripier (fig. 106), soit l'excitateur bipolaire d'Apostoli. Dans le procédé de Tripier, le circuit est fermé sur le ventre, au-dessus du pubis, par
Fig. 104.
deux larges tampons aboutissant à un fil réophorique bifurqué. La méthode d'Apostoli concentre les deu pôles dans l'utérus même.
Dans l'un et l'autre cas, l'électrode doit être introduite doucement et aseptiquement jusqu'au fond de la cavité utérine, la région cervicale étant plus sensib
Fig. 105.
à l'électrisation. Ce genre d'application, dont la durée ne doit pas dépasser 3 à 5 minutes, est surtout utile dans l'inertie utérine et les hémorragies qui en sont la conséquence.
Pour la galvanisation utérine, qui peut être faite suivant le mode continu ou suivant le mode discontinu, on introduit dans le vagin un excitateur à éponge, tel que celui de Chéron, le pôle inactif étant représenté
licale (hg. I07j.
La vessie peut être excitée par des procédés analogues.
Pour la faradisation, Duchenne avait imaginé un réophore vésical double, composé de deux tiges mé-
/talliques flexibles, introduites dans une sonde à double courant (fig. 108). Il est plus simple
Fig. lOG. Fig. 107. Fig. 108. Fig. 109.
d'employer la sonde exploratrice de Guy on. Elle se compose d'un petit mandrin métallique terminé par une olive qui se visse à l'extrémité du fil métallique (fig. 109). Imaginée dans le but de se rendre compte de la dimension des rétrécissements, elle représente l'instrument le plus pratique pour effectuer la faradisation soit de l'urèthre, soit de la vessie.
vessie, bouclet de IViris s'est servi d'un disposilil analogue à celui que nous allons décrire à propos de réleclrisalion de l'inlestin. La sonde vésicale creuse (fig. HO) renferme un simple fil de platine et conserve
Fig. 110.
ainsi toute sa souplesse, en même temps qu'elle peut être aussi fine qu'on le désire.
A cette sonde est adaptée un court mandrin creux et branché. A l'une des branches correspond un tube qui permet de vider la vessie et de remplacer l'urine par une certaine quantité d'eau. Comme il importe de se rendre compte de l'intensité de la réaction vésicale, l'autre branche aboutit à un manomètre à eau ou à mercure. On peut ainsi, par une imitation du procédé qui a été imaginé par Mallez pour l'étude de l'énergie de la contraction vésicale, observer et mesurer la plus petite contraction de la vessie.
obtenir des contractions énergiques du paquet intestinal dérive aussi du précédent. Il a été indiqué dans mon cours de l'année dernière à propos de la médir cation antidyspeptique. Je crois utile néanmoins de lui donner une place ici.
Pour éviter les escarres de la muqueuse que pourrait occasionner l'emploi des forts courants nécessaires dans quelques cas, Boudet constitue, à l'aide d'un dis-
positif particulier, une sorte d'excitateur liquide à surface très étendue. Une grosse sonde en gomme (fig. 111) est introduite dans le rectum. Elle est armée d'un mandrin métallique tubulaire dont l'extrémité n'atteint pas le niveau de l'œil latéral de la sonde. Ce mandrin est rattaché par un fil conducteur à un des pôles de la batterie.
Au moyen d'un tube de caoutchouc, il est raccordé à la canule d'un irrigateur ou d'une seringue et on peut ainsi emplir le rectum d'eau légèrement salée.
L'autre pôle de la batterie aboutit à une grande plaque placée, soit dans la région dorsale, soit sur l'abdomen. La méthode la plus active consiste à faire passer un courant progressivement croissant jusqu'à M. A., le pôle positif correspondant à l'électrode
mites, le sens du courant. Bientôt naissent de fortes contractions péristaltiques. On peut les exciter à l'aide de quelques interruptions très espacées.
Pour les procédés analogues, utilisés dans le hiï d'exciter l'estomac, je renverrai à mes leçons sur la médication antidyspeptique.
Dans un assez grand nombre de cas, le traitement électrique a pour but, non plus d'agir sur une région limitée du corps, mais de produire une modification de l'innervation ou de la nutrition générale. On s'adresse alors à des méthodes capables d'impressionner tout l'organisme et qui déterminent des effets complexes. Ce sont les divers procédés d'électrisation générale.
Le bain électrostatique, bien qu'il soit le plus doux, le moins excitant de ces procédés, est doué d'une action thérapeutique indéniable qui le rend précieux dans un assez grand nombre de circonstances. Il a été employé avec succès dans la plupart des névroses par Mund,^ Stein, Benedikt, Charcot, etc. Dans la neurasthénie, Stein recommande le bain d'air positif. Le même genre de bain a été employé par Féré dans les névroses électriques, chez des sujets donnant des étincelles à l'extrémité des doigts ou éprouvant un état de fatigue avec troubles vaso-moteurs, attribuable à une déperdition exagérée d'électricité. On a encore utilisé le bain statique dans l'anémie et dans certaines formes de dyspepsie, rattachées, à tort ou à raison, à un état névropathique.
