TRENTE-DEUXIÈME LEÇON
II. Étude des climats en particulier.— Cllmats maritimes. — Action physiologique. — Stations climatériqiies proprement dites on hibernales : climats maritimes ou insulaires humides ; climats maritimes ou insulaires d'humidité moyenne, chauds, frais.
Messieurs,
J'ai terminé dans la dernière leçon l'exposé des principaux renseignements généraux que j'avais à vous énoncer avant d'aborder l'étude des climats en particulier, ou plutôt des stations climatériques les plus importantes.
Pour procéder avec méthode, il est indispensable de diviser les climats en diverses sections. Les classifications qui peuvent être admises n'ont rien d'absolu; elles varient nécessairement avec les points de vue auxquels on se place pour envisager les climats. Pour les besoins delà pratique, il nous suffira d'adopter la division proposée par H. Weber et qui consiste essentiellement à distinguer deux grandes classes : les climats maritimes, les climats terrestres.
Les climats maritimes sont ceux qui subissent l'in- Climats
n 1 , .1 , ., . T . . maritimes.
liuencede la mer : ils sont par suite insulaires ou cotiers.
Quelques mots suffiront, après les considérations daris lesquelles nous sommes entré précédemment, pour vous tracer leurs caractères communs.
Les climats maritimes sont remarquables par la
constance relative de la température. Les variations qu'y subit la température de l'air y sont beaucoup moins marquées que dans l'intérieur des terres, parce que la mer s'échaufîe sous l'influence du soleil jusqu'à une très grande profondeur et que, pendant la nuit, le rayonnement vers l'espace est amoindri par les brouillards. Le degré hygrométrique de l'air y est toujours très élevé. Comme autres caractères il faut encore citer : la régularité dans la direction et dans l'époque d'apparition des vents locaux; l'élévation de la pression barométrique; la grande intensité de la lumière; la valeur négative de l'électricité atmosphérique, la forte proportion d'ozone ; l'absence de poussière et la présence dans l'air de particules de chlorure de sodium et d'une petite quantité d'iode et de brome.
L'action physiologique de l'air marin a été étudiée par divers auteurs et en particulier parBeneke. Elle est assez notable pour faire subir des modifications sensibles à la nutrition générale^ modifications qui seraient même plus intenses que celles qui sont produites par les bains de mer. Au bord de la mer le corps tend à se refroidir plus rapidement que dans l'intérieur des terres; les échanges nutritifs sont activés et il en résulte une augmentation de l'excrétion de l'urée surtout et de l'acide sulfurique, tandis que l'acide phosphorique et l'acide urique diminuent.
La quantité d'urine est accrue et le poids du corps s'élève. En général on note un abaissement du nombre des respirations et des pulsations, une amélioration du sommeil et de l'appétit et une légère excitation du système nerveux. Ce dernier effet est parfois assez notable pour que quelques individus très impressionnables perdent le sommeil.
Les stations maritimes doivent être subdivisées, au point de vue médical, en stations estivales et stations hibernales .
Les bords de la mer et les îles sont recherchés, en effet, dans deux buts très différents : 1" comme stations maritimes proprement dites où l'effet thérapeutique doit être produit par l'air de la mer et par l'usage des bains de mer; 2° comme stations climatériques.
Dans les premières la cure se fait pendant l'été, bien que dans quelques pays méridionaux le séjour au bord de la mer puisse être recommandé toute l'année. Dans les secondes, au contraire, la cure a lieu l'hiver et s'adresse plus particulièrement aux malades atteints d'affections pulmonaires, notamment aux phtisiques.
Nous ne nous occuperons que de ces dernières, la cure marine devant trouver place plus tard lorsque nous étudierons les eaux minérales chlorurées sodiques.
On subdivise les stations climatériques ou hibernales, celles dans lesquelles on passe l'hiver, plus rarement l'année entière, d'après le degré d'humidité de leur climat qui peut être humide, moyennement humide ou sec .
Les stations maritimes ou insulaires humides sont : stations Madère, les îles Canaries, les Açores, etc. humides.
Madère est la plus connue et la plus agréable. Elle Madère, est située à 690 kilomètres de la côte ouest de l'Afrique Septentrionale, sur le 33° degré de latitude Nord et entre le 16*= et le 17' degré de longitude Ouest. C'est une île divisée en deux parties par une Cordillière, dont le point le plus élevé est à 2000 mètres d'altitude. La capitale, Funchal, se trouve sur la côte méridionale.
Le climat de Funchal est remarquablement égal et doux en toute saison. Il a les principaux caractères suivants : la température moyenne annuelle est de
Ténérifle.
Stations d'humidité moyenne.
IS à 19% sensiblement la même que celle d'Alger. Pendant Thiver la moyenne de température est de 17°; la température la plus basse de la nuit n'est que de 9'. Dans les étés les plus chauds, la température ne dépasse pas 30", la brise de mer rafraîchissant l'air, excepté toutefois au moment où souffle lesiroco.
L'humidité de l'atmosphère est considérable; l'air est pur, sans poussières et très riche en ozone.
Funchal occupe le versant d'une colline qui le préserve des vents du nord. Les malades doivent donner la préférence à la partie orientale de la ville, où l'on trouve de bons logements et une nourriture convenable.
On se rend à Madère fin septembre et on en revient en avril ou en mai. Le caractère prédominant du climat de cette île consiste dans la grande constance de la température. C'est à lui que se rattache principalement l'action générale sédative exercée sur les malades. xMais parfois cette action est déprimante.
