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PRESSION ATMOSPHÉRIQUE UTILISÉE COMME AGENT THÉRAPEUTIQUE

Idée générale de l'aérothérapie. — Bains d'air comprimé: description des appareils; effets physiologiques produits par les bains d'air comprimé. — Cure; ses indications.

Messieurs,

Ainsi que vous le savez, au fur et à mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau de la mer, l'air se raréfie, et par suite la pression supportée par le corps diminue. En même temps la composition de l'air est modifiée. Ainsi à 5500 mètres d'altitude un litre d'air pèse moitié moins. De même, quand on s'enfonce dans l'intérieur de la terre, la pression extérieure augmente et la constitution de l'atmosphère est changée, l'air devient plus dense.

Dans l'une et l'autre de ces nouvelles conditions, les échanges gazeux, et par suite la plupart des fonctions, subissent des modifications plus ou moins notables. Aussi l'altitude est-elle un des éléments importants des climats et nous aurons à en tenir compte bientôt, quand nous nous occuperons des effets produits par les climats.

Mais sans obliger les malades à changer de résidence, on a pu, à l'aide d'appareils ingénieux, les soumettre à des atmosphères variables et obtenir ainsi chez eux certains effets particuliers.

Les méthodes mises en usage en aérothérapie réalisent des conditions particulières qui diffèrent sensiblement de celles qui sont la conséquence d'un changement d'altitude. L'habitation en montagne ne peut procurer qu'une diminution de pression sur toute la surface du corps, tandis que les appareils aérothérapiques fournissent à volonté de l'air comprimé ou de l'airarifié. D'autre part, les climats d'altitude agissent d'une manière continue, plus ou inoins prolongée, tandis que les appareils ne soumettent l'organisme à la raréfaction ou à la compression de l'atmosphère que pendant un temps limité. Enfin les méthodes aérothérapiques permettent de faire agir les changements de pression sur toute la surface du corps ou seulement sur l'appareil respiratoire. On doit distinguer, en effet, les bains d'air comprimé et les respirations d'air à pression variable.

Les bains d'air comprimé dérivent de la cloche à plongeur, qui semble, d'après Aristote, avoir été connue des anciens, bien que la découverte en soit rapportée à Sturmius, au xvi° siècle.

En 1786, Smeaton se servit pour la première fois d'une pompe foulante dans le but de faire parvenir dans la cloche à plongeur l'air nécessaire à la respiration.

Les effets produits par cet air comprimé sur l'oreille ainsi que sur la respiration furentremarqués par Hamel en 1820, etplus tard Colladon observa la guérison, par l'usage de la cloche, d'un plongeur dont la respiration était difficile.

Cependant l'emploi thérapeutique de l'air comprimé

Junod, en 1835, fit connaître le premier appareil imaginé pour le traitement des malades. 11 fit voir que dans l'air comprimé le jeu de la respiration est facilité, que la capacité vitale du poumon augmente, que les inspirations deviennent plus profondes et moins fréquentes. Mais dans l'appareil qu'il imagina, les compressions et les décompressions avaient lieu avec brusquerie. Aussi sa méthode fut-elle jugée sévèrement par l'Académie des sciences à la suite d'un rapport fait par Magendie.

Bientôt, en 1840, Tabarié fonde le premier établissement aérothérapique à Montpellier. C'est à lui et à Pravaz (de Lyon) qu'on doit, en 1852, la solution de la question au point de vue pratique. Ces médecins insistent, en effet, sur la nécessité de comprimer et de décomprimer l'atmosphère des chambres pneumatiques d'une manière lente et ils fournissent les moyens d'arriver à ce résultat.

Bien que la méthode soit, vous le voyez, d'origine française, elle ne se répandit chez nous qu'avec peine.

A l'étranger, au contraire, de nombreux établissements d'air comprimé furent installés, en Autriche, en Suède, en Ecosse, en Italie, en Danemark, en Russie, etc.

La pratique de ce moyen thérapeutique nous est revenue de l'étranger il y a quelques années sans avoir subi de notables améliorations, mais appuyée sur des travaux importants, parmi lesquels nous citerons particulièrement l'étude physiologique faite par von Yivenot.

Les bains d'air comprimé sont administrés dans des

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se sert habiLuellementde l'appareil de Tabarié, modifié par Fontaine. Il se compose essentiellement d'une cloche et d'une pompe foulante (fig. 124).