Les autres procédés d'électrisation générale quHl nous reste à décrire sont la faradisation et la galvanisation généralisées, la galvanisation centrale et les bains électriques.
le malade est placé sur un plateau de cuivre chaud et humide, relié au pôle négatif, ou bien assis sur une large éponge mouillée attachée au même pôle.
Le médecin électrise soit avec la main, soit avec un excitateur à éponge.
On promène d'abord l'électrode active sur le front, la tête, la nuque, puis avec des courants plus forts sur la colonne vertébrale, sur le cou au niveau du grand sympathique, du nerf vague, du phrénique, etc. En passant plus tard au niveau de l'épigastre, on s'y arrête un certain temps. La séance est terminée par une excitation énergique des muscles des membres.
Cette pratique détermine une excitation générale assez intense, capable de susciter du malaise, du tremblement, parfois même la syncope. Au bout de quelques jours, elle amène de la fatigue, des douleurs musculaires, de la céphalalgie et de l'insomnie.
Mais, après un certain nombre de séances, tous ces phénomènes disparaissent, le sommeil revient, l'appétit est augmenté, la circulation se fait avec une nouvelle activité, le volume des muscles s'accroît, les douleurs disparaissent: au malaise des premiers jours succède un sentiment de bien-être.
En réalité donc, l'effet thérapeutique obtenu est une action sédative et reconstituante.
Aussi le procédé a-t-il été recommandé dans les cas de neurasthénie générale et dans les épuisements consécutifs aux convalescences longues et difficiles.
Il a été employé avec succès par Maienfîsch, par Mœbius et depuis par un assez grand nombre d'autres médecins.
La galvanisation générale a été réglée par Vâter von GaivanisatioQ Artens de la manière suivante:
électrode négative fixe, comme pour la faradisation gV nérale, et 1 électrode positive active est représentée par une large éponge de 30 centimètres carrés de surface. Cotte électrode, tout en se déplaçant, ne doit jamais cesser d'être en contact avec les téguments. On la laisse séjourner sur certains points. Vàter fait deux tours supérieurs, deux tours inférieurs, un tour céphalique, un tour rachidien.
Pour le tour supérieur, l'éponge. est placée entre la cinquième et la septième vertèbres cervicales et reste fixe. On règle le courant qui doit être faible et on promène lentement l'électrode sur les parties latérales du cou jusqu'à la fosse auriculo-maxillaire, puis suivant le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien, on descend sur le sternum et on revient transversalement en dehors sur le plexus brachial et de là sur les muscles pectoraux et sur le bras en suivant la gouttière bicipitale. On passe sur le nerf médian, sur les points moteurs du cubital, puis sur les muscles fléchisseurs de l'avant-bras jusqu'au rebord cubital, sur la main, puis surle cô té radial de l'avan t-bras , sur le point moteur du radial, sur le triceps et sur le deltoïde pour revenir au point de départ dans la fosse sus-claviculaire. Le second bras est traité de même.
Après le second tour supérieur, on promène plusieurs fois l'électrode de haut en bas et de bas en haut le long de la colonne vertébrale.
Le tour céphalique consiste à placer l'électrode sur la nuque, puis surle processus mastoïde d'un côté; de là on contourne l'oreille, on passe sur la région temporale, sur le front, puis sur la région temporale du côté opposé, etc., pour revenir au point de départ. Les
baire ; de là on se dirige vers les parties latérales du ventre pour aller exciter les membres inférieurs en commençant par le nerf crural et en opérant comme pour les membres supérieurs.
Chaque tour supérieur et inférieur dure deux à trois minutes; le tour céphalique une demi-minute au plus, le tour rachidien une demi-minute. Le courant doit être faible, surtout lorsqu'on passe au niveau des centres nerveux, des plexus et des gros troncs.
La galvanisation centrale de Beard ou paracentrale de Vàter consiste dans l'application d'une large électrode négative fixe sur l'abdomen, et dans la promenade de l'électrode-éponge, positive, de 30 centimètres carrés de surface, sur les parties qui correspondent aux centres nerveux. On passe d'abord sur le front d'un côté à l'autre, puis sur le centre crânien de Beard, c'est-à-dire sur le sommet du crâne, entre les deux oreilles, les cheveux étant très mouillés. De là on se dirige vers l'occiput, puis vers la fosse auriculo-maxillaire pour descendre sur les parties latérales du cou jusqu'à la cinquième ou la septième vertèbre cervicale, de manière à couvrir le centre cilio-spinal et on termine la séance par une friction le long de la colonne vertébrale. Le courant doit être faible et la durée de l'opération de dix à quinze minutes.