Les états morbides qui ont été améliorés à Madère sont le catarrhe chronique du larynx et des bronches, la toux spasmodique, l'emphysème accompagné d'expectoration modérée, la phtisie à forme éréthique.
Un des inconvénients de ce climat humide est de favoriser les flux intestinaux. Aussi la diarrhée est-elle assez commune à Funchal. Pendant les chaleurs, les malades peuvent s'élever sur la Cordillière et trouver un endroit plus frais à Comacha (770 m.).
Ténériffe^ la plus importante des îles Canaries, possède la station de Santa Cruz. Le climat y est sensiblement le même qu'à Madère. Mais les malades n'y trouvent pas le confort nécessaire.
Les climats maritimes ou insulaires à' humidité moyenne sont subdivisés en chauds et en frais.
Chaudes. Les stations chaudes les plus importantes sont Mogador et Tanger (Maroc), Alger, Cadix, Gibraltar, Ajaccio, Palerme, les stations delà Ri\ière du Levant, Venise, les stations de la presqu'île des Balkans, Lisbonne, Vigo, la Corogne, Santander, Saint-Sébastien, Portugalete, Biarritz, Arcachon, la Nouvelle- Zélande.
Vous me permettrez de limiter les détails dans lesquels je dois entrer aux stations les plus intéressantes pour nous.
^*ser. La température moyenne à.' Alger est, d' après Martin et Folley, de 20°. Pendant la saison, de novembre à fin avril, elle est de 14 à 16°. Les variations quotidiennes de la température ne dépassent pas 6 à 8°.
Les pluies sont assez abondantes et prennent parfois la forme d'averses torrentielles; les nuits sont fraîches, les jours presque sans aurore et sans crépuscule. Il est donc indispensable que les malades prennent des précautions le soir. Les vents du nord-ouest, les plus fréquents, soufflent parfois en rafales. En hiver les vents d'ouest prédominent.
Le siroco, qui est redoutable, vient du sud-est et s'y fait sentir plus souvent en été qu'en hiver.
Les malades ne doivent pas habiter la ville même d'Alger, ils doivent se répartir dans les villas qui constituent le faubourg de Mustapha Supérieur .
Alger est une station importante, dont l'étude laisse cependant encore à désirer au point de vue médical.
On y traite avec succès les bronchites chroniques, l'emphysème, la phtisie pulmonaire, les diarrhées chroniques, la dysenterie.
Ajaccio. La station à.' Ajaccio (Corse) est placée dans une situation très favorable et garantie par des collines
des vents du nord et de l'est. Elle a pour température moyenne annuelle 27", 5, hibernale, 12°.
L'humidité de l'air y est assez élevée. Le climat d'Ajaccio tient donc le milieu entre celui d'Alger et des côtes de la Provence. Il produit une action à la fois tonique et sédative et mériterait d'être mieux connu et plus exploité. Les malades devront éviter les environs de la ville, où régnent endémiquement des fièvres palustres.
Palerme (Sicile), dont la température moyenne Paierme. annuelle est de 16°, 7, celle de l'hiver de 11°, possède un climat délicieux. Les jours de pluie, assez nombreux, y donnent à l'atmosphère des qualités adoucissantes. Le ciel y est clair et lumineux, l'été y est moins brûlant que dans les autres stations chaudes. C'est certainement un des endroits les plus agréables où les malades puissent aller vivre tranquillement au milieu d'une riante nature.
Venise est une station médiocre, qui mérite néan- Venise, moins d'être citée en raison des agréments qu'on y trouve.
La moyenne annuelle de la température s'y élève à 13°, 2, celle de l'hiver y est de 3°, 3.
Les différences mensuelles de température y sont modérées, le climat y est, par suite, assez uniforme. On y séjourne en automne, en hiver et au printemps.
Habituellement on y arrive en octobre et on en repart ' au printemps où commence à s'y faire sentir le siroco, qui est ici un vent du sud-est.
La violence des vents qui y soufflent mettent Venise à l'abri de la malaria.
La Tasmanie et la Nouvelle-Zélande^ que quelques Tasnianie médecins ont préconisé comme lieux de séjour pour ^ z^iande!'
478 LEÇONS DE TIIÉIUPEUTIQUE.
les malades, n'oiil d'intérêt que pour les colons australiens.
Nous n'en parlons qu'en raison des voyages sur mer dirigés vers l'Australie.
En ïasmanie, où l'on trouve des sites pittoresques cl des points extrêmement gracieux, le climat est variable et venteux. Les malades qui fuient les fortes chaleurs de l'Australie pour aller demander un peu de fraîcheur à la Tasmanie doivent choisir le nord ou l'est de l'île : Launceston et le comté de Devon.
La Nouvelle-Zélande, dont la côte est humide et balayée par les vents, doit être évitée par les malades atteints d'affections pulmonaires.
En France, nous trouvons parmi les stations dont nous nous occupons en ce moment, Biarritz et Arcachon . qui empruntent une partie de leurs qualités climatériques au Gulf-Stream.
Ce grand courant d'eau tiède, dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler, se bifurque au moment où il arrive au 46" degré de latitude nord. L'une de ses branches remonte vers l'Irlande, l'autre incline vers le sud et côtoie l'Espagne et le Portugal. Au milieu du golfe, de cette seconde branche se détache un courant secondaire qui entre dans le golfe, en lèche le littoral et vient au niveau du cap Lizard rejoindre la branche principale du Nord. Biarritz. Biarritz possède un climat doux et égal, tonique et franchement marin. C'est une belle station de bains de mer et d'arrière-saison ; mais aussi une station climatérique, recherchée surtout par les Anglais et les Russes. Elle offre l'inconvénient d'être trop fréquentée par les vents.