La cloche est constituée par un cylindre et deux calottes hémisphériques , elle représente une chambre d'une capacité moyenne de 8 mètres cubes. On y pé-

rig. T24.

nètre par une porte qui s'ouvre de dehors en dedans. La pression qui y règne est indiquée par un tube en U à moitié rempli de mercure, dont une branche est dans la cloche et l'autre au dehors. Deux tuyaux aboutissent à la chambre pneumatique ; l'un d'eux sert à l'alimentation de la cloche ; l'autre à sa ventilation. Le premier fait communiquer la chambre avec un compresseur hydraulique Fontaine, construit d'après celui qui est employé dans les mines de Ghemnitz. L'air amené sur le plancher de la cloche est évacué par le tube de ventilation qui part de sa partie supérieure.

très.

Dupont, dans l'établissement qu'il dirige, rue des Pyramides, a simplifié cette installation en utilisant l'air comprimé de l'usine de la Villette servant à la mise en marche des horloges pneumatiques de son quartier.

La compression et la décompression s'effectuent lentement au moyen de robinets et, d'une manière générale, on n'arrive qu'à une élévation de pression de 30 centimètres de mercure, représentant deux cinquièmes d'atmosphère.

En étudiant les phénomènes physiologiques produits Effets physio-

. . , , • 1 «■ 1- logiques.

par l air comprime nous n envisagerons que les enets déterminés par les conditions réalisées dans les appareils aérothérapiques.

Les résultats du traitement par l'air comprimé se Appareils

• • • de mesure

faisant sentir surtout sur l'appareil respiratoire, il me paraît important de vous montrer comment on mesure les variations de la capacité vitale du poumon et celles des forces d'expiration et d'inspiration.

La capacité vitale du poumon est appréciée à l'aide du spiromètre. Le plus connu des spiromètres est celui d'Hutchinson, modifié par Wintrich d'abord, puis par Schnepf. Dans ces dernières années, celui qui s'est le plus répandu est peut-être le spiromètre de Galante, que je mets sous vos yeux (fig. 125).

A ces instruments un peu délicats et dont les indications manquent souvent de précision, Dupont a substitué un appareil des plus simples formé de deux vases communicants, reliés entre eux à leur partie inférieure par un tuyau de caoutchouc (fig. 126),

il est fermé à sa partie supérieure par un bouchon de caoutchouc traversé par un tube de verre qui porte un

Fig. 125.

tuyau de caoutchouc à robinet, se terminant par un embout.

On verse de Feau dans le vase ouvert qu'on soulève de manière à faire monter cette eau dans le second vase jusqu'à la division zéro . On ferme le robinet du tube de caoutchouc pour empêcher l'air de pénétrer dans le deuxième vase et l'appareil est prêt à fonctionner. Les deux vases étant placés sur le même plan, le patient fait une inspiration et applique immédiatement ses lèvres sur l'embout. On ouvre alors le robinet

les deux vases de manière que l'eau y soit au même niveau, la ligne d'affleurement dans le vase gradué indique le volume qu'occupe l'air expiré à la pression ■atmosphérique. Cette méthode n'est pas absolument sans défaut ; elle se recommande par sa simplicité. Les forces d'inspiration et d'expiration sont mesurées

Fig. 136.

par des appareils qui ont reçu le nom de pnéomètres ou de pneumatomètres. Le pnéomètre de Marchai (médecin de la marine) est essentiellement constitué par un tube manométrique figurant une circonférence presque complète et communiquant à sa partie supérieure avec un embout dans lequel se font l'inspiration ou l'expiration, selon que l'on veut apprécier la force développée dans l'un ou l'autre de ces deux temps dé la respiration. Des aiguilles indicatrices servent à mesurer les diminutions et les augmentations de pression qui déforment le tube (fig. 127). A la pièce principale de l'appareil, que nous ne pouvons décrire en détail, est annexé un régulateur cylindrique en cuivre.

piration, ou bien celle d'un tube manométrique lorsqu'on mesure la force d'inspiration. Deux robinets et deux soupapes permettent de disposer l'appareil pour l'une ou pour l'autre de ces deux expériences (fig. 128).

Fig. 127.

Pour utiliser l'instrument, les aiguilles et les robinets sont d'abord disposés pour l'inspiration ou pour l'expiration suivant les indications que porte l'appareil lui-même.

S'il s'agit de l'inspiration, l'aiguille sera placée du côté marqué inspiration, en même temps qu'une des aiguilles à maxima, en laissant le point de repère du côté de l'expiration. Puis, faisant une forte expiration, le sujet appliquera hermétiquement l'embout sur ses lèvres et fera la plus large inspiration possible. L'aiguille indicatrice se déplacera en entraînant avec elle l'aiguille à maxima, puis reviendra brusquement au

le cadran le nombre de degrés auquel équivaut l'effort développé. La graduation est telle que chaque degré correspond à une pression d'un centimètre de mercure.

