‹ Leçons de thérapeutique (volume 3)Chapitre 44 sur 72 · TRENTE ET UNIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE ET UNIÈME LEÇON

Fadeurs des cliinals ou qualités de l'air almosphérique : composition chimique; humidité, brouillards, nuages, pluie; principes surajoutés, poussières; température de l'air, lumière; densité de l'air; mouvements de l'atmosphère.

Messieurs,

Nous avons employé notre première leçon sur les climats à jeter un coup d'œil d'ensemble sur les conditions principales intervenant dans la constitution des climats. Je vais maintenant étudier avec vous, non moins rapidement, ce qu'on appelle facteurs des climats. On peut dire que tous ces facteurs sont représentés par les diverses qualités de l'air atmosphérique, les éléments climatériques n'appartenant pas en propre à l'atmosphère étant incapables, en somme, d'exercer leur influence autrement que par son intermédiaire.

La question que nous allons aborder présente, pour l'homme, un intérêt de premier ordre, puisque l'air que nous respirons est le principe même de la vie et que des qualités de cet air dépendent en grande partie la santé et la maladie. Aussi a-t-elle attiré l'attention des grands médecins de l'antiquité et notamment d'Hippocrate. Et cependant, nous rencontrerons sur la route que nous avons à parcourir des obscurités regrettables.

Facteur des climats.

Constitution de

l'atmosphère.

Constitution chimique.

L'air ulmosphérique doit d'abord être envisagé au point de vue des variations de sa composition cliimiqiie.

A pression égale, la proportion des principes gazeux qu'on y trouve est à peu près constante. Les faibles variations dans la richesse en oxygène, qu'on y a signalé dans diverses conditions, ne peiivent exercer une influence sensible sur la santé. M

La quantité à'acide carbonique renfermée dans l'air normal, en proportion habituellement très faible, augmente parfois, sans devenir nuisible. Toutefois, celle augmentation présente de l'intérêt, parce qu'en général elle est corrélative de la présence dans l'air de principes hétérogènes qui peuvent être nuisibles.

On a encore signalé dans l'air un principe désigné sous le nom à' ozone et que les chimistes regardent comme une combinaison de l'oxygène avec lui-même. L'ozone paraît offrir un rapport avec les phénomènes électriques qui ont pour siège l'atmosphère, puisque l'électricité de frottement (statique), à laquelle appartient l'électricité atmosphérique, ozonise l'air. flj

A l'état normal on n'en trouve que des proportions^ très minimes, au maximum 1/10000. On attribue néanmoins à l'ozone une certaine importance. Ce n'est pas que cette forme d'oxygène soit capable d'agir à si faible dose d'une manière sensible sur l'organisme, mais les conditions qui amènent son augmentation semblent correspondre à des circonstances intéressantes pour l'hygiène. Ainsi, on ne trouve aucune réaction de l'ozone dans le voisinage des matières en putréfaction, dans les hôpitaux; on constate moins d'ozone dans l'intérieur des villes qu'à la campagne ; il en existe, au contraire, une quantité plus notable au bord de la mer

qu'à l'intérieur des terres, et égalemenl plus dans la montagne que dans la plaine.

Le seul effet sensible des petites proportions d'ozone consiste dans une augmentation du sommeil.

A côté des gaz de constitution, il existe toujours dans Humidité, l'air une certaine proportion de vapeur d'eau. Cette circonstance est, de toutes, la plus importante comme facteur climatérique.

Je dois ici rappeler que la proportion de vapeur d'eau contenue, dans un volume donné d'air, dépend de la température. Il faut donc distinguer Y humidité absolue et Vhumidité relative. La première est la quantité de vapeur d'eau renfermée dans un certain volume d'air. La seconde indique le rapport entre la quantité de vapeur et celle que l'air contiendrait s'il était saturé. Lorsqu'on parle d'air sec ou d'air humide, on veut indiquer par là que la quan tité d'humidité relative est faible ou élevée.

L'humidité absolue varie avec les saisons et suit jusqu'à un certain point les fluctuations de la température; elle est plus élevée en été qu'en hiver. Les variations dans l'humidité relative suivent presque toujours une marche opposée; ce sont elles qui offrent le plus d'intérêt.