Arcachon. Arcttchon est également devenue dans ces dernières
années une station d'hiver et d'été. Sa température moyenne annuelle est de 15% soit de r,H supérieure à celle de Pau. En hiver elle est de 8 à 10°.
Abritée par des forêts de pins et de hautes dunes, le sol y est sec, le climat uniforme, humide et doux. La grande constance de la température, la perméabilité du sol, l'abondance des arbres y corrigent l'excès d'humidité; l'air y est très riche en ozone ; la vie y est calme, facile, confortable.
Les climats assez frais^ d'humidité moyenne, sont représentés par les stations des côtes d'Angleterre et d'Irlande, influencées par le Gulf-Stream, comme les côtes françaises.
En raisondeces conditions, la température de l'hiver est augmentée, tandis que celle de l'été est diminuée. L'action solaire est tempérée par les brouillards, mais la perte nocturne de température est amoindrie. La quantité de pluie qui y tombe est grande ou plutôt le nombre des heures de pluie est très élevé, sans que la quantité de pluie soit supérieure à celle qui tombe dans les endroits beaucoup plus secs, à San Remo par exemple. La température moyenne de l'année n'y est que de 8 à 10° ; mais en hiver, dans les endroits bien protégés, elle ne descend pas au-dessous de 5 à 7° ; elle n'est que de 4 à 5" dans les non protégés.
Les vents qui y prédominent sont ceux du sud et du sud-ouest. Mais il importe de savoir que les conditions locales de ces nombreuses stations sont très variables. Les endroits qui conviennent pour l'hiver sont ceux de la côte sud-ouest où la température de la mer est supérieure de plusieurs degrés à celle des eaux qui baignent la côte nord-est.
Les parages les plus chauds sont ceux du Devon et du pays de Cornouailles.
D'une manière générale les conditions hygiéniques et diététiques qu'on y rencontre sont excellentes et l'effet qu'on en obtient se traduit par de la sédalion.
stations climatériques ; stations de bains de mer ; stations d'eaux minérales.
Nous indiquerons les stations d'été à propos de la cure marine.
Les stations d'hiver qui doivent seules nous occuper en ce moment sont très nombreuses. Citons seulement les principales.
Penzance (côte de Cornouailles) possède un climat doux, mais assezfroid pendant l'hiver et peu imilbrmc.
Les les Scilly ont un climat analogue ; l'hiver y est un peu moins rude.
Torquaij (Devon) est un endroit délicieux, très abrité,
OÙ les malades éprouvent une action sédative, parfois trop prononcée pour les tuberculeux.
Teïgnmoulh^ Salcombe^ Bawlish^ Budleiyh-Salterton ^ Exmoiith, Sidmniith doivent être simplement mentionnés.
A Bournemouth (Dorset) on a construit un des sanatoria les plus importants de l'Angleterre; mais l'air y est dépourvu de toute propriété marine. On y trouve comme à Arcachon des forêts de pins et les installations y sont confortables.
Dans r?7e r/e Wight, Underdïff^ Ventnor ei Bo7ichurch sont les points les plus fréquentés. Le sanatorium le plus important pour les phtisiques est celui de Ventnor, station exposée en plein midi et entièrement à l'abri des vents du nord en raison des dunes de l'île. Le sol y est sec et poreux, l'air doux et l'influence marine y rend la température très égale. Mais il n'y a pas d'abri contre les vents d'est. L'hôpital national pour les phtisiques, bien situé, a donné des résultats favorables.
Saint-Léonard et Hastïngs, endroits froids et plus exposés aux vents d'est, ne conviennent pas aux phtisiques.
Le climat de Grange , dans le Lancashire , est plus doux .
Rothesa\j{^\\^ ^t Bute, Écosse) a aussi un climat doux, égal, mais très humide. L'endroit est rendu triste et déprimant par la fréquence des nuages et l'absence de soleil.
En Irlande, nous trouvons Glengarïff, Queenstown Bostrevor. A Glengaritf le climat est égal et doux, on y jouit d'un beau paysage. Queenstown, dans l'île de Cover est un endroit analogue, plus gai.
Ces différentes stations offrent des ressources importantes pour les malades des Iles-Britanniques ne pou-
G. IIayem. — V. 31
Climats maritimes secs.
Riviera.
Yant s'astreindre à un grand déplacement. Comme ce ne sont pas les climats les plus chauds, mais bien les plus constants qui conviennent le mieux aux tuberculeux, ceux ci peuvent en tirer profit. Mais les véritables indications sont le lymphatisme, les maladies dites scrofuleuses, la prédisposition à la phtisie plutôt que la tuberculose pulmonaire déjà nettement confirmée.
Les climats maritimes secs sont représentés par de très nombreuses stations. Les plus importantes sont : celles de la Méditerranée et de la Riviera di Ponente : Hyères, Costebelle, Cannes et le Cannet, Antibes, Nice, Villefranche, Beaulieu, Boccabruna, Bordighiera, Menton, San Remo, Alassio ; les stations de la baie de Naples : Castellamare, Sorente, Salerne, Amalfi-; l'île Capri, l'île d'Ischia ; Catania, Syracuse en Sicile; l'île de Malte, les îles Baléares (Espagne) ; sur les côtes d'Espagne, Valence, Alicante, Malaga ; en Égypte, Alexandrie, Port-Saïd.
Les stations comprises entre Hyères et Savone ont entre elles une grande analogie. (Voir la carte des eaux minérales.)
Elles sont disséminées sur une longue étendue de côtes étroites à sol calcaire, ouvertes à la mer d'un côté, protégées de l'autre par des montagnes.
