‹ Leçons de thérapeutique (volume 4)Chapitre 43 sur 72 · TRENTE-SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-SIXIÈME LEÇON

MÉDICATION ANTIDYSPEPTIQUE (SUITE)

Médicaments (suite) : purgatifs {suite).

Messieurs,

Purgatifs. J'ai commencé, dans la dernière leçon, l'élude des Action purgatifs par l'examen de l'action purgative considérée d'une manière générale. Vous connaissez maintenant la théorie de l'exaltation du péristaltisme.

La seconde théorie , celle de la transsudation que nous avons actuellement à considérer, a été défendue par Moreau pour les purgatifs salins. Dans une anse intestinale liée aux deux houts, il injectait 4 grammes de sulfate de magnésie dissous dans 20 grammes d'eau. L'anse isolée se remplit de liquide. Legros et Onimus, à l'appui de la théorie de la transsudation, ont fait voir qu'une ampoule pleine d'eau, introduite dans l'intestin est animée d'oscillations régulières et continues que ne modifient pas l'effet des purgatifs.

Vulpian a repris la question et, pour se mettre à l'abri des erreurs possibles, il a opéré sur des chiens curarisés ou morphinisés. Il a choisi deux types de purgatifs : le siUfate de soude, d'une part, et la résine de jalap, d'autre part. Le premier déterminait du catarrhe intestinal sans exagération des mouvements péristaltiques , tandis que le second amenait une exagération

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du péristaltisme et, en outre, un catarrlie intense du gros intestin.

Enfin, récemment, Brieger a fait des expériences plus précises. Il a divisé une anse intestinale en trois, loges. Dans l'une, il n'introduisait rien, elle restait comme témoin; dans les deux autres, il introduisait les substances à expérimenter. Avec le sulfate de soude il a obtenu la transsudation d'un liquide digérant l'amidon et dissolvant la fibrine. L'huile de croton et l'extrait de coloquinte ont déterminé la même transsudation et, en outre, une inflammation exsudative. Le calomel, le séné, la rhubarbe, l'aloès, l'huile de ricin, n'ont provoqué qu'une augmentation des mouvements péristaltiques.

A mesure que les recherches se multiplient, on est conduit à cette donnée que les effets varient avec les substances employées. Parmi les travaux récents, je dois vous citer ceux de Hess (1886) qui introduisait par une fistule gastrique un ballon de caoutchouc pouvant se dilater et obstruer l'intestin et au-dessus duquel il versait le purgatif en expérience. En suivant la marche progressive du ballon jusqu'à l'anus, Hess pouvait apprécier l'influence du purgatif sur les mouvements péristaltiques. L'huile de croton a produit une accélération des mouvements intestinaux, au niveau de l'intestin grêle surtout; l'huile de ricin a déterminé un effet semblable dans le gros intestin.

Dans ces derniers temps, H. Kuchanewski a étudié la question sur des lapins. Il crut devoir pour se mettre à l'abri des sécrétions des glandes annexes du tube digestif, lier au préalable les canaux pancréatique et cholédoque. De plus afin d'éviter, autant que possible, la sécrétion des glandes propres de l'intestin, il atropi-

nisa les animaux en expérience. Il a vu ainsi que les purgatifs salins (solution de sulfate de soude à 15 p. 100) déterminent dans l'intestin une accumulation de liquide, à laquelle ne prennent aucune part les sécrétions glandulaires biliaire, pancréatique ou intestinale. Il y a seulement transsudation. En même temps le péristaltisme est augmenté ainsi que l'avait noté Hess et qu'il a pu lui-même le constater de visu.

Les faits démontrent donc que les deux principales théories que je viens de vous exposer contiennent une part de vérité. Il y a à la fois augmentation du péristaltisme et transsudation ; mais la part qui revient à l'un et à l'autre phénomène varie suivant les substances employées, et l'on peut dire que la théorie de la transsudation proposée par Moreau pour les purgatifs salins n'a pas été ébranlée.

La cause de l'accélération des mouvements péristaltiques peut être une action réflexe par excitation du filet nerveux allant aux ganglions intestinaux du sympathique, telle est la théorie de Traube, ou encore des filets du pneumogastrique comme l'a établi Wood pour l'huile de croton. Dans d'autres cas, enfin, il s'agit d'une excitation directe des parois intestinales et de leurs ganglions, etc. Les expériences de Hess semblent confirmer ce genre d'effet, déjà admis par Buchheim et par Kôhler pour le jalap et l'élatérium, avec lesquels ils ont pu suivre la propagation de proche en proche des mouvements péristaltiques.

Les coliques peuvent avoir pour point de départ l'excitation d'une partie quelconque du tube digestif. Elles ne sont pas dues toujours à l'irritation des nerfs intestinaux, puisque l'huile de croton, par exemple, en détermine avant même d'arriver^dans l'intestin.

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Un certain nombre de purgatifs, considérés comme ECfet

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