D'après Humboldt, le plus faible degré d'humidité relative serait de 23 p. 100. L'air est très sec lorsque l'humidité relative ne dépasse pas 55 p. 100; moyennement sec, lorsqu'elle atteint de 55 à 75 p. 100; moyennement humide, de 75 à 90 p. 100; très humide, de 90 à 100 p. 100.

L'humidité varie, non seulement selon les saisons, suivant la nature des vents dominants, particulièrement lorsque ceux-ci viennent de la mer, mais aussi

iîiS LEÇONS DE THÉRAPEUTIQUE.

aux diverses périodes du jour. Généralement l'iiumidité alteinl, son plus haut degré au lever du soleil et son minimum vers les premières heures de l'après-midi.

A l'humidité atmosphérique se rattachent plusieurs phénomènes météorologiques intéressants : la rosée, les brouillards, les nuages, la pluie.

Les brouillards et les nuages exercent une action modératrice sur les variations de la température ot jouent par suite un certain rôle dans la détermination du climat d'une station.

Quant à la pluie, il est nécessaire d'en tenir compte pour diverses raisons. La quantité de pluie qui tombe en une année est extrêmement variable suivant les régions. Vous savez qu'elle est estimée par sa hauteur à l'aide des pluviomètres. Nulle au niveau du Sahara, elle s'élève jusqu'à 15"" sur le versant sud-est do l'Himalaya.

En climatologie médicale, on doit compter le nombre des jours de pluie par année ou pour chacun des mois de la saison. Cette donnée n'est pas en rapport avec la quantité . Il est également intéressant de noter les heures pendant lesquelles la pluie tombe, car de ce fait dépend le laps de temps que le malade peut passer en plein air.

Dans la montagne, la pluie est remplacée parla neige qui souvent, fort heureusement, tombe uniquement et presque exclusivement le soir ou pendant la nuit. Malgré ces déperditions d'eau, représentées par la pluie ou par la neige, l'air atmosphérique conserve son humidité grâce à l'évaporation.

Le degré du pouvoir évaporant de l'atmosphère dépend de conditions multiples, telles que la température, le degré d'humidité relative, la densité et la violence du vent. Ce pouvoir évaporant a une certaine

importance physiologique, car il règle l'évaporation culanée et en partie les déperditions de chaleur à la surface du corps.

L'humidité atmosphérique est aussi essentielle à la vie des êtres organisés que l'oxygène lui-même. C'est elle, en effet, qui détermine la distribution de la chaleur à la surface de la terre et qui empêche les couches ascendantes d'air chaud d'arriver rapidement dans les régions élevées de l'atmosphère et d'être ainsi perdues pour nous. Tyndall a parfaitement exprimé ce rôle.

« La vapeur d'eau, dit-il, s'oppose à ce mouvement, s'échauffe et enveloppe ainsi la terre comme d'un vêtement de chaleur qui protège sa surface du refroidissement mortel qui se produirait sans cela. »

La vapeur aqueuse est essentiellement opaque; elle empêche le rayonnement de la chaleur et c'est ainsi que le phénomène de la condensation, dû au refroidissement du sol, devient un moyen de protection (Tyndall). Les climats humides offrent, par suite, l'avantage de présenter des variations thermiques relativement faibles entre le jour et la nuit et d'être, par conséquent, plus constants. Mais l'excès d'humidité offre des inconvénients ; il peut intercepter pendant des semaines la lumière et la chaleur et dé terminer des effets déprimants .

L'action de l'humidité sur l'organisme est très notable, mais difficile à définir parce qu'elle est assez complexe. Le degré d'humidité absolue joue un rôle important dans les fonctions respiratoires . L'air absorbe d'autant plus d'humidité en circulant dans les voies aériennes qu'il est plus sec. De là la diminution de l'expectoration dans les climats secs.

L'humidité relative exerce surtout ses effets sur les fonctions de la peau. Dans l'air sec et chaud, l'évapo-

ration culanée est très active; dans l'air sec et froid, c'est surtout l'évaporation pulmonaire qui est excitée. L'air humide et chaud restreint l'évaporation cutanée quand surtout il y a absence de vent. Dans ces conditions, la sueur ne s'évapore pas et les variations de température produisent alors facilement les maladies attribuables à un refroidissement. De plus, l'appétit et les échanges nutritifs sont diminués et il en résulte pour les individus sains de l'inaptitude au travail. Cependant certains malades se trouvent bien, au moins passagèrement, d'un séjour dans une atmosphère humide et chaude, en raison de la diminution de l'irritation de la muqueuse respiratoire.