Dans toute cette région la température moyenne de l'hiver est de 9 à 12°, l'air est moyennement sec, d'une humidité de 65 à 70 p. 100, le ciel est clair, le soleil y donne souvent et sa chaleur directe peut att-eindre de 45 à 50" en hiver, les jours nuageux sont rares et bien qu'on compte quarante à cinquante jours depluie pendant les six mois de cure, les malades peuvent sortir à peu près tous les jours, au moins pendant quelques
heures ; enfin les vents de terre et les vents de mer y alternent avec régularité.
Les mois de décembre et de janviersont relativement calmes, presque dépourvus de vent. Le mistral, sec et froid, se montre au commencement d'avril.
Comme inconvénients, il faut signaler la fréquence de la poussière atmosphérique, l'abondance parfois gênante des moustiques et la différence très grande entre la température au soleil et à l'ombre qui exige des précautions spéciales.
Presque toutes ces stations, dont la réputation n'est plus à faire, déterminent sur l'organisme un effet tonique et excitant.
Elles conviennent dans un. grand nombre d'états pathologiques : faiblesse constitutionnelle, scrofule et anémie, diabète, goutte, rhumatisme, affections catarrhales chroniques du larynx, des bronches, de l'estomac et de l'intestin, formes non éréthiques de la phtisie pulmonaire. On ne devra pas y recourir dans les affections qui se compliquent d'excitabilité nerveuse, d'éréthisme vasculaire ni dans la forme floride de la phtisie pulmonaire.
Quelques mots maintenant sur les stations les plus importantes.
Hyères est à quatre kilomètres de la mer, la température moyenne de l'année y est de 15%6; celle de l'hiver de 8", 5.
Le milieu du jour y est chaud et favorable aux promenades.
Les grands froids y sont excessivement rares ; mais les vents y sont fréquents et, parmi eux, le mistral qui vient du nord-ouest peut être considéré comme un ennemi pour les malades.
484 LEÇONS Dli TIIÉHAPEUTIQUE.
Le climat y est moins excitant qu'à Cannes ou à Nice.
Cannes. A Cannes la température moyenne de l'année est de 16°, 2 ; celle de l'hiver de 9°, 8. Le mistral est moins fréquent qu'i\ Hyères ; c'est le vent dumidi qui domine. Les changements de température y sont assez brusques, les nuits souvent fraîches, l'air habituellement sec. Cannes possède une plage favorable aux bains de mer et de sable et offre aux malades des installations confortables.
Elle est la plus parfaite et la plus aristocratique de ces stations, mais aussi la plus dispendieuse. Les malades peuvent y trouver des points où l'air de la mer s'y fait sentir; d'autres, plus éloignés, qui en sont à l'abri. Antibes. A?i(ibes, qui se trouve à l'étroit dans ses remparts, possède un climat très doux et est entouré d'une riche campagne.
Nice. Nice, la plus antique des villes d'hiver, est la station
mondaine par excellence. Elle doit en partie sa valeur à sa magnifique situation au fond de la baie des Anges, mais elleoffre les inconvénients des villes. Protégée presque complètement contre les vents du nord et de l'est, elle est exposée aux autres vents et notamment d'une manière régulière au vent de terre qui souffle le soir et au vent de mer qui règne pendant le jour. On a calculé que les vents forts, redoutables pour les phtisiques, y soufflent trente-trois jours par hiver. Le mistral n'y règne que très rarement.
Le climat de Nice est sec et les jours de pluie y sont moins nombreux que dans les autrespoints du littoral, bien que la pluie y tombe parfois avec abondance. La moyenne des beaux jours de la saison est de 82. Le nombre des jours où les malades ne peuvent sortir en
raison de la pluie ou du vent violent est de 50 à 60. es brouillards y sont inconnus, la neige rare. "
La température moyenne de l'année y est de 15°, 2; celle de Fhiver de 8°, 3; le climat y est donc un peu moins doux qu'à Cannes et à Menton, de 0°,5 seulement. Voici d'ailleurs les températures moyennes des six mois de séjour : novembre, 11°, 6 ; décembre, 9°, 2; janvier, 8°,!; février, 9°, 5; mars ir',2; avril, 14%5.
Les malades doivent y faire choix de leur logement avec soin.
La promenade des Anglais est le quartier le plus excitant.
Dans la plupart des cas, on donnera la préférence aux quartiers de Carabacel et de Cimiez,
Les indications de Cannes et de Nice sont sensiblement les mêmes. On doit y arriver fin novembre et en partir en avril.
Mo?îacoei Mo?iie-Carlo possèdent des quartiers bien situés et pourraient être plus largement utilisés si on n'y réclamait pas plutôt des joueurs que des malades.
Mentoji offre un bassin formant une sorte de serre Menton, chaude, mieux préservée à l'est qu'à l'ouest, où le vent souffle souvent en mistral. La température annuelle y est de 17°, 6 ; celle de l'hiver de 9°, 2. C'est la station la plus chaude du littoral. L'atmosphère y est moins tiède que dans les précédentes. Le ciel y est lumineux et transparent; mais souvent l'air y est froid et humide, matin et soir, et les malades doivent s'en préserver. Cette station très sérieuse, un peu triste peut-être, convient plus particulièrement aux phtisiques excitables, hémoptoïques. On y trouve de bonnes installations.
San Remo occupe une situation charmante et pos- San Remo.
sède un climat calmant et délicieux. Très abrité, il n'est guère visité que par le vent d'est {ven(o greco).