Pour mesurer l'expiration, on renverse les robinets,

Fig. 128.

l'aiguille passe de l'autre côté du point de repère et on met en correspondance avec elle une aiguille à maxima.

Le sujet, après avoir fait une forte inspiration, fait la plus forte expiration possible. La seconde aiguille à maxima indique l'effort produit.

En Allemagne , on utilise habituellement comme pneumatomètre l'appareil aérothérapique de Waldenburg, que nous indiquerons bientôt. Cet instrument est une sorte de gazomètre. Dupont se sert tout simplement des deux vases communicants que je viens de décrire à propos de la spirométrie.

Tous ces appareils de mesu re exposent à des erreurs ; il importe donc, en spirométrie ou en pneumométrie, comme dans toutes les observations de ce genre, de se servir toujours des mêmes appareils et d'opérer dans

G. Hayem. — V. 27

D'une manière générale, l'effort développé pendant l'inspiration est moins considérable que l'etrort d'expiration.

Le rapport serait, d'après Maréchal, de 2 à 3.

De plus, l'effort produit n'est pas forcément proportionnel à la capacité pulmonaire. On peut trouver des muscles inspirateurs et expirateurs vigoureux avec une capacité pulmonaire relativement faible, et réciproquement.

Tout en procédant difiéremment, Briinniche est arrivé à des résultats assez analogues. Cet observateur s'est servi de l'appareil de Waldenburg et a constaté qu'un adulte bien portant abaisse en 10 inspirations le cylindre de cet appareil de 50 centimètres et qu'il l'élève d'une quantité égale en sept expirations seulement. La force d'inspiration serait donc les 7 dixièmes de la force d'expiration. Ce rapport se rapproche de celui que Maréchal a indiqué (2/3).

Il serait, d'après Briinniche, le point important à connaître en raison de sa constance à l'état normal Lorsqu'il est modifié, la force d'inspiration se trouverait relativement diminuée par suite de l'existence de lésions pulmonaires ou parfois simplement d'une insuffisance de fonctionnement des parties supérieures du poumon.

Le premier effet produit par le bain d'air comprimé se manifeste du côté des oreilles. Il résulte de la différence de pression qui s'établit sur les deux faces du tympan, tant que l'air extérieur déprime le tympan sans que l'air de la caisse puisse lui faire équilibre.

,peu d'intensité que lorsqu'il existe du catarrhe de la trompe. Au bout d'un certain temps l'équilibre se rétablit sur les deux faces de la membrane tympanique; il reste néanmoins une légère diminution de l'acuité auditive. Ces douleurs ne se montreraient pas iChez les personnes n'ayant jamais eu de coryza; elles peuvent être atténuées par l'enfoncement d'une boulette de coton dans chaque oreille et par l'exécution de quelques mouvements de déglutition.

Quand la pression voulue est obtenue dans la chambre pneumatique, la voix est altérée ; elle s'élève habituellement d'un demi-ton; l'action de siffler est rendue plus difficile. On note aussi une diminution de l'acuité du goût, de l'odorat et du toucher, et un peu de somnolence. Quelques personnes observées par Foleij auraient éprouvé, au contraire, de l'excitation cérébrale avec loquacité.

Pendant que la pression atmosphérique s'élève, l'espace compris par les gaz intestinaux diminue, ainsi que Panum l'a fait remarquer. Il en résulte une diminution de l'obstacle à l'entrée de l'air dans le thorax. Telle serait, d'après P. Bert, qui a comparé le paquet intestinal à un sac fermé, la seule action mécanique produite par le bain d'air comprimé.

Quoi qu'il en soit, les mouvements respiratoires deviennent plus amples et éprouvent une modification de rythme. L'inspiration est rendue plus facile, l'expiration plus difficile. Le rapport normal de 4 : 5 devient 4:6 — 7 ou 8 et même 11. Le nombre des respirations diminue et ce phénomène, souvent très marqué, ne cède pas immédiatement après la séance.

Ce fait, admis par la plupart des observateurs, est contredit par P. Bert qui n'a pas trouvé de différence sensible dans le nombre des respirations pendant le séjour dans la cloche.

En tout cas, l'augmentation dans l'amplitude des respirations a pour conséquence l'agrandissement de la poitrine. Von Vivenot, en expérimentant sur luimême et en mesurant son thorax au niveau des seins, a trouvé les augmentations suivantes pendant l'inspiration :

Le résultat obtenu dans le cours d'une seule séance va donc en augmentant par suite de la répétition des séances.