Mais, d'autre part, ces mêmes conditions favorisent le développement des affections intestinales, en particulier de la diarrhée, et sont également propres à la pullulation rapide des micro-organismes. En tout cas, dans certains climats chauds et humides, la phtisie pulmonaire affecte souvent une marche rapide.

L'air humide et froid présente également des inconvénients.

En diminuant 1 évaporation cutanée et en augmentant la déperdition de chaleur sur la surface du corps, il prédispose aux affections catarrhales et rhumatismales ainsi qu'aux affections rénales.

Une grande quantité de pluie ne constitue pas une condition aussi défavorable qu'on pourrait le croire. Elle débarrasse l'atmosphère des poussières, elle en facilite le renouvellement et en diminue l'humidité relative. Toutefois la pluie devient nuisible lorsqu'elle tombe d'une manière assez continue pour s'opposer à l'exercice en plein air. Les inconvénients qu'elle peut offrir sont surtout notables quand la constitution du

sol est favorable à son imprégnation par l'eau.

La neige produit plutôt de bons effets qu'une action nuisible quand elle est persistante et non exposée à des dégels successifs. Elle purifie l'air, le rend plus transparent et plus translucide, augmente la réflexion de la chaleur solaire et s'oppose à réchauffement de l'air et à la production des vents qui en sont la conséquence.

La composition de l'air est rarement adultérée par Principes des principes chimiques surajoutés. L'ammoniaque, ^^^rajoutes dont on trouve presque toujours des traces dans l'atmosphère et qui peut s'y accumuler en certaine proportion dans quelques circonstances , a moins d'influence sur la vie animale que sur celle des plantes.

Au bord de la mer, l'air renferme des particules salines qui sont absorbées par la voie respiratoire et qui se déposent sur la surface cutanée. C'est à elles en partie que l'air marin doit ses effets toniques.

La pureté plus ou moins grande de l'air doit être prise en sérieuse considération. Vous savez, en effet, que l'air tient en suspension des particules solides nombreuses, mais en proportion très variable suivant maintes circonstances.

Ces particules sont organiques ou de nature minérale .

Parmi ces dernières les plus communes sont le silex, la chaux, le fer. Les particules organiques sont des semences, du pollen, des spores, des œufs, des microbes. Les recherches d'Ehrenberg, de Schwann, de Tyndall, nous ont fourni bien des renseignements intéressants sur ce sujet; mais les expériences de Pasteur, exécutées en 1862, sont celles qui ont acquis le plus de célébrité en montrant pour la première fois

d'une manière éclatante la difîércnce qui distingue, au point de vue de la présence des germes, l'air des glaciers de celui des contrées habitées. Actuellement, grâce à la méthode imaginée par Miquel, on peut apprécier, avec une assez grande exactitude, la proportion des particules étrangères contenues dans un volume donné d'air.

A l'aide d'observations multiples, cet auteur a fail voir que le nombre des organismes inférieurs contenus dans 1 mètre cube d'air varie dans des proportions considérables.

Dans l'air du parc de Montsouris, il oscillait entre 33 et 170 en 1879, tandis qu'il était de 28 au sommet du Panthéon. Il s'élevait à 750, rue de Rivoli, à 5260 dans une chambre de la rue Monge, à 6300 dans une des salles de l'Hôtel-Dieu et à 1 1 000 dans les salles de chirurgie de la Pitié. Dans des recherches plus récentes, le même observateur a comparé l'air recueilli dans des points très différents, mais à des époques très rapprochées.

11 n 'a trouvé aucune bactérie dans le voisinage de la mer de Glace, à une altitude de 2000 mètres ; il y en avait seulement 0,8 sur le lac de Thoune, tandis qu'on en comptait 760 dans l'air du parc de Montsouris et 5500 dans celui de la rue de Rivoli.