Les effets de la galvanisation générale seraient sensiblement les mêmes que ceux de la faradisation générale.
La galvanisation centrale déterminerait surtout l'amélioration du sommeil, l'augmentation de l'appétit et des forces musculaires, le réveil de l'intelligence, la disparition de la fatigue. On n'observerait pas, après
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duite seulement par la faradisation généralisée.
Les indications de ces moyens généraux sont assez nombreuses. Elles comprennent indépendamment des névroses, les maladies qui s'accompagnent de troubles de la nutrition et qui ont entraîné, par leur longue durée, une déchéance plus ou moins intense de l'organisme.
On admet qu'au cas où l'on veut agir spécialement sur le système nerveux central, la préférence doit être accordée à la galvanisation générale ; que la faradisation générale a une action plus marquée sur la peau, sur les masses musculaires et qu'elle est propre surtout à déterminer une action générale tonique.
Quant à la galvanisation centrale, Beard l'emploie spécialement dans les états neurasthéniques, accompagnés seulement d'une légère atteinte de la nutrition générale et des forces musculaires. Dans les autres cas, il donne la préférence à la faradisation généralisée. Baiû L'électrisation généralisée s'obtient encore à l'aide
ictrique. fcains électriqucs , dont l'emploi est relativemen
récent.
D'après Bouillon-Lagrange, l'idée en serait due à Moretin (1864). En 1866, Séré présenta à l'Académie des sciences un modèle de bain électrique composé d'une baignoire de ciment, aux extrémités de laquelle étaient disposées deux plaques de charbon conduisant le courant. A cette époque on fit quelques essais de ces bains à l'hôpital Saint-Louis.
Depuis, le bain électrique a fait l'objet de quelques recherches de la part de C. Paul (1871 et 1880), et il a été étudié plus récemment d'une manière scientifique par Stein, Eulenburg, Lehr, etc.
bain local a été abandonné . Il s agit donc d un bain dans lequel le corps du malade plonge èn entier dans l'eau. Ce bain peut être administré avec le courant de pile ou avec le courant d'induction. Il y a donc un bain faradique et un bain galvanique. L'un et l'autre peuvent être unipolaire ou bipolaire. Enfin Stein a imaginé une pratique particulière à laquelle il donne le nom de douche électrique.
Il est intéressant de se rendre compte des conditions physiques qui se trouvent réalisées par l'immersion du corps dans l'eau.
Au moment où le malade plonge dans le bain, la . résistance du circuit extérieur diminue, de sorte que l'intensité du courant augmente.
Ainsi, pour un certain nombre de couples, on a :
?' étant comme toujours, la résistance intérieure de la pile, R, la résistance extérieure, représentée par l'eau du bain. Cette résistance R devient plus petite quand le malade est dans l'eau. On a, toutes choses égales d'ailleurs :
R' représentant la quantité dont la résistance du circuit se trouve diminuée.
Lehr a démontré que la diminution de la résistance ne provient pas de l'augmentation de la section du conducteur aqueux occasionnée par l'immersion. Cette diminution persiste, en effet, lorsqu'on ramène le niveau de l'eau à la hauteur antérieure. Cette expé-
est traversé par le courant.
Diverses autres considérations physiques et plusieurs expériences faites par Weisflog avec le courant induit, par Stein avec le courant de pile, ont permis d'établir que le corps plongé dans l'eau fait partie intégrante du circuit extérieur et n'est pas, comme l'ont cru quelques auteurs, dans les conditions physiques d'un circuit en dérivation. Les études déjà anciennes de Chauveau, sur l'excitation unipolaire, n'avaient d'ailleurs laissé aucun doute sur ce point.
Tl résulte de là que le bain monopolaire a l'inconvénient de déterminer un courant d'une densité trop élevée au niveau de la partie située hors de l'eau et destinée à fermer le circuit.
On donne, en général, la préférence au bain bipolaire et on se sert d'un nombre de plaques supérieur à deux. En augmentant ainsi la section du conducteur, on facilite le passage du courant, aussi bien à travers le corps qu'à travers l'eau. Les plaques doivent être d'égale surface. En cas contraire, le courant devient trop dense au niveau de la plus petite et le patient éprouve un picotement lorsqu'on emploie le courant galvanique, une secousse musculaire lorsqu'il s'agit du courant faradique. Stein s'est arrêté à la disposition suivante : le pôle positif est relié à une plaque échancrée, placée au niveau delà tête, et le pôle négatif correspond à deux plaques, l'une située aux pieds et l'autre entre les jambes. Les mains du malade doivent être appliquées le long des cuisses.