Alassin^ Bodighiera, Ospedaletti sont de bonnes stations, plus modestes. La dernière paraît convenir particulièrement aux phtisiques affaiblis et cachectiques.
La baie de Naples est très exposée aux vents. C'est une station très chaude et très excitante, ne pouvant convenir qu'aux individus lymphatiques et apathiques.
Catane, non loin de l'Etna, est très favorable comme séjour d'hiver. Elle le doit à la grande fixité de sa température et à l'absence des vents froids.
Malaga est une station très excitante, et Valence ^ un endroit chaud et humide, dépourvu de confort.
TREISTE-TROISIÈME LEÇON
Voyages sur mer. — Climats de terre : 1° Climats de montagnes A. stations hibernales : hautes stations.
Messieurs,
Pour compléter l'étude des climats maritimes, je Voyages sur crois utile de vous présenter un court résumé de nos connaissances sur l'emploi thérapeutique des voyages en mer. Vous n'ignorez pas que ces voyages étaient vivement recommandés par notre grand Laënnec.
Actuellement ils sont très en faveur et, dans ces dernières années, ils ont été surtout préconisés chez nous par Peter.
C'est au point de vue du traitement de la phtisie qu'ils offrent le plus d'intérêt. Cette maladie est plus rare dans la marine que dans l'armée de terre, ce qui semble dû à ce que les marins mènent une vie active au sein d'une atmosphère pure. Il est bon de savoir que pour trouver cette atmosphère pure, il est nécessaire de s'éloigner au moins de deux kilomètres des côtes. Les sanatoria anglais qui ont été établis sur mer dans ces derniers temps ne se trouvent donc pas placés dans des conditions suffisamment favorables.
On a reconnu l'utilité de faire faire aux malades un très long voyage. Celui auquel on donne habituellement
la préférence, esL le trajet d'Angleterre ou de France en Australie par voilier.
Les bâtiments à voile offrent sur les vapeurs d'autres avantages encore que la lenteur de la traversée. Les changements de température sont ménagés, graduels, l'encombrement à bord est moindre, les cabines sont plus commodes, il y a moins de poussière et de sable, on y n'est pas incommodé par le grincement d'une machine, on n'y ressent aucune trépidation ; la marche du bâtiment est douce et engage au repos. Si Ton passe par le Cap, le voyage représente 19 300 kilomètres. Le seul inconvénient de cette traversée réside dans le calme plat que l'on rencontre à l'équateur.
A ce moment l'air des cabines diminue, la chaleur est humide et accablante, bien que le thermomètre ne dépasse pas 30°. Notons aussi qu'à la fin du voyage le temps devient frais et que, par suite, les malades doivent prendre des précautions. La durée du trajet par voilier est de 70 à 90 jours. On doit partir en novembre ou au commencement de décembre.
Un tel voyage amène une révolution complète dans les habitudes. C'est une existence nouvelle, dépourvue de plaisirs, mais exempte de tout souci. Les malades n'ont plus qu'à dormir, à manger, à se laisser vivre d'une vie molle, indolente, parfaitement propre à réparer les ravages produits par le surmenage ou par les effets d'une maladie chronique. Dans les latitudes chaudes, ils peuvent rester en plein air 15 heures par jour. C'est là un des principaux facteurs de cette cure spéciale. On ne peut trouver un air vraiment pur qu'au milieu des déserts, sur les sommets des montagnes ou en mer. A cet égard, la mer présente une supériorité marquée à laquelle vient s'ajouter un autre facteur
important, représenté par l'uniformité remarquable du climat océanien. Le refroidissement, vous ai-je dit, est inconnu en mer. L'air y est très humide et la grande humidité peut bien avoir des inconvénients, mais elle a pour avantages de diminuer la toux, de détendre le système nerveux des malades excitables ou surexcités, de calmer ou de prévenir l'insomnie.
En résumé l'action générale produite par les voyages sur mer est à la fois tonique et sédative.
Ces voyages sont indiqués dans les maladies nerveuses essentielles, dans les convalescences de pneumonie et de pleurésie, dans la scrofule, dans l'asthme humide, dans la laryngite, dans la phtisie à marche lente, non encore avancée dans son évolution.
Ils sont contre-indiqués lorsque les sujets sont avancés en âge ou très affaiblis, dans les formes rebelles de la dyspepsie, dans les affections qui s'accompagnent de délire et enfin lorsqu'il existe une trop grande disposition au mal de mer.
Les phtisiques sont le plus souvent dans l'obligation d'entreprendre plusieurs voyages et de s'entourer, dans leur intervalle, de grandes précautions. Lindslay dit fort bien qu'il serait absurde d'espérer une guérison en moins d'un an, mais il montre en même temps que cette guérison est assez souvent obtenue ainsi que tend à l'établir la statistique intéressante de Williams.
On a encore recommandé d'autres voyages. Celui du Cap est trop court; celui de l'Inde et de l'Indo-Chine, plus important, a l'inconvénient d'exiger un séjour trop prolongé dans les mers tropicales.
Lorsque le malade se rend en Australie, il court le danger de débarquer dans des localités peu appropriées
à son élat et de séjourner dans des grandes villes où il peut commettre bien des excès.
Il importe donc de savoir que l'Australie, d'abord vantée comme séjour pour les phtisiques, est aujourd'hui très décriée. La vérité est qu'elle est favorable lorsqu'on sait y choisir sa résidence.
On devra éviter la côte et les montagnes pour se réfugier soit dans la Riverina (Nouvelle-Galles du Sud), soit dans les prairies de Darling (dans le Queensland) qui peuvent être considérées comme des sanatoria excellents. On y vit très simplement en plein air et on y fait un exercice bienfaisant. Pendant l'été on se rendra en Tasmanie.