Le spiromètre montre d'ailleurs que le volume de l'air respiré (air mis en circulation) augmente.

Ainsi Panum a obtenu une augmentation de 270 centimètres cubes (750 au lieu de 480) après une première séance et une augmentation plus notable encore après une seconde.

La motilité du thorax est d'ailleurs également accrue et la mesure spirométrique de l'air des respirations forcées indique une augmentation sensible de la capacité vitale du poumon. Le bénéfice qu'on obtient ainsi en une séance, et qui est en moyenne de 100 centimètres cubes, augmente pendantlecoursdu traitement, d'abord assez rapidement, plus tard avec plus de lenteur.

Dans les expériences faites par von Vivenot, la ca-

Après 20 minutes — 2 heures .

— 5 séances

— 17 séances

millim

elle s'est élevée dé 7 p. 100 chezBert, de 1 1 p. 100 chez Bagnard. Mais, d'après P. Bert, la ventilation pulmonaire ne serait pas, malgré cela, notablement modifiée, la diminution dans le nombre des respirations venant contre-balancer l'augmentation de la capacité pulmonaire.

Pravaz a fait voir que, pour obtenir de bons effets sur la respiration, il importe de ne pas produire une élévation de pression supérieure à 38 centimètres de mercure. On ne dépasse pas, dans la pratique, 30 centimètres et pour les femmes et les enfants on emploie une pression encore moindre.

L'augmentation de la pression extérieure exerce des effets plus ou moins sensibles sur la peau et sur les muqueuses, où l'on constate en général de l'anémie pendant que le sang est refoulé dans les organes profonds.

Au début il y aurait, d'après J. Pravaz, une accélération passagère du pouls, puis bientôt un ralentissement de plusieurs pulsations, encore notable après les séances.

Von Vivenot a constaté, en outre, un aplatissement du tracé sphygmographique avec disparition du dicrotisme. Ce ralentissement du pouls n'a pas été expliqué d'une manière satisfaisante; il n'a pu d'ailleurs être constaté par P. Bert. Ce dernier observateur a noté une élévation de la tension artérielle chez le chien, mais il a obtenu ce phénomène avec des élévations de pression de 50 à 60 centimètres de mercure, c'est-àdire dans des conditions différentes de celles qui sont ■réalisées par'ïes: appareils thérapeutiques. Il est pro-

On a admis encore que la circulation lymphatique est aussi influencée. C'est là une vue purement théorique.

Pendant qu'à l'étranger, notamment en Allemagne, on se préoccupait surtout de l'action mécanique des bains d'air comprimé, en en exagérant peut-être l'importance, en France Paul Bert entreprenait une longue série d'expériences pour démontrer que tous les phénomènes produits par la compression de l'air extérieur sont la conséquence de l'actioTi chimique exercée par les gaz atmosphériques introduits dans l'organisme par l'intermédiaire du sang.

Il a été conduit à admettre que l'élévation de tension de l'oxygène et de l'azote, résultant de la compression de l'air de la cloche, entraîne des modifications dans la constitution gazeuse du sang et par suite un trouble dans le processus de la nutrition.

On doit ici faire observer, que dans les conditions où s'administre le bain d'air comprimé, l'action chimique invoquée par P. Bert est certainement fort restreinte et qu'on ne peut lui attribuer qu'une part dans l'action générale de la méthode. Il n'est même pas établi que cette part soit la plus large.

Paul Bert, en étudiant la question au point de vue expérimental, a parfaitement mis en lumière la cause dés accidents dus aux pressions exagérées et aux décompressions des gaz accumulés dans le sang par suite de l'augmentation de la tension gazeuse de l'atmosphère pendant le cours de la période de pression. Mais dans la pratique nous ne sommes plus dans les conditions de la cloche à plongeur, que P. Bei*t a reproduites dans ses 'expériences faites à des pressions relativement très

but thérapeutique, il n'a lui-même observé qu'une augmentation très minime des gaz du sang. Cette légère augmentation dans l'absorption de l'oxygène ne coïncide pas avec une modification sensible dans l'excrétion de l'acide carbonique.

Von Vivenot a observé pendant la durée du bain d'air comprimé une augmentation de la température de O^jS en moyenne. Ce résultat est à vérifier, car Stembo a noté l'inverse.