Il est donc établi que les schizomycètes de l'air disparaissent dès qu'on atteint une certaine altitude. Freudenreich n'en a plus trouvé aux altitudes de 2100 à 3200 mètres, mais il a reconnu que, même à ces hauteurs, l'air en renferme un certain nombre, mais peu élevé, dès qu'il y a des habitations. La grande pureté de l'air est, vous le voyez, un des caractères importants du climat de montagne.

Après ces considérations sur la composition chimique de Tair atmosphérique, il nous reste encore à nous occuper des facteurs se rapportant à la température derair,àsa densité, au renouvellementde l'atmosphère.

Déjà nous avons pris connaissance des principales Température.

• • • x 1 1 Lumiùre.

conditions météorologiques qui interviennent dans la détermination de la température et dans la production de ses variations.

iNous avons vu que ces conditions sont complexes et capables d'expliquer les écarts de température qu'on observe parfois entre des points très rapprochés.

Notre attention doit se porter actuellement sur le rôle Leurs effets, que joue le facteur température dans l'influence que le climat exerce sur l'organisme. Cette question est loin d'être simple, car il est de toute évidence que les effets attribuables à la température d'un climat sont difficilement isolables de ceux qui se combinent avec eux et qui résultent de l'humidité, de la lumière, de l'altitude, etc.

La chaleur solaire est en quelque sorte la chaleur lumineuse, de sorte qu'elle renferme en soi ce qu'on désigne parfois sous le nom de facteur lumière. Le soleil est, en effet, la source principale et presque unique de la chaleur et de la lumière, tant pour l'atmosphère que pour la surface du sol; la quantité de calorique et de lumière fourni par la lune, parles étoiles, par le centre de la terre est négligeable.

Il faut avoir soin de ne pas confondre la chaleur par rayonnement ou chaleur solaire., avec la chaleur que l'air acquiert par échauffement. Ainsi dans la montagne, vous ai-je dit, l'air est frais (absence d'échauffement) tandis que la chaleur solaire (rayonnement) est intense.

*°* LKÇONS DE THÉRAPEUTIQUE.

La chaleur rayonnante échauffe directemenl les corps qu'elle frappe ; mais elle a un pouvoir calorifique très faible pour les couches d'air qu'elle traverse, car les éléments gazeux, à l'exception de la vapeur d'eau, sont incapables d'absorber la chaleur solaire ; ils sont piathermanes.

La température de l'air à l'ombre" est le résultat de la propagation à l'air de la chaleur absorbée par le sol et en partie aussi de celle qu'apportent les vents échauffés au niveau d'autres points.

Les effets physiologiques produits par la chaleur solaire sont encore peu connus ; il paraît certain, cependant, qu'ils sont très puissants.

A degré égal on supporte cette chaleur plus facilement que celle de l'air. Et cela se comprend, l'air chaud à l'ombre étant en même temps chargé de vapeur d'eau qui supprime l'évaporation cutanée et la réfrigération qui en est la conséquence. Le même individu qui pourra exécuter un labeur très dur sous une chaleur solaire de 49°, se fatiguera très rapidement à l'ombre, lorsque la température de l'air sera de 32 à 35 degrés.

Dans les montagnes où la chaleur solaire est très intense, tandis que l'air est frais et sec, on n'observe jamais d'insolation. De même l'insolation est tout à fait exceptionnelle en pleine mer où les rayons solaires peuvent être très chauds, mais où il y a du vent ou tout au moins un grand renouvellement d'air.

Les rayons lumineux et chimiques du soleil exercent incontestablement une action directe sur le travail moléculaire qui constitue la nutrition intime des tissus.

L'effet bienfaisant qui leur est dû est consacré par

divers dictons. Pline avait déjà écrit : Sol est rcmedionim maximum. Les Méridionaux disent: « Là où n'entre pas le soleil, entre la maladie », et les Italiens : (( Toutes les maladies viennent à l'ombre et se guérissent au soleil ».

Ces faits d'observation vulgaire ont été corroborés par diverses expériences intéressantes.