Le mois de mars est la plus belle saison en Australie. Les malades qui y débarquent à cette époque peuvent en visiter les grandes villes; mais, s'ils veulent y séjourner, ils devront aller passer l'hiver dans des endroits plus salubres. Lindslay leur donne le conseil d'y rester peu de temps et de ne pas tarder à reprendre la mer.
Climats de Les climats de terre se divisent, avons-nous dit, en
terre •
climats de montagne et en climats de plaine.
Les premiers ont acquis dans ces dernières années une grande importance en raison des modifications survenues dans les opinions des médecins touchant la cure climatérique de la phtisie. Le mouvement parti de l'étranger s'est propagé en France, où il a rencontré en Jaccoud un ardent promoteur. Jusque dans ces derniers temps, on se faisait d'ailleurs une idée assez inexacte des climats de montagne.
Climats de Après VOUS avoir montré précédemment l'influence montagne, l'altitude, de la configuration du sol, etc., sur la
constitution des climats, je vais pouvoir vous présenter en quelques mots un tableau d'ensemble des principaux caractères des climats de montagne.
Ces caractères sont nécessairement assez variables suivant Taltitude, la latitude, la ligne isothermique et quelques autres éléments encore. 11 est possible, cependant, de leur reconnaître certains traits communs et de faire ressortir les avantages particuliers que tous présentent à un degré variable.
Vous vous rappelez qu'en montagne la température se modifie d'une manière assez régulière avec l'altitude. En liiver, pendant la saison qui nous intéresse particulièrement, il faut compter environ 280 mètres d'élévation pour voir le thermomètre s'abaisser de 1°. Les exceptions à cette loi dépendent du voisinage des forêts, de la situation des stations soit au pied des vallées, soit au contraire sur des plateaux.
L'humidité ne présente rien de fixe; elle est généralement assez faible et suit dans l'espace d'un jour une marche régulièrement décroissante jusqu'à midi où elle atteint son minimum, pour augmenter ensuite.
Dans nos contrées, ainsi que l'a fait voir Gasparin, la quantité de pluie augmente avec l'élévation audessus du niveau de la mer. Mais, outre que la quantité d'eau qui tombe est sans rapport avec le degré d'humidité, en montagne, surtout pendant l'hiver, la pluie est constamment remplacée par de la neige.
Les brouillards se forment au fond des vallées et les nuages viennent s'amonceler dans les couches moyennes de l'atmosphère. Habituellement, sur les hauteurs ils sont rares et l'atmosphère y est d'une superbe transparence.
Un des caractères les plus importants du climat de
montagne résulte de la grande intensité de la chaleur directe du soleil. Ce point, qui vous est déjà connu, a fait l'objet d'observations précises. A Davos-Dôrfli, par exemple, Frankland a relevé le 21 décembre 1873, à 2 heures 50 de l'après-midi, l'indication de 45° sur un thermomètre à boule noircie, placé dans le vide. Le même jour à 3 heures, la température était à l'observatoire de Greenwich de 21°, 9.
En été, les conditions ne sont plus les mêmes; la prédominance de la chaleur solaire commence à se faire sentir dans les montagnes au mois d'octobre. Malgré cette grande chaleur directe, comme l'air n'est pas échauffé par contact, il reste froid et est inspiré tel.
La lumière est d'une grande intensité, la quantité d'ozone assez élevée, l'air d'une grande pureté. Relativement à l'état électrique, nous ne connaissons rien de précis. Disons seulement que Becquerel et Breschet l'ont trouvé de valeur positive sur le Saint-Bernard.
Enfin les mouvements de l'atmosphère sont variables suivant les localités, mais toujours assez forts pour en activer le renouvellement. En hiver, les vents sont moins violents qu'en été.
Le sol, constitué par des rochers, est de nature à restreindre l'humidité.
En résumé, les climats de montagne ont pour caractères communs : la faible pression barométrique ; l'intensité de la chaleur solaire directe contrastant avec l'absence d'échauffement notable de l'air et par suite la basse température qui règne à l'ombre et pendant la nuit; la sécheresse de l'air malgré l'abondance de la pluie ou de la neige; l'intensité des vents, bien que ceux-ci soient modérés en hiver et dans les endroits
protégés; la pureté remarquable de l'atmosphère, la splendeur de la lumière, l'abondance de l'ozone et la sécheresse du sol.
Un tel ensemble de caractères climatériques doit nécessairement exercer sur l'organisme une action notable.
La circulation de la peau est excitée d'une part par la fraîcheur de l'air, de l'autre par la chaleur solaire. L'évaporation cutanée augmente sous l'influence de la sécheresse et du grand renouvellement de l'air.
Pendant les premiers jours qui suivent l'arrivée dans la montagne, on constate une légère accélération du cœur, laquelle ne tarde pas à disparaître ; en même temps l'énergie cardiaque est accrue. La respiration est également modifiée; mais les nombreuses observations qui ont été faites sur ce point sont contradictoires, lorsqu'on ne tient pas compte des conditions variables dans lesquelles se sont placés les expérimentateurs. Il faut distinguer, en effet, avec soin, les effets qui se montrent pendant l'ascension ou peu après, de ceux qui résultent d'un séjour prolongé sur un point élevé.