On a reproché au bain bipolaire d'être le siège de phénomènes de polarisation, d'une part au contact des électrodes et de l'eau, de l'autre au niveau de l'eau et
lieu à des courants inverses contrariant le courant principal. Lorsque les électrodes sont grandes, la densité du courant est faible et les phénomènes de polarisation sont réduits à un minimum. C'esh précisément l'inverse dans le bain unipolaire : le courant devient très dense en certains points où la polarisation atteint son maximum. Il en résulte une sensation très désagréable au niveau des mains mouillées servant à fermer le circuit en dehors de l'eau, et cela particulièrement quand on emploie le bain positif. Il importe de ne pas chercher à rendre l'eau meilleure conductrice en y ajoutant des sels ou des acides, car on irait ainsi à rencontre du but cherché : on entraverait le passage du courant à travers le corps. Par le fait de l'immersion la résistance de l'épiderme est considérablement diminuée et le courant faradique peut, dans ces conditions, agir plus profondément que dans toute autre méthode.
La douche électrique de Stein s'administre de la manière suivante :
Un grand récipient rempli d'eau salée, placé à une certaine hauteur, communique par un tuyau à un appareil à l'aide duquel on peut donner une douche en jet ou une douche en pluie.
A cet appareil est soudée une borne à laquelle on peut fixer le réophore positif ou négatif de la batterie ou de l'appareil d'induction. Le malade, assis dans le bain, est en rapport avec le pôle de nom contraire.
Lorsqu'on ouvre le robinet de l'appareil hydrothérapique, l'eau, sortant par la pomme d'arrosoir ou par l'ouverture de la lance pour venir frapper la peau du malade, ferme le circuit et provoque une forte exci-
trique. La mobilité du tuyau de douche permet do localiser l'action excitatrice, d'ailleurs renforcée par celle de l'eau.
La pratique de Stein présente encore une particularité intéressante. Elle consiste à produire une sorte de massage électrique avec une électrode à rouleau au moment où le malade est sur le point de quitter le bain. Cette application se fait pendant qu'il se tient debout dans l'eau qui sert ainsi d'électrode.
Pour le bain faradique, le plus souvent utilisé, on emploie une bobine à très gros fil, donnant de la quantité et actionnée par deux éléments au bichromate ou par deux accumulateurs. Le bain galvanique exige l'emploi d'une batterie d'intensité, par exemple d'une batterie de 30 à 40 couples au bisulfate, la résistance à vaincre étant assez considérable.
Effets du bain Le bain électrique produit des modifications du électrique. pQ^jg^ de la respiration, de la température, delà sensibilité farado-cutanée ; il permet, en outre, d'exciter les nerfs moteurs et les muscles et il influence la nutrition générale.
D'après Eulenburg, la fréquence du pouls diminue de 8 à 12 pulsations dans le bain faradique et de 10 à 30 dans le bain galvanique. Lehravu survenir des palpitations et de l'arythmie avec les courants de forte intensité.
La fréquence de la respiration est également diminuée (Eulenburg), et ce phénomène est plus marqué dans lé bain bipolaire que dans l'unipolaire (Lehr).
La température du corps s'abaisse constamment, que le bain soit faradique ou galvanique (Lehr).
L'excrétion de l'urée est nettement augmentée par
ment par le Dam monopoiaire negaiii.
L'action des bains électriques est, en somme, d'après les travaux d'Eulenburg et de Lehr, très analogue à celle des bains excitants thermiques ou chimiques. Elle peut aboutir, au bout d'un certain temps, à un effet de sédation générale.
Ces bains oiit été employés empiriquement dans Emploi
, ,1, i> .-T.. 1 1- M - • thérapeutique.
tous les cas ou 1 on a reconnu 1 utilité de 1 electrisation généralisée, c'est-à-dire dans les névroses (hystérie, neurasthénie, hypochondrie, maladie de Basedow, etc.), et dans certaines affections chroniques (arthrite déformante, goutte chronique, dyspepsie rebelle, etc.). Leurs indications sont sensiblement les mêmes que celles de l'électrisation générale. Ce n'est d'ailleurs pas autre chose qu'un procédé d'électrisation générale et souvent le seul qu'il soit permis d'employer lorsque le patient est du sexe féminin.
Les effets produits sont également ceux de l'électrisation générale : amélioration du sommeil, retour rapide et persistant de l'appétit, surtout dans la dyspepsie, régularisation des fonctions intestinales, relèvement de la nutrition générale et par suite augmentation du poids corporel, etc.
D'après Lehr, la durée du bain électrique doit être courte, de dix à quinze minutes, lorsqu'on veut déterminer une action sédative et tonique. Elle peut être portée à trente minutes dans les cas où l'on veut obtenir une diminution de l'excitabilité sensitive et motrice (tremblements, spasmes, contractures, etc.). La température de l'eau est de 32 à 35"; elle doit être plus élevée pour les rhumatisants que pour les autres malades.