On sait que les rayons lumineux agissent par leur action chimique sur la végétation : la chlorophylle ne se développe que sous l'influence de laluraière. Moleschott a constaté que des grenouilles, placées dans les mêmes conditions de température, exhalent plus d'acide carbonique quand elles sont exposés à la lumière que lorsqu'elles sont dans l'obscurité. Plus récemment, S. Fubini et A. Benedicenti, en opérant sur divers animaux hibernants, ont vu que le chimisme respiratoire est accru par la lumière, alors même que les animaux sont en pleine léthargie. Vous connaissez aussi les expériences à l'aide desquelles Edwards a mis en évidence le rôle que prend la lumière dans le développement normal des animaux.

Chez l'homme la lumière semble exercer sur la formation de l'hémoglobine une action analogue à celle qui règle chez les végétaux la production de la chlorophylle .

La privation de lumière conduit à l'anémie, tandis que la chaleur solaire favorise la reconstitution du sang. Enfin la pigmentation de la peau, qui survient sous l'influence des rayons solaires, est encore un fait à rapprocher des précédents.

Vous remarquerez que l'efl'et chimique des rayons solaires se manifeste au point frappé. L'air échauffé par conductibilité ne devient pas chimiquement actif :

G. Hayem. — v. 30

il n'y a pas de venl à action chimique. Ainsi que le dit Uadau, l'eflet des rayons chimiques s épuise sur place.

Enfin, la séréîiité du ciel n'est pas sans exercer une influence favorable sur l'ensemble de toutes les fonctions, et même, suivant la remarque de Humboldt, sur les sensations éprouvées par l'homme. Elle contribue ainsi à relever, à soutenir son état moral.

Ajoutons encore que la lumière solaire, si bienfaisante pour nous, est délétère pour nos ennemis, les microbes pathogènes. ^

Koch, H. Martin nous ont fait connaître l'action desl tructive de la lumière sur le bacille de la tuberculosel

Les autres microbes sont, en général, aussi sensible! que celui-ci aux effets produits par les rayons solairea La lumière diffuse agit à cet égard avec plus de lenteuM mais dans le même sens. Peut-être faut -il rapporter au moins en partie, à ces diverses actions de la lumière, le rapport très net qui existe entre la durée de l'insolation dans un lieu et le taux de la mortalité ? La mortalité est d'autant moindre que l'insolation est de plus longue durée.

Quoi qu'il en soit, les particularités relatives à l'insolation doivent être regardées comme constituant le facteur le plus important après les qualités de l'air, lorsqu'on veut porter un jugement sur la valeur d'une station climatérique d'hiver. Il faut qu'il y ait au moins un jour de soleil sur deux et que la durée de l'insolation soit au minimum de six heures par jour (de 9 heures à 3 heures).

Toutes les stations de montagne se font remarquer par la grande intensité de la lumière et par la radiation calorique qui peut, dans les stations alpestres, faire monter le thermomètre, en hiver, jusqu'à 50% si bien

que les malades peuvent se promener sur un sol couvert de neige, avec des vêtements d'été, et abrités par un parasol. Telle est l'intensité, dans ces conditions, de la radiation solaire, qu'il peut en résulter, chez quelques personnes, un certain degré d'excitation du système nerveux. Cette influence de la lumière solaire paraît s'exercer dans quelques cas par l'intermédiaire des yeux; les malades disent alors qu'ils sont impressionnés par « la réverbération » .

Le passage brusque du soleil à l'ombre, qui expose à un refroidissement considérable, devra être évité avec soin.

La chaleur de l'atmosphère due à réchauffement détermine des effets assez variables suivant les sujets. Les Européens en sont souvent incommodés, surtout lorsqu'ils continuent à user des mêmes aliments et des mêmes boissons fermentées que dans leur pays d'origine. Parkes attribue à ce genre de chaleur une influence déprimante qu'il rapporte à une diminution de l'activité nerveuse et au ralentissement des fonctions de la digestion, delà respiration et de la nutrition générale.

Les Européens tombent malades dans les pays dont la température moyenne dépasse de 1 T celle de leur pays : ils s'affaiblissent et s'éteignent au bout d'un petit nombre de générations, à moins qu'ils ne se livrent à des croisements avec les races indigènes. Ces observations prouvent combien il est erroné de croire que les climats chauds conviennent aux individus dont la constitution est délicate ou affaiblie par une maladie chronique.