Dans le premier cas, il y a à la fois une grande activité fonctionnelle de la respiration, de la digestion, et une augmentation des mouvements corporels. Il est donc tout à fait naturel queMarcet, Mermod, etc., aient trouvé une augmentation dans l'excrétion de l'acide carbonique. Mais en est-il de même en cas de séjour permanent? D'une manière générale, on a admis le contraire, en invoquant surtout l'effet que devait provoquer la raréfaction de l'air et la diminution de sa richesse en oxygène. Les études deLombard.de Jourdanet, de P. Bert ont même fait adopter cette opinion, à savoir que, sur les hauts plateaux, il se produit un état par-
liculier d'asphyxie relative, désigné sous le nom d anoxhémie par Jourdanel. Ces vues sont certainement théoriques.
En réalité, il existe toujours danslair plus d'oxygène qu'il n'en faut et il se produit rapidement, à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère, un équilibre dans les tensions gazeuses interne et externe.
D'autre part, il ne faut pas oublief que ce sont les échanges nutritifs qui règlent la consommation de l'oxygène et que, par suite, les effets de l'altitude sur cette consommation ne peuvent être qu'indirects. On ne doit donc tenir compte dans l'appréciation de cette question que des données fournies par l'observation. C'est ce qu'a bien compris Veraguth dans son étude sur l'action physiologique du climat de la Haute- Engadine.
Il a vu que la fréquence de la respiration augmente de trois mouvements par minute pendant la première semaine pour redevenir ensuite normale, que le volume relatif de l'air expiré augmente notablement d'abord, puis diminue tout en restant plus élevé que dans la plaine ; que le volume absolu de cet air s'accroît pendant la première semaine, puis devient inférieur à ce qu'il est dans la plaine.
L'auteur appelle volume d'air relatif, le volume mis en circulation et calculé avec le spiromètre de Bellangé. Le volume absolu est ce volume réduit à l'unité par la
f"™"'^ ^ = (l+o/o367<)760 ''^ P^"''™"' t la température).
Le même auteur a trouvé, de plus, que la quantité d'acide carbonique exhalée est constamment augmentée et qu'il en est de même de la vapeur d'eau.
Il n'a pas observé de modification de la température du corps. Pendant les premiers jours du séjour dans la montagne, il a constaté une légère diurèse et plus tard une diminution persistante de la quantité d'urine ; une diminution de l'urée d'abord, puis une augmentation et puis de nouveau une diminution persistante; une absence de modification relativement à l'acide urique. Enfin il a noté une diminution du poids du corps qui disparait par retour dans la plaine.
Ces données intéressantes mériteraient confirmation.
Un des résultats du séjour dans la montagne paraît être l'ampliation de la poitrine, ampliation qui se traduirait par une augmentation d'un centimètre à un centimètre et demi dans la circonférence de la cagethoracique. lia été signalé par Weberchez des jeunes gens qui avaient séjourné pendant une période de trois à douze mois dans les montagnes. Dans ces conditions on peut invoquer un effet de croissance ; mais il nous paraît certain que la marche en montagne, que les ascensions, sont capables, surtout chez les individus encore jeunes de développer les diamètres de la cavité thoracique et on pourrait en fournir la preuve en se livrant à cet égard à des mesures spiro métriques.
D'une manière générale l'appétit augmente jusqu'à l'altitude de 2000 mètres, du moins au début du séjour. Chez quelques malades il se perd parfois à l'altitude de 1200 à 1600 mètres, pour augmenter dès qu'il y a accoutumance. Lorsque l'inappétence persiste, les malades doivenf redescendre dans la plaine. En général la nutrition est favorisée, l'énergie musculaire s'accroît, les forces reviennent, la neurasthénie disparaît, mais à la condition que le sommeil soit
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tranquille et réparateur. Certains surmenés des villes sont agités dès qu'ils arrivent à une altitude de 1200 à 1500 mètres ou même moindre, leur sommeil est léger, entrecoupé de rêves. Il est rare cependant que cette excitation soit persistante.
Au point de vue pratique les stations de montagne sont divisées en hibernales et en estivales ; quelquesunes peuvent être utilisées pendant les saisons de transition. (Voir la carte des eaux minérales.)
Les stations hibernales doivent être distinguées en hautes stations q\, en stations montueuses moyennes.
Les hautes stations ont acquis depuis quelques années une vogue qui paraît méritée.
On a voulu établir une opposition entre les stations de plaine ou les stations maritimes d'une part et, d'autre part, les stations de montagne, en prétendant que lespremiè res ne produisent dans la phtisie pulmonaire que des effets palliatifs ; que les stations de montagne, au contraire, sont des moyens véritablement curatifs, grâce à l'action stimulante et fortement reconstituante du climat dont elles sont favorisées.
A la vérité une station climatérique quelle qu elle soit place simplement les malades dans des conditions qui favorisent plus ou moins la réparation des lésions causées par la maladie. Une telle opposition n'est pas justifiée. Les stations de montagne présentent, comme les autres, certaines indications, certaines contre-indications. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'elles sont venues, dans ces dernières années, accroître dans une mesure importante les ressources que nous offre la climatothérapiedanslalutteengagéecontre la tuberculose.
Les principales stations de grande altitude sont celles de l'Engadine.
Davos (Alpes Grisonnes) tient la première place. Elle est située dans une large vallée dirigée du sudest au nord-ouest, à la partie inférieure d'un versant de montagnes qui regarde vers le sud et le sud-est. Son altitude est de 1556 mètres, la pression barométrique moyenne y est de 630 millimètres. La température moyenne de l'année y est de 2^5 environ, mais dans l'été cette température s'élève jusqu'à -\- 24% tandis que dans l'hiver elle descend jusqu'à — 25°. Les différences de température entre le jour et la nuit y sont également très grandes et souvent aussi d'un jour à l'autre.