Les recherches relatives aux modifications de l'excrétion d'azote sont insuffisantes. D'après J. Pravaz, Hadra, il y aurait augmentation de l'urée ; d'après Frànkel l'urée ne serait pas excrétée en excès. Les effets des bains d'air comprimé sur la nutrition sont donc encore mal précisés et très probablement peu accusés.

Cependant l'usage de ces bains retentit souvent sur l'état de la nutrition et des forces, mais par une voie détournée, en produisant une augmentation de l'appétit et peut-être une précipitation des digestions. Les malades, de même que l'homme sain, soumis à cette pratique, mangent et digèrent mieux.

Au bout d'un certain temps, le poids du corps augmente, bien qu'après chaque séance on puisse constater une diminution de ce poids, de 40 grammes à 225 grammes environ. Aussi Simonoff et Katschenowsky ont-ils trouvé une diminution du poids du corps quand les sujets sont soumis à un régime identique, une augmentation, au contraire, quand, on, les laisse manger à leur appétit. - ; ■ • w "

'• L'effet produit est analogue à: celui qui résulte de l' emploi des inhalations d'oxygènei..-. ..«:,.

Mode d'emploi.

Indications.

piicuiuaiiquii il pour resuiiai iinal, après une période plus ou moins longue d'excitation et de fatigue, une augmen talion des forces et de l'embonpoinl, un accroissement de vigueur des muscles et particulièrement des muscles de la respiration. Il se joint presque toujours, à ces effets, une action sédative exercée sur le système nerveux.

Les séances de bains d'air comprimé ont en général une durée de deux heures. On emploie une demi-heure pour élever la pression au degré voulu ; on reste à la pression constante pendant une demi-heure à une heure et on met une demi-heure pour la décompression.

Pendant toute la séance, la ventilation doit être active.

Nous avons dit que l'élévation de pression est ordinairement de deux cinquièmes d'atmosphère (30 cent, de mercure), et peut aller jusqu'à trois septièmes d'atmosphère (33 cent, de mercure). Pour les malades affaiblis on ne dépasse pas un cinquième d'atmosphère (15 à 16 de mercure).

La durée du traitement est très variable, suivant les cas. Il faut au moins vingt séances, le plus souvent davantage, pour obtenir un résultat durable.

Presque toujours, il est nécessaire de faire subir au patient une séance par jour; vers la fin du traitement on se contente d'une séance tous les deux ou trois jours avant de suspendre la cure.

L'amaigrissement des malades, l'exagération de l'appétit, indiquent que le traitement n'est plus toléré et qu'il doit prendre fin.

- Les bains d'air comprimé peuvent être utilisés dans un assez grand nombre de maladies. Dans les mala-

elles interviennent en raison de leur action sur la nutrition générale.

On peut rapporter aux effets mécaniques des bains d'air comprimé : 1° la diminution de l'hyperémie pulmonaire dans les inflammations aiguës et chroniques des bronches par refoulement du sang accumulé dans l'appareil respiratoire ; 2° la diminution des sécrétions des muqueuses respiratoires ; 3° la résorption des exsudats inflammatoires, notamment des exsudats pleurétiques; 4" l'augmentation de la capacité pulmonaire dans l'emphysème, le catarrhe chronique, la pneumonie chronique, dans certaines formes de phtisie; 5° l'accroissement de vigueur des muscles respiratoires.

Aux effets chimiques se rapportent : i° l'augmentation dans l'absorption de l'oxygène dont l'utilité est évidente dans les états asphyxiques et dyspnéiques, plus douteux dans les anémies ; 2° l'augmentation des oxydations et des échanges, laquelle peut déterminer des effets favorables dans l'obésité, le diabète, l'arthritisme, les états de convalescence ; 3° l'effet sédatif exercé sur le système nerveux et qu'il faut rattacher peut-être à l'augmentation dans l'absorption de l'azote atmosphérique.

Beaucoup de malades soumis à la cure d'air comprimé sont atteints d'emphysème et de bronchite chronique et, en même temps, d'une affection cardiaque plus ou moins accusée. Lorsque les contractions cardiaques ne sont pas affaiblies, on n'a aucun accident à redouter. Il n'en est pas de même dans les cas où le myocarde est affaibli. Cette circonstance cons-

épinière, du foie, de l'intestin, comme des contre-indications, à cause du refoulement du sang dans les organes profonds par l'excès de pression périphérique. Ce sont là des vues purement théoriques. L'existence d'une fièvre modérée, comme celle qui accompagne les affections subaiguës des voies respiratoires, ne constitue pas une contre-indication au bain d'air comprimé. Mais on devra suspendre cette pratique ou s'en abstenir en cas de fièvre assez intense ou de fièvre hectique.

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