Les stations d'été choisies dans la zone tempérée, celles d'hiver dans les climats chauds, offrent des températures modérées de 1 3 à 21 degrés.

Dans ces conditions, l'eflet général obtenu consiste en une perte de température moindre que dans un climat plus dur et en une diminution notable des efforts de lutte contre les agents extérieurs. Les sujets robustes et encore jeunes sont plutôt affaiblis que tonifiés. Chez eux on observe une diminution de l'appétit, un ralentissement de la digestion, de la Tespiration, de la circulation et des oxydations, de la lassitude intellectuelle, une diminution delà sécrétion urinaire, corrélative d'une plus grande activité des fonctions cutanées. Les personnes affaiblies sont, au contraire, stimulées et deviennent plus résistantes à la maladie. La chaleur et le soleil paraissent être pour elles des conditions vitales : leurs fonctions nutritives sont accrues et leur poids augmente.

D'autres malades sont, au contraire, en état de bénéficier d'une température basse, plutôt que d'un climat chaud. Nous n'avons pas ici à nous occuper des températures basses extrêmes, mais de celles qu'on rencontre pendant l'hiver dans les stations de la zone tempérée. Ces stations sont favorables aux individus robustes, bien vêtus et suffisamment nourris, dont les fonctions digestives s'accomplissent, par conséquent, d'une manière satisfaisante.

Ces conditions se trouvent réalisées dans certains états pathologiques, tels que le ralentissement de la circulation veineuse, la torpeur des organes intestinaux, les maladies de la nutrition encore peu avancées dans leur évolution. On obtient alors une activité plus grande de la circulation, de la respiration, de l'hématose et un accroissement de l'énergie physique.

Les malades épuisés ou simplement assez affaiblis pour être d'une grande sensibilité au froid, tombent

dans ces stations, dans un état d'engourdissement, de torpeur, qui a été comparé à une sorte d'état d'hibernation. La peau devient bleuâtre et froide, surtout aux extrémités, l'appétit diminue, les fonctions intestinales sont paresseuses, l'intelligence et l'énergie physiques se dépriment.

Il est important, en climatologie, de connaître la Pression, distribution de la pression barométrique. Elle est indiquée sur les cartes par les lignes isobanques. La prédominance des vents, la quantité de pluie dépendent, suivant les régions, de la densité de l'air. Mais on ne sait pas encore quelle influence peuvent exercer sur la santé de légères différences dans la pression atmosphérique, bien que certaines personnes très nerveuses paraissent être impressionnées par ces différences.

La raréfaction de l'air résultant de l'altitude a une action nette dont l'examen ne peut être distrait de l'étude des climats de montagne.

Les mouvements de l'atmosphère qui constituent les venis. vents produisent corrélativement des variations dans divers facteurs du climat, notamment dans la température, la lumière, l'humidité, la pression barométrique.

D'une manière générale, les vents ont pour effet de renouveler et de purifier l'atmosphère. Cependant, dans quelques circonstances rares, ils peuvent servir à transmettre certains germes de maladies. Leur influence sur la santé n'est pas bien précisée.

Si l'on consulte certaines statistiques, on voit que, dans notre continent, les vents d'est coïncident avec une augmentation, les vents d'ouest avec une diminution de la mortalité. Une part de cet eff'et général doit être attribuée à la force du vent, à l'état d'humidité et

de pureté de l'air. D'autre part, si les vents modérés peuvent produire chez les personnes délicates un effet stimulant et tonique, les vents forts, surtout quand ils sont froids, peuvent être nuisibles en augmentant les pertes de chaleur et en intervenant parfois de manière il causer des refroidissements subits.

Un calme absolu de l'atmosphère est également une condition défavorable, surtout lorsqu'il fait chaud et que l'air renferme des organismes pathogènes. Électricité. Enfin, le dernier facteur à considérer est représenté par V électricité atmosphérique. Vous en connaissez déjà les effets qui peuvent être, suivant les cas, excitants ou, au contraire, sédatifs et même déprimants. Je n'ai rien à ajouter à ces données fort générales, les variations de l'état électrique, suivant les saisons dans les diverses stations fréquentées, n'ayant pas faitl'objet de recherches utilisables.

Page 1