La température des mois de cure, de novembre à mars, y est presque toujours de quelques degrés audessous de zéro, en moyenne pour le mois de janvier de — 6 à — 7°. Mais ces moyennes de température n'indiquent en aucune façon la température à laquelle les malades sont exposés. La chaleur solaire y est en effet très élevée, ainsi qu'en témoigne le tableau suivant :
Température max. oct. nov. déc. janv. févr. mars.
A l'ombre. 15°,7S 2»,57 3»,89 2o,25 10,53 2<>,48 Au soleil. 36», IS 41», 18 42°,82 42°, 39 440,09 500,18
L'air y est relativement assez humide, et un peu plus en hiver qu'en été. Cependant il n'y aurait,, d'après StefTen, que 4s',8 de vapeur d'eau dans un mètre cube d'air, de sorte que cet air, élevé à la température de 37° dans le poumon, pourrait encore prendre 38s'', 7 d'eau, l'air à 37° renfermant, à saturation, 43^"", 5 de vapeur d'eau.
On y compte à peu près autant de jours de neige que de jours sereins et la neige y couvre le sol d'une manière constante et y reste à l'état pulvérulent, du milieu de novembre au milieu de mars.
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Pendant ce temps les vents y soufflent avec moins de violence qu'eii été.
L'atmosphère y est claire, lumineuse et assez calme pour atténuer les effets de l'air froid.
On se rend à Davos en juin pour y faire une cure d'été, en novembre pour la cure d'hiver qui est la vraie. L'absence de phtisie chez les habitants indique les qualités spéciales de ce climat de montagne.
Les malades que l'on envoie à Davos y trouvent une installation matérielle convenable; mais ils y vivent en commun comme dans les sanatoria, cé qui cbnstitue un inconvénient très réel. On les sôiimet à une diète particulière et à des pratiques hygiéniques et notamment à des ablutions froides ou même à l'hydrothérapie.
A i)«yo5-jDôr//z les conditions sont sensiblement les mêmes qu'à Davos ; cependant oîi y jouit d'ime hèure de soleil de plus.
Plus bas, on trouve les petites stations àë Dâvbk- Frauenkirch et de Wiesen. Cette dernière est située à 17 kilomètres de Davos, sur une pente pittoresque surplombant la gorge de la Landwasser, à une altitude de 30 mètres plus faible que celle de Davos. Le climat y est plus doux, l'hiver un peu plus court; mais Fendroit est moins bien abrité. Les malades y trouvent pliiis de calme et de simplicité qu'à Davos; mais péiit-ëtfé lin peu trop de solitude.
Dans la Haute-Engadine, la plus élevée des vàllefes de l'Europe habitées toute l'année, on trouvé Saini- Moritz (1855 m.), ta Malo'ja, Pontresina (1^0^' m.), Maria/Sils [m^ m) ^^Samaden{iU'îm)i.
Les deux sanatoria d'hiver sont Saint-Morifz èt la Maloja.
L'orientation de. la vallée de la Haule-Engadine est moins favorable que celle, de Davos ; elle permet l'accès des- courants d'air refroidis par les glaciers et les neiges situés dans la direction* de l'ijan. Le; fcoid y est plus rigoureux , que dans la vallée : de- Davosi et. jusqu'à .présent la cure d'hiver.iy est moins, suivie que celle d'été.
Les quatre sanatoria alpins: Davos, Wiesen, Saint- Moritz,! ' la , Maloja, constituent' .une série ^ de stations dont les qualités toniques isont; sensiblement les mêmes,. mais dont les, effets, stimulants sont assez variables,, pour que l'on puisse en faire-un^ekoix approprié au- type de i la maladie . . ; : , ,: ;Wiesen;6st -la. station la moins stimulante, Saint- M-oritz'et la. Malbja le: S.oat sensiblement, plus, Davos occupe.une. place intermédiaire.
Gitons encore dans lesi Alpes le nouveau sanatorium Leysin. qu'on vient ^d'installer à Lei/sin {cmion d& Vaud)^ au.dessus- d'Aigle, dans un. pays de langue française.
Leysin est situé à 1450 mètres d'altitude, au bord de forêts de sapins. L'atmosphère y est peu humide, l'insolation considérable, beaucoup plus durable qu'à Davos. La température y est relativement élevée. Cette nouvelle station nous paraît appelée à rendre de grands services et à être très fréquentée par les malades français.
Les Andes possèdent de hautes stations dont je vous dirai quelques mots, bien qu'on doive renoncer actuellement à l'espoir d'y atteindre prochainement par le trop fameux canal de Panama.
Lhi^lus connue de ces siniions est Sania-Fé-de-Bogoia Bogota- (Colombie), située à plus de 2750 mètres d'altitude.
Sa latitude, de 4''30' Nord, est telle que malgré cette grande altitude le climat y est tempéré.
La température moyenne de Tannée y est de 14% les changements de saison y sont nuls ; il y règne un printemps perpétuel qui en fait un endroit délicieux, dont la végétation est de toute beauté.
Les résultats qu'on en obtient seraient, paraît-il excellents; mais le voyage pour y aller est long et très pénible.
Quito, Arequipa, Jauja, Huancayo^ seraient également de bonnes stations.
Les stations d'Asie et d'Afrique sont sans nul doute intéressantes au point de vue scientifique ; mais sans importance pratique. L'Himalaya qui présente de sa base à ses sommets inaccessibles tous les climats imaginables n'est pas encore exploité ; il commence d'ailleurs à peine à être connu. Cependant la station de Darjiling (2000 m.) dans le Bengale occidental a acquis déjà une certaine réputation.
Citons encore Connor (2300 m.) non loin de Madras.